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Il faut positiver la réflexion, halte à la judaïsation

Jan 15, 2011

Opinion de Mohamed kaba

Je commencerai par formuler mes meilleurs vœux de bonheur de toutes sortes pour chacun et pour tous. En d’autres termes, plus précisément, j’aimerais adresser mes vœux les meilleurs à notre chère nation.

Depuis un demi siècle ce pays cherche le chemin pour atteindre le bout du tunnel. Les maux sont connus, les remèdes aussi; seulement leurs applications font défaut jusque là. Faut-il s’attendre à un miracle ?

Je ne le pense pas, il n’y a rien de fatal. Si nous Guinéens nous le
voulons, avec courage et détermination nous nous en sortirons. Depuis la
dernière décennie, justement, notre peuple s’est illustré par son
courage et sa détermination dans la recherche d’une Guinée libérée et
libre, une Guinée loyale à sa population et à son peuple. Citons en
passant les affronts que nos syndicats et la société civile en général
ont tenus au régime de Lansana Conté… Nous venons juste d’en vivre les
premiers résultats : Pour la première fois dans son histoire, le peuple de
Guinée vient d’élire librement son président de la République.
Malheureusement cette première élection ne fut pas sans douleur, comme quoi
les grandes actions, les grandes œuvres naissent souvent dans celle-ci. La
femme n’enfante- t-elle pas dans la douleur ? – Que l’on se comprenne
bien, je ne dis pas ici que les violences électorales soient des sacrifices
nécessaires à ce début de l’émergence démocratique en Guinée. Je
voudrais simplement souligner que, malheureusement, ce sont là des accidents
que l’on rencontre souvent lors les transformations sociales. D’ailleurs,
pour éviter que d’autres événements inhumains n’occurrent dans
l’avenir et pour le respect des victimes, il faut que les auteurs et
responsables soient jugés… Comme aucune œuvre humaine n’est jamais
parfaite, la construction d’une nation est un long et périlleux labeur de
tout le peuple, et ensemble. C’est à cela que nous devrions tous nous
atteler, en patriotes responsables. Comme disait Antoine De Saint-Exupéry,
« L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle. ».
Aujourd’hui, notre pays traverse une période difficile de son histoire, il
est du devoir de chacun de ses fils de venir à son chevet pour l’aider à
traverser ce « désert » aride dans lequel la mauvaise gouvernance, la
corruption, l’injustice, l’ethnocentrisme et l’exclusion …continuent
de prospérer. En somme, aider à se défaire de tout ce qui est l’antipode
d’une société démocratique.

Il faut positiver le débat : Je suis très heureux de retrouver
M. Saïdou Bokoum, d’antan, l’homme de culture qui a émerveillé plus
d’une génération de jeunes guinéens. Dans son dernier article « Cisse,
Monrike : honneur à la culture au savoir et à l’expertise », M.
Boukoum s’avère merveilleux de par son style. L’homme n’échappe pas
sa vraie nature. Quand on n’est grand, on refuse de devenir petit. Les
histoires de « Heil Hal Pular » ne nous avancent en rien. Au lieu de
s’ériger en apologiste du sectarisme, en forgeant ce qui n’existe pas,
c'est-à-dire le sionisme peuhl, il faut faire preuve de sagesse. Le Fouta
n’est pas « Sion ». Ici, nous sommes face à une construction du genre «
Peuhl (Juif) », « La question peuhle »n’est pas une réalité
historique. Il y a des juxtapositions qui sont dangereuses : « La question
juive » est un concept évoquant l’intégration des juifs en Europe au
XVIII è siècle et, plus tard dans l’Allemagne nazi d’Hitler, qui
aboutit aux pogroms juifs et La solution finale. Alors, se permettre des
plaquages historiques jusqu'à en devenir un théoricien, n’est que
simplement déconcertant. Là, nous sommes face à la judaïsation des
peulhs, qui est une construction dangereuse – aberrante même - pour notre
jeune nation. Le Fouta n’est pas l’Israël. Dans une nation où le
monolithisme ethnique est devenu la voie du salut pour les leaders
politiques, l’intellectuel doit faire preuve de lucidité et de rétention,
pour jouer pleinement le rôle qui lui est dévolu auprès de son peuple, de
sa nation. Comme je l’ai mentionné dans mon dernier article, nous
guinéens, nous ferions mieux d’évoquer dans le contexte politique actuel,
les faits qui nous ont toujours rapprochés, plutôt que ceux qui nous
divisent. Cela ne signifie pas, non plus, qu’il faille rester impassible
face aux exactions. Il faut dénoncer les actes répréhensibles, peu importe
d’où cela pourrait venir. Mais il faut que l’on agisse de manière
objective et dans l’intérêt de la nation. Je voudrais ici porter à la
connaissance de M. Bokoum que Gramsci est mort, et qu’il n’y a pas non
plus d’artillerie de l’alliance Arc-en-ciel. S’il en existe, cela ne me
concerne nullement. Je n’ai, jusque là, milité dans aucun parti en
Guinée, ni au RPG, ni dans aucun autre. Pour le moment je milite pour
l’avènement d’une nation guinéenne. Je suis aussi critique à
l’égard de la mouvance présidentielle actuelle qu’à l’opposition.
Mais comme d’habitude, en Guinée, il suffit de voir le patronyme de
quelqu’un pour savoir de quel bord il se tient. C’est à cet exercice que
se livre M. Bokoum. Lui et ses pareils sont devenus hyper paranoïaques. Ils
ne peuvent concevoir de guinéens libres de leurs opinions, qui s’extirpent
du carcan de l’ethnie pour n’appartenir qu’à la Guinée. Je suis ici
résolument engagé à la recherche d’une autre voie que celle ethnique.
C’est pourquoi je passe le clair de mon temps à dénoncer l’ethnicité
et les ethnocentristes de tous les bords, quels qu’ils soient : Mandings,
Peulhs ou Soussous, etc. Dans tous les cas, il vaut mieux d’être le
chantre d’une nation que le thuriféraire d’un sectarisme, fut-il aussi
bien ethnique que régionaliste. Rien ne saurait m’inspirer ces tares
chères aux « intellectuels » aveuglés par la haine. Je vous convie de
lire ou de relire La Révolte d’Albert Camus, Monsieur l’écrivain. Vous
verrez que vous en êtes au stade statique de celle-ci.

Des leçons d’histoire : Comme le disait le grand Tarikh Es-
Saadi, « Souviens-toi, le souvenir est plein de renseignements, il y a de
quoi désaltérer l’élite de ceux qui viennent y boire ». L’histoire de
notre pays nous enseigne, par exemple, qu’El hadj Oumar Saïd Nour Tall, a
fondé un empire musulman et multiethnique. De Podor, en passant par les pays
bambara, Ségou et Kaarta, pour atteindre le Macina. L’honorable Oumar Tall
passa par Kankan en Haute- Guinée, où il se lia d’amitié avec les Kaba
et initia une partie de ceux-ci aux rites tidjaniya. La physionomie de
Dinguiraye n’est pas seulement toucouleure, les mandings y ont constitué
une partie importante de cette ville historique. Faut-il rappeler aussi que
des marabouts mandings ont participé à la grande bataille de Talansan en
1725. Les rapports entre les Almamys du Fouta et les patriarches du royaume
théocratique du Bate-Kankan furent des plus cordiaux. Quand Condé Bourama
du Wassolon sévissait contre Kankan, le patriarche Alpha Kabine et ses
hommes trouvèrent refuge à Timbo, capital du Fouta Djalon. Après la
guerre, Alpha Kabine, donna le nom Timbo à un quartier de sa Ville. Tout
près de nous, en 1946, les frères kaba de Kankan se trouvèrent dans un
conflit, c’est l’Almamy Aguibou Barry de Dabola et Saidou Nourou Tall de
Dinguiraye qui se rendirent à Kankan pour la réconciliation des frères
belligérants*. Voici autant d’exemples, et de leçons à tirer de notre
histoire pour instaurer la paix et se réconcilier avec soi. C’est pour
dire que d’une façon générale, il n’y avait pas d’animosité entre
les populations guinéennes jusqu'à une dates récente. Bien sur, il y a eu
dans le passé des guerres d’expansion dans l’histoire dans nos régions.
Celles-ci sont totalement différentes de guerres xénophobes… Mais quelle
grandeur d’esprit de la part de nos glorieux ancêtres ! A s’y comparer,
nous ressemblons à de simples minables. Rassurez-vous, mes amis : continuer
de penser qu’il existe une ethnie supérieure serait une simple gymnastique
intellectuelle. Autant il n’existe pas de race supérieure, moins encore
faut-il croire en des ethnies « nobles ». Je ne crois même pas en ce
concept ridicule. A l’intérieur des ethnies, il y a la problématique des
castes. Pour des raisons de manipulations ethniques, la haine et la violence
ne cessent de fissurer notre société. Autant Alpha Condé c’est révélé
manipulateur lors des dernières élections, autant Celou Dalein Diallo a
tiré sur la corde ethnique.

Aujourd’hui, il faut revenir à la réalité, taire les
passions et songer aux vrais problèmes du pays. Je suis émerveillé par
l’article d’un jeune de l’UFDG, qui force mon admiration. Il s’agit
d’Abraham Diallo, son article « L’extrémisme ethnique sur la toile et
le silence coupable de UFDG » est révélateur de ce que la jeunesse
guinéenne aujourd’hui ressent par rapport non seulement à la démission
des aînés, mais aussi par rapport à l’irresponsabilité de l’élite
politique du pays. Les responsables de l’UFDG ne sont pas seuls coupables
à mes yeux, les extrémistes se trouvent dans toutes nos formations
politiques, le RPG et l’Alliance Arc-en-ciel ne font pas exceptions.
L’ethnicité a été la seule stratégie que nos leaders ont été capables
d’inventer. Maintenant plus que jamais, il faut un réveil des jeunes pour
trouver une autre voie, celle du salut et de l’unité. Celle qui nous
libère de la prison des œillets ethniques, je dirais de la psychose de la
peur de l’autre, le «diable», le diabolique !

* Kaba, L : Cheikh Mouhammad Chérif et son temps, Paris Présence Africaine,
2004.

Mohamed kaba. mkaba98@gmail.com
Denver, Co, USA
001720 690 8877

 

 

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