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Le maire d'Antananarivo se proclame aux commandes de Madagascar

Feb 01, 2009

Après une semaine de violentes manifestations qui ont fait au moins 43 morts, le maire d'Antananarivo Andry Rajoelina s'est proclamé samedi aux commandes de Madagascar lors d'un nouveau rassemblement dans la capitale.

Le président Marc Ravalomanana a toutefois assuré devant la presse qu'il restait le seul dirigeant du pays et que le calme était revenu sur la grande île de l'océan Indien, après une série de violentes manifestations antigouvernementales.

"Je demeure le président de ce pays", a-t-il déclaré dans une brève intervention, lors d'une réunion avec les ministres du cabinet. "Je sais que la situation a été très grave, mais maintenant elle est OK. Nous avons réglé la crise à Madagascar", a-t-il expliqué.

Marc Ravalomanana a encore appelé son principal opposant à "respecter la loi" malgache.

Rajoelina, chef de l'opposition âgé de 34 ans, s'est fait de plus en plus virulent envers Ravalomanana, dont il réclame la démission et dénonce la dérive autoritaire. Nouveau venu en politique et maire de la capitale depuis 2007, il a haussé le ton depuis la fermeture de sa station, Radio Viva, détonateur de la crise actuelle.

"Jusqu'à l'établissement d'un gouvernement de transition, c'est moi qui donne les ordres. J'en appelle aux forces de l'ordre pour leur dire que je suis aux commandes", a-t-il lancé samedi devant quelque 4.500 personnes rassemblées sur la principale place d'Antananarivo.

La semaine dernière, le jeune maire affirmait avoir le soutien de l'armée et se disait déjà prêt à prendre la tête d'un gouvernement intérimaire. Bien qu'il n'ait pas l'âge minimum requis par la constitution malgache pour être président, 40 ans.

La manifestation de samedi s'est achevée dans le calme, même si certains jeunes partisans de Rajoelina ont jeté des pierres sur les gendarmes dans la matinée: la police s'est retirée du secteur, les manifestants érigeant des barricades autour de la place.

La première manifestation à l'appel de Rajoelina, lundi, avait dégénéré, virant à l'émeute et au pillage, à Antananarivo mais aussi partout sur la Grande Ile. Depuis lundi, au moins 43 personnes ont été tuées, des magasins et des entreprises liés au président Ravalomanana incendiés, ainsi que le complexe de la radio-télévision publique.

Rajoelina accuse le gouvernement de Ravalomanana de mal utiliser les fonds publics et d'être une menace pour la démocratie. Cependant, l'ampleur du soutien populaire qu'il a mobilisé et la vitesse avec laquelle la situation a dégénéré en violences ont surpris.

Mais entre lundi et vendredi, les violences se sont apaisées, même si une atmosphère tendue régnait encore dans les rues de la capitale. Après avoir menacé de réprimer sans pitié toute incitation à la violence, le président Ravalomanana s'est montré plus conciliant, permettant que Radio Viva recommence à émettre.

L'ancienne colonie française de Madagascar, immense île de l'Océan Indien, est l'un des pays les plus pauvres de la planète: plus de la moitié de la population vit avec moins d'un dollar par jour.

Ravalomanana s'était opposé à l'ancien président Didier Ratsiraka, autocrate au pouvoir depuis 25 ans, tous deux revendiquant la victoire après le scrutin de décembre 2001.

Le pays s'était alors retrouvé écartelé pendant six mois entre deux gouvernements, deux capitales et deux présidents, Ratsiraka refusant de reconnaître sa défaite, avant de prendre le chemin de la France et de l'exil, en 2002.

Ravalomanana, ancien "roi du yaourt" et responsable chrétien, qui fut lui aussi maire d'Antananarivo, poste crucial pour arriver au premier rang de la vie politique malgache, a été réélu en 2006 à la tête du pays, dans un scrutin contesté par deux de ses rivaux. AP

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