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Guinée: « La paix ne peut se faire dans l’exclusion »

Nov 13, 2009

Rendez-vous respecté hier, 11 novembre 2009. Les envoyés du CNDD ont remis aussi leur document au facilitateur Blaise Compaoré. Si rien n’a filtré de ce mémorandum, il contient, à coup sûr, ce à quoi la junte au pouvoir à Conakry attache du prix. Notamment la problématique de la transition, le processus électoral et le sort du CNDD et de son patron, Dadis. En tout cas le facilitateur, après avoir reçu les propositions du colonel Moussa Keita et de ses compagnons, a laissé entendre que « la construction de la paix en Guinée ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens ».

Contrairement au début des échanges avec ces mandataires du CNDD qui ont duré près de 2 heures, pour cette réception du mémorandum, 30 minutes auront suffi. En effet, en conclave dans la salle polyvalente du palais présidentiel de Kosyam à 18 h, le tout a été plié à 18 h 30 mn.

Preuve effectivement que la chose du CNDD était mâchée depuis Conakry et, n’eussent été les amendements à faire à l’issue de la première rencontre avec le facilitateur intervenue le 10 novembre courant, les partisans du capitaine Dadis auraient pu remettre leur « devoir » le jour de leur arrivée, c’est-à-dire le 9 novembre.

On retiendra en tout cas que le médiateur s’est dit satisfait des échanges et estime qu’il a désormais les matériaux nécessaires (les mémorandums des Forces vives et du CNDD) pour enclencher les négociations en vue de concilier les deux parties. « ...D’ici une semaine, un projet de cadre de dialogue sur tous les thèmes, dans l’optique d’une sortie de crise à la fois pour les questions politiques, économiques et militaires », sera dégagé, a promis Blaise Compaoré.

Ensuite, il a clairement signifié que son rôle est d’accompagner, mais que les véritables faiseurs de paix sont les Guinéens eux-mêmes. « Nous connaissons moins la Guinée que les Guinéens...nous pensons qu’ils doivent fortement s’investir, au-delà de leurs divergences, pour bâtir la paix ». Et, paraphrasant Léopold Sédar Senghor, il dira que ces négociations pour l’avènement de la paix sont le rendez-vous, pour chaque partie, « du donner et du recevoir ».

Mais, déjà, Blaise commence à circonscrire le périmètre et à énoncer le préalable à toute négociation : l’acceptation de la différence. Il a en effet laissé entendre que « la construction de la paix ne peut se faire avec l’exclusion de Guinéens, ceci est très important... ».

Le chef de la délégation de la junte, Moussa Keita, lui, dira en substance, après la remise du fruit de leur cogitation, que le CNDD n’a pas de revendications particulières, mais que c’est la classe politique qui a des revendications. Mais lorsque revient la sempiternelle question du départ des militaires, il martèlera de sa voix douce mais ferme que « ce ne sont pas les Forces vives qui ont mis le CNDD en place... en aucun cas ces forces vives ne peuvent exiger le départ du CNDD et du président Dadis... le peuple guinéen a souffert 50 ans, le seul souci du président Dadis est le retour de la paix.

On l’aura constaté, le sujet sur « le sort du CNDD » promet de faire des gorges chaudes. Car même si de plus en plus d’aucuns, qui réclamaient le départ hic et nunc de cette junte, commencent à réviser leurs positions, certains continuent à emboucher cette trompette. Or à lire cette déclaration du facilitateur mentionnée plus haut, un message loin d’être subliminal, on devine qu’il va falloir discuter avec celui qui a le fait du pouvoir.

Dans quelques jours, quand le facilitateur assoira les deux parties autour d’un conseil des ministres, il va en effet falloir évoquer tout et, surtout, aboutir à un compromis qui constitue le cœur même de la politique et surtout le moindre mal en la matière. – L’Observatuer

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