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Les députés sénégalais ont adopté dimanche à une large majorité une résolution "mettant fin aux fonctions"

Nov 10, 2008

Les députés sénégalais ont adopté dimanche à une large majorité une résolution "mettant fin aux fonctions" du président de l'Assemblée nationale, Macky Sall, en disgrâce auprès du chef de l'Etat Abdoulaye Wade dont il avait dirigé la campagne présidentielle en 2007. La résolution a été adoptée par 111 voix pour, et 22 contre, dans une Assemblée qui compte 150 députés.

M. Sall a aussitôt annoncé qu'il démissionnait du Parti démocratique sénégalais (au pouvoir) et de toutes ses "fonctions obtenues sous les couleurs du PDS", soit ses mandats de député-maire de Fatick (centre). Macky Sall, 46 ans, ancien numéro 2 du parti du président, avait dirigé le gouvernement d'avril 2004 à juin 2007 avant de s'installer au perchoir. Son éviction, après seulement 17 mois à la tête de l'Assemblée, n'est pas une surprise. Le président Abdoulaye Wade avait en effet promulgué il y a deux semaines une loi constitutionnelle diminuant de cinq à un an le mandat des présidents des deux chambres du Parlement, s'appliquant immédiatement.

Macky Sall était tout particulièrement visé par cette loi "avec effet rétroactif", votée selon lui "en violation manifeste des principes universels du droit". Dénonçant un "complot", il a dit vouloir incarner "humblement une référence de résistance républicaine". Une "frange de la majorité a dressé un réquisitoire autour d'une perte de confiance entre le président de la République et moi-même, une imaginaire crise institutionnelle, ou pire sur ma prétendue obsession à une succession", a déclaré M. Sall. Lors du débat à l'Assemblée, le député El Hadji Wack, opposé à sa destitution, avait affirmé qu'il s'agissait d'une manoeuvre pour l'"écarter de la course à la succession" du chef de l'Etat en 2012.

Les députés qui ont voté sa destitution ont jugé M. Sall responsable d'un "blocage" de l'institution, "frappée de léthargie", du fait notamment de sa "mésentente" avec la majorité parlementaire, selon le projet de résolution. Ses détracteurs l'ont accusé de "privilégier sur le territoire national comme à l'étranger ses activités personnelles au détriment de ses charges républicaines, le tout à des fins inavouées". "Dans ce combat politique, la majorité parlementaire a choisi le camp de Monsieur le président de la République et celui du peuple et s'évertuera à leur servir de bouclier", ont-ils affirmé. M. Sall avait notamment provoqué la colère de la majorité en convoquant l'an dernier à l'Assemblée Karim Wade, le fils du chef de l'Etat et président de l'Agence nationale pour l'organisation de la conférence islamique (Anoci), qu'il voulait entendre sur la gestion des chantiers routiers et hôteliers confiés à l'Anoci.

Le premier vice-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale, Iba Der Thiam (PDS), la dirigera jusqu'Ă  l'Ă©lection d'un successeur Ă  M. Sall, ont indiquĂ© des dĂ©putĂ©s. Le PDS dispose d'une Ă©crasante majoritĂ© au Parlement, Ă  la suite du boycottage des Ă©lections lĂ©gislatives de 2007 par l'opposition. L'ancien Premier ministre Idrissa Seck, un temps prĂ©sentĂ© comme le "dauphin" du chef de l'Etat, avait Ă©tĂ© exclu du PDS en aoĂ»t 2005. 

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