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RDC: 18 morts dans l'éboulement d'une mine de diamant

Aug 20, 2009

Dix-huit mineurs clandestins ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'éboulement d'une mine de diamant dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), selon un bilan provisoire fourni par des sources locales.

L'éboulement s'est produit près de Mbuji-Mayi (Kasaï Oriental), dans une mine située sur une carrière de la Société minière de Bakwanga (Miba), détenue majoritairement par l'Etat, interdite d'accès et à l'arrêt depuis fin 2008 pour cause de difficultés financières.

"Des +creuseurs+ clandestins ont pénétré dans le polygone minier. Ils exploitaient dans une telle précipitation qu'ils n'ont pas tenu compte des normes d'exploitation", a expliqué à l'AFP Jean-Marie Kabuya, de l'Union des creuseurs artisanaux de diamant au Kasaï (UCDAK), en donnant un bilan de "18 morts et un rescapé".

Selon le président du Conseil provincial des diamantaires, Célestin Kubela, "ces clandestins qui vont parfois à 30 m sous terre, ont sûrement touché un pylône soutenant la galerie souterraine". Seulement sept de 18 corps avaient pu être retirés des décombres jeudi matin, selon lui.

Mal gérée, dotée d'un outil de production délabré et touchée de plein fouet par la chute des cours du diamant, la Miba est à l'arrêt depuis novembre 2008.

Ancien fleuron de l'économie congolaise, la société, qui emploie 5.000 personnes, produisait en moyenne 6 millions de carats par an au début des années 2000, contre un million en 2007 et moins de 500.000 en 2008. Son polygone s'étend sur 45.000 km2. Elle est détenue à 80% par l'Etat et 20% par la société sud-africaine Mwana Africa.

Le nombre de "creuseurs" artisanaux, est estimé à 200.000 dans la province du Kasaï Orientale, dont le chef lieu, Mbuji-Mayi, est surnommé "la capitale du diamant".

"Avant il y avait des mines de diamants de surface, où l'on pouvait exploiter 100 carats par mètre cube. Aujourd'hui ces diamants ont disparu. Les +creuseurs+ sont donc obligés d'aller en profondeur, mais ils n'ont pas les outils appropriés et ils le font dans des conditions de travail très pénibles et dangereuses", a expliqué M. Kubela.

"Parfois ils peuvent chercher pendant des mois, sans résultat. Aujourd'hui, quand ils trouvent 10 carats par mètre cube, c'est déjà bien (...) Depuis que la Miba est à l'arrêt, ces +creuseurs+ en profitent pour exploiter les diamants qui s'y trouvent", a-t-il ajouté.

Selon des ONG locales, des décès de creuseurs artisanaux sont rapportés tous les mois, à la suite d'éboulements ou par noyade, lors d'extraction sous-marine. - AFP

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