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La France mobilise l'Union européenne contre le Mali

Jan 12, 2022
La France mobilise l'Union européenne contre le Mali

Sous impulsion française, l'Union européenne va prendre des sanctions contre le Mali, dans la lignée des mesures économiques et diplomatiques vigoureuses décidées par les dirigeants ouest-africains pour sanctionner l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir, a assuré le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

"Nous allons proposer de soutenir les décisions africaines, de les reprendre pour une partie d'entre elles", a déclaré le chef de la diplomatie française. "Nous allons en débattre à Brest (nord-ouest de la France) demain" lors d'une réunion informelle des ministres européens de la défense et des Affaires étrangères "mais l'hypothèse la plus vraisembable est que cela sera suivi", a-t-il assuré, alors que la France assure depuis le 1er janvier la présidence semestrielle tournante de l'Union européenne.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a décrété dimanche la fermeture des frontières avec le Mali et un embargo commercial et financier, sanctionnant durement le projet de la junte de continuer à diriger le pays pendant plusieurs années, au lieu d'organiser comme promis le 27 février des élections présidentielle et législatives.
La junte a appelé mardi les Maliens à manifester vendredi contre ces sanctions, tout en se disant ouverte au dialogue.

"La situation au Mali et au Sahel est une affaire africaine et européenne, ce n'est plus une affaire franco-malienne, a fait valoir M. Le Drian, en référence à la participation de 10 pays européens au groupement de forces spéciales Takuba déployé au Mali à l'initiative de la France.

Le président Emmanuel Macron avait affirmé mardi que la France et l'UE soutenaient les "sanctions inédites" prises dimanche par les dirigeants ouest-africains contre la junte au pouvoir au Mali, et avait entrouvert la voie à des sanctions européennes.

Outre les dirigeants ouest-africains et les Européens, le voisin algérien a également encouragé les militaires maliens à "une attitude responsable et constructive".

"L'Algérie prend une position modérée, de facilitateur, nous le notons avec interêt", a réagi M. Le Drian, qui a par ailleurs rappelé la réunion "dans les prochaines semaines" de la soixantaine de membres de la Coalition pour le Sahel "pour prendre une position collective".
"La junte essaie de duper l'ensemble de ses partenaires. Il y a une fuite en avant, un appel confirmé à une milice extérieure (des mercenaires russes de la société paramilitaire Wagner, ndr), et le calendrier de transition est tout à fait inacceptable", a insisté Jean-Yves Le Drian. "C'est maintenant à la junte de prendre ses responsabilités. Sinon elle prend le risque de voir ce pays être asphyxié".

La France, dont des milliers de militaires se battent contre les jihadistes au Sahel, a cherché en vain à dissuader Bamako de faire appel aux services du groupe russe Wagner.
De plus en plus nombreux, des instructeurs russes ont été déployés ces dernières semaines, notamment à Tombouctou, selon des responsables militaires maliens.

Au terme de près de neuf ans de présence, la France a entrepris en juin de réorganiser son dispositif militaire en quittant ses trois bases les plus au nord du Mali (Tessalit, Kidal et Tombouctou) pour se recentrer autour de Gao et Ménaka, aux confins du Niger et du Burkina Faso. Ce plan prévoit une réduction des effectifs, de 5.000 actuellement, à 2.500/3.000 d'ici 2023.

Interrogé sur la capacité de l'armée française à poursuivre son activité au Mali dans ce contexte tendu et incertain, M. Le Drian a botté en touche. "C'est au Mali de prendre les mesures nécessaires pour que la transition puisse se faire dans les plus brefs délais et que nous puissions continuer ensemble à combattre le terrorisme”. - AfricaLog avec agence

La démocratie américaine toujours à l’épreuve

Jan 02, 2022
La démocratie américaine toujours à l’épreuve

Un an après les images inouïes de partisans de Donald Trump envahissant le Capitole, les Américains peinent toujours à prendre la pleine mesure de cette attaque sans précédent contre leur démocratie.

Alpha Condé a été autorisé à quitter la Guinée

Jan 02, 2022
Alpha Condé a été autorisé à quitter la Guinée

L’ancien chef d’Etat, renversé par un coup d’Etat militaire en septembre, doit passer des examens médicaux. La date de son départ et sa destination n’ont pas été communiquées.

Dakar inaugure son train express

Dec 25, 2021
Dakar inaugure son train express

Le Sénégal inaugure un train express régional (TER) à Dakar, lancé par le président Macky Sall pour moderniser les transports, ayant coûté plus d'un milliard d'euros et censé mettre fin aux bouchons monstres dans la métropole ouest-africaine.

Le chef de l'Etat va présider dans la nouvelle ville de Diamniadio, près de Dakar, la cérémonie de mise en service de la ligne, dont les travaux ont démarré il y a cinq ans, a-t-on appris auprès de ses services.

Le trafic passagers devrait prendre son rythme de croisière d'ici une dizaine de jours, après "un programme découverte" offert dans un premier temps aux usagers afin qu'ils puissent "s'approprier" ce nouveau moyen de transport, selon les mêmes sources.
Le TER doit relier en une vingtaine de minutes les 36 km séparant Dakar de Diamniadio, un tronçon sur lequel les usagers perdent habituellement des heures en voiture.

Les trains vont rouler à une vitesse de pointe de 160 km/h et pourront transporter 115.000 personnes par jour, de 05H00 à 22H00, selon les promoteurs. Les rotations seront effectuées par 15 rames de quatre voitures chacune, construites par le groupe français Alstom.

La construction du TER et de ses nouveaux rails a impliqué "une vingtaine d'entreprises" françaises dont Eiffage, Engie, Thales, SNCF mais aussi turques et sénégalaises. La mise en service a été plusieurs fois reportée depuis le lancement des travaux début 2017.

Ils ont coûté 780 milliards de FCFA (plus de 1,1 milliard d'euros) financés sur fonds propres et grâce à des prêts - notamment français - par l'Etat du Sénégal, "propriétaire de toute l'infrastructure", a affirmé à Abdou Ndéné Sall, directeur général de la Senter, la société de patrimoine du TER détenue à 100% par l'Etat sénégalais.

Le délai "peut paraître long mais nous avons battu des records de vitesse dans la construction malgré la Covid-19. Le TER sera un des moyens de transport les plus modernes du monde", a déclaré Stéphane Volant, président du conseil d'administration de la Seter, société d'exploitation du TER et filiale de la Société publique française de transport ferroviaire (SNCF).
Le TER est un volet du Plan Sénégal Emergent (PSE), un programme de développement censé s'achever à l'horizon 2035 et initié par le président Sall, au pouvoir depuis 2012.

Il vise à désengorger Dakar, qui concentre sur 0,3 % du territoire le cinquième des 17 millions de Sénégalais et la quasi-totalité des activités économiques du pays. Les embouteillages coûtent officiellement à la ville 152 millions d'euros par an.

A côté d'une autoroute à péage fonctionnelle depuis dix ans, le TER sera combiné à des lignes de bus rapides devant prochainement circuler sur des voies réservées. Il doit, dans une seconde phase, permettre de rejoindre en 45 mn l'aéroport de Diass, sur 57 km.

Le transport à Dakar est actuellement assuré par des bus, des "cars rapides", des véhicules usagés et des taxis. Il ne permet pas "de répondre de manière satisfaisante aux besoins des déplacements estimés à 124.000 passagers en heure de pointe du matin", selon un document de la Banque africaine de développement, partenaire du projet TER.

Le Sénégal a signé un "contrat de gestion, d'exploitation et de maintenance" du TER, de cinq ans renouvelable avec la filiale de la SNCF Seter, "le temps de transférer certaines compétences au personnel sénégalais", a précisé Abdou Ndéné Sall.

Il est prévu que le Sénégal prenne 34% du capital de la Seter d'ici six mois, selon M. Volant. Le projet va employer 1.000 personnes dont 984 Sénégalais et 16 expatriés.
Les tarifs vont de 500 FCFA (moins d'un euro) à 1.500 FCFA (2,29 euros) jusqu'à Diamniadio en deuxième classe contre un tarif unique de 2.500 FCFA (environ 4 euros) en première classe.

Les partisans du pouvoir présentent le TER comme un succès du président Sall mais des milliers d'expropriés crient leur colère.

"Le TER nous a appauvris", affirme Amina Bayo, responsable d'un collectif d'expropriés dénonçant un "projet coûteux" et réclamant 76 millions d'euros d'indemnisation à l'Etat, qui dit avoir satisfait à ses obligations sans préciser le montant des sommes accordées.
"L'argent investi dans le TER aurait pu servir à réhabiliter le réseau ferroviaire sénégalais. Le TER n'était pas une priorité", affirme l'économiste sénégalais Demba Moussa Dembélé. - AfricaLog avec agence

Les rebelles tigréens en position de prendre Addis Abeba

Nov 07, 2021
Les rebelles tigréens en position de prendre Addis Abeba

 Les rebelles tigréens ont balayé les craintes d'un "bain de sang" à Addis Abeba s'ils devaient entrer dans la capitale éthiopienne pour renverser le gouvernement d'Abiy Ahmed, estimant que la population ne leur est pas "farouchement opposée”.

La Cédéao tranche sur les transitions malienne et guinéenne

Nov 07, 2021
La Cédéao tranche sur les transitions malienne et guinéenne

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a imposé dimanche à Accra des sanctions individuelles aux dirigeants de la transition malienne, en raison du retard dans l'organisation des élections, a annoncé un responsable de cette organisation régionale.

"Toutes les autorités de la transition sont concernées par des sanctions qui vont entrer en application immédiatement", a dit le président de la Commission de la Cédéao, l'Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou, à l'issue d'un Sommet extraordinaire sur la situation au Mali et en Guinée, où des militaires ont également pris le pouvoir.

Ces sanctions comprennent l'interdiction de voyager et le gel de leurs avoirs financiers, a-t-il détaillé, précisant qu'elles visaient aussi les membres de leurs familles
Selon lui, "le Mali a officiellement écrit" au président en exercice de la Cédéao, le Ghanéen Nana Akufo-Addo, pour lui notifier qu'il n'était pas possible que les élections se déroulent à la date prévue.

"La Cédéao a décidé de sanctionner tous ceux et celles qui sont impliqués dans le retard" de l'organisation des élections programmées pour le 27 février 2022 au Mali, a expliqué M. Kassi Brou.

Selon le communiqué final, des sanctions supplémentaires vont être étudiées et proposées au cours du prochain sommet en décembre "si la situation persiste".
A l'occasion d'un sommet le 16 septembre à Accra, l'organisation régionale avait exigé des militaires maliens le "respect strict du calendrier de la transition" vers le rétablissement d'un pouvoir civil.

Fin octobre, une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU en visite au Mali avait insisté auprès des autorités sur l'importance de respecter le calendrier électoral censé permettre le rétablissement d'un gouvernement civil.

Après le putsch du 18 août 2020 à Bamako, la Cédéao avait suspendu le Mali de ses rangs et stoppé les échanges financiers et commerciaux avec ce pays, en proie à un cycle de violences jihadistes et intercommunautaires.

La Cédéao avait levé ces sanctions après avoir obtenu de la junte la nomination de deux civils, Bah Ndaw et Moctar Ouane, respectivement aux fonctions de président et de Premier ministre de transition, ainsi que son engagement à rendre le pouvoir aux civils dans un délai de 18 mois maximum.

Mais depuis, le colonel Assimi Goïta, a opéré en mai dernier un nouveau coup de force en déposant MM. Ndaw et Ouane et en se faisant investir président de la transition.

La Cédéao avait alors à nouveau suspendu le Mali de ses organes de décisions, mais n'avait pas pris de nouvelles sanctions.

Le 26 octobre, le Mali avait déclaré "persona non grata" le représentant spécial de la Cédéao, Hamidou Boly, lui reprochant des "agissements incompatibles avec son statut". Celui-ci avait quitté le pays le lendemain.
Les dirigeants de la Cédéao ont dimanche "condamné l'expulsion" de M. Boly.

Ils ont également maintenu les sanctions individuelles déjà prises contre les militaires qui se sont emparés du pouvoir le 5 septembre en Guinée et la suspension de ce pays de l'organisation, a dit M. Brou.

Les dirigeants des Etats membres de la Cédéao ont réitéré la nécessité d'organiser les élections dans un délai de six mois en Guinée et insisté sur "l'urgence de libérer" le président déchu Alpha Condé, 83 ans, en résidence surveillée depuis le coup d’Etat.

Ils ont en outre nommé Mohamed Ibn Chambas envoyé spécial de la Cédéao pour la Guinée, un pays à l'histoire tourmenté, qui a connu pendant des décennies depuis l'indépendance des régimes autoritaires ou dictatoriaux jusqu'à l'élection de M. Condé en 2010.

Fin octobre, une délégation de la Cédéao à Conakry avait relevé une "dynamique positive" en Guinée "vers un retour à l'ordre constitutionnel”.

"Des progrès ont été réalisés. Il y a des aspects positifs qu'il faut noter", avait estimé Jean-Claude Kassi Brou qui dirigeait la délégation, citant l'adoption d'une charte de la transition et la mise en place progressive des organes de la transition. - AfricaLog avec agence

Projet de production du vaccin contre le coronavirus en Afrique

Oct 12, 2021
Projet de production du vaccin contre le coronavirus en Afrique

C’est un enjeu régulièrement rappelé quand on parle de distribution et de production des vaccins. L’Afrique est une grande oubliée de la vaccination contre le coronavirus notamment parce qu’une bonne partie de ses pays peine à acheter des doses. Conséquence, à peine 5 % de la population éligible du continent est vaccinée. L’Afrique du Sud, pays africain le plus touché par la pandémie, avec plus de 2,9 millions de cas et 88.300 décès, a donc décidé de tout mettre en œuvre pour ne plus dépendre des pays les plus développés et de l’aide internationale.

Soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’entreprise sud-africaine de biotechnologie Afrigen, basée au Cap, mène un projet pilote qui fera appel à «l’ingénierie inverse» à partir d’un vaccin déjà existant, pour reconstituer une formule proche du vaccin à ARNm de Moderna. Les premières doses devraient être prêtes pour des essais cliniques d’ici un an, selon la directrice d’Afrigen, Petro Terreblanche. Des négociations sont en cours pour obtenir un contrat de licence avec le géant pharmaceutique américain pour la production.

Mais le projet va plus loin que la production d’une simple «copie» du vaccin Moderna, d’autant que les groupes pharmaceutiques américains font tout pour ne pas lever leurs brevets. L’idée est de faire évoluer ce vaccin pour l’adapter aux conditions climatiques et de production des pays africains. Alors que les vaccins à ARNm existants doivent être stockés à basse température, la formule d’Afrigen ne nécessitera idéalement que peu ou pas de réfrigération, et pourra être produite dans plusieurs pays africains. - AfricaLog avec agence

Procès Sankara: La France et Compaoré au box des accusés

Oct 10, 2021
Procès Sankara: La France et Compaoré au box des accusés

Ce 11 Octobre doit s'ouvrir le procès censé clarifier les circonstances du meurtre de Thomas Sankara en 1987. Un procès sans Blaise Compaoré.

Même s'il n'est plus de ce monde, Thomas Sankara suscite toujours l’admiration, notamment auprès de certains jeunes sur le continent africain. C'est le cas de Justin Sogbedji qui a déménagé au Burkina Faso depuis le Bénin voisin il y a trois ans. Le jeune homme admire ainsi la statue de Thomas Sankara, haute de cinq mètres. Elle a été érigée dans le centre de Ouagadougou l'année dernière et attire de nombreux visiteurs. Elle exerce également une fascination sur Justin qui explique vouer une admiration sans faille à Sankara.

"C'est un homme de combat, j'aime son histoire depuis mon enfance. C'est pour cela que quand je suis venu ici, j'ai vu la statue et je me suis dit qu'il faut que je prenne une photo", précise-t-il.

Justin peut à présent admirer la statue de Thomas Sankara et visiter le mémorial qui lui est consacré. Un mémorial étroitement lié au décès de l'ancien président.

C'est dans un bâtiment non loin de l'emplacement de la statue que celui-ci a été tué avec ses compagnons. Le procès qui s'ouvre lundi 11 Octobre est censé élucider comment Thomas Sankara, arrivé au pouvoir après un coup d'Etat le 4 août 1983, et douze autres officiers, ont été tués le 15 octobre 1987. Le principal prévenu, Blaise Compaoré,
ancien compagnon de Thomas Sankara et son successeur à la présidence, a déjà fait savoir qu'il ne sera pas présent.

Jean-Hubert Bazié, journaliste à la retraite et chargé de communication pour le monument Thomas Sankara, déplore cette décision et rappelle que ce n'est pas le premier rendez-vous que Blaise Compaoré n'honore pas.

"Le père de Sankara disait toujours qu'il attendait la visite de Blaise Compaoré pour savoir ce qui s'était passé à l'époque. Il n'est plus en vie. Mais Compaoré n'a jamais fait cette visite", explique Jean-Hubert Bazié.

Le politologue Aziz Fall, qui coordonne la campagne internationale "Justice pour Thomas Sankara", déplore également l'absence de Blaise Compaoré au procès. Mais il insiste aussi sur le rôle de la France,

l'ancienne puissance coloniale. Un rôle qui doit être selon lui clarifié. "Je ne pense pas que ce soit un complot local. C'était international. Cela a mis fin à la dernière révolution sur le continent africain", déplore Aziz Fall.

Thomas Sankara, qui faisait campagne pour une production industrielle et agricole localisée en Afrique, est encore vénéré par ses partisans.

Selon Ismael Kinda, porte-parole du mouvement "Le Balai citoyen", il reste un héros à ce jour car "il s'est battu contre ce qui mine la société. Il s'agit notamment de la corruption, de l'injustice, du chômage, de l'analphabétisme et de la pauvreté en général." Mais il y a probablement d'autres raisons encore. En tous cas, depuis Thomas Sankara, aucun autre politicien n'a été un "héros" qui lui soit comparable. - AfricaLog avec agence

Que sont-ils devenus après leur visite chez Barack Obama?

Oct 09, 2021
Que sont-ils devenus après leur visite chez Barack Obama?

Le 29 Juillet 2011, le président Américain Barack Obama recevait le Guinéen Alpha Condé, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Béninois Boni Yayi et le Nigérien Mahamadou Issoufou à la Maison Blanche.

Macron baratine la jeunesse africaine

Oct 08, 2021
Macron baratine la jeunesse africaine

Le président français a fait plusieurs annonces lors du sommet Afrique-France consacré aux sociétés civiles africaines, françaises et à la diaspora –, dont la création d’un «Fonds d’innovation pour la démocratie en Afrique», avec une «gouvernance indépendante», ainsi que plusieurs initiatives culturelles.

Ce fonds, doté de 30 millions d’euros sur trois ans, doit aider les «acteurs du changement», notamment sur les questions de gouvernance et de démocratie, comme l’a recommandé le rapport élaboré par l’intellectuel camerounais Achille Mbembe, chargé de préparer le sommet qui se déroule à Montpellier, dans le sud de la France. Remis à Emmanuel Macron, le rapport d’Achille Mbembe sur les nouvelles relations entre l’Afrique et la France prône «un véritable dialogue d’égal à égal» fondé sur «un rapport neuf à la vérité, une plus grande capacité d’écoute et un changement de regard».

Il appelle également à «relancer la dynamique de restitution et expérimenter les musées de demain», à «accompagner la jeunesse africaine vers l’emploi», à «créer une commission intercontinentale sur la transparence économique», à « tisser un nouveau narratif entre l’Afrique et la France» ou à «refonder les relations avec l’Europe du XXIe siècle».

Parmi ces propositions, la mise à l’étude d’une maison des mondes africains et des diasporas, future institution dédiée à l’Afrique, a également été retenue. Une mission d’étude devra rendre ses propositions dans les six mois.
Un fonds d’amorçage doté de 10 millions sera également créé pour aider des entreprises africaines innovantes du secteur du numérique, dans le cadre de l’initiative Digital Africa de soutien aux start-up africaines.

La France va aussi mettre en place un fonds pour aider les musées africains à accueillir des œuvres internationales et un programme de soutien aux académies sportives africaines.

Emmanuel Macron, hôte du sommet et seul chef d’État présent – les chefs d’État africains n’ont finalement pas été conviés –, a par ailleurs annoncé la restitution fin octobre au Bénin de 26 œuvres pillées au palais d’Abomey, ainsi que d’œuvres qui seront remises à la Côte d'Ivoire, dont, selon des sources diplomatiques, le Djidji Ayokwe, célèbre tambour parleur Ebrié actuellement au musée du Quai Branly-Jacques-Chirac et réclamé de longue date par Abidjan. - AfricaLog avec agence

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