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La capacité de Trump à gouverner mise en doute

Sep 22, 2018
La capacité de Trump à gouverner mise en doute

Donald Trump faisait face vendredi à une nouvelle polémique explosive sur sa capacité à gouverner, un haut responsable de l'administration ayant évoqué en 2017 la possibilité de le mettre à l'écart du pouvoir, selon des informations du New York Times que ce dernier dément fermement.

Au coeur de ces nouvelles révélations: Rod Rosenstein, numéro deux du ministère de la Justice qui supervise l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et le Kremlin.

Le New York Times s'appuie sur plusieurs sources, notamment des notes prises par des agents du FBI. Or l'un des auteurs de ces compte-rendus, Andrew McCabe, ex-directeur par intérim du FBI, n'a pas démenti leur contenu vendredi. "Il ignore comment un journaliste peut avoir obtenu ces notes", a simplement écrit son avocat, Michael R. Bromwich.

Selon le Washington Post, M. McCabe explique dans ses notes qu'en mai 2017, un Rod Rosenstein très inquiet après le limogeage choc du chef du FBI, James Comey, par le président américain, a suggéré devant témoins qu'il faudrait enregistrer Donald Trump à son insu pour rendre compte du "chaos" régnant à la Maison Blanche.

Il aurait alors discuté d'une mise à l'écart de M. Trump, en activant une procédure encore jamais utilisée aux Etats-Unis, prévue par le 25e amendement de la Constitution en cas d'inaptitude du président à gouverner.

L'article du New York Times prend un écho particulier après plusieurs publications récentes qui décrivent une Maison Blanche dysfonctionnelle, où de hauts responsables vont jusqu'à contourner les ordres présidentiels: le livre du journaliste d'investigation Bob Woodward et la tribune d'un haut responsable anonyme de l'administration Trump.

Ce dernier texte, publié par le même New York Times, affirmait également que certains membres du cabinet avaient brièvement envisagé d'écarter Donald Trump de la présidence peu après son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2017.

Rod Rosenstein a catégoriquement nié vendredi estimer que Donald Trump n'était pas en mesure d'exercer ses fonctions.

"Je veux être clair sur ce point: sur la base de mes échanges personnels avec le président, il n'existe aucun fondement pour invoquer le 25e amendement de la Constitution", a-t-il écrit.

"L'article du New York Times est inexact et incorrect", a-t-il ajouté, dénonçant des "sources anonymes qui sont évidemment partiales contre le ministère".

"Je n'ai jamais envisagé ou autorisé un enregistrement du président", a-t-il martelé dans un nouveau communiqué publié dans la soirée.

"Aucune des propositions de M. Rosenstein n'a apparemment abouti", souligne le New York Times. Mais "il a dit à M. McCabe qu'il pourrait parvenir à convaincre" le ministre de la Justice, Jeff Sessions ainsi que John Kelly, alors ministre de la Sécurité intérieure, de se joindre à ses efforts.

Le ministère de la Justice a laissé entendre qu'une plaisanterie de M. Rosenstein avait en fait été mal comprise, en publiant le témoignage, sous couvert d'anonymat, d'un ex-haut responsable qui se trouvait "dans la salle" lorsqu'il a évoqué le sujet.

"Son commentaire était sarcastique et n'a jamais été débattu avec une quelconque intention d'enregistrer une conversation avec le président", dit-il.

L'avocat d'Andrew McCabe, Michael R. Bromwich, explique lui que son client a bien mis sur papier la teneur de ses rencontres avec de hauts responsables du gouvernement Trump. Il les a toutes livrées au procureur Mueller il y a "plus d'un an". Une autre copie de ces notes était encore conservée au FBI en janvier 2018.

Ces révélations vont en tout cas dans le sens du scénario, martelé sans relâche par Donald Trump, de forces à l'oeuvre contre lui au sein même de son administration.

Son fils, Donald Junior, a d'ailleurs rapidement ironisé sur Twitter: "Personne n'est choqué que ces gars fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour saper" la présidence Trump.

De quoi inquiéter les démocrates et autres défenseurs de l'enquête du procureur Mueller que Donald Trump n'a de cesse d'attaquer en dénonçant une "chasse aux sorcières".

Puisque le ministre de la Justice, Jeff Sessions, s'est récusé dans l'affaire russe, Rod Rosenstein est le seul rempart censé protéger la bonne marche des investigations.

Le chef de l'opposition démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a d'ailleurs rapidement averti vendredi: "cet article ne doit pas être pris comme prétexte pour servir l'objectif vil de limoger" Rod Rosenstein "afin de nommer un responsable qui autorisera le président à s'immiscer dans l'enquête du procureur spécial". - AfricaLog avec agence

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire libérée

Sep 16, 2018
L’opposante rwandaise Victoire Ingabire libérée

Une des principales figures de l'opposition rwandaise, Victoire Ingabire, est sortie de prison samedi dans le cadre de la libération anticipée de plus de 2.000 prisonniers décidée la veille par le président Paul Kagame.

"Je remercie le président qui a permis cette libération", a-t-elle dit alors qu'elle quittait la prison de Mageragere dans la capitale rwandaise, Kigali. "J'espère que cela marque le début de l'ouverture de l'espace politique au Rwanda", a-t-elle ajouté, appelant M. Kagame à "libérer d'autres prisonniers politiques".

La libération surprise de 2.140 détenus, dont Mme Ingabire et le musicien Kizito Mihigo, a été décidée lors d'un conseil des ministres vendredi, au cours duquel une mesure de "clémence" présidentielle a été approuvée.

Mme Ingabire avait été arrêtée en 2010 peu de temps après son retour au Rwanda alors qu'elle voulait se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame comme candidate du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), une formation d'opposition non reconnue par les autorités de Kigali.

Cette économiste hutu, qui n'était pas au Rwanda pendant le génocide, avait avant cela passé 17 ans en exil aux Pays-Bas.

Elle purgeait une peine de 15 ans de prison prononcée en 2013 par la Cour suprême pour "conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre" et "minimisation du génocide de 1994" qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Kigali l'avait accusée d'avoir nié la réalité du génocide en demandant que les auteurs de crimes contre les Hutu soient eux aussi jugés.

Le musicien Kizito Mihigo avait été arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison pour conspiration en vue d'assassiner le président.

Réélu en août 2017 pour un troisième mandat de 7 ans, Paul Kagame est crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition.

Paul Manafort plaide coupable et va coopérer dans l'enquête russe. - AfricaLog avec agence

Les violences denoncées dans la région anglophone du Cameroun

Sep 07, 2018
Les violences denoncées dans la région anglophone du Cameroun

Des centaines de femmes ont manifesté dans la région anglophone du Cameroun, vendredi, pour dénoncer les violences commises pendant des mois d'affrontements entre les forces gouvernementales et les séparatistes anglophones.

Les femmes, réunies dans un stade de Bamenda, ont réclamé un dialogue urgent sur la paix. Elles réclament de pouvoir sortir de la maison sans crainte pour aller au marché et aux champs, comme avant.

En chantant, en pleurant, en criant ou en priant, les femmes ont décrit le viol de leurs filles et le meurtre de membres de leur famille.

Les manifestantes ont dit qu'elles ne pouvaient rester silencieuses face au conflit, qui a provoqué la fuite de 200 000 personnes.

Les troubles liés aux séparatistes anglophones dans le sud-ouest et le nord-ouest du Cameroun, un pays majoritairement francophone, pourraient influencer l'issue des élections d'octobre. Le président Paul Biya, âgé de 85 ans et au pouvoir depuis 1982, est de nouveau candidat.

Le conflit s'est enflammé en 2016 lorsque des enseignants et des avocats se sont mobilisés pour exiger le respect des systèmes éducatifs et judiciaires anglophones dans la région. Leurs revendications ont mené à une répression gouvernementale et à l'émergence de séparatistes armés réclamant la création d'un pays anglophone distinct.

Les tensions se sont encore accrues jeudi à Bamenda, lorsqu'un directeur d'école et trois enseignants ont été enlevés par des hommes armés. - AfricaLog avec agence

Climat de paranoĂŻa Ă  la Maison Blanche

Sep 06, 2018
Climat de paranoĂŻa Ă  la Maison Blanche

Dans un étrange climat de suspicion et de paranoïa, la Maison Blanche tentait jeudi de déterminer l'identité du «lâche» qui a rédigé la tribune anonyme dénonçant le comportement erratique de Donald Trump.

Le président des États-Unis, qui avait évoqué mercredi soir dans un tweet lapidaire une possible «TRAHISON», a stigmatisé au réveil le comportement de «la gauche» et des «Fake News Media».

Fait rare, la Première dame Melania a aussi donné de la voix, dénonçant avec force, dans une réponse écrite à CNN, l'anonymat derrière lequel l'auteur de ce témoignage s'est réfugié. «Vous ne protégez pas ce pays, vous le sabotez par vos actes lâches», a-t-elle lancé à l'adresse de ce dernier.

Dans un texte intitulé «Je fais partie de la résistance au sein de l'administration Trump» et publié par le New York Times, un membre de l'administration, raconte comment lui et d'autres s'efforcent de lutter de l'intérieur contre les pires penchants d'un président au leadership «mesquin», «impétueux» et «inefficace».

La publication très controversée de ce témoignage anonyme, intervenue au lendemain de la diffusion d'extraits d'un livre explosif du journaliste d'investigation Bob Woodward, suscitait une myriade de questions à Washington et au-delà.

L'auteur mystérieux a-t-il écrit seul ou s'est-il fait le porte-parole d'un groupe plus large? Fait-il partie du cercle rapproché du président, au sein de la célèbre «West Wing», ou travaille-t-il dans un ministère? Finira-t-il par sortir du bois pour donner davantage de poids à son témoignage?
La formulation utilisée par le New York Times - «haut responsable de l'administration Trump» - est suffisament large pour laisser libre cours à toutes les interprétations et permettre à chacun de dresser sa liste, jusqu'aux hypothèses les plus farfelues.

Scène incroyable: le bureau du vice-président s'est senti tenu de publier un communiqué assenant que Mike Pence était blanc comme neige dans cette affaire.

«Le vice-président signe les tribunes qu'il écrit», a souligné sur Twitter son porte-parole. «Le New York Times devrait avoir honte, tout comme la personne qui a écrit cette tribune fausse, absurde et lâche», a-t-il ajouté, assurant que l'équipe du VP était «au-dessus de telles manoeuvres».

Dans un étonnant ballet révélant le degré de tension régnant dans les hautes sphères du pouvoir américain, nombre de responsables de premier plan se sont aussi fendus d'un communiqué, assurant la main sur le coeur n'être en rien liés à cette affaire.

«Les spéculations selon lesquelles la tribune du New York Times a été écrite par moi ou mon adjoint sont fausses», a souligné dans un communiqué Dan Coats, patron du renseignement américain.

En déplacement en Inde, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a assuré que le texte n'était pas de lui. Les services du chef du Pentagone Jim Mattis ont fait passer le même message.

Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l'exécutif, a conseillé à tous les journalistes «obsédés» par l'identité de ce «loser» de téléphoner au New York Times, «seul complice de cet acte sournois».
Dans sa tribune, l'auteur anonyme - qualifié d'«individu très dangereux» par Rudy Giuliani, avocat de Donald Trump - affirme que le président nuit «à la bonne santé» de la république.

«C'est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à faire ce que nous pouvons pour préserver nos institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de M.
Trump jusqu'à ce qu'il ait quitté son poste», ajoute-t-il.
«Si de hauts responsables du gouvernement estiment que le président des États-Unis est dans l'incapacité de faire son travail, alors ils devraient invoquer le 25e amendement», a martelé Elizabeth Warren, une sénatrice démocrate du Massachusets, en référence à une procédure complexe - distincte de la fameuse destitution («impeachment») - lancée par le vice-président et son cabinet, puis approuvée par le Congrès, visant à priver le président américain de ses fonctions.

Pour l'ancien directeur de la CIA John Brennan, cette tribune en tout point extraordinaire démontre «le degré d'inquiétude au sein même de l’administration».

«Je ne sais pas comment Donald Trump va réagir à cela», a-t-il déclaré sur NBC. «Un lion blessé est un animal très dangereux et je pense que Donald Trump est blessé».

Le président américain devait quitter la Maison Blanche jeudi en milieu d'après-midi pour un meeting de campagne à Billings, dans le Montana, à quelque 3000 kilomètres de la capitale fédérale.

Face à une marée de casquettes «Make America Great Again», et dans une atmosphère où il met en général un point d'honneur à ne pas s'en tenir à son discours écrit, il devrait, à n'en pas douter, aborder avec fougue le désormais célèbre «op-ed». - AfricaLog avec agence

La Chine vante son aide sans néo-colonialisme en Afrique

Sep 04, 2018
La Chine vante son aide sans néo-colonialisme en Afrique

La Chine, premier partenaire commercial de l'Afrique, a promis lundi 60 milliards de dollars au continent, le président Xi Jinping vantant une aide «sans conditions», face aux critiques de l’Occident.

L'engagement de M. Xi est intervenu au début du 7e Forum sur la coopération sino-africaine, qui réunit durant deux jours dans la capitale chinoise les dirigeants de 53 pays africains.
Le sommet est l'occasion pour le président chinois de célébrer ses «Nouvelles routes de la soie». Lancée en 2013, cette initiative vise à développer la connectivité commerciale de la Chine avec le reste du monde et à sécuriser ses approvisionnements.

Le géant asiatique a investi annuellement plusieurs milliards de dollars en Afrique depuis 2015 dans des infrastructures (routes, chemins de fer, ports) ou des parcs industriels. Des investissements largement salués par les pays africains, qui espèrent ainsi accélérer leur développement économique.

Ces initiatives suscitent toutefois des critiques croissantes venues de l'Occident qui soulignent l'envolée de l'endettement de certains pays.
En ouvrant d'un long discours le sommet, le président chinois s'est évertué lundi à les désamorcer. Il a assuré que la Chine «annulerait» une partie de la dette des nations africaines les moins développées, insulaires, ou enclavées.

Parmi les 60 milliards de dollars supplémentaires promis figurent des lignes de crédit de 20 milliards de dollars. Deux fonds, consacrés à la finance du développement et au financement des importations de biens africains, seront créés.

Le soutien du géant asiatique comprendra également 15 milliards de dollars « d'aide gratuite et de prêts sans intérêts ». Et les entreprises chinoises seront encouragées à investir «au moins 10 milliards de dollars» en Afrique au cours des trois prochaines années.

«Les investissements de la Chine en Afrique ne s'accompagnent d'aucune condition politique. La Chine ne s'immisce pas dans les affaires intérieures de l'Afrique et ne lui impose pas sa volonté», a affirmé Xi Jinping lundi matin devant un parterre d'acteurs du monde économique et commercial.

Il a toutefois reconnu la nécessité de «s'assurer de la viabilité commerciale des projets» afin de «réduire le risque des investissements».

S'exprimant après lui, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a vivement réfuté l'étiquette de «néo-colonialisme» parfois collée par des «détracteurs» occidentaux à propos de l'aide chinoise.

L'expression a été employée récemment à Pékin par le premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, qui venait d'annuler des contrats d'infrastructures de 22 milliards de dollars signés avec la Chine, disant s'inquiéter pour la dette de son pays.

Le président sud-africain a en revanche plaidé pour le règlement de certains déséquilibres.
«Très souvent, l'Afrique exporte des matières premières vers la Chine, tandis que la Chine nous exporte des produits finis (...) Cela limite le potentiel et la capacité de production de l'Afrique ainsi que la création d'emplois sur le continent africain», a-t-il regretté.

Lors du dernier sommet, à Johannesburg en 2015, le président chinois avait déjà annoncé une enveloppe de 60 milliards de dollars d'aide et de prêts à destination des pays africains.

L'actuel forum de Pékin doit s'accompagner d'une série de contrats entre la Chine et ses partenaires.

Le président nigérian Muhammadu Buhari devrait ainsi assister à la signature d'un accord sur les télécommunications, financé par un prêt de 328 millions de dollars de la banque chinoise d'import-export (Exim), selon son cabinet.

Xi Jinping s'est par ailleurs entretenu durant le week-end en tête-à-tête avec un grand nombre de chefs d'État comme les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et sénégalais Macky Sall.
Pékin fournit une aide aux pays africains depuis l'époque des guerres d'indépendance contre les ex-colonisateurs occidentaux. Mais sa présence sur le continent s'est renforcée à mesure de la spectaculaire envolée de la Chine, devenue deuxième économie mondiale.

Signe de l'importance stratégique de l'Afrique pour le géant asiatique, il a choisi Djibouti pour ouvrir en 2017 sa première base militaire à l’étranger. - AfricaLog avec agence

Jean-Pierre Bemba dénonce une «parodie d’élection» en RDC

Sep 04, 2018
Jean-Pierre Bemba dénonce une «parodie d’élection» en RDC

L'ex-chef rebelle Jean-Pierre Bemba, exclu par la Cour constitutionnelle de la présidentielle du 23 décembre, a dénoncé mardi une «parodie d'élection», estimant que le président Joseph Kabila choisissait les opposants devant concourir contre son candidat.
Lundi, la Cour constitutionnelle a définitivement invalidé la candidature de M. Bemba pour la course à la présidentielle, en raison de sa condamnation pour «subornation de témoins» par la CPI, confirmant une décision de la commission électorale nationale indépendante (CÉNI).

«Au-delà même de ma personne, le fait que l'on choisisse des opposants (...) c'est très inquiétant», a réagi sur France 24 M. Bemba, investi par son parti le Mouvement de libération du Congo (MLC) comme candidat à la présidentielle de décembre, qui doit désigner le successeur de M. Kabila, dont le second mandat aurait dû s'achever en décembre 2016 et qui n'avait pas le droit de se représenter.
Nous allons «assister à une parodie d'élection» en décembre, a-t-il estimé.

«La Cour constitutionnelle est aux ordres du pouvoir en place (...). Tout ça n'est qu'une mise en place qui veut que le candidat du pouvoir puisse ne pas avoir de candidat sérieux devant lui», a affirmé M. Bemba, en référence à l'ex-ministre de l'Intérieur et chef du parti présidentiel PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, désigné comme candidat au scrutin par le président Kabila et sa coalition Front commun pour le Congo (FCC).

Président du MLC, M. Bemba passait pour l'un des favoris à la succession du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Il avait déposé sa candidature début août après un retour triomphal à Kinshasa et son acquittement en appel par la CPI de sa condamnation à dix-huit pour des crimes de guerre et contre l'humanité commis par sa milice en Centrafrique.
Il a été condamné dans une affaire annexe pour subornation de témoins par la CPI, qui prononcera sa peine le 17 septembre.
Le dossier de M. Bemba avait été déclaré «irrecevable» par la Céni. L'opposant avait alors saisi la Cour constitutionnelle contre cette décision.

Pour la Cour constitutionnelle congolaise, «la subornation de témoins est une circonstance aggravante dans l'infraction de corruption» en RDC. «C'est en bon droit que la CÉNI a conclu à l'inéligibilité de M. Jean-Pierre Bemba».

Les partisans de M. Bemba affirment au contraire que la subornation de témoins est différente de la corruption et ne fait pas partie des motifs d'invalidation d'une candidature, selon la loi électorale.
Figure de l'ouest du pays face aux «Katangais» du pouvoir, Jean-Pierre Bemba, 55 ans, ancien vice-président de la RDC, n'a pas encore donné un mot d'ordre à ses partisans. Mais son parti a appelé la représentation de la CPI en RDC à mettre fin à la «confusion» autour de l'arrêt le condamnant pour «subornation des témoins».

«Le dernier mot n'appartient pas à la Cour constitutionnelle, mais au peuple congolais» tempête Jean-Jacques Ntula, habitant de Mbandaka chef-lieu de la province de l'Équateur (nord-ouest), l'un des fiefs de l'ex-chef de guerre.

À Kinshasa, une réunion du bureau politique du MLC est convoquée en vue «de tirer les conséquences» de l'exclusion de leur chef de la course à la présidentielle.
L'exclusion de Jean-Pierre Bemba de la course à la présidentielle n'éloigne pas le spectre des violences, malgré le calme enregistré après l'annonce de la cour constitutionnelle.
À Gemena, le fief familial de M. Bemba, des heurts avaient opposé samedi ses partisans avec ceux du ministre des Transports, lui aussi ressortissant de la province du Sud-Ubangi (nord-ouest).

Des militants du MLC s'étaient opposé aux partisans du ministre José Makila, qui battait campagne en faveur de Ramazani Shadary.

Rival malheureux de M. Kabila à l'élection présidentielle de 2006, M. Bemba avait quitté Kinshasa sous escorte des Nations unies en avril 2007 après des combats entre sa milice et l'armée qui avaient fait entre 200 et 300 morts. - AfricaLog avec agence

Plusieurs accords bilatéraux signés entre le Nigeria et l’Angleterre

Aug 30, 2018
Plusieurs accords bilatéraux signés entre le Nigeria et l’Angleterre

Lors de sa deuxième étape africaine au Nigeria, Theresa May et sa délégation ont signé plusieurs accords bilatéraux concernant la lutte contre l'immigration illégale et la sécurité, notamment contre le groupe djihadiste Boko Haram, ainsi qu'un accord commercial, pour compenser les pertes économiques attendues du Brexit.

La première ministre britannique a rencontré à Abuja le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui lui a assuré que les prochaines élections générales, prévues en février 2019, seraient «libres, transparentes et crédibles».

Les deux responsables n'ont fait aucune déclaration à la presse, et l'accès aux journalistes a été particulièrement restreint.

Citée dans un communiqué de la présidence nigériane, Mme May a insisté sur la « coopération de sécurité et de défense pour faire face au problème de Boko Haram et du groupe État islamique en Afrique de l'Ouest».

«Je suis très reconnaissant au gouvernement britannique pour son aide à maintenir la sécurité [au Nigeria], et particulièrement à leur équipe de formation en place à Kaduna », dans le nord du pays, a noté le président Buhari, qui avait fait de la lutte contre l'insurrection de Boko Haram la priorité de son mandat.

Theresa May et Muhammadu Buhari ont signé un accord prévoyant «non seulement une formation militaire [pour l'armée nigériane], mais aussi un soutien pour le respect des droits de la personne et une coopération étroite entre nos deux pays », a expliqué le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, à la presse.

Mais, côté britannique, la priorité de cette visite était sans aucun doute portée sur les accords commerciaux, «dans le contexte du Brexit, alors que la Grande-Bretagne sort de l'Union européenne», a rappelé le ministre nigérian.

«Les Britanniques se sentent plus libres désormais de s'engager avec des pays à un niveau bilatéral et de sceller des accords commerciaux avec eux», a souligné M. Onyeama, sans dévoiler le montant de l'enveloppe d'investissements prévus au Nigeria.

Mme May, qui prépare la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne (UE), doit trouver de nouveaux alliés économiques et renégocier les accords commerciaux hors UE. Elle est accompagnée de 27 hommes d'affaires, dont plus de la moitié dirigent des petites et moyennes entreprises.

Mardi, lors d'une première étape en Afrique du Sud, Mme May a annoncé vouloir fonder «un nouveau partenariat» avec l'Afrique et devenir le premier investisseur occidental sur ce continent où aucun premier ministre britannique ne s'était rendu depuis 2013.

«Les échanges commerciaux entre le Nigeria et la Grande-Bretagne s'élevaient à 4,2 milliards de livres (envrion 7 milliards de dollars) en 2017», notait lundi une diplomate, Laure Beaufils, au consulat de Lagos lors d'une conférence de presse.

«Nous projetons de plus doubler ce chiffre d'ici 2030», a indiqué Mme Beaufils. La Chine, avec près de 7 milliards de dollars d'échanges commerciaux, est actuellement le premier partenaire du Nigeria, marché géant de 180 millions d'habitants et première puissance pétrolière du continent.

Autre priorité de cette visite : la lutte contre l'immigration illégale. Toujours citée dans le communiqué de la présidence nigériane, Mme May a invité M. Buhari à «profiter de sa position à la tête de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest pour maintenir la question de la traite humaine au premier plan dans la sous-région».

À Lagos, mégalopole économique de 20 millions d'habitants, où la première ministre s'est rendue dans l'après-midi, elle a dévoilé un plan de soutien contre «l'esclavage moderne» et veut se placer comme «leader mondial de la lutte contre ce crime».

«Aujourd'hui, nous accélérons notre partenariat avec les autorités nigérianes pour trouver les trafiquants et les amener devant la justice », a-t-elle ajouté, dans un communiqué du Commonwealth.

Cette aide devra aider à la lutte contre le trafic de drogue et d'êtres humains, et rapatrier 1700 ressortissants nigérians bloqués en Libye sur leur chemin vers l'Europe : une goutte d'eau par rapport aux 36 000 Nigérians bloqués en Libye et au Niger (chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations [OIM]).

En 2017, 18 000 Nigérians étaient arrivés sur les côtes italiennes, selon les chiffres de l'OIM, un chiffre en forte baisse pour les six premiers mois de l'année 2018.

Theresa May doit également se rendre au Kenya, autre pays du Commonwealth, après l'Afrique du Sud et le Nigeria, pour la dernière étape de sa tournée. Ce sera la première fois depuis 30 ans qu'un premier ministre britannique se rend dans cette ancienne colonie. - AfricaLog avec agence

Angela Merkel en Afrique pour endiguer les flux migratoires

Aug 30, 2018
Angela Merkel en Afrique pour endiguer les flux migratoires

La chancelière allemande Angela Merkel a entamé mercredi au Sénégal une tournée africaine qui la mènera également au Ghana et au Nigeria, au moment où Berlin mise sur le développement du continent pour endiguer les flux migratoires et renforcer la lutte contre la menace jihadiste.

Mme Merkel, accompagnée d'une dizaine de capitaines d'industrie allemands, a été accueillie sur le tarmac de l'aéroport Blaise Diagne, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, par le président sénégalais Macky Sall.

Les deux dirigeants ont passé en revue une garde d'honneur composée d'une unité de la marine en uniforme blanc et liseré rouge. Après les hymnes nationaux, la fanfare militaire a joué deux airs très populaires en Allemagne, dont l'un, "Schöne Maid, hast Du heut' für mich Zeit", peut se traduire par "Jeune fille, as-tu du temps pour moi aujourd'hui?"

Mme Merkel a ensuite retrouvé Macky Sall au palais présidentiel de Dakar, avec qui elle s'est entretenue avant un dîner.

Au cours d'une conférence de presse conjointe, Macky Sall a annoncé l'électrification par le solaire de 300 villages sénégalais, grâce à un financement de l'Allemagne dont le montant n'a pas été précisé. - AfricaLog avec agence

La tension monte en RDC, une autre candidature jugée “irrecevable"

Aug 25, 2018
La tension monte en RDC, une autre candidature jugée “irrecevable"

La tension est repartie à la hausse en République démocratique du Congo où la candidature de l'ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba a été jugée "irrecevable" vendredi par la commission électorale, ce qui a suscité la colère de l'opposition contre le président Joseph Kabila et un "simulacre" d'élection.

La commission électorale nationale et indépendante (Céni) a officiellement rejeté la candidature de M. Bemba, adversaire du président Kabila depuis 2006, en raison de sa condamnation par la Cour pénale internationale dans une affaire annexe de subornation de témoins.

M. Bemba avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août après son acquittement en juin par la CPI dans l'affaire principale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité (18 ans de prison).

Début juillet, l'affaire pour subornation de témoins est revenue devant un procureur de la CPI qui a requis un maximum de cinq ans de prison. Les avocats de M. Bemba plaident la relaxe, mettant en avant ses dix ans déjà passés derrière les barreaux.

A Kinshasa, le cas Bemba est avant tout politique.

Juste avant l'annonce de la commission électorale, l'ensemble de l'opposition au président Joseph Kabila avait lancé un appel à la "mobilisation générale" en accusant "le pouvoir en place" de vouloir "exclure" plusieurs de ses candidats.

L'opposition exige "que monsieur Kabila et sa famille politique libèrent le processus électoral, en arrêtant de donner des injonctions à la commission électorale", lit-on dans ce communiqué signé par M. Bemba, l'opposant en exil Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi.

Au total, la commission électorale a écarté six candidats sur les 25 qui avaient déposé leur dossier à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Outre M. Bemba, la commission a écarté trois anciens premiers ministres de M. Kabila, Samy Badibanga, Adolphe Muzito, et Antoine Gizenga, 92 ans, ex-frère d'armes du héros de l'indépendance Patrice Lumumba en 1960.

"Ces invalidations sont inacceptables et montrent encore une fois l'instrumentalisation totale de la Céni par Kabila", a réagi sur Twitter Moïse Katumbi.

Ex-gouverneur du Katanga passé à l'opposition en 2015, M. Katumbi affirme avoir été lui-même empêché de rentrer en RDC pour déposer sa candidature lorsqu'il s'est présenté les 3 et 4 août au poste-frontalier entre la Zambie et le Congo.

Il vit depuis mai 2016 en Belgique et a été condamné en son absence à trois ans de prison. "Un fugitif", pour le ministre de la Justice, qui fait état d'un mandat d'arrêt international contre lui.

"Avec la population, l'opposition, la société civile, et nos partenaires, faisons front, augmentons la pression, refusons le simulacre d'élections kabilistes", ajoute M. Katumbi.

Les six candidats écartés peuvent saisir la Cour constitutionnelle dans les 48 heures. La commission électorale doit publier la liste définitive -après recours- des candidats le 19 septembre.

La commission a en revanche retenu le dossier de Félix Tshisekedi, président du parti historique d'opposition UPDS, et fils de son fondateur, Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Elle a aussi validé la candidature de l'ex-ministre de l'Intérieur et chef du parti présidentiel PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, le "dauphin" désigné par le président Kabila et sa coalition Front commun pour le Congo (FCC).

Le retrait de M. Kabila, qui ne pouvait plus se représenter mais que ses adversaires soupçonnaient de vouloir passer en force, avait été perçu comme un signe encourageant par certains observateurs.

"Le renoncement de M. Kabila à un troisième mandat inconstitutionnel ne constituait pas la fin du combat dans la quête d'élections inclusives, transparentes, crédibles et apaisées", préviennent les opposants dans leur communiqué.

Plus grand pays d'Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2, quelque 80 millions d'habitants), la RDC n'a jamais connu de transition pacifique du pouvoir.

Le pays regorge de coltan, cobalt cuivre, or...mais le revenu moyen de ses habitants est de 1,25 dollar par jour.

La commission électorale a aussi validé 15.222 candidatures aux élections législatives, en écartant 283 dossiers.

Les trois élections présidentielle, législatives, et provinciales doivent se tenir le 23 décembre. Elles ont été deux fois reportées depuis décembre 2016, date de la fin officielle du deuxième et dernier mandat de M. Kabila. - AfricaLog avec agence

John McCain, un monument non conformiste est décédé

Aug 25, 2018
John McCain, un monument non conformiste est décédé

John Sidney McCain III, décédé samedi à l'âge de 81 ans des suites d'un cancer du cerveau, n'aura eu qu'un employeur au cours de sa carrière: les Etats-Unis d'Amérique.

C'était une tradition familiale. Il descendait en ligne directe, selon lui, d'un capitaine de l'état-major de George Washington durant la guerre d'indépendance, et comme son père et son grand-père, deux amiraux quatre étoiles nommés chacun John McCain, il a mis sa vie au service de son pays: d'abord comme pilote de chasse, puis comme parlementaire jusqu'à sa mort des suites d'un cancer du cerveau découvert à l'été 2017.

Il serait peut-être devenu amiral, lui aussi, si un missile sol-air de fabrication soviétique n'avait, le 26 octobre 1967, stoppé sa trajectoire.

Ce jour-là, lors du 23e raid de sa carrière, son chasseur A-4 Skyhawk est abattu au-dessus d'Hanoï. McCain s'éjecte et s'abîme dans un lac au milieu de la ville, quasiment lynché par une foule. Ses deux bras et son genou droit sont cassés. Il restera prisonnier plus de cinq ans, alors que son père commande les forces américaines dans le Pacifique. Il est libéré après les accords de Paris, mais les séquelles physiques de ses fractures sciemment mal soignées, et des tortures en prison, lui coûteront sa carrière de pilote.

"Mon heure n'était pas venue, et je me suis dit, pour cette raison, que j'étais destiné à autre chose", a-t-il dit dans une interview en 1989, sur la chaîne CSPAN.
Ce sera donc la politique: après quelques années comme officier de liaison de la Marine au Sénat, il s'installe dans l'Arizona, l'Etat de sa seconde épouse, où il est élu à la Chambre des représentants en 1982, auréolé de sa carrière militaire. Il passe vite au Sénat, le club le plus puissant d'Amérique. Sa seconde maison pendant plus de trente ans.

Le McCain politique cultive, longtemps, une image de républicain non-conformiste, défiant son camp sur l'immigration ou le financement électoral. Il n'aime guère la discipline de parti, conforté par ses épisodes passés de rébellions -- lorsqu'il était un jeune élève rebelle de l'académie navale, ou lorsque, tête brûlée, il provoquait ses geôliers vietnamiens.

"Survivre à mon emprisonnement a renforcé ma confiance en moi, et mon refus d'une libération anticipée m'a appris à me fier à mon instinct", écrit-il en 1999 dans un livre autobiographique.

C'est ce McCain peu orthodoxe, dédaigneux des demi-mesures et presque arrogant, qui brigue l'investiture républicaine pour la Maison Blanche, en 2000. Adepte autoproclamé du franc-parler, il offre aux Américains une voie de centre-droit, gardant à distance l'aile conservatrice chrétienne draguée par son principal adversaire, George W. Bush.

Il perd, mais solidifie sa stature et reprend au fil des années le flambeau républicain des mains d'un président Bush devenu impopulaire. En 2008, il a fait la paix avec l'establishment de son parti et remporte l'investiture.

Le voilà aux portes de la Maison Blanche. Mais le candidat fonctionne toujours à l'instinct. Beaucoup de ses amis ne lui pardonneront jamais d'avoir choisi pour colistière, sans vraiment la connaître, la novice Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska. Un choix précurseur du Tea Party et de la montée d'un populisme plus tard incarné par Donald Trump - et qu'il regrettera.

Barack Obama le bat facilement dans les urnes. John McCain répète, depuis, toujours la même plaisanterie: après sa défaite, il a dormi comme un bébé: "deux heures de dodo, réveil en pleurant, deux heures de dodo, réveil en pleurant”.

John McCain savait régaler ses auditoires. Au Congrès, il tenait cour avec la presse dans les couloirs. Il était parfois lapidaire et impatient: "votre question est idiote". Souvent sarcastique, donnant dans l'autodérision: "je ne suis pas très intelligent".

Et volcanique sur ses grandes causes: les armées, l'exception américaine et dans les dernières années de sa vie, la menace posée par la Russie de Vladimir Poutine, un "voyou" et un "assassin".

Ses adversaires républicains ont souvent raillé ses réflexes interventionnistes, affirmant qu'il n'avait jamais refusé une guerre. Le sénateur n'a-t-il pas chantonné, sur l'air des Beach Boys, "Bomb bomb Iran”?

John McCain est resté jusqu'au bout cet enfant des années 1950. Il croyait que l'Amérique avait des valeurs à défendre dans le monde entier et sautait régulièrement dans un avion pour Bagdad, Kaboul, Taipei ou Kiev, reçu quasiment comme un chef d'Etat.

"Je veux appeler les Américains aussi longtemps que je le pourrai à se souvenir que cette dévotion aux droits de l'Homme forme notre véritable héritage et commande notre loyauté la plus importante", écrivait-il dans ses derniers mémoires, publiés en mai 2018, "The Restless Wave".

Sur la Russie ou la Syrie, la voix de John McCain portait, à l'évidence. Mais le sénateur aura été, in fine, un général sans armée, habitué des batailles solitaires.

L'élection de Donald Trump a sonné comme une défaite pour les combats chers au sénateur, consterné par le discours de repli nationaliste et protectionniste du milliardaire, son flirt avec Vladimir Poutine, son mépris pour les normes du comportement présidentiel - et même l'exemption de conscription du jeune Trump lors de la guerre du Vietnam, pour des excroissances osseuses à un pied.

John McCain avait tenu à rester au Sénat le plus longtemps possible, peut-être en pensant à son grand-père, mort quelques jours après avoir rendu son uniforme, peu après la capitulation du Japon.

Mais le cancer a été plus fort, le forçant depuis décembre 2017 à rester chez lui, en Arizona, où il recevait à l'abri des caméras ses proches et vieux amis du Sénat venus faire leurs adieux. Le 24 août 2018, sa famille avait annoncé qu'il cessait tout traitement.

Il souhaitait, confiait-il dans ses mémoires publiés en mai 2018, être enterré dans le Maryland, près d'un ancien compagnon militaire, Chuck Larson. Une façon pour John Sidney McCain de rester, à jamais, un soldat. - AfricaLog avec agence

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