www.africalog.com newsletter

Assez de preuves pour la destitution de Trump

Jan 12, 2020
Assez de preuves pour la destitution de Trump

La cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a assuré disposer d’assez de preuves pour destituer Donald Trump, à la veille d’une semaine cruciale dans la perspective de l’ouverture au Sénat, du procès du président des États-Unis.

«Nous pensons qu’il y a assez de preuves pour destituer le président», a martelé l’élue de Californie, interrogée sur la chaîne ABC.

De son côté, Donald Trump n’a pas caché son agacement face à cette procédure de destitution qui empoisonne la fin de son mandat.
«Pourquoi devrais-je avoir le stigmate de l’“immpeachement” collé à mon nom alors que je n’ai RIEN fait de mal», a tempêté dimanche, sur Twitter, l’ancien homme d’affaires new-yorkais.  

Il s’en est pris à nouveau à l’opposition démocrate, exigeant que «la nerveuse Nancy» Pelosi et qu’Adam «Schiff le fourbe», qui a supervisé l’enquête contre M. Trump, soient entendus en tant que témoins.     

Nancy Pelosi avait donné vendredi son feu vert pour l’envoi la semaine prochaine de l’acte d’accusation de Donald Trump à la chambre haute, après plusieurs semaines de bras de fer avec les républicains, ouvrant ainsi la perspective d’un procès en destitution imminent.

Elle a confirmé dimanche qu’elle réunirait ses troupes mardi pour fixer le calendrier.   
L’actuel locataire de la Maison Blanche est devenu le mois dernier le troisième président de l’histoire des États-Unis à être mis en accusation à la Chambre des représentants — «impeached» en anglais — dans l’affaire ukrainienne. Il a néanmoins peu de chances d’être destitué au Sénat, où les élus républicains, majoritaires, lui restent fidèles. 
 
«Nous avons confiance dans l’“impeachment”. Et nous croyons qu’il y a assez de témoignages pour le destituer», a, au contraire, assuré Nancy Pelosi, présidente démocrate de la chambre basse.  
Élus républicains et démocrates croisent le fer sur un autre sujet majeur, le témoignage de John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.  

M. Bolton s’est dit prêt à témoigner au procès de Donald Trump, à condition d’être formellement convoqué par le Sénat. Or Donald Trump a laissé entendre vendredi, interviewé par la chaîne Fox News, qu’il pourrait empêcher l’un de ses anciens bras droit d’être entendu, invoquant le «privilège exécutif».

De son côté, Nancy Pelosi n’a pas exclu, si la majorité républicaine au Sénat ne convoquait pas M. Bolton, de l’auditionner à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Les démocrates accusent Donald Trump d’avoir abusé de son pouvoir en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, un rival potentiel à la présidentielle de novembre.  

Ils ont voté le 18 décembre dernier à la Chambre des représentants deux articles de mise en accusation de Donald Trump, pour «abus de pouvoir» et «entrave à la bonne marche du Congrès».  - AfricaLog avec agence

Le gouvernement français prêt à reculer face à la fronde

Jan 12, 2020
Le gouvernement français prêt à reculer face à la fronde

Le gouvernement français est «disposé à retirer» de son projet de réforme des retraites la mesure incitant à travailler jusqu’à 64 ans, unanimement rejetée par les syndicats, a indiqué le premier ministre Édouard Philippe dans un courrier adressé samedi aux organisations syndicales et patronales.

Le chef du gouvernement avait promis de faire une annonce dans la journée pour tenter de mettre un terme à la grève qui paralyse les transports, notamment en région parisienne, depuis cinq semaines.  

Il précise néanmoins dans son courrier que les partenaires sociaux devront se mettre d’accord sur les mesures à mettre en œuvre pour assurer l’équilibre financier du système des retraites en 2027 faute de quoi cette mesure pourrait être réinstaurée.

Cet «âge pivot» de 64 ans était la mesure la plus contestée du projet de réforme des retraites. Il visait à inciter progressivement les Français à partir à la retraite à 64 ans, sous peine de se voir infliger un malus, alors que l’âge légal de départ est actuellement fixé à 62 ans.

Cette mesure est une ligne rouge pour tous les syndicats et notamment le premier d’entre eux, la Confédération française démocratique du travail (CFDT), pourtant favorable au principe de la réforme voulue par le gouvernement d’un régime universel par points. 

Ce syndicat réformiste a «salué» dans un communiqué «le retrait de l’âge pivot du projet de loi sur les retraites», qui marque à ses yeux « la volonté de compromis du gouvernement».
La CFDT «va poursuivre les discussions dans le cadre proposé pour répondre aux interrogations qui demeurent sur le futur régime universel», écrit-elle.
Patronat et syndicats doivent désormais s’engager dans une conférence sur l’équilibre et le financement des retraites, qui devra remettre ses conclusions «d’ici la fin du mois d’avril», a réclamé le premier ministre.

S’ils ne parviennent pas à cette date à trouver les mesures permettant d’assurer l’équilibre du système, le gouvernement reprendra la main, a-t-il averti.

«Je veux être parfaitement clair sur ce point : je prendrai mes responsabilités», a insisté le premier ministre.

Reste à savoir si ce compromis suffira à mettre fin au mouvement de grève. Les syndicats à la pointe des protestations — la CGT et FO — réclamaient pour leur part le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites. - AfricaLog avec agence

RĂ©union de crise de la famille royale britannique

Jan 12, 2020
RĂ©union de crise de la famille royale britannique

La reine d’Angleterre Élisabeth II organisera une réunion avec le prince Harry afin de tenter de résoudre la crise déclenchée par l’annonce-choc du couple Harry-Meghan de se mettre en retrait de ses obligations, selon la presse britannique.

Harry rencontrera sa grand-mère en compagnie de son père, le prince Charles, et de son frère, le prince William, avec lequel il entretient des relations tendues, dans la résidence privée de la souveraine à Sandringham, dans l’est de l’Angleterre, précisent les médias.

Meghan, partie au Canada, participera à la réunion par l’intermédiaire d’une conférence téléphonique.

Parmi les sujets à l’ordre du jour, il y aura le montant de la dotation financière que le prince Charles attribue au couple de sa réserve personnelle, la question de leurs titres royaux, et le périmètre des transactions commerciales que Harry et Meghan seront autorisés à faire, avance le Sunday Times.

Harry, Meghan et leur fils Archie ont passé Noël au Canada, et l’ancienne actrice américaine y est retournée cette semaine. Il y avaient pris des vacances prolongées pour prendre du recul après avoir affiché leur malaise face aux critiques appuyées des tabloïds britanniques sur les supposés caprices de Meghan Markle et son luxueux train de vie.

Non consultée et selon la presse britannique attristée, Élisabeth II, 93 ans, a demandé aux membres de la famille de trouver dans les jours qui suivraient une «solution» face à la volonté de son petit-fils, sixième dans l’ordre de sa succession, de gagner son «indépendance financière» et de vivre une partie de l’année en Amérique du Nord. - AfricaLog avec agence

Soro promet d’organiser la résistance en Côte d'Ivoire

Dec 30, 2019
Soro promet d’organiser la résistance en Côte d'Ivoire

Visé par un mandat d'arrêt émis en Côte d'Ivoire, l'opposant ivoirien Guillaume Soro a réfuté dans un entretien accordé au Journal du Dimanche les accusations selon lesquelles il projetait d'organiser un coup d'Etat dans son pays.

Le mandat d'arrêt visant Guillaume Soro a été délivré lundi, juste avant son retour prévu en Côte d'Ivoire, conduisant le vol privé dans lequel il se trouvait a être dérouté vers le Ghana voisin "pour des raisons de sécurité”.

L'opposant a quitté le Ghana lundi après-midi pour retourner en Europe.

"C'est ridicule. Je suis en France depuis six mois et jusqu'alors aucun mandat n'avait été émis contre moi. Et subitement, alors que je suis dans le ciel pour arriver à Abidjan, il tombe !", a déclaré Guillaume Soro, accusant le président Alassane Ouattara "d'instrumentaliser la justice pour écarter un candidat sérieux à l'élection présidentielle”.

"Je suis et reste candidat à la présidence de la République. Je vais organiser la résistance comme le général de Gaulle l'a fait depuis Londres.” - AfricaLog avec agence

Mort programmée du Franc CFA

Dec 22, 2019
Mort programmée du Franc CFA

Emmanuel Macron veut dépoussiérer la relation de la France avec l'Afrique. Symbole le plus frappant: l'annonce faite samedi lors de sa visite en Côte d'Ivoire: la fin du «franc des colonies françaises d'Afrique». Cette monnaie est perçue sur le continent comme l'un des derniers vestiges de ce qu'il est de coutume d'appeler la "Françafrique".

La décision a été actée par le président ivoirien Alassane Ouattara. Le président français en a profité pour rappeler sa position sur le colonialisme.

"Trop souvent aujourd'hui la France est perçue avec un regard d'hégémonie où les oripeaux d'un colonialisme qui a été et qui fut une erreur profonde, une faute de la République" a déclaré le chef de l'État français. Le Franc CFA est utilisé aujourd'hui dans treize pays d'Afrique francophone. Huit d'entre eux vont passer à une nouvelle monnaie, l'Éco : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Mais c'est plus qu'un changement de nom. Ces pays ne seront plus obligés de déposer la moitié de leurs réserves auprès de la Banque de France. Par ailleurs, la France ne siègera plus dans les instances de gouvernance de l'Union monétaire ouest-africaine. En revanche, l'Eco restera arrimé à l'euro avec une parité fixe. Devant la pression de Patrice Talon, Alassane Ouattara a suivi.

Restent des incertitudes sur le calendrier du lancement de l'Éco. L'année 2020 est évoquée. Mais beaucoup jugent cette perspective peu réaliste.

Les pays de la Cémac que sont le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad sont entrain de suivre le leadership de l’Afrique de l’Ouest sur la question en pressant le pas pour avoir une nouvelle monnaie commune stable et forte. - AfricaLog avec agence

“Les présidents ne sont pas des rois”

Nov 27, 2019
“Les présidents ne sont pas des rois”

Donald Trump «n’est pas un roi», a lancé une juge fédérale américaine affirmant que les hauts responsables et ex-employés de la Maison Blanche devaient se plier aux convocations du Congrès, dans un jugement qui pourrait peser sur l’enquête en destitution visant le président américain.

La décision de la juge Ketanji Jackson concerne l’ancien avocat de la Maison Blanche Don McGahn, dans une enquête séparée – l’ingérence russe dans l’élection de 2016 – .

Comme pour la procédure de destitution en cours sur des pressions qui auraient été exercées sur l’Ukraine, cette enquête est menée par les démocrates à la Chambre des représentants, qu’ils contrôlent.

Dans les deux affaires – Ukraine et ingérence russe –, Donald Trump a usé de ses prérogatives présidentielles pour empêcher d’anciens collaborateurs ou responsables de la Maison Blanche de coopérer avec les enquêtes parlementaires.  




Mais pour la juge fédérale, «dit simplement, la conclusion fondamentale des dernières 250 années d’Histoire américaine est que les présidents ne sont pas des rois».  

Par conséquent, «il va sans dire que la loi s’applique à l’ancien avocat de la Maison Blanche Don McGahn comme elle s’applique aux autres hauts responsables actuels ou passés de la Maison Blanche», écrit-elle.  

«Personne, pas même le chef de l’éxécutif, n’est au-dessus de la loi», ajoute-t-elle.

Ceux appelés à témoigner devant le Congrès «doivent se présenter en personne» et ne «peuvent pas ignorer ou défier» ces convocations «sur ordre du président ou de tout autre».  

Une fois devant le Congrès, ils sont libres de s’abstenir de témoigner, explique-t-elle toutefois.  

Le ministère de la Justice a de son côté indiqué qu’il comptait faire appel de la décision du juge. - AfricaLog avec agence

L’ex-président bolivien “parti par la fenêtre”

Nov 11, 2019
L’ex-président bolivien “parti par la fenêtre”

L’ex-président bolivien Evo Morales, qui a démissionné dimanche au terme de trois semaines de protestations contre sa réélection, a annoncé qu’un mandat d’arrêt «illégal» avait été émis contre lui.  

«Je dénonce devant le monde et le peuple bolivien qu’un officier de police a annoncé publiquement qu’il a reçu instruction d’exécuter un mandat d’arrêt illégal émis contre ma personne», a écrit l’ancien dirigeant socialiste sur Twitter.

«De la même manière, des groupes violents ont attaqué mon domicile. Les putschistes détruisent l’État de droit », a ajouté Evo Morales, 60 ans, dont on ignorait dimanche soir où il se trouvait.

Le commandant de la police, Vladimir Yuri Calderon, a démenti l’existence d’un tel mandat d’arrêt à la télévision locale Unitel. Seuls sont visés les magistrats du Tribunal suprême électoral (TSE), a-t-il déclaré.  


En début de soirée, la police a arrêté la présidente du TSE, Maria Eugenia Choque, sur ordre du parquet, qui enquête sur des irrégularités commises dans le scrutin d’octobre, ainsi que le vice-président du TSE, Antonio Costas.

Des milliers d’habitants ont déferlé dans les rues du pays pour célébrer cette annonce, agitant le drapeau bolivien entre rires et larmes après la violente vague de contestation au cours de laquelle trois personnes ont été tuées et 383 blessées.

«Cet imbécile (Morales), qui ne sait pas réfléchir, est parti par la fenêtre, quelle bonne nouvelle, on est heureux», confiait Reggina Sojas, commerçante de 61 ans, venue faire la fête sur l’avenue El Prado, principal axe de La Paz.

«Quel moment de gloire pour nous, on est vraiment contents, vive la démocratie», se réjouissait aussi Ricardo Revilla, employé de banque de 37 ans.

«Nous avons donné une leçon au monde, demain la Bolivie sera un nouveau pays», s’est exclamé Luis Fernando Camacho, dirigeant le plus visible et radical de l’opposition, qui s’était rendu plus tôt au siège du gouvernement à La Paz pour y remettre symboliquement une lettre de démission à signer par Evo Morales, ainsi qu’un exemplaire de la Bible. - AfricaLog avec agence

Le Nobel de la paix au premier ministre Ă©thiopien

Oct 12, 2019
Le Nobel de la paix au premier ministre Ă©thiopien

Le Nobel de la paix a récompensé le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan d’une réconciliation spectaculaire avec l’ex-frère ennemi érythréen et père de réformes susceptibles de transformer en profondeur un pays longtemps livré à l’autoritarisme.

Âgé de 43 ans et au pouvoir depuis seulement 18 mois, le plus jeune dirigeant d’Afrique fait face à une inquiétante flambée de violences intercommunautaires dans son pays, où des élections législatives sont censées avoir lieu en mai 2020.

«C’est une excellente nouvelle pour l’Afrique, pour l’Afrique de l’Est, un endroit où la paix est une marchandise très coûteuse», a réagi M. Abiy. «Je suis sûr que cela nous donnera l’énergie nécessaire pour […] réaliser la paix dans notre région».

Le dirigeant éthiopien est récompensé «pour ses efforts en vue d’arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée voisine», a expliqué la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.  



Au pouvoir depuis avril 2018, Abiy Ahmed a initié un rapprochement au pas de charge avec l’Érythrée, ancienne province éthiopienne, et œuvré plus généralement pour la paix dans la Corne de l’Afrique.

À l’issue d’une rencontre historique le 9 juillet 2018 à Asmara, la capitale érythréenne, il a mis fin avec le président érythréen Issaias Afeworki à 20 ans d’état de guerre.

Réouverture d’ambassades et de postes-frontières, rétablissement des liaisons aériennes, multiplication des rencontres: la réconciliation a été menée tambour battant.
Salué comme visionnaire et réformateur, le jeune dirigeant, issu d’une famille pauvre, a ainsi insufflé un certain optimisme dans une région du globe où celui-ci est une denrée rare.
Après le gynécologue congolais Denis Mukwege distingué conjointement avec la Yézidie Nadia Murad l’an dernier, il est le deuxième Africain consécutif à remporter le Nobel de la paix.

Son leadership «a fourni un formidable exemple aux pays d’Afrique et d’ailleurs qui cherchent à surmonter les résistances du passé et à faire passer l’intérêt de la population en premier», a commenté vendredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

«Reconnaissance et encouragement»

Mais l’enthousiasme a vite fait place à la frustration. La frontière entre les deux pays est à nouveau fermée, la signature d’accords commerciaux se fait attendre et l’Éthiopie, pays enclavé, n’a toujours pas accès aux ports érythréens.

Le chemin à parcourir avant une paix ferme et définitive est encore long, estiment les analystes.  

«C’est à la fois une reconnaissance et un encouragement pour ses efforts», a souligné Mme Reiss-Andersen, désamorçant une éventuelle polémique sur le caractère prématuré du Nobel.  

«Il reste assurément plusieurs défis à relever et nous ne pouvons pas être certains que tout sera couronné de succès», a-t-elle déclaré.

Des militants érythréens des droits de la personne ont critiqué le choix du comité qui rend excessivement honneur, selon eux, au régime d’Issaias Afeworki, l’un des plus répressifs au monde.

«Le prix Nobel de la paix a été décerné à un homme qui s’est lié d’amitié et a blanchi le dictateur d’à côté pour les intérêts de sa propre nation tout en prolongeant les souffrances du peuple érythréen», a déploré sur Twitter la militante prodémocratie Vanessa Tsehaye, nièce d’un journaliste emprisonné.

Sur le plan intérieur, M. Abiy a rompu avec l’autoritarisme de ses prédécesseurs, libéré des milliers de prisonniers politiques, créé une commission de réconciliation nationale et levé l’interdiction pesant sur certains partis politiques.

Mais ses efforts se heurtent là aussi à des obstacles. Beaucoup doutent de sa capacité à tenir sa promesse d’organiser des élections «libres, justes et démocratiques» en mai 2020 en raison des violences intercommunautaires qui déchirent le pays et compliquent un recensement, toujours hypothétique.

L’insécurité a déplacé plus de deux millions de personnes en 2018 au plus fort de la crise.

Amnistie internationale a dit espérer que le Nobel encouragerait M. Abiy à «plus de réformes» pour les droits de l’homme.

Dans un communiqué, l’ambassade américaine à Addis Abeba a salué «ses efforts extraordinaires pour rétablir les relations avec l’Érythrée» et «l’ouverture de l’espace politique, le renforcement de la liberté de la presse, la libération de prisonniers politiques et son travail pour transformer l’économie éthiopienne».  

«Les États-Unis restent pleinement engagés à soutenir le peuple et le gouvernement éthiopiens qui construisent leur avenir démocratique et prospère».

Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec quelque 110 millions d’habitants, le plus souvent pauvres, l’Éthiopie languit toujours à la 128e place dans «l’indice de démocratie» 2018 de l’hebdomadaire britannique The Economist.

L’agenda réformateur du premier ministre lui a attiré de solides inimitiés au sein de la vieille garde de l’ancien régime, dont il est pourtant un pur produit. M. Abiy a déjà été victime d’au moins une tentative d’assassinat depuis son arrivée au pouvoir.

Le Nobel, qui consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (environ 1,2 million de dollars canadiens), sera remis à Oslo le 10 décembre. - AfricaLog avec agence

L’ex-président sud-africain sera jugé pour corruption

Oct 12, 2019
L’ex-président sud-africain sera jugé pour corruption

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, contraint de démissionner en 2018 à la suite de scandales, sera jugé pour la première fois pour corruption, après le refus vendredi de la justice sud-africaine d’abandonner les poursuites le visant dans une vieille affaire d’armement impliquant le groupe français Thales.

Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018, est soupçonné d’avoir touché 4 millions de rands (plus de 355 000 dollars canadiens) de pots-de-vin du groupe de défense Thales à la faveur d’un contrat d’armement de près de 4 milliards d’euros (près de 5,8 milliards de dollars canadiens) conclu en 1999.

Au début de cette année, l’ancien président avait demandé l’abandon des poursuites pour corruption, blanchiment d’argent et racket dans ce dossier, s’estimant victime d’une « chasse aux sorcières ». Vendredi, la justice lui a donné tort.

« La demande […] d’abandonner les poursuites a été rejetée », a déclaré le juge Bhekisisa Mnguni de la Haute Cour de Pietermaritzburg (est). « Il s’agit d’une décision unanime », a-t-il précisé.


L’ex-dirigeant, présent au tribunal vendredi, peut cependant encore faire appel de cette décision.

La Haute Cour de Pietermaritzburg a donné raison au parquet qui avait avancé que les arguments de Jacob Zuma étaient «scandaleux» et «problématiques».  

Le ministère public a salué cette décision, ajoutant que «l’affaire serait entendue la semaine prochaine par la Haute Cour de Pietermaritzburg, du 15 au 18 octobre».

Il s’agira, s’il a lieu, du premier procès pour corruption de Jacob Zuma, empêtré dans une série de scandales qui ont provoqué sa chute en février 2018. Lâché par son parti, le Congrès national africain (ANC) de feu Nelson Mandela, il avait été contraint de démissionner.  
Il a été remplacé par le nouveau patron de l’ANC, Cyril Ramaphosa, qui a promis de nettoyer son parti et le pays de la corruption.

Mais le début du procès pourrait être retardé compte tenu des possibilités d’appel. « Ça va encore traîner en longueur », a prévenu un analyste politique, Xolani Dube.

Cette affaire a déjà connu de multiples rebondissements judiciaires. Les accusations lancées contre Jacob Zuma ont été suspendues puis rétablies à plusieurs reprises, au gré des recours et de décisions controversées du parquet général.

L’ancien président, qui se dit ruiné par ses frais judiciaires, n’a pas immédiatement réagi vendredi à la décision du tribunal, qui a aussi rejeté la demande de Thales d’annuler les poursuites visant le groupe français.

Dans un communiqué, Thales indique qu’il a pris « note de la décision de la Haute Cour et étudie actuellement le jugement avec son équipe juridique pour voir les options juridiques possibles».

Le principal parti d’opposition en Afrique du Sud, l’Alliance démocratique (DA), a lui salué le jugement, «encouragé à croire que Zuma finira un jour par avoir à rendre des comptes devant un tribunal».

Selon l’accusation, Jacob Zuma a été rémunéré pour éviter à Thales des poursuites pour corruption, via son ami et conseiller financier Schabir Shaik, condamné pour sa participation à cette affaire à quinze ans de prison dès 2005.

À l’époque des faits, Jacob Zuma était ministre de sa province du KwaZulu-Natal (nord-est), avant de devenir vice-président de l’ANC au pouvoir, puis du pays (1999-2005).
« Avec cette affaire de contrat d’armement, l’ANC est dans un grave bourbier », a estimé vendredi Xolani Dube.

Le dossier remonte à une vingtaine d’années, mais l’ancien président Zuma est également soupçonné de corruption dans d’autres affaires beaucoup plus récentes, du temps de sa présidence.  

Il doit de nouveau être prochainement entendu par une commission anticorruption, censée faire la lumière sur les multiples accusations de corruption au sommet de l’État pendant son règne.

Jeudi, les États-Unis ont annoncé avoir placé sur la liste noire des sanctions trois amis de l’ancien président, les frères Gupta, membres d’une puissante et sulfureuse fratrie d’hommes d’affaires au cœur de ces scandales. - AfricaLog avec agence

L’ex-président français Jacques Chirac est mort

Sep 26, 2019
L’ex-président français Jacques Chirac est mort

C’est «une part de la France qui s’en va» : l’ancien président Jacques Chirac, acteur omniprésent de quatre décennies de la vie politique française et internationale, est mort jeudi 26 septembre à son domicile parisien à l’âge de 86 ans, a annoncé sa famille.

Il s’est éteint «dans la matinée, à son domicile» de la rue de Tournon, «très paisiblement, sans souffrir, et entouré de sa famille», a déclaré son gendre Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac.

Une journée de deuil national en hommage à l’ancien chef de l’État (1995-2007) se tiendra lundi et un service solennel lui sera rendu ce jour-là, à midi, dans l’église Saint-Sulpice à Paris.

L’Élysée a annoncé ouvrir ses portes pour que les Français puissent exprimer leurs condoléances, jeudi à partir de 21h et jusqu’à dimanche inclus. Pour cela, un recueil sera mis à disposition dans le vestibule d’honneur du palais.

Celui qui n’apparaissait plus en public depuis plusieurs années fut deux fois président de la République, deux fois premier ministre, trois fois maire de Paris, fondateur et chef de parti, ainsi que ministre à répétition à partir de l’âge de 34 ans.

Les hommages ont afflué aussitôt après l’annonce du décès de celui qui occupa l’Élysée de 1995 à 2007, apogée d’une vie tout entière consacrée au pouvoir, avant d’affronter la maladie pendant de longues années.

«C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui», a commenté Nicolas Sarkozy, son successeur immédiat à l’Élysée, tandis que François Hollande saluait «un combattant» qui «avait su établir un lien personnel avec les Français».

Le président Emmanuel Macron prononcera à 20h une allocution télévisée en hommage à son prédécesseur. Le chef de l’État a renoncé à se rendre à Rodez, où il devait lancer le débat national sur les retraites.

Le premier ministre Édouard Philippe s’est pour sa part dit «très ému et un peu nostalgique», en évoquant «un homme qui a compté dans la vie du pays».

De l’étranger, la chancelière allemande Angela Merkel a salué «un formidable partenaire et ami», et le président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a considéré qu’«aujourd’hui, l’Europe perd une de ses figures de proue, la France un grand homme d’État et moi un ami fidèle».  

Dans le monde politique français, une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale, ainsi qu’au Sénat, où le décès a été annoncé en séance. La tour Eiffel devait être éteinte à partir de 21h.

La disparition de Jacques Chirac est «une part de la France qui s’en va», a estimé son dernier premier ministre Dominique de Villepin, qui a dit «pleurer» celui à qui il doit «son engagement en politique».

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a salué un président «capable de s’opposer à la folie de la guerre en Irak».
La chanteuse et comédienne Line Renaud a expliqué que «c’est comme si c’était (son) frère» qui disparaissait. L’industriel François Pinault, ami intime du couple Chirac, a fait part de son «infinie tristesse».

Depuis la mi-journée, de nombreux badauds convergent dans la rue de Tournon, qui donne sur le Sénat. Antoine, un jeune voisin de 14 ans de l’ancien président, ne l’a jamais croisé, mais voyait souvent sa fille. «Il avait un jardin personnel où il sortait en chaise roulante pour prendre l’air».

Coincé derrière le cordon de sécurité, Omar Kerkoudi est un inconditionnel. Dans un cadre, il a rassemblé plusieurs photos prises avec «Jacques», comme au salon de l’agriculture. «Je l’avais rencontré en 1965, j’avais tracté pour lui quand il s’était présenté aux municipales. Je l’ai vu pour la dernière fois il y a un an, il était sorti de son domicile», dit-il les yeux embués.

Attaché à l’«unité des Français»

«Paris est en deuil», a assuré Anne Hidalgo, mairesse de la capitale qu’il avait dirigée pendant 18 ans.

La longévité de Jacques Chirac, entre succès brillants et échecs cuisants, a démontré une exceptionnelle capacité de rebond.

Jacques Chirac était parvenu à conquérir l’Élysée - rêve d’une vie pour ce fils unique - en 1995, après deux défaites (1981 et 1988).

Ses mandats élyséens resteront marqués par son «non» à la deuxième guerre d’Irak, par la fin de la conscription militaire, la reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans les crimes nazis, le passage au quinquennat, le cri d’alarme («Notre maison brûle») face à la dégradation de la planète, et une première victoire importante sur la mortalité routière.

Populaire, mais à l’image abîmée

En 2007, affaibli par un accident vasculaire cérébral qui l’a frappé deux ans plus tôt, il doit voir triompher Nicolas Sarkozy, pour lequel il est loin de manifester la ferveur indéfectible de son épouse Bernadette.

«Perte de mémoire», «absences», surdité : Jacques Chirac apparaîtra ensuite de plus en plus rarement en public.

L’ancien premier ministre Édouard Balladur, qui vécut au tournant des années 90 une impitoyable rivalité avec son ancien ami, a ainsi dit «son émotion» pour sa disparition «après tant d’années de souffrance».

La dernière sortie publique de Jacques Chirac remonte à novembre 2014, au Musée du Quai-Branly consacré aux Arts premiers et qui porte son nom. L’ancien président, affaibli mais souriant, était aux côtés de l’un de ses successeurs, François Hollande.  

Particulièrement populaire depuis qu’il avait quitté le pouvoir, Jacques Chirac avait pourtant essuyé de cuisants échecs. En 1988, il avait été sèchement battu par François Mitterrand et son épouse Bernadette s’était désespérée que «les Français n’aiment pas (son) mari».

Neuf ans plus tard, la dissolution qui devait conforter sa majorité à l’Assemblée avait provoqué une humiliante déroute de la droite.

Enfin, c’est sur le terrain judiciaire que l’animal politique s’était abîmé : protégé par l’immunité attachée au mandat présidentiel, il avait été rattrapé par les juges après son retrait de la politique. En 2011, il avait été le premier ancien chef de l’État condamné au pénal, à deux ans d’emprisonnement avec sursis, pour une affaire d’emplois fictifs à la Mairie de Paris.

Il a eu deux filles, Laurence, anorexique depuis sa jeunesse et décédée en avril 2016, et Claude, qui fut sa conseillère en communication et lui a donné son seul petit-fils, Martin, aujourd’hui âgé de 23 ans. - AfricaLog avec agence

Liens Sponsorisés