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La crise guinéenne fait une victime au Sénégal?

Oct 03, 2009

Il y a bien des raisons qui ont poussé Wade à se séparer de celui qu’il appelait, volontiers, le meilleur ministre des Affaires étrangères d’Afrique. Le Président tient rigueur à Gadio de plusieurs actes qu’il a posés.

Le mystère autour des raisons du limogeage du désormais ex-ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, commence à se dissiper. Ce qui laisse ainsi apparaître la lumière sur les griefs que le chef de l’Etat a retenus contre son plus ancien ministre depuis 2000. Selon des proches du Président Wade, nombre de reproches sont faits à celui qui fut, jusqu’à jeudi, l’indéboulonnable chef de la Diplomatie sénégalaise. Mais, il y a des éléments catalyseurs qui ont précipité son limogeage. De ceux-là, l’on cite «le silence complice» de Dakar, ces derniers jours, dans la crise qui sévit en Guinée.

Si l’on en croit les témoignages de nombre d’interlocuteurs, tout est parti du coup de fil fort médiatisé du Président américain Barack Obama à Wade, il y a trois jours. Au cours de cet échange téléphonique, le premier des «Yankees» aurait fait part à son homologue sénégalais de «l’inquiétude de l’Administration américaine face à la position du Sénégal sur la crise guinéenne». Selon nos différentes sources, «il semblait apparaître, aux yeux des Américains, que Wade soutient Dadis Camara dans ses actes».

D’ailleurs, la tardive réaction de condamnation du Sénégal de la répression sanglante des manifestations qui a fait plus de 150 morts en Guinée a conforté l’idée que Wade ne s’émeut pas des dérives de son «fils et protégé» Dadis Camara. Compte tenu des entrées et des connaissances de Gadio dans l’entourage de Barack Obama, le lien a été fait pour insinuer qu’il n’est pas étranger à la pensée que l’Administration Obama s’est faite de la position de Wade. Cette inquiétude est d’autant plus fondée chez Wade qu’il n’a été noté aucune action du ministère des Affaires étrangères allant dans le sens de renverser cette tendance.

Autre péché dont M. Gadio est accusé, c’est l’échec du lobbying alors déployé par Me Wade pour avoir son audience avec le Président Obama. Selon certains des collaborateurs de l’ancien chef de la Diplomatie sénégalaise, «Me Wade tient rigueur à Gadio de ne s’être pas investi pour vendre son image auprès de Obama afin que cela débouche sur une audience». Un reproche fondé sur la proximité de Gadio avec certains cercles de décisions américains. Sur ce point, des proches du désormais ex-ministre des Affaires étrangères justifient sa position par le fait que le Président Wade l’avait mis à l’écart des tractations en privilégiant d’autres hommes, comme son fils Karim Wade et certains de ses amis. Sans compter que lors de la signature du Mca, Me Wade n’a pas aimé le fait d’être doublé par son ministre, présenté comme l’élément central qui a permis au Sénégal de bénéficier de la pluie de milliards de FCfa. Ce qui lui a valu la chaude poignée de main avec Hilary Clinton. – L’observateur

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