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Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle en RDC

Jan 20, 2019
Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle en RDC

Félix Tshisekedi a été définitivement proclamé dimanche cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC) par la Cour constitutionnelle, restée sourde aux appels de l'Union africaine (UA) lui demandant de «suspendre» l'officialisation des résultats.

La Cour «proclame élu à la majorité simple président de la République démocratique du Congo Tshisekedi Tshilombo Félix», a déclaré le président de l'institution, Benoît Lwambwa Bindu.

M. Tshisekedi, 55 ans, succède au chef de l'État sortant Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001. C'est officiellement la première transmission pacifique du pouvoir depuis l'indépendance de la RDC le 30 juin 1960.

Son adversaire, l'autre opposant Martin Fayulu, a immédiatement appelé la communauté internationale à «ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale», se proclamant «le seul président légitime».

M. Fayulu avait dénoncé un «putsch électoral» du président sortant avec la «complicité» de M. Tshisekedi et revendiqué la victoire avec 61 % des voix.

L'opposant a été conforté dans ses affirmations par la publication dans la presse internationale et par le Groupe des experts sur le Congo (GEC) des propres estimations de l'influente Église catholique et de documents qui auraient fuité de la Commission électorale. Ces deux sources donnaient la victoire à 60 % à M. Fayulu.

La Cour a validé tels quels les résultats provisoires annoncés le 10 janvier par la Commission électorale (Céni), donnant M. Tshisekedi vainqueur avec 38,5 % des voix, devant Martin Fayulu (34,8 %) et le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary (23 %).

La plus haute juridiction du pays a rejeté le recours de M. Fayulu contre le résultat de la présidentielle du 30 décembre, en le considérant comme «non fondé».
Dans son arrêt, la Cour a estimé que M. Fayulu n'avait «pas apporté la preuve» que les résultats de la Céni n'étaient pas conformes à la réalité.

La décision des neuf juges est sans surprise, car ils sont largement considérés comme étant acquis au président Kabila. Ils se sont toutefois montrés étonnamment sévères envers la demande de M. Fayulu d'un recomptage des voix, qualifié d'«imprécis et absurde».

Le calendrier de la Céni prévoit normalement que M. Tshisekedi prête serment le 22 janvier, mais il n'est pas sûr du tout qu'il puisse être tenu.
En confirmant M. Tshisekedi, la Cour constitutionnelle a pris le risque de provoquer un bras de fer entre le pouvoir congolais et l’UA.

Elle a décidé de passer outre aux injonctions des poids lourds de l'UA, qui avaient appelé jeudi à la «suspension» de la proclamation des résultats définitifs, parce qu'ils considéraient que ceux annoncés par la Céni étaient entachés de «doutes sérieux».

Cette prise de position de l'organisation continentale avait été dénoncée par le gouvernement et par les partisans de M. Tshisekedi comme une atteinte à la souveraineté de la RDC.

Il reste maintenant à voir quelle sera l'attitude de l'UA, qui a annoncé l'envoi lundi à Kinshasa d'une délégation de haut niveau conduite par le président de sa Commission, le Tchadien Moussa Faki, et par son président en exercice, le chef de l'État rwandais Paul Kagame.

Avec ce qui peut être vu comme un passage en force, M. Kabila prend le risque d'isoler encore un peu plus son pays en Afrique centrale. Il s'agit d'un affront en particulier pour M. Kagame, dont le pays entretient depuis 25 ans des relations complexes avec la RDC.

Le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) estimait samedi que si M. Tshisekedi devait prêter serment, l'UA pourrait être amenée à considérer des «mesures punitives, comme refuser de reconnaître le nouveau gouvernement».

Ce dernier est le fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Il a pris la succession de son père à la tête de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

«Nous faisons honneur à tous nos héros, nous faisons honneur à nos pères fondateurs, nous faisons honneur à tous ceux qui étaient tombés sous les balles du tyran, nous faisons honneur au peuple congolais», a déclaré le secrétaire général de l'UDPS Jean Marc Kabund.

M. Tshisekedi devra cohabiter avec un premier ministre issu de l'actuelle majorité pro-Kabila, qui a obtenu une vaste majorité (337 sièges sur 500) à l'Assemblée nationale d'après la Commission électorale.

Étrangement, M. Tshisekedi considère, comme M. Fayulu, que les résultats des législatives sont incompatibles avec ceux de la présidentielle et relèvent d'une manipulation de la Céni.

Un fort déploiement policier a été constaté samedi soir à Kikwit (ouest), l'un des fiefs de M. Fayulu, où un couvre-feu avait été déclaré le 11 janvier et où cinq personnes sont mortes dans des violences postélectorales, a indiqué Léonard Mutango, le maire de la ville.

Juste avant la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, l'internet avait été rétabli sur tout le territoire. L'accès aux réseaux sociaux et les échanges SMS avaient été suspendus sur ordre des autorités le 31 décembre, au lendemain des élections générales. - AfricaLog avec agence

DĂ©mission du gouvernement au Burkina Faso

Jan 20, 2019
DĂ©mission du gouvernement au Burkina Faso

Confronté à des menaces terroristes et à une fronde sociale croissantes, le gouvernement du Burkina Faso a démissionné vendredi, selon un communiqué de la présidence.

«Le premier ministre Paul Kaba Thiéba a présenté dans l'après-midi sa démission ainsi que celle de son gouvernement». «Le président du Faso (l') a acceptée» et a exprimé «toute sa reconnaissance au premier ministre et à l'ensemble de ses ministres pour leur engagement au service de la nation», selon le communiqué.

Aucune explication n'a été donnée.

Economiste inconnu du grand public, Paul Kaba Thiéba était devenu en janvier 2016 (bien janvier 2016) le premier premier ministre du président Kaboré nouvellement élu.

Son profil correspondait à la priorité aux questions économiques et sociales donnée par M. Kaboré lors de sa campagne électorale, dans ce pays sahélien pauvre de 18 millions d'habitants qui connaît un chômage massif, notamment parmi les jeunes qui représentent près des trois quarts de la population.

Mais la question sécuritaire a rapidement pris de l'ampleur, avec la première attaque djihadiste à Ouagadougou (30 morts) une semaine après sa nomination.

Les attaques avaient commencé dans le nord du pays début 2015, puis se sont étendues en quatre ans à une large partie du territoire, devenant de plus en plus fréquentes et meurtrières. Les djihadistes ont perpétré aussi plusieurs prises d'otages. Les forces de sécurité burkinabè semblent impuissantes à enrayer ces violences.

M. Kaba Thiéba avait cependant été reconduit deux fois à la tête du gouvernement après des précédents remaniements.

Selon des sources proches de la présidence, cette démission fait suite à la volonté du président Kaboré de donner un nouveau souffle à l'action du gouvernement, confronté aussi à une fronde sociale, avec des mouvements d'humeur récurrents dans les différents services publics.

Des acteurs de la société et des partis politiques de l'opposition demandaient depuis plusieurs mois la démission de plusieurs membres du gouvernement, particulièrement des ministres chargés de la Sécurité et de la Défense nationale.

Le chef d'état-major général des armées a été limogé la semaine dernière.

Dernier épisode en date des violences djihadistes, un cadre canadien d'une compagnie minière, enlevé mardi dans le nord-est du Burkina, a été retrouvé mort mercredi soir, vraisemblablement assassiné par ses ravisseurs pendant leur fuite.

Six autres ressortissants Ă©trangers sont retenus en otages. - AfricaLog avec agence

Gbagbo acquitté par la CPI, scènes de liesse en Côte d'Ivoire

Jan 15, 2019
Gbagbo acquitté par la CPI, scènes de liesse en Côte d'Ivoire

Laurent Gbagbo a été acquitté mardi de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, qui a ordonné la mise en liberté de l'ancien président ivoirien, infligeant un nouveau revers à l'accusation de cette juridiction internationale.

«La Chambre fait droit aux demandes d'acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes) concernant l'ensemble des charges» retenues contre eux et «ordonne la mise en liberté immédiate des deux accusés», a déclaré le juge président Cuno Tarfusser.

Cette décision avait été prise, car «l'accusation ne s'est pas acquittée de la charge de la preuve conformément aux critères requis» par la justice internationale.

M. Gbagbo, 73 ans et M. Goudé, 47 ans, vont toutefois devoir passer encore au moins une nuit dans leur cellule du centre de détention de La Haye. Le procureur peut encore contester leur mise en liberté lors d'une audience prévue mercredi à 4h. Il aura également la possibilité de faire appel.

L'heure était à la fête dans le banc des accusés au moment de l'énoncé des acquittements. M. Gbagbo et M. Goudé sont tombés dans les bras l'un de l'autre, sous les applaudissements de leurs sympathisants.

Scènes de liesse

Scènes de liesse également en Côte d'Ivoire, où la nouvelle de la prochaine libération de M. Gbagbo a été saluée par des cris de joie, des danses et des concerts d'avertisseurs à Gagnoa, la ville natale de l'ancien président.

«Je suis content. Il n'a rien fait de mal et il a fait 7 ans de prison. C'est important qu'il soit libéré, c'est notre leader», a lancé un de ses partisans, Bertin Sery.

L'ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a également laissé éclater sa joie. «Ma conviction était faite, le président Laurent Gbagbo n'est pas coupable de tout ce dont on l’accusait».

Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Sidi Tiemoko Touré, est resté sur sa réserve après l'acquittement: «On ne commente pas la décision de justice. Mais en toutes choses, il faut garder de la compassion pour les victimes» de la crise post-électorale qui a fait environ 3000 morts en 2010-2011.

Premier ancien chef d'État à avoir été remis à la CPI, M. Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara.  

«Impunité des crimes»

M. Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

Après avoir occupé le palais présidentiel pendant plusieurs mois, Laurent Gbagbo avait finalement été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France, avant d'être remis à la CPI.

«Enfin la Côte d'Ivoire entière va pouvoir tourner la page des tristes événements de 2010-2011», a réagi Pascal Affi N'Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), fondé par M. Gbagbo, avant d'ajouter: «Pour le FPI, les conditions sont désormais réunies pour l'unité en vue de la reconquête du pouvoir en 2020», date de la prochaine présidentielle dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, premier producteur mondial de cacao.

L'acquittement de MM. Gbagbo et Goudé est « une victoire de la justice », s'est félicité l'avocat principal de l'ancien président ivoirien, Emmanuel Altit.  
Mais la décision des juges ravive les critiques sur la CPI, qui essuie un nouveau camouflet. 
 
Les avocats de l'État ivoirien ont qualifié mardi de «non-sens» et de «surprenante» la décision de la CPI.  

«C'est une décision surprenante parce que quatorze demandes de mises en liberté ont été successivement refusées et on ne peut pas imaginer qu'à chaque fois la CPI n'ait pas examiné les faits. Pour nous c'est inexplicable: 3500 morts et il n'y a pas de coupable», a déclaré Me Jean-Pierre Mignard.

La plupart des tentatives de la Cour de juger des personnalités politiques de haut rang - presque toutes en Afrique - se sont terminé par des échecs ou des acquittements.

Dernier acquittement en date, celui de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba en juin 2018. Il avait d'abord été condamné à 18 ans de prison pour des crimes commis par sa milice en Centrafrique entre 2002 et 2003.

Mais selon la défense de M. Gbagbo, son acquittement après plus de sept ans en détention et plus de deux ans de procès est, au contraire, une preuve de «professionnalisme et d'indépendance». «En rendant cette décision, la CPI a contribué à bâtir sa légitimité», a estimé Emmanuel Altit.

L'acquittement des deux hommes est «un nouveau pas vers l'impunité des crimes commis lors des violences post-électorales», a regretté la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a regretté la décision des juges, «décevante et inattendue».

En Côte d'Ivoire, M. Gbagbo est toujours sous le coup d'une condamnation de 20 ans qui date de janvier 2018 pour crimes économiques. Deux autres condamnés dans la même affaire sont libres-condamnés mais pas écroués. Il est peu probable que la police ivoirienne tente d'arrêter M. Gbagbo une fois de retour dans le pays. - AfricaLog avec agence

Le monde attend de savoir comment on dirige un pays avec l’AVC

Jan 12, 2019
Le monde attend de savoir comment on dirige un pays avec l’AVC

Un nouveau gouvernement et un nouveau cabinet présidentiel gabonais ont été annoncés samedi soir depuis le Maroc, pays où le président Ali Bongo est en convalescence.

Le premier ministre récemment nommé, Julien Nkoghe Bekale, a détaillé samedi soir la composition du nouveau gouvernement, sans changement majeur, dans une vidéo enregistrée au Maroc et diffusée sur la télévision nationale gabonaise vers 22 hGMT.

Les ministres devront prêter serment devant le président de la République, comme le prévoit la nouvelle Constitution.  
Victime d'un accident vasculaire cérébral le 24 octobre, M. Bongo est en convalescence au Maroc.

Les Gabonais attendent de savoir comment se déroulera la prestation de serment, et où elle se fera.

Le cabinet présidentiel, sans vrai changement lui aussi, a également été annoncé,  vers 20 hGMT, dans une vidéo enregistrée au Maroc par le secrétaire général de la présidence, Jean-Yves Teale.

Directeur de cabinet depuis 2017, Brice Laccruche Alihanga, reste en poste.  Ancien cadre de la banque BGFI, il est réputé proche de la première dame, Sylvia Bongo.

Vendredi soir, une nouvelle Assemblée nationale a été mise en place, après une période de huit mois sans députés.  Fin avril, la Cour constitutionnelle avait constaté la vacance de l'Assemblée, jugeant que le gouvernement avait échoué à tenir les législatives dans les temps. Le travail législatif avait été transféré au Sénat.

A Libreville, les rumeurs enflent sur le retour du président dans les prochains jours.

L'état de santé d'Ali Bongo fait l'objet de nombreuses spéculations.

Les partis d'opposition et la société civile ne cessent d'appeler la Cour constitutionnelle à constater une vacance du pouvoir.
Ils jugent le président en incapacité de gouverner, tout en parlant de «guerres de clans» autour des proches du chef de l'État, opposant notamment Brice Laccruche au chef des services de renseignement, Frédéric Bongo.

Il s'agit de «débats», dit-on de source proche de la présidence, qui affirme que M. Bongo gouverne et se prépare à rentrer au Gabon.

Lundi, une tentative de coup d'État a eu lieu au Gabon, les putschistes ayant en partie justifié leur action par les conséquences de l'état de santé d'Ali Bongo. - AfricaLog avec agence

Transition historique en RDC

Jan 10, 2019
Transition historique en RDC

La République démocratique du Congo semble s'engager jeudi dans la voie d'une alternance  historique avec l'annonce de la victoire à l'élection présidentielle d'un opposant, Félix Tshisekedi, cependant aussitôt contestée par une partie de l'opposition et par l'Église, et déjà marquée par le sang.

Actant la première transition démocratique depuis l'indépendance du pays en 1960, la Commission électorale nationale indépendante (CÉNI) a déclaré Felix Tshisekedi, 55 ans, vainqueur de la présidentielle avec 38,57% des voix, devant l'autre candidat de l'opposition divisée, Martin Fayulu (34,8%) selon des résultats provisoires.

Annoncée après une longue attente aux premières heures de l'aube, la nouvelle a été accueillie par des foules de jeunes en joie dans les rues de Kinsasha ou de Goma - «On remercie le bon Dieu !» - et des concerts de chants et de klaxons.

Mais le mécontentement des pro-Fayulu s'est également fait entendre et certains de ses fiefs ont été le théâtre de violences. En particulier à Kikwit où au moins deux policiers et deux civils sont morts dans la répression de la contestation des résultats.

«On nous a volé la victoire», criaient les partisans de M. Fayulu à Kisangani (nord-est) où la police a usé de gaz lacrymogènes et fait des tirs de sommation.

De fait, Martin Fayulu a immédiatement rejeté les résultats et dénoncé un «véritable putsch électoral». «Ces résultats n'ont rien à voir avec la vérité des urnes», a-t-il affirmé.

La puissante Église catholique, qui avait déployé 40 000 observateurs le jour du scrutin et appelé la commission électorale à ne pas trahir «la vérité des urnes», a également mis en doute ces résultats. «Tels que publiés par la CÉNI, (ils) ne correspondent pas aux données collectées par notre mission d'observation», a déclaré le porte-parole de l'épiscopat, l'abbé Donatien Nshole.

Fait notable cependant, les évêques n'ont pas donné le nom de celui qu'ils pensent avoir gagné et ont officiellement pris acte de la publication des résultats «qui, pour la première fois dans l'histoire de notre pays ouvre la voie à l'alternance au sommet de l'État».

La France, elle, est étonnamment montée au créneau.
«Il semble bien que les résultats proclamés [...] ne soient pas conformes aux résultats» réels et que M. Fayulu est «a priori» le vainqueur du scrutin du 30 décembre, a déclaré son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à la télévision CNews, assurant s'appuyer sur les chiffres de la mission d'observation de l'Église catholique.

Les États-Unis, pour leur part, ont réclamé une «clarification» du résultat.

«Nous exhortons toutes les parties à rester calmes lors de la poursuite du processus» électoral et «nous attendons la clarification des questions soulevées lors du dépouillement du scrutin», a déclaré dans un communiqué le département d'État américain.

Washington dit par ailleurs «relever l'importance de la décision du président Joseph Kabila de respecter les termes de son mandat conformément à la Constitution et de transférer le pouvoir à un successeur».

La RDC, plus grand pays d'Afrique subsaharienne, vit en effet une double situation historique. C'est la première fois qu'un opposant est proclamé vainqueur d'une élection présidentielle. C'est aussi la première fois que le président sortant accepte de se retirer, conformément à la Constitution, qui interdisait à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat d’affilée.

Mais ce scrutin à un tour, reporté trois fois depuis 2016, n'efface pas non plus le souvenir de sa réélection en 2011 entachée de violences et de fraudes.

Dès jeudi matin, le chef de l'ONU Antonio Guterres a exhorté à «s'abstenir d'actes violents» dans un pays marqué par de nombreux conflits internes et deux guerres régionales. L'Union européenne et l'Union africaine ou l'Afrique du Sud ont appelé au calme.
Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir vendredi pour discuter de la situation en RDC.

Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dit «Fatshi», haute taille et carrure massive, hérite du nom de son père Etienne, figure historique de l'opposition en RDC décédé le 1er février 2017, et de la machine de guerre laissée en héritage, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), fondée dans les années 80 contre la dictature du maréchal Mobutu et au sein de laquelle il a gravi tous les échelons.

Il faisait équipe pour ce scrutin avec un «ticket», l'ex-président de l'Assemblée Vital Kamerhe. Mais c'est à Joseph Kabila qu'il a dédié ses premières paroles après avoir été «provisoirement élu» selon les termes officiels.

«Aujourd'hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l'alternance démocratique dans notre pays», a-t-il déclaré.

«Je serai le président des Congolais qui m'ont élu et de ceux qui ne m'ont pas élu», a-t-il ajouté à l'adresse des partisans de ses rivaux.

La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs, qui peuvent encore faire l'objet de recours, dans les dix jours. Une possibilité évoquée par la coalition au pouvoir même si celle-ci a «pris acte» des résultats provisoires.

Son candidat, l'ex-ministre de l'Intérieur sous sanctions de l'Union européenne Emmanuel Ramazani Shadary, n'est arrivé qu'en troisième position avec 23,8%. Les 18 autres candidats font des scores anecdotiques.

Ce sont désormais les résultats des élections législatives, qui ont eu lieu le même jour que la présidentielle, qui sont attendus et qui permettront de déterminer les capacités de M. Tsishekedi à diriger le pays-s'il est confirmé.
Ces derniers jours, son camp avait tendu la main au président Kabila.

Avant même la proclamation des résultats «une rencontre» entre MM. Tshisekedi et Kabila avait été évoquée par l'UDPS «pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir».

A quoi le gouvernement avait répondu qu'il n'allait «pas rejeter la main tendue parce qu'il y a un temps pour tout, un temps pour s'opposer et se disputer l'électorat mais aussi un temps pour s’unir».

Ces échanges ont suscité la colère du camp Fayulu.
A mots voilés, ses partisans ont mis en garde contre un échange de bons procédés. «Kabila n'a pas à dire: je veux telle personne, je ne veux pas de telle. Ce n'est pas sa résidence privée, ni une affaire de famille, c'est une affaire d'État», a dit la porte-parole de la coalition Lamuka formée autour de M. Fayulu, Eve Bazaiba.

Pour le centre de recherche EXXAfrica, si la victoire de Tshisekedi est «très surprenante», elle prend cependant sens dans le contexte actuel où le président sortant pourra «user de son influence sur Tshisekedi, qui doit désormais son ascension au contrôle de Kabila sur la commission électorale».

Joseph Kabila, 47 ans, est au pouvoir depuis l'assassinat de son père le 16 janvier 2001, Il restera en fonction «jusqu'à l'installation effective du nouveau président élu». - AfricaLog avec agence

Un jeune soldat dit au Gabonais “réveillez-vous !”

Jan 07, 2019
Un jeune soldat dit au Gabonais “réveillez-vous !”

«Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins [...], levez-vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue».

Une tentative de coup d'État menée par une poignée de soldats serait en cours au Gabon, pays dont le président, malade, est absent depuis deux mois et demi et où le gouvernement n'assure plus que les affaires courantes.

Le chef du commando, qui s'est présenté comme étant le lieutenant Ondo Obiang Kelly, commandant-adjoint de la Garde républicaine (GR) chargée de la protection de la présidence gabonaise, a été arrêté et deux autres membres ont été tués, a annoncé la présidence dans l'après-midi.  

Pour la première fois dans l'histoire du Gabon, un groupe de militaires est apparu lundi à l'aube à la radio-télévision nationale (RTG), à Libreville, appelant à un soulèvement et annonçant la prochaine formation d'un «Conseil national de restauration» de la démocratie.

Le chef du groupe, qui a lancé cet appel à la radio, «a été arrêté», selon la présidence, affirmant que «la situation est sous contrôle».  

Les forces de sécurité ont «pris le bâtiment [de la radio] d'assaut, abattu deux membres du commando et libéré les otages», selon le communiqué. Les six membres du commando, après avoir «neutralisé» les gendarmes devant la RTG ont «intercepté et séquestré cinq journalistes et techniciens» et lu leur communiqué, selon la même source.

Les forces de sécurité ont été déployées à Libreville pour maintenir l'ordre, a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou. Mais, selon lui, les frontières du pays restent ouvertes.

En revanche, internet était coupé dans Libreville.

L'Union africaine a «fermement» condamné «la tentative de coup», réaffirmant «le rejet total par l'UA de tout changement inconstitutionnel de pouvoir».

Paris a également condamné cette tentative de coup d'État, appelant au «strict respect» de la Constitution dans cette ancienne colonie française et pays producteur de pétrole.

Des blindés des forces de sécurité gabonaises ont bloqué l'accès à l'un des grands boulevards de Libreville.

Dans un quartier populaire proche de la radio, des dizaines de jeunes ont incendié une voiture et enflammé des pneus, semblant vouloir répondre à l'appel au soulèvement des mutins.

Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants mais la situation était calme dans le reste de la ville.

Le lieutenant Ondo Obiang Kelly s'est dit lors de la lecture de son message président d'un Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS), jusque-là inconnu. Deux militaires, coiffés des bérets verts de la GR et tenant des fusils d'assaut, se tenaient derrière lui.

Le mouvement «demande à tous les jeunes des forces de défense et de sécurité et à toute la jeunesse gabonaise de se joindre à nous», a déclaré le militaire en annonçant la prochaine formation d'un «Conseil national de restauration » afin de «garantir au peuple gabonais une transition démocratique».

«Si vous dormez, réveillez-vous !»

Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l'État, Ali Bongo Ondimba, âgé de 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, a été transféré ensuite au Maroc, où il poursuit depuis sa convalescence sans qu'aucune date n'ait été fixée pour son retour au Gabon.

La vacance du pouvoir n'a pas été déclarée en l'absence du chef de l'État. La Cour constitutionnelle a transféré une partie de ses pouvoirs au premier ministre et au vice-président. Le gouvernement ne fait qu'assurer les affaires courantes.

«Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins [...], levez-vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue», a encore déclaré le militaire à la radio.

Il a invité «tous les hommes du rang et les sous-officiers» à se procurer «armes et munitions» et à «prendre le contrôle» des points stratégiques du pays comme les édifices publics et les aéroports.

Il a appelé la population à les soutenir, «pour sauver le Gabon du chaos».

Le 31 décembre, le président Bongo, affaibli, avait pris la parole depuis Rabat pour la première fois depuis son hospitalisation. Sa déclaration du Nouvel An a été qualifiée par les militaires du MPJFDS de «honte» pour un «pays [qui] a perdu sa dignité».

Dans leur message, les militaires putschistes ont dénoncé la «confiscation du pouvoir par ceux qui le 31 août 2016 ont fait assassiner nos jeunes compatriotes», en référence aux troubles qui avaient suivi la dernière élection présidentielle qui avait vu la réélection, contestée par l'opposition, d'Ali Bongo.

Le président a succédé en 2009 à son père Omar, à la mort de ce dernier, et a été réélu en 2016. Omar Bongo a dirigé le Gabon de 1967 à sa disparition. - AfricaLog avec agence

L’extrême droite arrive au pouvoir au Brésil par les urnes

Jan 01, 2019
L’extrême droite arrive au pouvoir au Brésil par les urnes

Jair Bolsonaro a appelé mardi, dans son premier discours de président, à un «pacte national» pour «libérer définitivement» le Brésil «du joug de la corruption, de la criminalité, de l'irresponsabilité économique et du carcan idéologique».

L'ancien capitaine de l'armée de 63 ans a préconisé «un vrai pacte national entre la société et les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire» lors de ce bref discours devant le Congrès à Brasilia, où il est devenu officiellement le 38e président de la première puissance d'Amérique latine.

Son arrivée au pouvoir ouvre une ère de rupture chargée de lourdes incertitudes avec le virage à l'extrême droite du Brésil.

Jair Bolsonaro a d'ailleurs confirmé dans ce premier discours sa volonté de mettre en oeuvre une politique ultra conservatrice, promettant de «respecter les religions et les traditions judéo-chrétiennes», tout en «luttant contre l'idéologie de genre». Il a également réitéré son intention de libéraliser le port d'armes.

Le président américain Donald Trump a félicité dans un tweet M. Bolsonaro, qui l'admire, «pour son grand discours d'investiture», ajoutant: «Les États-Unis sont avec vous».


Avant de signer un registre officiel à la Chambre des Députés lors d'une cérémonie boycottée par la gauche, le président Bolsonaro a prêté serment, s'engageant à «défendre et appliquer la Constitution» tout en oeuvrant pour «l'Union, l'intégrité et l'indépendance du Brésil».

Le vice-président, le général Hamilton Mourao, lui aussi investi mardi, a prêté le même serment.

Le nouveau président devait ensuite se rendre au Palais du Planalto, où il recevra des mains de son prédécesseur Michel Temer l'écharpe présidentielle, une pièce de soie jaune et verte, sertie d'or et de diamants. Il prononcera ensuite un deuxième discours, devant le peuple.

Jair Bolsonaro, dont la carrière politique se limite à 27 ans de députation sans autre relief que ses outrances verbales, n'a pas fait mystère de sa volonté de renverser la table pour extirper le Brésil de ses crises multiples.

Le capitaine de réserve devrait lancer au pas de course une série de réformes pour inaugurer son mandat de quatre ans.

Premier chef d'État d'extrême droite jamais arrivé au pouvoir au Brésil par les urnes, Jair Bolsonaro a suscité énormément d'attentes avec ses promesses de redresser une économie atone et de mater la corruption et la violence qui désespèrent les 208 millions de Brésiliens.

Mais son arrivée à la tête du pays suscite de nombreuses inquiétudes, notamment en matière de respect des valeurs démocratiques, des minorités, des alliances avec les partenaires traditionnels du Brésil et de protection de l’environnement.

Ses dérapages racistes, machistes ou homophobes comme ses éloges de la période noire de la dictature militaire (1964-1985) lui ont aliéné des millions de compatriotes.

Ancien parachutiste, Jair Bolsonaro s'est fait élire avec 55 % des suffrages le 28 octobre, mettant fin à une série de quatre victoires électorales du Parti des Travailleurs (PT, gauche) de Luiz Inacio Lula da Silva, aujourd'hui en prison pour corruption.

Son investiture se déroulait sous très haute sécurité à Brasilia, où même les parapluies ont été interdits. L'impressionnant dispositif comprend outre de nombreux check-points pour la foule, un système antimissile, 20 avions de chasse mobilisés et la fermeture de l'espace aérien.
«Pour votre sécurité, des tireurs d'élite ont été placés à des endroits stratégiques, ainsi que des agents spécialisés en défense chimique, radiologique ou nucléaire», avertissaient des haut-parleurs placés sur des jeeps militaires circulant dans Brasilia.

Jair Bolsonaro a frôlé la mort lors d'un attentat à l'arme blanche en plein bain de foule le 6 septembre 2018 et a depuis limité les sorties publiques.

Au moins 250 000 personnes venues de tout le pays étaient attendues sur l'esplanade des Ministères, un lieu emblématique où sont concentrés tous les pouvoirs de Brasilia, au coeur de la capitale futuriste sortie de l'imagination de l'architecte Oscar Niemeyer et de l'urbaniste Lucio Costa au début des années 1960.

Malgré les craintes d'un nouvel attentat, il a tenu à remonter l'esplanade des Ministères à bord d'une Rolls Royce décapotable, saluant la foule debout à l'arrière du véhicule, aux côtés de son épouse Michelle et encadré par les cavaliers des Dragons de l’Indépendance. - AfricaLog avec agence

Cuba fête 60 ans de révolution empêtrée dans des difficultés

Jan 01, 2019
Cuba fête 60 ans de révolution empêtrée dans des difficultés

Elle a été une source d'inspiration pour la gauche en Amérique latine: la révolution cubaine célèbre mardi ses 60 ans, empêtrée dans les difficultés économiques et isolée alors que la région a largement viré à droite.

Hasard du calendrier, cet anniversaire historique coïncide avec l'investiture du président d'extrême droite Jair Bolsonaro au Brésil, pays qui a politiquement changé de bord comme l'ont fait l'Argentine, le Chili ou encore le Pérou.

C'est à Santiago de Cuba (sud-est), première ville conquise par la guérilla de Fidel Castro en 1959, qu'auront lieu des festivités qui s'annoncent discrètes et sans dignitaire étranger, avec le discours attendu à 17 h (22 h GMT) de son frère et ex-président Raul, dans le cimetière où est enterré le père de la révolution.

A ses côtés devrait être présent le nouveau président depuis avril: Miguel Diaz-Canel, 58 ans, qui, contrairement aux frères Castro, ne jouit pas de la légitimité d'avoir combattu et renversé la dictature de Fulgencio Batista.

«Vive la révolution cubaine, vive Cuba, mes meilleurs voeux à Cuba», s'est-il exclamé lundi sur Twitter.





Pourtant, l'heure n'est pas à la fête: «l'héritage historique de la révolution cubaine semble très usé, autant d'un point de vue politique qu'économique», tranche Jorge Duany, directeur de l'Institut de recherches cubaines de l'Université internationale de Floride.

Plus sévère encore, le dissident Vladimiro Roca assure que la révolution «va s'éteindre sous son propre poids»: «D'abord, la jeunesse en a marre, elle ne croit en rien de tout ça, et ensuite (la révolution) n'a plus aucun soutien à l’étranger».

Porteuse à l'époque de grandes avancées sociales dans la santé et l'éducation, la révolution castriste avait séduit la population cubaine, lassée des années de dictature, et inspiré la plupart des mouvements de gauche d'Amérique latine.
Mais elle a ensuite suscité des inquiétudes et des critiques de la communauté internationale sur la question des droits de l'homme et des prisonniers politiques, une centaine selon les organisations dissidentes.

Economiquement, elle est aujourd'hui à bout de souffle: sa croissance stagne autour de 1 %, insuffisante pour couvrir les besoins de la population, qui doit donc supporter les pénuries.
Autrefois premier producteur mondial de sucre, le pays a dû récemment en importer de France. Ces dernières semaines, oeufs, farine et riz ont disparu des rayons.

«Chaque année le gouvernement importe pour environ 2 milliards (de dollars) d'aliments, sans assurer la sécurité alimentaire du pays», souligne Marlene Azor Hernandez, ex-professeure de l'université de La Havane, dans un rapport pour le Centre pour l'ouverture et le développement de l'Amérique latine (Cadal), basé à Buenos Aires.

De manière générale, «le "modèle d'État-providence cubain", exporté pendant des décennies par le gouvernement cubain comme paradigme de développement, de bien-être social et politique pour le reste des pays moins développés, a stagné et régressé à partir de la perte des aides soviétiques», à l'effondrement de l'URSS en 1991, poursuit-elle.

Pour «actualiser» le modèle économique du pays, les autorités cubaines soumettront à référendum, le 24 février, une nouvelle Constitution qui reconnaît la propriété privée, le marché et l'investissement étranger.

Mais pas question de revenir au capitalisme : l'objectif reste celui d'une société «communiste», avec le PCC comme parti «unique».

Alors que La Havane est confrontée à la politique hostile de Donald Trump, le tour d'horizon de ses alliés n'est guère flatteur.

Le Venezuela, lui-même en crise, peine à lui assurer ses livraisons de pétrole.

Et si Vladimir Poutine a qualifié dimanche Cuba de «partenaire stratégique et allié de confiance», dans un message adressé à Raul Castro et à Miguel Diaz-Canel, il n'est pas disposé à subventionner le pays comme l'a fait l'Union soviétique pendant 30 ans. La Chine non plus.

Enfin, la Corée du Nord, où s'est rendu le président cubain en novembre, prévoit tout juste de signer en janvier à La Havane un protocole d'échange commercial et de collaboration, selon l'agence officielle Prensa Latina. - AfricaLog avec agence

Vote historique en RDC

Dec 30, 2018
Vote historique en RDC

Des files d'attente grossissaient au fil de la journée dans les bureaux de vote dimanche en République démocratique du Congo, où se tiennent des élections historiques, entre espoir de changement, peur de nouvelles violences, retards et problèmes techniques.

"Je sens comme une libération. Je me sens libéré, dégagé", a déclaré Victor Balibwa, fonctionnaire de 53 ans, un des premiers électeurs à déposer son bulletin de vote à Lubumbashi à l'ouverture des bureaux à 06H00 (04H00 GMT).

Trois fois reportées, ces élections générales à un tour doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en janvier 2001.

C'est la première fois que le Congo peut rêver d'une transmission pacifique du pouvoir d'un président à l'autre depuis l'indépendance en 1960.

Le président sortant a voté à Kinshasa avec son "dauphin" désigné, son ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.

Ils ont été suivis une heure plus tard par l'un des deux principaux candidats de l'opposition, Martin Fayulu.

"C'est un grand jour pour moi, c'est un grand jour pour le Congo parce que c'est la fin de la dictature, c'est la fin de l'arbitraire, c'est la fin (...) de 18 du système Joseph Kabila", a déclaré M. Fayulu.

L'autre principal candidat de l'opposition, FĂ©lix Tshisekedi, doit voter vers 14H00 (13H00) dans un quartier populaire de la capitale.

Aucun incident majeur n'a été relevé jusqu'à présent dans cet immense pays à l'histoire agitée, où le vote a été reporté dans deux régions, officiellement pour cause de violences (Beni-Butembo dans l'Est et Yumbi dans l'Ouest).

A Beni, des jeunes ont d'ailleurs organisé un vote fictif pour protester. "La ville de Beni est dans la République démocratique du Congo. On ne peut pas nous priver (du droit de vote", a revendiqué un jeune, Manix.

De nombreux retards ont été enregistrés dans les centres de vote où les électeurs passent du temps à chercher leur nom et leur bureau sur les listes électorales.

Objet de toutes les polémiques depuis plus d'un an, la "machine à voter" a connu des couacs au jour J des élections.

"Il y a cinq à six bureaux où les machines ne fonctionnent pas" a témoigné à la presse à Lubumbashi un "témoin" (observateur d'un candidat). "Il faut attendre le technicien".

Dans un bureau à Kinshasa, l'écran tactile s'est enrayé au deuxième bulletin de vote.

Le vote "avec la machine est très compliqué. J'ai appuyé sans trop savoir pour qui. Je n'ai pas vu le numéro ni le visage de mon candidat", regrette une dame d'un âge avancé en sortant de l'isoloir qui protège le secret du vote.

Les Ă©lecteurs qui ont pu voter ne cachait par leur enthousiasme et leur soif d'autres horizons.

"Parce que le Congo a trop souffert nous méritons le changement", lance à Goma Patrice Nzanzu, technicien.

"Ça m'excite de voter, de pouvoir enfin choisir. C'est mon premier vote!" s'exclame Rachel, 18 ans, étudiante à Goma, dans ce pays où la majorité des 80 millions d'habitants ont moins de 25 ans.

Au total, les 40 millions d'Ă©lecteurs inscrits ont le choix entre 21 candidats - dont la plupart n'ont mĂŞme pas fait campagne.

Le président Kabila a renoncé à briguer par la force un troisième mandat interdit par la Constitution.

Sa décision est intervenue avec du retard, puisque les élections ont été reportées trois fois depuis la fin de son second mandat il y a deux ans, en décembre 2016.

Les 40 millions d'électeurs enregistrés peuvent voter jusqu'à 17H00 (15H00 GMT dans l'Est et 16H00 GMT à Kinshasa). Les résultats provisoires seront annoncés le 6 janvier, avant d'inévitables contentieux devant la Cour constitutionnelle.

Des sondages donnent le "dauphin" perdant et prédisent la victoire de M. Fayulu.

Des élections législatives et provinciales ont lieu en même temps que la présidentielle.

Pour ces élections, Kinshasa a refusé toute aide logistique des Nations unies, présentes depuis 20 ans au Congo, de même que toute mission d'observation occidentale.

Pour le jour du vote, le pouvoir a annoncé la fermeture de ses frontières terrestres, lacustres et fluviales avec ses neuf voisins, de Brazzaville à l'Angola en passant par le Rwanda.

En revanche, Internet n'était pas coupé, contrairement à ce qui se passe lors des journées de fortes tensions.

La campagne avait été rattrapée par la violence, avec une dizaine de morts selon une association de défense des droits de l'homme, ce que nie le pouvoir.

Samedi soir, les deux candidats de l'opposition ont refusé de signer un document destiné à prévenir les violences post-électorales, en claquant la porte d'une médiation conduite par des observateurs africains. - AfricaLog avec agence

Le pape critique l'humanité, «devenue avide»

Dec 25, 2018
Le pape critique l'humanité, «devenue avide»

Le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques dans le monde, a appelé lundi soir les fidèles à laisser de côté leur «voracité» consumériste pour réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus humbles, dans son homélie de la nuit de Noël.

«L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie», a constaté le pape, devant une dizaine de milliers de fidèles rassemblés comme chaque année dans la majestueuse basilique Saint-Pierre de Rome.  

«Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui ; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre», a martelé le pape argentin, infatigable défenseur des pauvres, en appelant les fidèles à «ne pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme».

«Le petit corps de l'Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie : non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner», a plaidé le pape lors de la messe de la nuit de Noël, qui commémore dans la tradition chrétienne la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem.

«Est-ce que j'arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple ? Demandons-nous: à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n'en a pas ?», a lancé François, s'exprimant sous le baldaquin dessiné par le Bernin, où seul le souverain pontife est autorisé à célébrer la messe.

Le pape, qui vient de fêter ses 82 ans,  adressera son sixième message de Noël «Urbi et orbi» («à la ville et au monde») mardi devant les fidèles massés sur la place Saint-Pierre.
En attendant, des pèlerins du monde entier se sont rassemblés lundi pour Noël près de la basilique de la Nativité à Bethléem, fréquentée cette année par un nombre de visiteurs en hausse.

Comme de coutume, des scouts palestiniens habillés de bleu, jaune ou beige ont défilé vers midi au son des cornemuses et des tambours sur la place de la Mangeoire, située près de la basilique et où se dresse un imposant sapin de Noël.

Nigérians, Français ou Palestiniens, des centaines de fidèles ayant fait le déplacement jusqu'à Bethléem pourront cette année admirer les chatoyantes mosaïques de la basilique de la Nativité qui datent de l'époque des Croisades et qui ont été récemment restaurées.

«C'est une belle opportunité d'être dans un endroit aussi symbolique pour Noël», a estimé Léa Gudel, une étudiante française de 21 ans en échange universitaire à Jérusalem.

«Voir la messe de minuit à Bethléem ce n'est pas donné à tout le monde», a renchéri Maurice Le Gal, un Français de 75 ans qui avait déjà fait le voyage il y a sept ans pour célébrer Noël à Bethléem et Jérusalem.

L'archevêque Pierbattista Pizzaballa, administrateur apostolique du patriarche latin de Jérusalem, va célébrer en soirée la traditionnelle messe de minuit dans l'église Sainte-Catherine, située à proximité de la basilique de la Nativité.  
Le président palestinien Mahmoud Abbas et d'autres dignitaires palestiniens devraient y participer.

La basilique de la Nativité, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, demeure une destination religieuse et touristique majeure, même si les chrétiens ne sont plus les plus nombreux par rapport aux musulmans à Bethléem et ses alentours en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de cinquante ans.

En 2017, les célébrations de Noël y avaient été assombries par les tensions résultant de la reconnaissance américaine de Jérusalem en tant que capitale d'Israël.  

«Cette année c'est beaucoup plus tranquille, bien mieux que l'an dernier», s'est réjouit Abeer Nassr, une Palestinienne chrétienne originaire de Beit Sahour, une localité proche de Bethléem.

Après plusieurs années de baisse de fréquentation dues aux retombées du conflit israélo-palestinien, le tourisme enregistre en 2018 sa meilleure saison depuis des années à Bethléem, les hôtels affichant des taux d'occupation particulièrement élevés pour la période de Noël, a indiqué Elias Al-Arja, président de l'Association des hôtels palestiniens.
Ailleurs, la ville de Barcelone, déjà victime d'un attentat en 2017, était en état d'alerte après un avertissement des autorités américaines au sujet d'un risque d'attaque terroriste pour les fêtes de fin d’année.

La reine Élisabeth II profitera de son côté mardi de son traditionnel discours de Noël pour appeler les Britanniques, très divisés sur le Brexit, à faire preuve de «respect» les uns envers les autres, selon des extraits publiés à l’avance.

Aux États-Unis, le périmètre où déambulent habituellement les passants autour de l'«arbre de Noël national» près de la Maison Blanche était fermé, en raison de la troisième journée de shutdown, après l'échec des tractations au Congrès sur le financement d'un mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump. - AfricaLog avec agence

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