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Mort de Maradona, le “Ché du football"

Nov 26, 2020
Mort de Maradona, le “Ché du football"

Il y a juste quatre ans, le 25 novembre 2016, mourait Fidel Castro, le père de la révolution cubaine, et Diego Maradona qui est mort ce 25 Novembre 2020 témoignait, en larmes: «On m’a annoncé la mort de celui qui était le plus grand, sans aucun doute. […] Je suis terriblement triste, parce qu’il était pour moi comme un second père.»

Entre «Pelusa» (le duvet, surnom qu’il traînait depuis l’adolescence) et le dirigeant à la barbe légendaire, il y avait en effet une relation très proche, née en 1987, lors de la première visite du champion du monde à Cuba. Fidel Castro, féru de sport, même si le football est marginal sur l’île où le baseball est tout-puissant, ne pouvait laisser passer l’occasion: il reçut Maradona au Palais de la Révolution et les images firent le tour du monde.

En 2000, le footballeur retourne à Cuba pour traiter sa dépendance à la cocaïne. Lui qui portait depuis les années 90 l’effigie de son compatriote Che Guevara, né comme lui à Rosario, en Argentine, tatouée sur le biceps droit, se fait graver sur le mollet gauche le visage et la signature de Fidel Castro. Les rencontres entre les deux hommes se poursuivent, à l’occasion d’autres traitements médicaux, comme le pontage gastrique qui fait perdre 40 kilos au footballeur. Mais aussi simplement pour le plaisir de se revoir. «Ce qu’il a fait pour moi est indescriptible. Avec Dieu, il est la raison pour laquelle je suis encore en vie», s’extasiait Maradona. Et quand les deux hommes ne se voyaient pas, ils s’écrivaient de longues lettres.

En 2005, Maradona enregistrait une longue conversation avec Fidel, qu’il diffusera dans son émission télévisée La Noche del 10 (la nuit du 10). Trois ans plus tard, quand Castro, malade, abdique en faveur de son frère Raul, Diego Armando est l’un des premiers à rendre visite au patriarche en survêtement.  

Au-delà de son respect filial pour le père de la révolution cubaine, Diego Armando Maradona apportera son soutien au camp progressiste latino-américain, des époux Kirchner, Nestor et Cristina, péronistes de gauche qui gouvernent l’Argentine, l’un après l’autre, de 2003 à 2015, à Hugo Chavez à qui il rend visite en 2005. A chaque fois, celui que Fidel Castro avait rebaptisé «le Ché du football» tenait un discours anti-impérialiste et antiyankee, peu courant dans le monde mercantile du ballon rond de haut niveau. De ce point-là aussi, Maradona fut un être à part. - AfricaLog avec agence

La “Macromanie” en Afrique

Nov 21, 2020
La “Macromanie” en Afrique

Dans un entretien publié vendredi, le président Emmanuel Macron de la France reproche à son homologue guinéen, Alpha Condé, d'avoir fait réformer la Constitution dans le seul but de se maintenir au pouvoir et felicite Alassane Ouattara qui a fait réformer la Constitution pour se maintenir au pouvoir en Côte d’Ivoire. C’est de la “Macromanie” pure et simple, des foutaises d’un enfant qui dirige la France. S’insurge un intellectuel africain.

Il passe Ă©galement en revue d'autres dossiers africains,
trois ans après avoir dessiné à Ouagadougou sa politique africaine, le président français Emmanuel Macron a accordé un long entretien à Jeune Afrique, dans lequel il dresse le bilan de son action et réagit notamment aux récentes réélections de deux présidents africains, le Guinéen Alpha Condé et l'Ivoirien Alassane Ouattara.

"Je pense que la situation est grave en Guinée pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour son avancée", déclare le chef de l'État, en regrettant qu'Alpha Condé ait "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir". Âgé de 82 ans, il a été réélu au premier tour le 18 octobre avec 59,50 % des suffrages, mais l'opposition a dénoncé des irrégularités de toutes sortes après une campagne troublée.
"Le président Condé a une carrière d'opposant qui aurait justifié qu'il organise de lui-même une bonne alternance. Et d'évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C'est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations", assène Emmanuel Macron.

Et le président d'ajouter : "J'ai eu plusieurs fois des discussions avec le président Alpha Condé – des discussions très franches, y compris le 15 août 2019, quand il était en France.”

Interrogé sur cette présidentielle et celle de Côte d'Ivoire, également controversée, Emmanuel Macron souligne que "la France n'a pas à donner de leçons". "Notre rôle, c'est d'en appeler à l'intérêt et à la force qu'a le modèle démocratique dans un continent de plus en plus jeune", explique-t-il.

Le président français déclare "penser vraiment" qu'Alassane Ouattara, 78 ans, "s'est présenté par devoir" à la présidentielle du 31 octobre alors qu'il ne le "voulait pas". Pour rappel, la crise électorale a fait 85 morts en trois mois.

"Il appartiendra au président Ouattara de définir les termes d'une vie politique pacifiée. Il devra sans doute faire des gestes d'ouverture dans la composition du prochain gouvernement, ainsi qu'à l'égard des jeunes générations des partis politiques", estime Emmanuel Macron. "Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 35 ans, il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans", selon lui.

Le chef de l'État estime par ailleurs que l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui a appelé à "œuvrer" au départ d'Alassane Ouattara, "n'a pas à créer le désordre". "Je crois qu'il n'est plus en France pour en parler. Nous ne souhaitons pas qu'il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français", ajoute-t-il.

Pendant l'entrevue qui a duré plus d'une heure, le président aborde la lutte anti-terroriste dans le Sahel, la première année au pouvoir de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, qu'il juge "courageux" au vu du projet de transformation lancé en Algérie, le conflit au Sahara occidental, ses relations avec le président du Rwanda, Paul Kagame, qu'il salue pour avoir "beaucoup pacifié le discours politique rwandais à l'égard de la France ces dernières années", ou la question de la colonisation en Afrique. - AfricaLog avec agence

“Un monument, pilier du panafricanisme s'est éteint”

Nov 14, 2020
“Un monument, pilier du panafricanisme s'est éteint”

Il a dirigé le Ghana pendant près de vingt ans, et était devenu l'une des figures les plus charismatiques de l'Afrique contemporaine. À 73 ans, l'ancien président Jerry John Rawlings est décédé, a annoncé la présidence ghanéenne.

"Un monument s'est éteint, c'est une immense perte pour le Ghana", a déclaré le président Nana Akufo-Addo dans un communiqué, jeudi 12 novembre. À 73 ans, l'ancien président Jerry John Rawlings est décédé dans un hôpital de la capitale Accra "à la suite d'une courte maladie".

Après un premier coup d'État en 1979, Jerry Rawlings - carrure de rugbyman et regard perçant -, avait réussi à prendre les rênes du pays lors d'un second coup de force en 1981. Il a quitté le pouvoir en 2000 après avoir été élu à deux reprises.

Les drapeaux seront mis en berne dans tout le pays, pour un deuil national qui débutera vendredi et durera sept jours. La campagne pour l'élection présidentielle qui doit se tenir en décembre est également suspendue, a précisé le chef de l’État.

"Un pilier du panafricanisme"
"J'annonce la suspension de notre campagne politique (...) après la nouvelle de la mort du fondateur de notre parti et ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings" a également affirmé John Mahama, principal candidat de l'opposition du National Democratic Congress (NDC) à cette élection. "Que son âme repose en paix", a ajouté celui qui a également été ancien président du Ghana.

"L'Afrique a perdu un pilier du panafricanisme et un charismatique homme d'État", a réagi sur Twitter le président de la commission de l'Union Africaine Moussa Faki Mahamat. "Je présente mes sincères condoléances à sa famille, au peuple et au gouvernement du Ghana", a-t-il écrit.

Né le 22 juin 1947 à Accra d'un père écossais et d'une mère ghanéenne, il entre en 1967 à l'académie militaire, qu'il quitte un an plus tard pour entrer dans l'armée de l'air, où il excelle comme pilote.

Il a d'abord été connu pour son image de jeune "révolutionnaire intègre", s'emparant du pouvoir à deux reprises à 32 puis 34 ans, alliant un physique à la Che Guevara à un discours national-populiste et une filiation politique “progressiste".

À partir de 1981, il devient chef du "Conseil national provisoire de défense" pendant onze ans et dirige un régime qui ne s'embarrasse pas des droits de l’Homme, exécutant les corrompus, avant de devoir céder au début des années 1990 à la vague du multipartisme.

"Facile de prendre le pouvoir"          
Mais jouissant d'une réelle aura, il est élu fin 1992 président de la IVe République du Ghana, avec plus de 58 % des suffrages à l'issue d'un scrutin démocratique, terni par des accusations de fraudes. Il est réélu en 1996 dès le premier tour, dans une élection considérée comme transparente.

Après 19 ans et sept mois au pouvoir, il tire sa révérence en 2000 avec l'élection de John Kufuor, candidat du parti d'opposition à l'époque, à la tête de l'ancienne colonie britannique.

"C'est assez facile de prendre le pouvoir, ce n'est pas très compliqué de le garder, le plus difficile c'est de le quitter", avait-il déclaré en 2007.

Sur le plan économique, Rawlings le "révolutionnaire" avait pris conscience, dès son arrivée au pouvoir, que pour relancer son pays, les "capitalistes" occidentaux lui offraient plus de garanties que les "socialistes" de l'est vers lesquels penchaient initialement ses sympathies.

Candidature de son Ă©pouse
En 1982, le Ghana est ainsi le premier pays d'Afrique à mettre en œuvre un plan d'ajustement structurel. Mais à la fin de son mandat, la situation s'est fortement dégradée, et la crise monétaire et sociale contribue à l'élection, en 2000, à la tête du pays, du candidat de l'opposition John Kufuor.  
En 2011, son épouse Nana Konadu Rawlings a tenté, sans succès, d'être candidate du NDC pour la présidentielle cette année-là.
Cette campagne a alimenté les spéculations autour d'une possible volonté de M. Rawlings de retrouver une influence politique dans le pays et au sein de son parti que l'on disait alors décroissante.
Cependant, il a toujours joui d'un immense respect au sein du NDC en dépit des relations glaciales qu'il entretenait avec John Mahama, qui fut président du Ghana de 2012 à 2017 et actuel candidat à la présidentielle de décembre. - AfricaLog avec agence

Joe Biden élu 46e président américain

Nov 07, 2020
Joe Biden élu 46e président américain

Le candidat démocrate deviendra le 20 janvier prochain le 46e président américain. Donald Trump, qui refuse sa défaite, assure que l'élection est «loin d’être terminée».

Sa troisième candidature aura donc été la bonne. Au bout de quatre jours de suspense insoutenable dans un pays sous haute tension, Joe Biden a été élu samedi président des Etats-Unis. Un dénouement aussitôt rejeté par la campagne de Donald Trump, qui assure de son côté que «l’élection est loin d’être terminée». 

Juste avant 11h30 heure de Washington, la plupart des grands médias américains (dont l’agence Associated Press et les chaînes CNN et NBC, rejointes quelques minutes plus tard par Fox News) ont annoncé l’élection de Joe Biden, qui a franchi la barre des 270 grands électeurs nécessaires grâce à sa victoire en Pennsylvanie.

Joe Biden, 78 ans à la fin du mois, deviendra le 20 janvier prochain le 46e président - et le plus âgé - de l’histoire des Etats-Unis. Sa colistière Kamala Harris, sénatrice de Californie, deviendra quant à elle la première femme, et la première Afro-américaine, à accéder à la vice-présidence. Quant à Donald Trump, même s’il refuse pour l’heure de reconnaître sa défaite, il devient le premier locataire de la Maison Blanche à échouer dans la quête d’un second mandat depuis George H. W. Bush en 1992.

«Je suis honoré et touché par la confiance que le peuple américain a placée en moi et en la vice-présidente élue Kamala Harris. Confrontés à des obstacles sans précédent, un nombre record d’Américains ont voté. Prouvant, une fois encore, que la démocratie bat intensément dans le cœur de l’Amérique», a déclaré Joe Biden dans un communiqué publié quelques minutes après l’annonce de sa victoire. L’ancien vice-président de Barack Obama devrait s’adresser à la nation samedi soir depuis son fief du Delaware.

Après plusieurs jours d’interminable dépouillement dans une poignée d’Etats clés, suivis en direct jour et nuit par des millions d’Américains, c’est la Pennsylvanie, terre natale de Biden, qui lui a finalement offert la victoire. En remportant le Keystone State, ainsi que le Michigan et le Wisconsin, il reconstitue entièrement le «mur bleu» qui avait fait défaut à Hillary Clinton face à Donald Trump en 2016. Plusieurs Etats demeurent indécis, dont la Géorgie et l’Arizona, deux bastions conservateurs où Joe Biden est légèrement en tête.

La victoire de Joe Biden, épilogue d’une campagne véhémente et bouleversée par l’épidémie de coronavirus qui constituera son premier défi, constitue une répudiation incontestable, par une majorité d’Américains, de Donald Trump et de sa présidence aussi chaotique que clivante. Avec près de 74,5 millions de votes, un nombre qui va encore augmenter au fur et à mesure que les derniers États terminent leur dépouillement, Joe Biden est le candidat ayant rassemblé le plus de suffrages dans l’histoire des élections américaines.

Mais dans ce classement, l’homme qui arrive en seconde position n’est autre que Donald Trump. Avec plus de 70 millions de suffrages (contre près de 63 millions en 2016), l’ancien magnat de l’immobilier a prouvé qu’il était capable d’élargir sa base, et que son style et sa plateforme politique demeuraient une force d’attraction puissante dans le pays. - AfricaLog avec agence

Joe Biden se rapproche de la Maison Blanche

Nov 04, 2020
Joe Biden se rapproche de la Maison Blanche

Le candidat démocrate Joe Biden était mercredi aux portes de la Maison Blanche après des victoires précieuses dans deux États-clés face à Donald Trump, qui s’est engagé de son côté dans une véritable guérilla judiciaire.

Avec le Wisconsin et le Michigan en poche, deuxième et troisième États repris à Donald Trump avec l’Arizona, Joe Biden dispose désormais de 264 grands électeurs. S’il remportait le Nevada (6), il atteindrait le nombre magique de 270 pour devenir le 46e  président des États-Unis.
Plusieurs autres États-clés étaient par ailleurs toujours indécis. En Pennsylvanie (20 grands électeurs), Donald Trump avait mercredi plus de 220 000 voix d’avance au total, mais son avance pourrait fondre après la prise en compte de bulletins envoyés par courrier. Ceux déjà comptés étaient à majorité pour Joe Biden.

Pour la première fois depuis 2000, les Américains ne connaissaient pas le nom de leur prochain président (qui prêtera serment le 20 janvier 2021) au lendemain du scrutin.  

«Je suis venu vous dire que, quand le dépouillement sera terminé, nous pensons que nous allons gagner», a déclaré Joe Biden lors d’une brève allocution dans son fief de Wilmington, dans le Delaware.   

Une fois le résultat connu, il sera temps «de mettre les discours agressifs de la campagne derrière nous», a-t-il poursuivi, se posant en rassembleur d’un pays meurtri. «Pour avancer, nous devons arrêter de traiter nos opposants comme des ennemis.»

L’équipe de campagne de Donald Trump a annoncé une première offensive judiciaire, dans le Wisconsin, remporté par Joe Biden avec un écart de moins de 1 % selon des résultats quasi complets, selon plusieurs médias américains.  

Les républicains veulent demander un recomptage des suffrages et ont demandé à un juge local de réexaminer les bulletins déjà comptés.

Ils ont également déposé un recours pour obtenir la suspension du dépouillement dans l’État-clé de Pennsylvanie, à l’issue toujours incertaine. «Nous agissons en justice pour suspendre le dépouillement en attendant plus de transparence», a indiqué Bill Stepien, le directeur de campagne de M. Trump.

Le président lui-même avait menacé dans la nuit de mardi à mercredi, dans une allocution confuse, de saisir la Cour suprême, tout en restant évasif sur les motifs.

Le système électoral américain est par ailleurs fragilisé par une persistante campagne de désinformation. Ses lieutenants commençaient à répandre des rumeurs sur les réseaux sociaux et les ondes sur des tricheries et des irrégularités.
L’Organisation sur la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a critiqué mercredi les «allégations infondées» du président américain sur l’élection.

«Notre démocratie est mise à l’épreuve dans cette élection», a déclaré de son côté le gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf, appelant à la patience.
Au terme d’une longue campagne d’une virulence exceptionnelle, perturbée par la pandémie, les résultats partiels montrent que Donald Trump n’a pas subi la répudiation électorale que les sondages présageaient, prouvant que même s’il était battu, sa base d’électeurs lui reste largement fidèle.  

Le milliardaire a dénoncé un ratage d’ampleur «historique» chez les sondeurs.
«Hier soir j’avais une bonne avance, dans de nombreux États-clés», a tweeté Donald Trump mercredi matin. «Puis, un par un, ils ont commencé à disparaître magiquement avec l’apparition et le comptage de bulletins surprise.»

Il n’y a pas de bulletins surprise démontrés, mais des bulletins envoyés par courrier et traités lentement par les autorités. Ils viennent majoritairement d’électeurs démocrates, ce qui explique qu’ils aient fait fondre l’avance initiale du président, dont les électeurs ont privilégié le vote en personne mardi.

«Nous ne nous accorderons aucun répit jusqu’à ce que chaque bulletin de vote soit compté», a tweeté l’ancien vice-président de Barack Obama. - AfricaLog avec agence

Washington se barricade par crainte de manifestations

Nov 01, 2020
Washington se barricade par crainte de manifestations

Des bruits de marteau, de perceuse et de scie sauteuse, voilà la bande-son de la capitale américaine à quelques jours de l’élection présidentielle. 

En fin de semaine, une quantité impressionnante de magasins du centre-ville de Washington faisaient protéger leurs vitrines de planches de bois, par crainte de manifestations qui dégénèreraient le jour du scrutin ou les suivants.

Des équipes d’ouvriers se relayaient à tous les coins de rue autour des immeubles de bureaux de «Downtown D. C.», signe de la nervosité qui règne dans tout le pays à l’approche de l’élection. 

En cas de course serrée et de résultats retardés, certains craignent des scénarios catastrophes, dans lesquels des partisans des deux candidats sortiraient dans la rue pour réclamer l’abandon de l’adversaire, voire prendraient les armes.  

Et le président Donald Trump n’a pas rassuré en refusant à plusieurs reprises de dire clairement s’il céderait pacifiquement le pouvoir en cas de défaite le 3 novembre.   

Chef de chantier pour une entreprise du Maryland qui emploie une soixantaine de personnes, Sean Anger affirme s’être occupé de barricader pas moins de 20 immeubles dans les derniers jours. Une prestation qui coûte quelques milliers de dollars.

«Nous avons fait celui-là au moment des émeutes il y a quelques mois », se souvient-il, à quelques pas de ses collègues clouant de grands panneaux découpés sur place.

Ces rues calfeutrées ont en effet un triste goût de déjà-vu pour les habitants de Washington: les mêmes protections avaient été installées au printemps au moment de grandes manifestations antiracistes, dont certaines avaient été émaillées de violences et abouti à des pillages. Beaucoup avaient été retirées il y a quelques semaines seulement.

«On a eu une vitre cassée la première nuit des manifestations. Il y avait des dégâts dans toute la rue», se rappelle Kosta Abatzis, propriétaire d’un magasin de vêtements pour hommes situé à une rue de la Maison Blanche.  

«Je déteste voir ça», dit-il devant les grandes plaques marron, « mais c’est mieux que d’avoir à passer par toute la procédure de remplacement » d’une vitre par l’assurance. 
 
«On a gardé les planches pendant deux mois» au printemps, se plaint également Alexandre Provenzano, propriétaire d’un salon de coiffure tout proche. «Et là je vais avoir celles-ci jusqu’au mois de janvier pour l’inauguration [du président], je vais passer les fêtes comme ça».

«C’est très difficile de travailler dans ces conditions, on ne voit même pas le nom de mon salon », se désole-t-il. Malgré tout, «mieux vaut prévenir que guérir.»

La police de la capitale a annoncé la fermeture de rues sur un large périmètre autour de la Maison Blanche les 3 et 4 novembre.  

«Nous savons que certaines personnes souhaiteraient semer le chaos et la confusion», a déclaré la mairesse de Washington, Muriel Bowser, lors d’une conférence de presse jeudi. «Nous n’avons pas d’informations spécifiques sur le sujet, mais nous sommes prêts à assurer la sécurité de la ville».  

Plusieurs organisations ont d’ores et déjà prévu des rassemblements. L’une d’elles, Shutdown DC, a déposé un permis pour accueillir jusqu’à 10 000 personnes sur la Black Lives Matter Plaza, devant la Maison Blanche, le soir du 3 novembre. Musique et prises de parole sont prévues, avec un grand écran diffusant les résultats.  

Mais l’organisation a aussi mis en place des entraînements pour ses membres en prévision de possibles heurts : interactions avec la police et les autres groupes de manifestants, techniques de désescalade…

«On se prépare depuis longtemps», explique Hope Neyer, en charge de la presse pour Shutdown DC. «Malheureusement, nous sommes prêts à prendre des risques, car nous savons l’importance de ce moment.» - AfricaLog avec agence

Appel à une "transition civile” en Côte d’Ivoire

Nov 01, 2020
Appel à une "transition civile” en Côte d’Ivoire

Les Ivoiriens ont voté lors d'une élection présidentielle marquée par des incidents, notamment dans certains fiefs de l'opposition. Le taux de participation et les résultats du scrutin doivent être annoncés avant mardi. Sans attendre, l’opposition demande la mise en place d'une "transition civile" estimant que le mandat du président sortant Alassane Outtara est achevé.

Pour l’opposition, il n’y a pas eu d’élection, samedi 31 octobre, en Côte d’Ivoire. Ce dimanche, Pascal Affi N’Guessan, porte-parole de l’opposition est allé plus loin. Lors d’un point presse, le candidat du FPI affirme qu’il y a eu des dizaines de morts lors de la journée électorale de samedi, que l'opposition ne reconnait plus l'autorité d’Alassane Ouattara et appelle à la mise en place d'une "transition civile”.

"Les partis et groupements politiques de l'opposition constatent la fin du mandat" du président Ouattara et "appellent à l'ouverture d'une transition civile afin de créer les conditions d'une élection présidentielle juste, transparente et inclusive", a affirmé l'ancien Premier ministre.

Du côté du parti présidentiel on s’est réjoui samedi du bon déroulement de la journée électorale. "Nous avons notre première victoire. L’élection présidentielle s’est tenue", a affirmé Adama Bictogo, un cadre du RHDP. - AfricaLog avec agence

Ouattara seul aux urnes

Oct 31, 2020
Ouattara seul aux urnes

Les bureaux de vote ont ouvert ce 31 octobre en Côte d'Ivoire où le président sortant Alassane Ouattara sollicite un troisième mandat en dépit d'une controverse constitutionnelle qui a incité certains opposants à appeler au boycott du scrutin.

Les rues d'Abidjan, la capitale économique du pays, étaient calmes dans la matinée, offrant un contraste avec l'agitation parfois violente qui s'est emparée de la ville ces dernières semaines.

Alassane Ouattara a voté à Cocody, dans le nord d'Abidjan, en compagnie de son épouse et a appelé l'ensemble du corps électoral à en faire autant.

"En dehors de quelques lieux isolés, une douzaine environ, le scrutin se déroule bien", a-t-il déclaré à la prese.

Plusieurs journalistes ont constaté que les opérations de vote se déroulaient sans accroc à Abidjan même si des incidents ont été signalés dans le quartier du Blokosso où une vingtaine de jeunes gens ont bloqué l'entrée d'un bureau de vote avant d'être chassés par la police.
Les électeurs ivoiriens se retrouvent confrontés à un choix familier. Après avoir d'abord déclaré en mars qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, le président sortant Alassane Ouattara a finalement décidé de se représenter après la mort soudaine de son successeur désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, en juillet dernier.

Le chef de l'Etat estime que la nouvelle Constitution adoptée en 2016 l'autorise à se porter candidat pour un troisième mandat, ce que ses opposants contestent.
Sa décision a déclenché de violentes actions de protestation qui ont fait une trentaine de morts entre partisans de camps opposés.
Les deux principaux adversaires du président sortant qui ont boycotté ce scrutin sont l'ancien président Henri Konan Bédié, chef de l'Etat de 1993 à 1999 avant d'être renversé par un coup d'Etat, et l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, chef du gouvernement sous la présidence de Laurent Gbagbo. - AfricaLog avec agence

Buhari intransigeant face au soulèvement populaire

Oct 24, 2020
Buhari intransigeant face au soulèvement populaire

Déception et stupéfaction se sont exprimées jeudi après le discours du président nigérian Muhammadu Buhari, qui s’est montré intransigeant face au soulèvement populaire dans le sud du Nigeria et n’a pas mentionné la répression sanglante qui a ému le monde entier.

Le chef de l’État a parlé à la télévision 48 heures après la répression menée mardi contre des milliers de manifestants pacifiques à Lagos par des militaires et la police, qui a fait au moins 12 morts selon l’ONG Amnistie internationale.
Cette répression et la mise en place d’un couvre-feu à Lagos mardi ont été suivies par deux jours d’émeutes et de pillages à Lagos, la capitale économique du Nigeria.

Dans son discours, le président a prévenu les manifestants qu’il n’autoriserait « personne ni aucun groupe à mettre en péril la paix et la sécurité nationale ».  


«Résistez à la tentation d’être utilisés par des éléments subversifs pour causer le chaos et tuer notre jeune démocratie», a lancé à la jeunesse M. Buhari, ancien général putschiste dans les années 1980 puis démocratiquement élu en 2015.  
Après l’allocution, les réactions des célébrités nigérianes engagées aux côtés des manifestants oscillaient entre la sidération et la déception.
«Quelqu’un a remarqué que le président ne pouvait même pas reconnaître les vies perdues et les personnes blessées à cause de la gâchette de policiers ?», a déclaré sur Twitter l’actrice nigériane Kemi Lala Akindoju.  
«Au lieu de cela, il a célébré les braves policiers qui ont perdu la vie. Rien sur les fusillades», a-t-elle ajouté.

C’était la première fois que le président s’exprimait depuis la répression des manifestations, dont il n’a fait aucune mention directe.  

Le chanteur Davido, écouté dans le monde entier, a tweeté juste après le discours le mot «Wahala», qui signifie en argot nigérian la souffrance ou la peine.  
«Aucune empathie, aucune capacité à rassembler le peuple, ou même à montrer que vous comprenez ce qui se passe. Vous ne nous avez rien donné», a écrit sur Twitter Feyikemi Abudu, l’une des figures de la contestation.  

Ce mouvement a commencé début octobre pour protester contre les violences policières, les manifestants demandaient notamment la fin d’une unité de police accusée de racketter la population, d’arrestations illégales, de torture et même de meurtre.  

Le 12 octobre, le président avait annoncé la dissolution de cette brigade et promis de réformer la police. 
 
Jeudi soir, M. Buhari a affirmé avoir «montré des signes de faiblesse en acceptant les cinq demandes faites par les manifestants» pour réformer la police.
Rapidement, le mouvement s’est mué en un soulèvement contre le pouvoir. Depuis deux semaines, au moins 56 personnes sont mortes dans ces manifestations, selon Amnistie internationale.
Le discours de M. Buhari était très attendu par les 200 millions de Nigérians, mais aussi au-delà des frontières du pays.  

Des vidéos de manifestants agitant des drapeaux et chantant l’hymne national face à des militaires qui tiraient au-dessus d’eux ont été relayées dans le monde, provoquant l’indignation.  

Les États-Unis, l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU ont condamné les violences et ont demandé que leurs responsables soient traduits en justice.  Jeudi soir, le président les a remerciés, les invitant cependant «à attendre d’avoir tous les éléments entre les mains avant de juger».
La déception était grande jeudi aussi parce que de nombreux Nigérians attendaient du discours du président que les responsables de la répression soient désignés.
L’armée et la police, pourtant mises en cause, ont nié être impliquées. 
 
Après ce «mardi sanglant», comme l’ont appelé les Nigérians indignés, Lagos a plongé dans le chaos, des supermarchés ont été pillés, des coups de feu ont été tirés, et deux prisons ont été attaquées avant que les forces de l’ordre n’en reprennent le contrôle.

Un entrepôt où étaient stockés des milliers de sacs de vivres destinés à être distribués aux ménages pauvres affectés par la pandémie du coronavirus a aussi été pillé jeudi.

Sur des vidéos, on pouvait voir des centaines d’hommes et de femmes transportant des sacs blancs estampés du sigle «Covid».  

Le Nigeria, première puissance économique du continent africain grâce à son pétrole, est aussi le pays au monde qui compte le plus grand nombre de personnes vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté.

À Lekki, le quartier de Lagos où l’armée avait tiré sur les manifestants, les soldats avaient repris le contrôle des rues jeudi. La situation était calme autour d’un grand centre commercial totalement détruit. 
 
«Maintenant ils savent de quoi nous sommes capables», a dit l’un des jeunes, toujours présent sur les lieux et toujours en colère. «On ne croira plus à leurs conneries désormais», a-t-il lancé, la voix éraillée. «Nous avons juste faim, nous sommes fatigués». - AfricaLog avec agence  

RĂ©pression sanglante Ă  Lagos, 12 morts

Oct 21, 2020
RĂ©pression sanglante Ă  Lagos, 12 morts

Incendies, heurts, coups de feu sporadiques  la situation restait extrêmement tendue à Lagos, au lendemain de la répression de manifestations pacifiques qui ont fait 12 morts selon Amnistie et suscité la réprobation internationale.

Dix personnes sont mortes au péage de Lekki, dans le sud de Lagos, où l’armée a ouvert le feu sur des milliers de manifestants aux alentours de 19 h mardi, selon l’ONG de défense des droits humains.

À Alausa, un quartier du centre de Lagos où un autre rassemblement pacifique avait été organisé, au moins deux manifestants ont été tués, et un autre gravement blessé, par des tirs des forces de l’ordre, ajoute l’organisation.

Le péage de Lekki était l’épicentre de la contestation populaire qui secoue depuis près de deux semaines le Nigeria, première puissance économique de l’Afrique, et pays le plus peuplé du continent. Des milliers de jeunes manifestent contre les violences policières et le pouvoir en place accusé de mauvaise gouvernance.

À ce jour, au moins 30 personnes, dont deux policiers, sont décédées dans ces manifestations.

À Lagos, un couvre-feu avait été imposé mardi à partir de 16 heures, mais des milliers de manifestants avaient décidé de le braver. Notamment à Lekki, où les rassemblements ont cependant toujours été pacifiques.  

«On n’avait pas d’armes, on n’avait même pas de bâton, tout ce qu’on brandissait c’était des drapeaux du Nigeria», a raconté un survivant de la fusillade de Lekki, Larry Matthew. «Tout d’un coup, ils ont enlevé les caméras, éteint les lumières et commencé à tirer. C’était terrible».

«Les soldats avaient clairement une intention, tuer sans se soucier des conséquences», accuse Osai Ojigho, directeur de Amnistie internationale au Nigeria. «Ceux tués ou blessés lors de ces deux rassemblements ont été emmenés par les militaires», affirme l’ONG.

L’Union européenne et l’ONU ont condamné les violences, l’UE jugeant «crucial que les responsables de ces abus soient traduits en justice», l’ONU appelant à «la fin des brutalités et des abus policiers au Nigeria».

Se déclarant «extrêmement préoccupé», le Royaume-Uni a aussi appelé à «mettre fin à la violence» et demandé une enquête.

«Il semble assez clair que les forces nigérianes ont eu un recours excessif à la force, tirant et tuant à balles réelles», a déclaré la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet.

«Si les informations faisant état de la mise hors service de l’éclairage et des caméras de surveillance avant la fusillade devaient être confirmées, cela pourrait suggérer que cette attaque lancée contre des manifestants pacifiques était préméditée, planifiée et coordonnée», a-t-elle ajouté.

La Communauté économique des États ouest-africains (Cédéao) a appelé de son côté le gouvernement du Nigeria «à entamer sans tarder un dialogue afin de trouver rapidement une issue pacifique».

Le chef de l’État ghanéen Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Cédéao, a annoncé dans un communiqué s’être entretenu avec son homologue nigérian, qui selon lui «a lancé le processus qui mènera aux réformes».

Après avoir assuré que l’attaque de Lekki n’avait fait aucun mort, le gouverneur de l’État de Lagos a évoqué le décès à l’hôpital d’une personne «en raison d’un trauma à la tête», tout en disant ne pas savoir s’il s’agissait d’un manifestant. Selon lui, il y a eu en outre 25 contestataires blessés. 
 
L’armée nigériane a elle nié être à l’origine de cette fusillade, dénonçant des «fake news».
Mercredi la tentaculaire Lagos s’était vidée de ses 20 millions d’habitants, priés de rester chez eux alors qu’un couvre-feu total a été imposé.
Mais dans certains quartiers, des violences ont éclaté entre forces de l’ordre et jeunes qui refusaient de respecter ce couvre-feu.

Plusieurs coups de feu ont été tirés à différents endroits de la ville, selon des témoins, certains affirmant que des manifestants ont été abattus.
Un jeune homme de 24 ans est décédé dans une ambulance qui le transportait à l’hôpital, bloquée par les forces de l’ordre à cause d’affrontements, ont affirmé sur Twitter deux figures de la contestation qui coordonnent l’envoi de secours aux manifestants, Moe Odele et Feyikemi Abudu.  

Le siège d’une station de télévision, connue pour ses liens avec un éminent politicien du parti au pouvoir, a aussi été incendié, ainsi qu’une importante station de bus et de nombreux autres bâtiments privés et publics.  

Dans un communiqué mercredi matin, le président Muhammadu Buhari s’est borné à rappeler son engagement «à reformer la police», appelant de nouveau «au calme», sans un mot sur l’attaque de Lekki.

De nombreuses voix s’élèvent au Nigeria pour réclamer sa démission: «M. Buhari vous êtes un échec ! Vieux et incompétent ! […] Démissionnez », a tweeté la star de la musique nigériane Wizkid.

Sur les réseaux sociaux, la mobilisation est «d’une ampleur considérable pour dénoncer la violence de la répression policière avec plus de 4 millions de tweets ces dernières 24 heures pour condamner le #LekkiMassacre», selon l’organisme panafricain d’analyse des réseaux sociaux Afriques Connectées.  

Plusieurs rassemblements ont été organisés pour rendre hommage aux victimes: à Pretoria en Afrique du Sud, à Accra au Ghana ou encore à Londres, où vit une importante communauté nigériane.  

De nombreuses personnalités internationales ont également apporté leur soutien à la jeunesse nigériane, comme le candidat à la présidentielle américaine Joe Biden, ou les superstars Rihanna et Beyoncé. - AfricaLog avec agence   

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