www.africalog.com newsletter

DĂ©mission fracassante du Premier ministre ivoirien

Jul 13, 2020
DĂ©mission fracassante du Premier ministre ivoirien

En poste depuis 2017, Daniel Kablan Duncan a déposé sa démission ce lundi 13 juillet sur le bureau du président Alassane Ouattara.

Cette annonce surprise a fait l'effet d'une bombe : le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, 77 ans, a démissionné de son poste alors que le pays est en deuil après le décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly le 8 juillet. La nouvelle a été officiellement confirmée par Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence.

«Le vice-président Daniel Kablan Duncan a remis au président de la République sa démission […] pour des raisons de convenance personnelle le 27 février […] . Après plusieurs entretiens, dont le dernier a eu le 7 juillet, le président Alassane Ouattara a pris acte et procédé le 8 juillet à la signature d'un décret mettant fin aux fonctions de M. Kablan Duncan», affirme un communiqué lu par Patrick Achi. «Le président de la République voudrait rendre hommage à un grand serviteur de l'État, un homme de pouvoir et d'engagement», poursuit le texte.

Si les rumeurs de démission de Daniel Kablan Duncan circulaient depuis plusieurs jours, elle reste une surprise.

Un contexte bien particulier
Jusqu'à récemment, Daniel Kablan Duncan était considéré comme un proche du président Ouattara même s'il appartenait au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), formation ancienne alliée de Ouattara passée dans l'opposition en 2018.

Originaire du centre-est de la Côte d'Ivoire, Daniel Kablan Duncan a toujours été un poids lourd du pouvoir, occupant successivement les postes de ministre des Affaires étrangères (2011-2012) puis de Premier ministre avec le portefeuille de l'Économie et des Finances de 2012 à 2017 avant de devenir le premier vice-président de l'histoire de Côte d'Ivoire en janvier 2017, poste créé avec la nouvelle Constitution de 2016.

Sa démission survient alors que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est décédé brusquement d'une crise cardiaque le 8 juillet quelques jours après être revenu de France après deux mois de convalescence.

L'absence de M. Kablan Duncan à l'aéroport lors du retour du Premier ministre avait été remarquée. Les cérémonies d'hommage au Premier ministre qui doit être inhumé vendredi devaient commencer mardi.

Le décès de Gon Coulibaly, qui avait été désigné par le président Ouattara candidat de son parti à la présidentielle d'octobre, a complètement changé la donne politique, le parti au pouvoir devant désormais trouver un autre candidat. Beaucoup estiment que le président Ouattara, qui avait annoncé en mars qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, pourrait finalement être candidat.

L'ancien président Henri Konan Bédié représentera le PDCI à cette élection qui s'annonce tendue. - AfricaLog avec agence

Climat quasiment insurrectionnel Ă  Bamako

Jul 12, 2020
Climat quasiment insurrectionnel Ă  Bamako

L’imam à la tête de la coalition qui réclame un changement de pouvoir au Mali a appelé ses partisans au calme dimanche après deux jours de troubles qui ont fait au moins onze morts et créé un climat quasiment insurrectionnel à Bamako.

La capitale, préservée en temps normal par les violences djihadistes et intercommunautaires qui endeuillent le nord et le centre du pays, est la proie depuis vendredi de ses troubles civils les plus graves depuis des années.

Les violences ont fait onze morts entre vendredi et dimanche midi, a indiqué un responsable des urgences d’un grand hôpital de la capitale, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat en raison du caractère sensible de ces données dans une situation politique volatile.

La tension restait palpable dimanche soir à Bamako. Sans renouer avec l’intensité des affrontements des jours précédents, la ville est restée troublée dimanche par les regroupements spontanés de centaines de personnes dans la rue, la coupure d’axes importants par des barrages ou des pneus brûlés, ou encore le saccage d’un tribunal et d’un siège de quartier du parti présidentiel.

Dans le quartier de Badalabougou, un calme précaire est revenu. Des centaines de fidèles se sont pressés dans la vaste salle aux colonnes vertes de la mosquée et à l’extérieur pour les funérailles de quatre défunts qu’ils ont ensuite suivis en cortège au cimetière ?
C’est autour de la mosquée que se sont déroulés samedi soir les affrontements les plus sanglants. La mosquée est celle où prêche l’imam Mahmoud Dicko et ses partisans en ont transformé les abords en camp retranché, inquiets que les forces de sécurité ne viennent l’arrêter.

Une vingtaine d’opposants ont été arrêtés depuis vendredi, dont plusieurs leaders de la contestation, a dit un de leurs avocats, Alifa Habib Koné.
L’entourage de l’imam a diffusé des vidéos s’apparentant à des images de guerre des évènements de samedi soir.

Elles montrent au moins deux hommes visiblement morts baignant dans leur sang et d’autres perforés par des projectiles, ainsi qu’une grande confusion d’hommes s’agitant dans le complexe de la mosquée selon l’entourage de M. Dicko. Des coups de feu claquent à distance par saccades régulières, sans que les tireurs puissent être identifiés.

«Vous êtes en train de tuer les Maliens, dans la mosquée, (à) balles réelles. La mosquée est en feu», s’écrie un homme dans l’une de ces vidéos qui n’ont pas pu être identifiées indépendamment.

L’imam, personnalité nationale très écoutée et bête noire du pouvoir, a appelé au calme.
«Je demande encore une fois à la jeunesse malienne de faire preuve de retenue et de calme », a-t-il dit.

«La lutte continue», pour la «refondation» du Mali et contre «la corruption endémique qui est en train aujourd’hui de mettre notre pays à genoux», a-t-il ajouté, mais elle doit continuer «dans la patience» et les «bonnes manières».

Ă€ qui la faute
Les tensions sont allées s’intensifiant à Bamako depuis les législatives de mars-avril. Une coalition hétéroclite de leaders religieux, de personnalités du monde politique et de la société civile s’est agglomérée autour de l’imam Dicko pour porter la protestation.

Ce mouvement dit du 5 –Juin canalise une multitude de mécontentements dans l’un des pays les plus pauvres du monde  contre la dégradation sécuritaire et l’incapacité à y faire face, le marasme économique, la défaillance de l’État, ou le discrédit répandu d’institutions suspectes de corruption.

Vendredi, le mouvement est entré selon ses mots en «désobéissance civile », frustré par les réponses successives du président à des exigences radicales: dissolution du Parlement, démission des juges de la Cour constitutionnelle, formation d’un gouvernement dont il nommerait le premier ministre et, au bout du compte, départ du président Ibrahim Boubacar Keïta. Le mouvement dit être pacifique et accuse le pouvoir des violences.

Alliés et voisins inquiets
La décision de la Cour constitutionnelle d’invalider une trentaine de résultats des législatives passe pour un élément déclencheur de la contestation.
Samedi soir, le chef de l’État a annoncé la dissolution de la Cour. Il a aussi ouvert la voie à des législatives partielles là où la Cour a invalidé les résultats, suivant en cela les recommandations d’une mission de bons offices des États ouest-africains.

L’escalade en cours alarme en effet les alliés du Mali, inquiets d’un élément déstabilisateur de plus dans un pays confronté au djihadisme et à une série de défis majeurs, dans une région elle-même tourmentée.

Aucune des ouvertures de M. Keïta, 75 ans, président depuis 2013, n’a jusqu’alors fait retomber la fièvre, au contraire. - AfricaLog avec agence

Sassou Nguesso fils dans le viseur de la justice américaine

Jul 11, 2020
Sassou Nguesso fils dans le viseur de la justice américaine

Le fils du président de la République du Congo est dans le viseur de la justice aux États-Unis pour le détournement présumé de plusieurs millions de dollars des caisses de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC, 100 % publique), selon l’ONG Global Witness.

À Miami, des procureurs fédéraux américains «ont pris des dispositions en vue de saisir» une luxueuse propriété appartenant à Denis Christel Sassou Nguesso, affirme l’ONG. Global Witness a pu consulter la requête des procureurs américains en date du 12 juin, et la partager avec des médias.

M. Sassou Nguesso a acheté une propriété de 325 m2, mise en vente à 2,4 millions de dollars, «avec des fonds qu’il a détournés de la SNPC», selon ce document, qui retrace le circuit du blanchiment présumé des fonds.

En 2010, M. Sassou Nguesso fils «a été nommé par son père directeur général adjoint» de la SNPC.
«Ce poste lui a donné un énorme contrôle sur les activités de la SNPC, et tout particulièrement ses finances».

«Entre 2011 et 2014», M. Sassou Nguesso fils «a détourné des millions de dollars de la SNPC», selon le document judiciaire américain rendu public par l’ONG. Les fonds ont transité par les comptes de sociétés-écran logés dans une filiale de la banque gabonaise BGFI-Bank.
«Entre le 30 avril 2009 et le 22 avril 2016, il a transféré approximativement 10 millions de dollars vers des comptes bancaires ouvert par un associé» en Floride.
Cet associé est un «résident américain», et «fils d’un ex-officiel du gouvernement gabonais», détaille la requête du parquet américain.

L’associé a «utilisé les fonds volés pour acquérir de l’immobilier et des articles de luxe» pour M. Sassou Nguesso et ses proches, «y compris la propriété de Miami».

Brazzaville n’a pour l’instant « aucune réaction» à la diffusion de ce document, a affirmé une source à la présidence.

La famille du président Sassou Nguesso fait également l’objet d’une enquête sur son patrimoine en France dans l’affaire dite des «biens mal acquis».

Sur sa page Facebook, Denis Christel Sassou Nguesso, 45 ans, se présente comme «philantrope» et «député de la ville d’Oyo», le fief de son père, après avoir « officié dans le monde du pétrole».

Son père, le président Denis Sassou Nguesso, 76 ans dont 35 au pouvoir, est candidat à sa réélection lors du scrutin prévu en mars 2021.

Le Congo-Brazzaville (environ cinq millions d’habitants) anticipe une violente récession de 9 % en 2020 en raison de la pandémie de COVID-19.

Elle a aggravé la situation du pays fortement endetté, victime depuis 2014 de la chute des cours du pétrole, sa principale ressource.

Brazzaville a obtenu il y a tout juste un an  du Fonds monétaire international (FMI) une aide de 448 millions de dollars sur trois ans. Les versements ont été suspendus en décembre 2019. Le FMI demande entre autres à Brazzaville d’aller plus loin dans la lutte anti-corruption. - AfricaLog avec agence

Décès du Premier ministre ivoirien à 3 mois de la présidentielle

Jul 09, 2020
Décès du Premier ministre ivoirien à 3 mois de la présidentielle

Le Premier ministre ivoirien et candidat du parti au pouvoir à l'élection présidentielle d'octobre, Amadou Gon Coulibaly, est mort mercredi à Abidjan des suites de problèmes cardiaques à 61 ans, un décès qui bouleverse le jeu politique.

"J'ai la profonde douleur de vous annoncer que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly nous a quitté en ce début d'après-midi après avoir pris part au conseil des ministres", a déclaré Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, lisant à la télévision publique un communiqué du président Alassane Ouattara.

"La Côte d'Ivoire est en deuil. Je salue la mémoire d'un homme d'Etat, de grande loyauté, de dévouement, et d'amour pour la patrie. Avec la disparition d'Amadou Gon Coulibaly, la Côte d'Ivoire perd un modèle pour la jeunesse, un exemple de compétence, d'ardeur au travail et d'abnégation", a déclaré le président.

L'opposition a salué la mémoire de M. Gon Coulibaly.
L'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, et lui-même candidat pour la présidentielle d'octobre, a fait part de "sa grande consternation" après la mort d'un "grand serviteur de l’Etat".

Pascal Affi N'Guessan, dirigeant d'une faction du Front Populaire Ivoirien, et qui n'écarte pas une candidature à la présidentielle, a déploré "une grande disparition pour notre pays”.

"Nous sommes dans l'opposition mais il y a des moments où le peuple doit pouvoir se rassembler", appelant à rendre à Amadou Gon Coulibaly "l'hommage qu'il mérite" en tant qu'"homme de devoir et travailleur infatigable”.

A Korhogo, la grande ville du nord qui était le fief du Premier ministre, la nouvelle de sa mort se répandait petit à petit.

"C’est une grande perte pour Korhogo, tous les projets de développement vont prendre un coup", a regretté Seydou Coulibaly, gérant d’un cybercafé.

Greffé du coeur en 2012, Amadou Gon Coulibaly, dit "AGC", était revenu il y a près d'une semaine de France après deux mois d'hospitalisation pour des problèmes cardiaques.

Il a été accueilli mercredi par une haie d'honneur et des applaudissements des ministres avant le conseil.
"Je suis de retour pour prendre ma place aux côtés du président, pour continuer l'oeuvre de développement et de construction de notre pays", avait-il dit, très souriant, jeudi lors de son retour.

- Quel candidat à la présidentielle ? -
Officiellement, le Premier ministre était parti le 2 mai pour un "contrôle" en France, malgré la fermeture des frontières en raison de la pandémie de coronavirus.

Il avait finalement dû se faire poser un stent, mais assuré être "de retour en forme”.

Quelques jours après avoir annoncé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, Alassane Ouattara, qui a évoqué la perte d'un "fils" et d'un "jeune frère", avait désigné en mars son "plus proche collaborateur depuis 30 ans" comme son successeur et candidat du parti au pouvoir à la présidentielle.
Passé le choc du décès, la question va inévitablement se poser: qui va représenter le parti d'Alassane Ouattara à la présidentielle ?

"C'est un moment très difficile sur le plan humain, affectif, mais aussi sur le plan politique (...) il nous laisse un grand vide", a réagi Adama Bictogo, un des ténors du parti présidentiel. "Le président du parti (Alassane Ouattara) s'adressera aux militants dans les jours qui viennent”.

Le choix de M. Gon Coulibaly par M. Ouattara avait fait grincer des dents, certains critiquant son autoritarisme ou son manque de charisme, d'autres évoquant déjà sa santé. Plusieurs cadres de la coalition de Ouattara, dont les anciens ministres Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse, avaient poussé leurs candidatures.

Sanctionnés au nom de la discipline interne, il ont été écartés des sphères du pouvoir et il parait difficile de les rappeler. Un nom circule déjà à nouveau: celui du ministre de la Défense Hamed Bakayoko, dit "Hambak" qui avait accepté de ronger son frein.

De source proche de la présidence, M. Ouattara y était franchement opposé il y a quelques mois. Avec le décès de Gon, dont Hambak assurait l'intérim à la primature, la donne a changé.
- "Pas de plan B" -
"Comme le notait un observateur lors du retour de M. Gon Coulibaly: "Il n'y avait pas de plan B, en cas de forfait de Gon. Ou plutôt la seule solution envisagée est une nouvelle candidature de Ouattara”. - AfricaLog avec agence

L’Algérie attend toujours des excuses de la France

Jul 06, 2020
L’Algérie attend toujours des excuses de la France

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré attendre des excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie et estimé que son homologue Emmanuel Macron était «quelqu’un de très honnête» susceptible de contribuer à ce climat d’apaisement.

Interrogé lors d’une entrevue à la chaîne internationale France 24 sur d’éventuelles excuses de Paris, il a répondu: «On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas […] On le souhaite».

«Cela va permettre d’apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, pour des relations culturelles, pour des relations de voisinage», poursuit-il en rappelant que plus de six millions d’Algériens vivent en France et qu’ils «peuvent emmener quelque chose là-bas et ici».
La France a fait un geste fort d’apaisement en matière de mémoire en restituant vendredi les restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française au XIXe siècle.

Cette restitution offre une détente dans les relations entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale, marquées depuis l’indépendance en 1962 par des polémiques récurrentes et des crispations.

«Je trouve qu’avec le président Macron nous pouvons aller loin dans l’apaisement, dans le réglement du problème de la mémoire », estime le président Tebboune.
«C’est quelqu’un de très honnête, qui veut apaiser la situation (..) et permettre à nos relations de retrouver leur niveau naturel», a-t-il poursuivi, le qualifiant aussi de «très sincère», «très propre du point de vue historique».

Lors d’une visite à Alger en décembre 2017, le président français Emmanuel Macron s’était engagé à restituer les restes humains algériens entreposés au Musée de l’Homme. La même année, mais avant son élection, il avait qualifié à Alger la colonisation de l’Algérie de «crime contre l’humanité».

La question mémorielle reste au cœur des relations volatiles entre la France et l’Algérie, où la perception est que la France ne fait pas assez pour solder son passé colonial. - AfricaLog avec agence

Joe Biden prend le large devant Trump

Jun 24, 2020
Joe Biden prend le large devant Trump

Favori des intentions de vote chez les minorités et les femmes américaines, le candidat démocrate Joe Biden a pris une avance de 14 points sur Donald Trump dans un sondage national publié à quelques mois de l’élection présidentielle.

Joe Biden (50 %) bénéficie d’une avance confortable sur son rival républicain Donald Trump (36 %), selon ce sondage réalisé par le New York Times et le Siena College.

L’ancien vice-président de Barack Obama mène largement les intentions de vote chez les femmes, les jeunes entre 18 et 34 ans et les minorités, notamment les Américains noirs et hispaniques. 
 
Le sondage note aussi que Joe Biden a rattrapé son retard face à Donald Trump chez les électeurs masculins, blancs et les aînés, qui avaient permis au candidat républicain de remporter la présidentielle en 2016.  

Donald Trump a perdu de nombreux soutiens chez cet électorat qui lui reproche sa gestion de la pandémie de COVID-19, la crise économique et sa réponse sécuritaire face aux manifestations contre le racisme et les violences policières qui secouent le pays depuis la mort de George Floyd.  

Donald Trump reste toutefois en tête chez les électeurs blancs sans diplôme, qui auront une forte influence sur l’issue de l’élection, prévue le 3 novembre.  

Ces résultats sont toutefois à prendre avec prudence, le New York Times rappelant qu’en 2016, Hillary Clinton devançait Donald Trump dans les sondages nationaux, ce qui ne l’a pas empêché de perdre face à lui.

Le sondage a été effectué entre le 17 et 22 juin sur un échantillon de 1337 électeurs inscrits sur les listes électorales. La marge d’erreur est de plus ou moins 3 points. - AfricaLog avec agence

L’UE envisage d’interdire son territoire aux Américains

Jun 24, 2020
L’UE envisage d’interdire son territoire aux Américains

L’Union européenne envisage d’interdire son territoire aux Américains une fois qu’elle aura rouvert ses frontières aux pays tiers, en raison de la pandémie de coronavirus toujours vivace aux États-Unis, indique le New York Times.

Le quotidien cite deux listes de pays dont les ressortissants seraient autorisés à se rendre en Europe, et qui font l’objet de négociations au sein de l’UE.

Les Américains sont pour l’instant exclus des deux listes, selon le New York Times.
Une fois que les représentants de chaque pays se seront mis d’accord sur une liste définitive, elle sera présentée, comme recommandation, avant le 1er juillet, explique le journal.

L’Union européenne prévoit de rouvrir ses frontières extérieures avec des pays tiers à cette date, à condition qu’ils remplissent certains critères sanitaires, que la situation épidémiologique y soit bonne et que la mesure soit réciproque.
Alors que de nombreux pays d’Europe vivent un répit, les États-Unis affichent le pire bilan du monde en valeur absolue, avec plus de 120 000 morts et plus de 2,3 millions de cas détectés.  

Les différents États américains ont pour beaucoup levé les mesures de confinement, et New York – de loin la ville la plus touchée – a fait un nouveau pas dans cette direction lundi avec la réouverture au public des commerces non essentiels. Mais plusieurs États du Sud et de l’Ouest du pays enregistrent une flambée du nombre de cas positifs.  

En mars, le président Donald Trump a annoncé l’interdiction d’entrée aux États-Unis – toujours en cours – des voyageurs en provenance de 26 pays européens. - AfricaLog avec agence

Le président burundais est mort d’un «arrêt cardiaque»

Jun 09, 2020
Le président burundais est mort d’un «arrêt cardiaque»

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, âgé de 55 ans, est décédé lundi des suites d’un «arrêt cardiaque», lui qui s’apprêtait à quitter le pouvoir après 15 années à la tête du pays marquées par une crise politique meurtrière et l’appauvrissement de sa population.

«Le gouvernement de la République du Burundi annonce avec une très grande tristesse aux Burundais et à la Communauté internationale le décès inopiné de son Excellence Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi, survenu à l’hôpital du Cinquantenaire de Karuzi, suite à un arrêt cardiaque», a annoncé mardi la présidence dans un communiqué.

Le texte détaille les derniers jours du président Nkurunziza: après avoir assisté à un match de volleyball le samedi 6 juin, il a dans la nuit du 6 au 7 ressenti un malaise et «s’est vite rendu à l’hôpital».

«Le dimanche, son état de santé s’est amélioré et il s’est entretenu avec les personnes qui étaient à côté de lui», poursuit le communiqué. «À la très grande surprise» de chacun, dans la matinée «du lundi 8 juin 2020, son état de santé a brusquement changé avec un arrêt cardiaque».

«Malgré une prise en charge intense, continue et adaptée, l’équipe médicale n’a pas pu récupérer le patient», ajoute le communiqué, précisant que l’équipe médicale pluridisciplinaire a tenté pendant «plusieurs heures» de le réanimer.

M. Nkurunziza présidait depuis 2005 aux destinées du Burundi, l’un des pays les plus pauvres de la planète.

Le 20 mai, son successeur et dauphin désigné, Évariste Ndayishimiye, a été élu pour le remplacer à la tête de l’État, M. Nkurunziza ayant décidé de ne pas se représenter. Le mandat de M. Nkurunziza devait se terminer en août.

Sa candidature à un troisième mandat très controversé en 2015 avait plongé son pays dans une crise politique majeure qui a fait plus de 1200 morts et contraint 400 000 Burundais à l’exil, dont de nombreux opposants, activistes et journalistes indépendants.

Le pays est tenu d’une main de fer par le régime, grâce aux Imbonerakure, la ligue de jeunesse du CNDD-FDD, et au Service national du renseignement (SNR), qui sèment la terreur dans la population.

Cette crise a entraîné un isolement du Burundi et la suspension de l’aide des principaux bailleurs de fonds. La crise a ainsi profondément affecté l’économie déjà peu développée de ce pays de quelque 11 millions d’habitants.  

Le Burundi est classé parmi les trois pays les plus pauvres au monde selon la Banque mondiale, qui estime que 75 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, contre 65 % à l’arrivée au pouvoir de M. Nkurunziza en 2005.

L’élection présidentielle du 20 mai s’est tenue en dépit de l’épidémie de nouveau coronavirus : des milliers de partisans avaient afflué aux meetings de campagne et le jour du scrutin, les électeurs se pressaient les uns contre les autres dans les files d’attente, sans véritable mesure de prévention.

On ignorait mardi si l’arrêt cardiaque auquel a succombé M. Nkurunziza est consécutif à une infection à la COVID-19. L’épouse de M. Nkurunziza avait récemment été admise à Nairobi pour y être soignée, certaines sources à Bujumbura affirmant qu’elle avait contracté le nouveau coronavirus.

Pierre Nkurunziza et son épouse pasteur ont à de nombreuses reprises minimisé la gravité de la pandémie de nouveau coronavirus.

«C’est la bénédiction de Dieu qui est sur les Burundais […] Toutes ces pandémies sont transmises à travers l’air, mais Dieu a purifié l’air du Burundi», avait-il déclaré fin mai au lancement de trois jours de prières organisées pour remercier Dieu d’avoir épargné le Burundi.

Dans son communiqué, le gouvernement a annoncé un deuil national de sept jours à compter de mardi. Les drapeaux du pays seront en berne pour la même période.

Selon le professeur et politologue burundais Julien Nimubona, «c’est le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, selon la Constitution du Burundi» qui devrait assurer l’intérim du pouvoir.

«Et c’est lui qui se chargera le jour de l’investiture, le 20 août, de remettre le pouvoir au nouveau président élu», a-t-il expliqué. Le gouvernement ne s’est pas prononcé sur ce point pour le moment.

Élevé au rang de «guide suprême du patriotisme» en février par l’Assemblée nationale, M. Nkurunziza, qui concentrait jusque-là tous les pouvoirs dans ses mains, devait rester le président du très influent Conseil des sages du parti.

Pierre Nkuzunziza avait réchappé de peu à la mort pendant la guerre civile burundaise qui mit aux prises l’armée à dominante tutsi à des rébellions hutu et fit 300 000 morts entre 1993 et 2006.

Il avait été grièvement blessé et avait survécu pendant quatre mois dans des marécages. C’est là qu’il avait eu, selon ses dires, la révélation divine qu’il dirigerait un jour le Burundi.

Grand sportif et chrétien évangélique «born again» prosélyte, il avait fait de son rapport à la religion l’un des piliers de son pouvoir. Son parti, le CNDD-FDD, l’avait élevé au rang d’«Imboneza yamaho» (« Visionnaire » en français). - AfricaLog avec agence

L’armée Américaine refuse de suivre Trump

Jun 03, 2020
L’armée Américaine refuse de suivre Trump

Le secrétaire américain à la Défense Mark Esper s’est publiquement désolidarisé du président Donald Trump mercredi en s’opposant au déploiement de l’armée américaine sur le territoire, théâtre de manifestations antiracistes après la mort d’un homme noir aux mains d’un policier blanc.

«Je ne suis pas favorable à décréter l’état d’insurrection», a déclaré M. Esper en référence au seul décret qui permettrait légalement au président de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la Garde nationale.
«L’option d’utiliser les soldats d’active ne devrait être employée qu’en dernier ressort et dans les situations les plus urgentes et les plus dramatiques. Nous ne sommes pas dans ce genre de situations aujourd’hui», a ajouté M. Esper au cours d’une conférence de presse organisée à la hâte au lendemain de vives critiques d’anciens et d’actuels militaires sur sa réponse à la crise.
M. Esper se montre ainsi en désaccord avec le président américain qui avait annoncé lundi d’un ton martial le déploiement de «milliers de soldats lourdement armés» et de policiers à Washington pour mettre un terme «aux émeutes» et «aux pillages».

Mardi soir encore, le Pentagone indiquait avoir pré-positionné «de multiples unités de soldats d’active de l’armée de Terre» aux alentours de la capitale américaine «à titre de prudence et pour pouvoir soutenir les autorités civiles».
Accusé la veille de se faire utiliser par Donald Trump à des fins politiques, M. Esper a regretté d’avoir parlé des rues américaines comme d’un «champ de bataille».

Comme un haut responsable du Pentagone l’avait dit la veille sous le couvert de l’anonymat, invoquant le «jargon militaire», M. Esper a justifié l’usage de ce terme par son passé d’officier de l’armée de Terre.

«Cela fait partie du lexique militaire avec lequel j’ai grandi. C’est ce que nous utilisons de façon routinière pour décrire une zone d’opérations», a-t-il expliqué. «Ce n’est pas une formule dirigée contre la population et certainement pas contre nos concitoyens américains, comme certains l’ont suggéré».

«Avec le recul, j’aurais dû utiliser une autre formule pour ne pas créer de distraction ou suggérer que nous étions en train de militariser la question», a-t-il ajouté.
Le chef du Pentagone est aussi revenu sur le moment pendant lequel il s’est affiché lundi aux côtés de Donald Trump, quand celui-ci s’est fait photographier devant une église avec une bible à la main, quelques minutes après la dispersion brutale, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, de manifestants qui protestaient pacifiquement près de la Maison Blanche.

«Je fais tout mon possible pour rester apolitique et pour éviter les situations qui peuvent paraître politiques», a-t-il dit. «Quelquefois j’y arrive, d’autres fois je n’y arrive pas».

Mais il a défendu le chef d’état-major, le général Mark Milley, qui avait été filmé marchant en tenue de camouflage derrière M. Trump, des images vite reprises par la Maison Blanche dans une vidéo aux accents électoraux.

Les militaires présents «portaient l’uniforme de terrain, parce que c’est l’uniforme adéquat quand on travaille dans un centre de commandement et quand on va inspecter les troupes», a-t-il dit.

Alors que le malaise était palpable dans les rangs militaires où les minorités sont largement représentées, jusqu’au sein de l’état-major, M. Esper a pour la première fois évoqué la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié le 25 mai à Minneapolis par un policier blanc.

«Le meurtre de George Floyd par un policier de Minneapolis est un crime horrible. Les policiers sur place ce jour-là devraient être tenus responsables de ce meurtre», a-t-il dit. «Le racisme existe en Amérique et nous devons faire de notre mieux pour le reconnaître, lui faire face et l’éradiquer».

Le chef d’état-major de l’armée de l’Air, le général Dave Goldstein, avait pris les devants la veille en qualifiant, dans une lettre aux commandants d’unités, la mort de George Floyd de «tragédie nationale» et en annonçant un débat en ligne sur le racisme. - AfricaLog avec agence

L’ONU déplore les «discriminations raciales endémiques» aux USA

Jun 02, 2020
L’ONU déplore les «discriminations raciales endémiques» aux USA

«Ce virus révèle des inégalités endémiques trop longtemps ignorées», a estimé Michelle Bachelet dans un communiqué.

«Aux États-Unis, les manifestations provoquées par la mort de George Floyd mettent en évidence non seulement les violences policières contre les personnes de couleur, mais aussi les inégalités dans la santé, l’éducation, l’emploi et la discrimination raciale endémique.»

Une semaine après la mort de George Floyd, un homme de 46 ans décédé après que Derek Chauvin, un policier blanc, s’est agenouillé sur son cou pendant plus de huit minutes, des centaines de milliers d’Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise de la COVID-19.

Le président Donald Trump a promis de restaurer l’ordre dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique, menaçant de déployer l’armée pour faire cesser les violences.

À Genève, le directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Robert Mardini, une organisation qui sort rarement de sa réserve, a indiqué mardi dans un tweet: «Nous sommes solidaires de nos collègues et amis de la Croix-Rouge américaine dans le rejet de la haine, du racisme, de la violence et du sectarisme. Aujourd’hui et chaque jour».

Dans un tweet séparé, le CICR a rappelé aussi, sans toutefois pointer les États-Unis, que «le droit international exige que la police fasse un usage minimal de la force».

Dans une vidéo postée sur le réseau social, le CICR souligne que les policiers ne «peuvent utiliser les armes et la force qu’en dernier recours», et que l’utilisation des armes à feu est autorisée, «seulement lorsqu’elle est essentielle pour protéger la vie» des personnes.

«Tragédie»

Les problèmes de discrimination conjugués à l’inégalité face à la COVID-19 «se vérifient à des degrés divers dans de nombreux autres pays», a souligné Michelle Bachelet.

«Les statistiques font état d’un impact dévastateur de la COVID-19 sur les populations d’origine africaine, ainsi que sur les minorités ethniques dans certains pays, dont le Brésil, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis», selon elle.

Aux États-Unis, le taux de mortalité des personnes positives à la COVID-19 est deux fois plus important parmi les Afro-américains que dans les autres communautés, avance l’ex-présidente du Chili.

«Dans l’État de Sao Paulo au Brésil, les personnes de couleur ont 62 % plus de risques de mourir de la COVID-19 que les personnes blanches», a-t-elle affirmé, assurant également, sans toutefois donner de statistiques pour étayer ses propos, qu’« en France, dans le département de la Seine-Saint-Denis, où vivent de nombreuses minorités, une surmortalité plus élevée a également été signalée».

De même, a-t-elle ajouté, les données gouvernementales en Angleterre et au Pays de Galles montrent un taux de mortalité des Noirs, des Pakistanais et des Bangladais «qui est presque le double de celui des Blancs, même si l’on tient compte de la classe sociale et de certains facteurs de santé».

«C’est une tragédie qu’il ait fallu la COVID-19 pour mettre en évidence ce qui aurait dû être évident-à savoir que l’inégalité d’accès aux soins de santé, les logements surpeuplés et la discrimination omniprésente rendent nos sociétés moins stables, moins sûres et moins prospères», a déploré Mme Bachelet. - AfricaLog avec agence

Liens Sponsorisés