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Trump «insulte» la mémoire de Mandela

Sep 09, 2020
Trump «insulte» la mémoire de Mandela

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a condamné les «remarques désobligeantes» et les «insultes» attribuées au président américain Donald Trump à l’égard du premier président noir sud-africain, Nelson Mandela.

Dans des mémoires qui doivent être publiées cette semaine, l’ancien avocat de M. Trump, Michael Cohen, accuse le président américain de remarques racistes à l’égard de plusieurs dirigeants noirs, notamment son prédécesseur Barack Obama mais aussi l’icône anti-apartheid.

Selon le Washington Post, qui s’est procuré les bonnes feuilles de cet ouvrage, M. Cohen cite Donald Trump affirmant que Mandela n’est «pas un vrai leader» et le décrit faisant l’éloge du régime de l’apartheid.

«Tous les peuples épris de liberté sont atterrés par ces insultes (..) venant de la part d’une personne qui n’est pas, elle-même, un modèle de leadership compétent», a asséné l’ANC dans un communiqué.

«Trump est un homme clivant, misogyne et irrespectueux», poursuit l’ANC, notant le «contraste saisissant» entre ce dernier et Mandela qui «comprenait la valeur des amitiés internationales».

La Fondation Nelson Mandela a estimé de son côté que «les dirigeants qui se conduisent comme M. Trump» ne sont pas bien placés pour proposer des «commentaires faisant autorité» sur la vie et l’œuvre de Mandela.  

Interrogé, la porte-parole de la Maison Blanche a décrit M. Cohen comme un «criminel en disgrâce» et un «avocat radié» du barreau: «Il a perdu toute crédibilité et il n’est pas surprenant d’assister à cette dernière tentative pour profiter de ses mensonges», a affirmé Kayleigh McEnany dans un courriel mardi matin.

Nelson Mandela a été élu président en 1994 après près de trois décennies passées en prison pour son combat contre le régime raciste de l’apartheid.  
Le prix Nobel s’était retiré de la vie politique cinq ans plus tard. Il est mort en 2013 à l’âge de 95 ans. - AfricaLog avec agence

Washington sanctionne Fatou Bensouda de la CPI

Sep 02, 2020
Washington sanctionne Fatou Bensouda de la CPI

Les États-Unis ont annoncé des sanctions contre la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda.

«Tout individu ou entité qui continuera à assister matériellement» la procureure «s’expose également à des sanctions», a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’une conférence de presse.

Déjà engagé dans une offensive sans précédent contre la CPI, le président américain Donald Trump avait autorisé en juin des sanctions économiques contre ses responsables pour dissuader la juridiction de poursuivre des militaires américains pour leur implication dans le conflit en Afghanistan.

La CPI avait alors déploré «une série d’attaques sans précédent» à son encontre, soulignant son indépendance.


«Aujourd’hui nous passons de la parole aux actes », a expliqué Mike Pompeo, «car la CPI continue malheureusement de viser des Américains».

La Cour, qui siège à La Haye, aux Pays-Bas, a décidé en appel en mars d’autoriser l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Afghanistan malgré l’opposition de l’administration Trump. - AfricaLog avec agence

Les putschistes acclamés à Bamako

Aug 21, 2020
Les putschistes acclamés à Bamako

Sous les vivats de milliers de personnes rassemblées vendredi à Bamako pour fêter la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta, les militaires ayant pris le pouvoir au Mali ont remercié «le peuple malien pour son soutien», à la veille de l’arrivée d’une mission ouest-africaine.

Entourés de militaires en armes, Malick Diaw, n° 2 du «Comité national pour le salut du peuple» (CNSP) mis en place par les putschistes, ou encore leur porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué, ont été accueillis sous les youyous au pied du monument de l’Indépendance.
«Nous sommes venus […] remercier le peuple malien pour son soutien. Nous n’avons fait que parachever le travail que vous aviez commencé», a lancé à la foule enthousiaste Ismael Wagué, après avoir expliqué par «un empêchement de dernière minute» l’absence du chef de la junte et nouvel homme fort du Mali, le colonel Assimi Goïta, 37 ans.

La foule était plus nombreuse que lors des manifestations organisées depuis juin par le Mouvement du 5-Juin (M5-RFP) pour réclamer le départ du président Keïta, dit «IBK».

Les militaires ont ensuite laissé la place aux dirigeants de cette coalition hétéroclite qui avait appelé au rassemblement de vendredi. Ceux-ci ont salué l’intervention des militaires: «il n’y a pas de coup d’État, il n’y a pas de junte, nous avons des Maliens qui ont pris leurs responsabilités», explique l’un de ces dirigeants, Mohamed Aly Bathily.
L’influent imam Mahmoud Dicko, figure morale dont le rôle a été crucial dans la mobilisation anti-IBK, a lui annoncé à la foule retourner « à la mosquée », avant de remercier les militaires putschistes et d’appeler à « chasser les démons de la division ».

«Je suis imam et je reste imam», a ajouté l’imam Dicko, laissant néanmoins entendre qu’il continuerait à exercer une influence sans toutefois s’impliquer directement dans l’action politique.
«Nous avons gagné […] c’est la victoire du peuple», jubilait Mariam Cissé, 38 ans dans la foule.
Une mission dépêchée par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour réclamer le «retour à l’ordre constitutionnel» est attendue samedi à Bamako. Elle sera conduite par l’ancien président nigerian Goodluck Jonathan, accompagné du président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, et du ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao.

La junte la recevra «avec plaisir» samedi, a assuré à un responsable du nouveau pouvoir, alors que des manifestants brandissaient vendredi des pancartes hostiles à l’organisation ouest-africaine qui a réclamé jeudi le «rétablissement» du président Keïta, au pouvoir depuis 2013.

L’ONU a indiqué avoir pu rendre visite jeudi soir aux personnalités arrêtées lors du coup d’État mardi, dont le président renversé et son premier ministre Boubou Cissé, toutes détenues au camp militaire de Kati, ville-garnison proche de Bamako, devenu le centre du nouveau pouvoir. - AfricaLog avec agence

Coup d’État salutaire au Mali

Aug 19, 2020
Coup d’État salutaire au Mali

La communauté internationale a accentué mercredi la pression sur les militaires ayant pris le pouvoir au Mali qui a été suspendu de l’Union africaine (UA), ce qui n’a pas dissuadé les putschistes d’appeler les Maliens à reprendre une vie normale.

L’UA a suspendu le Mali «jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel» et demandé «la libération du président (Ibrahim) Boubacar Keita, du premier ministre et des autres responsables du gouvernement arrêtés par la force par l’armée».

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), médiatrice dans la crise qui frappe le Mali depuis juin, a également suspendu ce pays avant une réunion jeudi en visioconférence.

À l’issue d’un sommet extraordinaire, l’UE a réclamé la libération «immédiate» des dirigeants arrêtés et un «retour immédiat de l’état de droit». «La stabilité de la région et du Mali, la lutte contre le terrorisme doivent demeurer des priorités absolues», selon le président du Conseil de l’UE, Charles Michel, soulignant «l’extrême préoccupation» des Européens.

Par la voix de Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, les États-Unis ont eux «fermement» condamné «la mutinerie» et exigé que la «liberté et la sécurité » des dirigeants maliens et de leurs familles soient «assurées».

L’Algérie, qui partage 1400 km de frontières avec le Mali et a joué un rôle important dans les pourparlers de paix dans ce pays, «réitère son ferme rejet de tout changement anticonstitutionnel de gouvernement».

Autre pays du Maghreb partenaire du Mali, le Maroc a appelé à une «transition civile pacifique, permettant un retour rapide et encadré à l’ordre constitutionnel».
Ces condamnations n’ont pas dissuadé le colonel-major Ismaël Wagué, porte-parole du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui a pris le pouvoir, de demander à ses compatriotes de «vaquer librement à leurs occupations». Il a notamment demandé aux fonctionnaires de reprendre le travail jeudi et a assuré «que toutes les dispositions sont prises pour la protection des personnes et des biens, ainsi que les lieux de travail».

Il a aussi demandé «d’arrêter immédiatement les actes de vandalisme et de destruction des édifices publics». Des manifestants ont incendié mardi le cabinet d’avocat de l’ex-ministre de la Justice Kassim Tapo.

Pas un mot sur IBK

Ismaël Wagué n’a en revanche rien dit sur le président Keïta, dit IBK, ni le chef du gouvernement, Boubou Cissé, toujours au camp militaire de Kati, le quartier général des auteurs du coup d’État près de Bamako.
D’autres responsables civils et militaires ont également été arrêtés mardi.
Le calme régnait mercredi dans la capitale, qui portait encore les stigmates des incidents ayant ponctué ce renversement de pouvoir, notamment les bureaux abritant le cabinet d’avocats de l’ex-ministre de la Justice Kassim Tapo, attaqués et incendiés par des gens en colère, selon des journalistes.

Dans le centre de Bamako, la population vaquait à ses occupations, mais les administrations et les banques étaient fermées.

Le président Keïta, élu en 2013 puis réélu en 2018 pour cinq ans, a annoncé à la télévision publique sa démission dans la nuit de mardi à mercredi, puis la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale. «Ai-je réellement le choix ?», a-t-il déclaré, en disant vouloir éviter que du sang ne soit versé pour qu’il se maintienne au pouvoir.  
Le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, a ensuite annoncé la création du CNSP, expliquant que les militaires avaient «décidé de prendre (leurs) responsabilités» face au chaos et à l’insécurité.
Les militaires ont appelé la société civile et les mouvements politiques à «créer les meilleures conditions d’une transition politique civile conduisant à des élections générales crédibles» dans un «délai raisonnable».

Les putschistes ont annoncé la fermeture des frontières et l’instauration d’un couvre-feu, tout en tentant de rassurer la communauté internationale sur leurs intentions.
Respect des accords passés

«Tous les accords passés» seront respectés, a affirmé le colonel Wagué.  
«La (mission de l’ONU) Minusma, la force (anti-djihadiste française) Barkhane, le G5 Sahel (qui regroupe cinq pays de la région), la force Takuba (un groupement de forces spéciales européennes censées accompagner les Maliens au combat) demeurent nos partenaires», a-t-il assuré, en ajoutant que les militaires étaient «attachés au processus d’Alger», l’accord de paix signé en 2015 entre Bamako et les groupes armés du nord du pays.

Le coup d’État prolonge la crise sociopolitique à laquelle est confronté le Mali depuis plusieurs mois et que la médiation de la Cédéao n’a pas pu résoudre.
Une coalition hétéroclite d’opposants politiques, de guides religieux et de membres de la société civile a multiplié les manifestations pour réclamer le départ du président Keïta, accusé de mauvaise gestion.

Mercredi soir, ni le M5 ni la figure de proue de la contestation, l’influent imam Mahmoud Dicko, n’avaient encore fait part de leurs intentions après le renversement de leur bête noire.
Le week-end du 10 juillet, une manifestation à l’appel du Mouvement du 5 juin avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers.  - AfricaLog avec agence

Le peuple ivoirien se mobilise contre Ouattara, 4 morts

Aug 13, 2020
Le peuple ivoirien se mobilise contre Ouattara, 4 morts

Au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi en Côte d'Ivoire, dans des violences liées à la candidature controversée du président Alassane Ouattara à un troisième mandat lors de l'élection présidentielle du 31 octobre.

Plusieurs mouvements d'opposition avaient appelé à manifester jeudi contre cette candidature.

Un jeune de 18 ans a été tué jeudi à Bonoua (sud-est) au cours de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé Jean-Paul Améthier, le maire de la ville située à 50 km d'Abidjan, ancien fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant de la ville.

La situation est tendue dans cette ville traversée par une voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont aussi éclaté à Daoukro, bastion de l'ancien président Henri Konan Bédié, également candidat à la présidentielle.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts lors d'affrontements entre des partisans d'Henri Konan Bédié et des jeunes favorables à Ouattara.
D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Les autorités avaient interdit les manifestations.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, élu en 2010 puis réélu en 2015, avait annoncé dans un premier temps en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature. - AfricaLog avec agence

En difficulté, Trump change de ton

Jul 22, 2020
En difficulté, Trump change de ton

À la peine dans les sondages à bientôt cent jours de la présidentielle, critiqué pour sa gestion du coronavirus, Donald Trump a tenté de reprendre la main en reconnaissant la gravité de la crise sanitaire.

«Cela va sûrement, malheureusement, empirer avant de s’améliorer. Je n’aime pas dire ça mais c’est comme ça», a déclaré le président des États-Unis à la Maison Blanche, où il a renoué pour la première fois depuis fin avril avec les conférences de presse sur la COVID-19, appelées à redevenir régulières, comme au plus fort de la pandémie.

«Ces dernières semaines, nous avons observé une hausse inquiétante des cas dans de nombreuses régions de notre Sud», a-t-il ajouté, évoquant de «gros incendies» et même une «situation très difficile» en Floride, un État gouverné par un de ses proches alliés où il a prévu de tenir dans un mois la convention censée lancer la dernière ligne droite de sa campagne.

Après une amélioration vers la fin du printemps, l’épidémie a repris de plus belle dans le pays, déjà le plus endeuillé au monde avec 141 800 morts. Le nombre de cas explose — plus de 60 000 par jour depuis une semaine, pour un total de 3,88 millions depuis le début de la pandémie — et les décès quotidiens sont aussi repartis à la hausse — plus de 700 par jour en moyenne.

La situation est particulièrement inquiétante dans des États du Sud comme la Californie, la Floride ou le Texas, souvent contraints d’imposer des restrictions à rebours du déconfinement.

Jusqu’ici, Donald Trump avait tenté coûte que coûte de tourner la page de la COVID-19. Pressé de relancer l’économie ainsi que sa campagne pour la présidentielle du 3 novembre, il avait été accusé d’être dans le déni face à la flambée du coronavirus.
Mais après un meeting raté à Tulsa, dans l’Oklahoma, en juin, devant un auditoire clairsemé, la progression de l’épidémie ne lui a pas permis de continuer avec les grandes réunions publiques qu’il affectionne.

Changement de stratégie
Pendant ce temps-là, son adversaire démocrate Joe Biden, qui ne se déplace pourtant que précautionneusement sur le terrain, est considéré comme plus compétent pour faire face aux multiples crises que traversent les États-Unis.  

Il creuse l’écart dans les sondages: si l’élection avait lieu aujourd’hui, il l’emporterait haut la main, à en croire les intentions de vote.

Changement de stratégie donc pour le président.
Si Donald Trump a vanté sa gestion du virus, maintenu qu’il allait finir par «disparaître», et salué avec enthousiasme les avancées vers un vaccin, il a aussi pour la première fois clairement recommandé le port du masque.

«Nous demandons à tout le monde de porter un masque quand la distanciation physique n’est pas possible», a-t-il lancé, sortant de sa poche sa propre protection, qu’il n’a pourtant endossée en public qu’une fois, le 11 juillet, soit plusieurs mois après le début de la pandémie.

«Que vous aimiez les masques ou pas, ils ont un impact», a-t-il plaidé, alors qu’il est accusé d’avoir lui-même attisé les braises de la résistance en défendant jusqu’ici la «liberté» individuelle en la matière.  

Il est même allé jusqu’à «implorer» les jeunes d’«éviter les bars bondés», un ton alarmiste abandonné depuis plusieurs semaines.

Dans son propre camp républicain, plusieurs gouverneurs en première ligne pour endiguer la maladie et de nombreux élus aux prises avec des élections parlementaires délicates en novembre appelaient le président à évoluer sur le masque et, au-delà, à refaire de la lutte contre l’épidémie une priorité.

Seul face aux journalistes — et donc sans être accompagné de son respecté conseiller en immunologie Anthony Fauci qu’il a accusé d’être trop «alarmiste» —, Donald Trump est resté relativement sobre.

Contrairement aux interminables «briefings» du printemps, il a maîtrisé la durée de sa conférence de presse, qui a duré moins d’une demi-heure.
Surtout, il ne l’a pas transformée en meeting de campagne ou en diatribe anti-Biden, comme il l’avait fait mi-juillet lors d’une intervention officiellement consacrée à la Chine.
Pour cela, à défaut de pouvoir battre les estrades, il lui reste Twitter,  où il a accusé mardi la «gauche radicale» de prévoir de «grosses hausses d’impôts».

Mais Donald Trump a terminé en promettant de tenir de telles conférences de presse «assez souvent», et d’aborder aussi «d’autres sujets, notamment économiques». - AfricaLog avec agence

L’icône des droits civiques aux USA, John Lewis est décédé

Jul 19, 2020
L’icône des droits civiques aux USA, John Lewis est décédé

John Lewis, militant emblématique de la non-violence et des droits civiques aux États-Unis, ancien compagnon de route de Martin Luther King et membre du Congrès américain depuis 1986, est décédé vendredi à l’âge de 80 ans.

Cette icône de la lutte des Afro-Américains a mené toute sa vie une bataille acharnée contre la discrimination et l’injustice raciale, se faisant rouer de coups par la police et arrêter à de multiples reprises lors de protestations contre des génocides ou les lois sur l’immigration.
«Aujourd’hui, les États-Unis déplorent la disparition d’un des plus grands héros de l’histoire américaine », a écrit la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un communiqué.

Mme Pelosi a décrit Lewis, démocrate comme elle et qui souffrait d’un cancer du pancréas, comme « un titan du mouvement des droits civiques dont la bonté, la foi et la bravoure ont transformé notre nation».


Considéré comme une des voix les plus respectées du pays pour la justice et l’égalité, il a affronté à plusieurs reprises le président Donald Trump, boycottant son investiture et citant l’ingérence de la Russie dans les élections de 2016 pour remettre en question sa légitimité.
Et malgré son cancer, il avait fait son retour à Washington en juin en pleine tourmente née de la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis, pour participer à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter contre les discriminations raciales.  
«Les vents soufflent, le grand changement arrive», avait déclaré Lewis quelques jours plus tôt durant une discussion de parlementaires sur le racisme.
Militant de la première heure

Fils de métayers, ce militant indomptable est devenu à 21 ans un des plus jeunes Freedom Riders (voyageurs de la liberté) qui ont combattu la ségrégation dans le système de transport américain au début des années 60.  

Il était le plus jeune meneur de la marche sur Washington en 1963, au cours de laquelle Martin Luther King a prononcé son fameux discours, «I have a dream ».

Deux ans plus tard, John Lewis a failli succomber sous les coups de la police en 1965 sur le pont Edmund Pettus, à Selma, en Alabama, où il menait une marche de plusieurs centaines de militants pacifiques contre la discrimination raciale. Il avait eu le crâne fracturé.  

En 2015, pour célébrer le cinquantenaire de ce «Dimanche sanglant», il avait repassé le pont, main dans la main avec Barack Obama, premier président noir de l’histoire des États-Unis.

Barack Obama avait décerné à ce militant historique la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine lors d’une cérémonie à la Maison Blanche en 2011.
«Peu d’entre nous vivent pour voir notre propre legs se développer d’une manière aussi remarquable et significative. John Lewis l’a fait», a tweeté Barack Obama tôt samedi, soulignant que l’ancien militant «aimait tant son pays qu’il a risqué sa vie pour lui».

«La conscience du Congrès»
John Lewis est né à Troy, dans l’Alabama, le 21 février 1940, troisième enfant d’une fratrie de dix. Élevé dans une communauté presque entièrement noire, il a rapidement pris conscience de la ségrégation dans cet État du sud des États-Unis.
Il a commencé par organiser des sit-ins aux comptoirs des restaurants imposant la ségrégation raciale, et a été arrêté à une vingtaine de reprises lors des protestations non-violentes, avant de fonder et plus tard diriger le Comité de coordination étudiant pour la non violence.

Parlementaire depuis 1986, il incarnait «la conscience du Congrès», selon l’expression de Nancy Pelosi. Il avait cependant abandonné ses fonctions au Congrès au cours des derniers mois pour suivre un traitement contre le cancer.
Les hommages sont également venus du camp républicain, avec notamment Mitch McConnell, président du Sénat, qui a loué ce «pionnier des droits civiques qui n’a pas hésité à mettre sa vie en jeu pour combattre le racisme, promouvoir l’égalité des droits et placer notre nation en accord avec ses principes fondateurs».  

Une autre figure iconique de la lutte pour les droits civils est décédée vendredi aux États-Unis: le révérend CT Vivian, qui a mené des sit-in contre la ségrégation dans les années 40 et a été un conseiller de la première heure de Martin Luther King, s’est éteint à 95 ans.

Bernice King, la plus jeune fille de Martin Luther King, a tweeté des photos des deux hommes, avec la mention: «des aînés, et maintenant des ancêtres. Alléluia ». - AfricaLog avec agence

L’épidémie de COVID-19 va s’aggraver aux USA

Jul 16, 2020
L’épidémie de COVID-19 va s’aggraver aux USA

Les dernières actualisations de modèles épidémiologiques prévoient encore une augmentation du nombre journalier de décès liés à la COVID-19 aux États-Unis, mais une équipe prévoit que le port quasi-universel du masque pourrait sauver 40 000 vies d’ici novembre.

De 136 000 morts officiellement recensés mercredi, le pays devrait atteindre 151 000 d’ici le 1er août et 157 000 le 8 août, selon la moyenne de modèles de 23 groupes de recherche aux États-Unis et ailleurs, publiée par une équipe de l’université du Massachusetts, le Reich Lab, pour le compte des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). Il y a une semaine, cette moyenne prédisait 147 000 morts au 1er août.
La Californie, la Floride et le Texas, les trois États les plus peuplés du pays, enregistreront chacun plus d’un millier de morts supplémentaires dans le prochain mois, par rapport au bilan du mois écoulé, dit le professeur Nicholas Reich.
L’un des modèles (IHME), à l’université de l’État de Washington, va plus loin et prévoyait 224 000 morts au 1er novembre. Un autre, par le modélisateur indépendant Youyang Gu, à New York, prédit 227 000 morts d’ici le 1er novembre.

Selon le groupe IHME, les Américains sont plus nombreux à porter des masques, et moins nombreux à se déplacer. Le modèle a accès à des données de mobilité par des partenaires d’applications mobiles.

«Mais si 95 % des Américains portaient des masques en sortant de chez eux, le nombre (de morts) baisserait de 40 000» d’ici novembre, écrit le centre de recherche. - AfricaLog avec agence

DĂ©mission fracassante du Premier ministre ivoirien

Jul 13, 2020
DĂ©mission fracassante du Premier ministre ivoirien

En poste depuis 2017, Daniel Kablan Duncan a déposé sa démission ce lundi 13 juillet sur le bureau du président Alassane Ouattara.

Cette annonce surprise a fait l'effet d'une bombe : le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, 77 ans, a démissionné de son poste alors que le pays est en deuil après le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet. La nouvelle a été officiellement confirmée par Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence.

«Le vice-président Daniel Kablan Duncan a remis au président de la République sa démission […] pour des raisons de convenance personnelle le 27 février […] . Après plusieurs entretiens, dont le dernier a eu le 7 juillet, le président Alassane Ouattara a pris acte et procédé le 8 juillet à la signature d'un décret mettant fin aux fonctions de M. Kablan Duncan», affirme un communiqué lu par Patrick Achi. «Le président de la République voudrait rendre hommage à un grand serviteur de l'État, un homme de pouvoir et d'engagement», poursuit le texte.

Si les rumeurs de démission de Daniel Kablan Duncan circulaient depuis plusieurs jours, elle reste une surprise.

Un contexte bien particulier
Jusqu'à récemment, Daniel Kablan Duncan était considéré comme un proche du président Ouattara même s'il appartenait au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), formation ancienne alliée de Ouattara passée dans l'opposition en 2018.

Originaire du centre-est de la Côte d'Ivoire, Daniel Kablan Duncan a toujours été un poids lourd du pouvoir, occupant successivement les postes de ministre des Affaires étrangères (2011-2012) puis de Premier ministre avec le portefeuille de l'Économie et des Finances de 2012 à 2017 avant de devenir le premier vice-président de l'histoire de Côte d'Ivoire en janvier 2017, poste créé avec la nouvelle Constitution de 2016.

Sa démission survient alors que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est décédé brusquement d'une crise cardiaque le 8 juillet quelques jours après être revenu de France après deux mois de convalescence.

L'absence de M. Kablan Duncan à l'aéroport lors du retour du Premier ministre avait été remarquée. Les cérémonies d'hommage au Premier ministre qui doit être inhumé vendredi devaient commencer mardi.

Le décès de Gon Coulibaly, qui avait été désigné par le président Ouattara candidat de son parti à la présidentielle d'octobre, a complètement changé la donne politique, le parti au pouvoir devant désormais trouver un autre candidat. Beaucoup estiment que le président Ouattara, qui avait annoncé en mars qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, pourrait finalement être candidat.

L'ancien président Henri Konan Bédié représentera le PDCI à cette élection qui s'annonce tendue. - AfricaLog avec agence

Climat quasiment insurrectionnel Ă  Bamako

Jul 12, 2020
Climat quasiment insurrectionnel Ă  Bamako

L’imam à la tête de la coalition qui réclame un changement de pouvoir au Mali a appelé ses partisans au calme dimanche après deux jours de troubles qui ont fait au moins onze morts et créé un climat quasiment insurrectionnel à Bamako.

La capitale, préservée en temps normal par les violences djihadistes et intercommunautaires qui endeuillent le nord et le centre du pays, est la proie depuis vendredi de ses troubles civils les plus graves depuis des années.

Les violences ont fait onze morts entre vendredi et dimanche midi, a indiqué un responsable des urgences d’un grand hôpital de la capitale, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat en raison du caractère sensible de ces données dans une situation politique volatile.

La tension restait palpable dimanche soir à Bamako. Sans renouer avec l’intensité des affrontements des jours précédents, la ville est restée troublée dimanche par les regroupements spontanés de centaines de personnes dans la rue, la coupure d’axes importants par des barrages ou des pneus brûlés, ou encore le saccage d’un tribunal et d’un siège de quartier du parti présidentiel.

Dans le quartier de Badalabougou, un calme précaire est revenu. Des centaines de fidèles se sont pressés dans la vaste salle aux colonnes vertes de la mosquée et à l’extérieur pour les funérailles de quatre défunts qu’ils ont ensuite suivis en cortège au cimetière ?
C’est autour de la mosquée que se sont déroulés samedi soir les affrontements les plus sanglants. La mosquée est celle où prêche l’imam Mahmoud Dicko et ses partisans en ont transformé les abords en camp retranché, inquiets que les forces de sécurité ne viennent l’arrêter.

Une vingtaine d’opposants ont été arrêtés depuis vendredi, dont plusieurs leaders de la contestation, a dit un de leurs avocats, Alifa Habib Koné.
L’entourage de l’imam a diffusé des vidéos s’apparentant à des images de guerre des évènements de samedi soir.

Elles montrent au moins deux hommes visiblement morts baignant dans leur sang et d’autres perforés par des projectiles, ainsi qu’une grande confusion d’hommes s’agitant dans le complexe de la mosquée selon l’entourage de M. Dicko. Des coups de feu claquent à distance par saccades régulières, sans que les tireurs puissent être identifiés.

«Vous êtes en train de tuer les Maliens, dans la mosquée, (à) balles réelles. La mosquée est en feu», s’écrie un homme dans l’une de ces vidéos qui n’ont pas pu être identifiées indépendamment.

L’imam, personnalité nationale très écoutée et bête noire du pouvoir, a appelé au calme.
«Je demande encore une fois à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme », a-t-il dit.

«La lutte continue», pour la «refondation» du Mali et contre «la corruption endémique qui est en train aujourd’hui de mettre notre pays à genoux», a-t-il ajouté, mais elle doit continuer «dans la patience» et les «bonnes manières».

Ă€ qui la faute
Les tensions sont allées s’intensifiant à Bamako depuis les législatives de mars-avril. Une coalition hétéroclite de leaders religieux, de personnalités du monde politique et de la société civile s’est agglomérée autour de l’imam Dicko pour porter la protestation.

Ce mouvement dit du 5 –Juin canalise une multitude de mécontentements dans l’un des pays les plus pauvres du monde  contre la dégradation sécuritaire et l’incapacité à y faire face, le marasme économique, la défaillance de l’État, ou le discrédit répandu d’institutions suspectes de corruption.

Vendredi, le mouvement est entré selon ses mots en «désobéissance civile », frustré par les réponses successives du président à des exigences radicales: dissolution du Parlement, démission des juges de la Cour constitutionnelle, formation d’un gouvernement dont il nommerait le premier ministre et, au bout du compte, départ du président Ibrahim Boubacar Keïta. Le mouvement dit être pacifique et accuse le pouvoir des violences.

Alliés et voisins inquiets
La décision de la Cour constitutionnelle d’invalider une trentaine de résultats des législatives passe pour un élément déclencheur de la contestation.
Samedi soir, le chef de l’État a annoncé la dissolution de la Cour. Il a aussi ouvert la voie à des législatives partielles là où la Cour a invalidé les résultats, suivant en cela les recommandations d’une mission de bons offices des États ouest-africains.

L’escalade en cours alarme en effet les alliés du Mali, inquiets d’un élément déstabilisateur de plus dans un pays confronté au djihadisme et à une série de défis majeurs, dans une région elle-même tourmentée.

Aucune des ouvertures de M. Keïta, 75 ans, président depuis 2013, n’a jusqu’alors fait retomber la fièvre, au contraire. - AfricaLog avec agence

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