www.africalog.com newsletter

Un gouvernement de “40 voleurs contre 40 millions” d’algériens

Mar 13, 2019
Un gouvernement de “40 voleurs contre 40 millions” d’algériens

Des milliers d'étudiants ont manifesté sans incident, à Alger et dans d'autres villes du pays, pour dénoncer une «ruse» d'Abdelaziz Bouteflika pour se maintenir au pouvoir, au lendemain du retrait de sa candidature à un 5e mandat et du report sine die de la présidentielle.

«Les étudiants résistent à la prolongation du 4e mandat !», ont scandé les manifestants - auxquels se sont joints des enseignants -, ont constaté des journalistes. Ils ont brandi de nombreux drapeaux et défilé joyeusement dans les artères près de la Grande-Poste.

La place autour de ce bâtiment emblématique du coeur de la capitale algérienne est restée de longues heures noire de monde, avant que la foule se disperse dans le calme en fin d'après-midi.

«Pacifique, pacifique», ont-ils aussi clamé, reprenant un des mots d'ordre de la contestation née le 22 février, contre la candidature du président Bouteflika à un 5e mandat à la présidentielle, initialement prévue le 18 avril.

«Pas de ruse, Bouteflika», ont encore crié les étudiants algérois, qui manifestaient pour le 3e mardi consécutif, après des appels réitérés sur les réseaux sociaux dès le «message à la Nation» de M. Bouteflika lundi soir à la TV nationale.

Confronté à une contestation inédite en 20 ans de pouvoir, le chef de l'État algérien a annoncé qu'il renonçait à briguer un 5e mandat et a reporté sine die la présidentielle.

Il a prolongé ainsi son mandat jusqu'au prochain scrutin dont la date sera fixée par une «Conférence nationale», dont il souhaite que les travaux s'achèvent «avant la fin de l'année».

«C'est une ruse pour gagner du temps, pour tenter d'enrayer le mouvement, le temps de ramener une autre marionnette comme président», a déclaré Amel, étudiante en Mathématiques-Informatique à Alger.

«Bouteflika se moque de nous. Depuis le début il voulait prolonger son mandat [...] il a eu ce qu'il voulait [...] de manière illégale», a estimé Ghania Bellal, 19 ans, étudiante en journalisme à Alger.

Sur les pancartes, le «5», cerclé et barré de rouge, logo de la contestation initiale contre un 5e mandat, a laissé la place à un «4 "», refus du prolongement de l'actuel mandat de M. Bouteflika, qui expire le 28 avril.

Sur la Place Audin, non loin de la Grande-Poste, les étudiants ont recouvert un mur de mini-dazibao - pensées, slogans et revendications, drôles, revendicatifs ou poétiques - sur des «post-it» multicolores.

(Gouvernement de) «40 voleurs vs 40 millions» (d'habitants), «10 ans de décennie noire (de guerre civile)" 20 ans de Boutef = jeunesse perdue», «le système, on le chasse par la porte, il revient par la fenêtre», peut-on notamment lire.

Les étudiants se sont également mobilisés, sans incident, dans le reste de l'Algérie: à Constantine, 3e ville du pays, où près d'un millier d'entre eux ont défilé avec des enseignants, selon un journaliste local. Ou à Béjaïa, grande ville de Kabylie (nord), où ils étaient plusieurs milliers selon un étudiant.

D'importantes manifestations ont aussi eu lieu à Tizi-Ouzou et Bouira, en Kabylie, selon les images relayées sur les réseaux sociaux et par des médias.

À Annaba (nord-est), quelques centaines d'étudiants ont défilé, alors que des assemblées générales se déroulaient sur plusieurs campus.

La France, ancienne puissance coloniale, a salué mardi, par la voix du président Emmanuel Macron, la décision «du président Bouteflika», tout en appelant à «une transition d'une durée raisonnable».

Une ingérence mal perçue par les étudiants à Alger, comme on pouvait le lire sur des post-its : «Hé la France, on a eu notre indépendance seuls, on a vaincu le terrorisme seuls, on sortira le système seuls».

Mardi soir, le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Palladino a réagi, sans se prononcer directement sur le renoncement du président Boutefklika, mais en affirmant le soutien des États-Unis à un processus politique «qui respecte la volonté de tous les Algériens» et en insistant sur leur droit à des «élections libres et justes». - AfricaLog avec agence

«Ce peuple ne veut pas de Bouteflika !»

Mar 03, 2019
«Ce peuple ne veut pas de Bouteflika !»

Plusieurs dizaines de milliers d'Algériens ont manifesté, pacifiquement pour l'essentiel, à travers le pays contre la perspective d'un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, en scandant des slogans hostiles au pouvoir, face à une police paraissant débordée.

A Alger, des affrontements ont opposé, non loin de la présidence, des policiers à des groupes de jeunes leur jetant des pierres, alors que l'essentiel des manifestants s'était dispersé sans incident.

Les vitrines de quelques boutiques ont été brisées, une agence bancaire et une voiture incendiées.

Les journalistes ont vu une dizaine de blessés, par des coups de matraque, des pierres que renvoyaient les policiers, des éclats de grenade lacrymogènes ou intoxiqués par les gaz.

Selon le bilan de la police, 56 policiers et 7 manifestants ont été blessés et 45 personnes arrêtées à Alger.

Les nombreuses manifestations en province se sont terminées sans incident.

En annonçant le 10 février sa candidature à la présidentielle du 18 avril, M. Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 et handicapé par les séquelles d'un accident vasculaire cérébral (AVC) depuis 2013, a déclenché une contestation d'ampleur inédite en 20 ans et le visant directement, du jamais vu.

La mobilisation a été bien supérieure à celle de la semaine passée à Alger, alors qu'il reste moins de trois jours au camp présidentiel pour déposer dans les délais-jusqu'à dimanche minuit locale (23 h GMT) -le dossier de candidature de M. Bouteflika devant la Conseil constitutionnel.

Aucun chiffre indépendant concernant la mobilisation n'était disponible, mais des sources sécuritaires ont fait état de «plusieurs dizaines de milliers de personnes» dans la capitale.

Ces sources ont également recensé des manifestations dans près des deux-tiers des wilayas (préfectures) du nord du pays, zone la plus peuplée, sans donner de chiffre de participation.

Brandissant des drapeaux algériens, une foule de dizaines de milliers de manifestants s'est rassemblée en début d'après-midi aux cris de «Pouvoir assassin» sur l'emblématique Place de la Grande-Poste, dans le centre d'Alger.

La foule, hommes et femmes de tous âges,  n'a cessé de grossir, à mesure qu'arrivaient des cortèges de divers quartiers de la capitale-Casbah, Bab el-Oued ou 1er-Mai-qui le long du chemin, ont forcé plusieurs cordons de police, vite débordés.

«Pacifique !, pacifique !», scandaient les manifestants que quelques tirs de lacrymogènes, n'ont pas réussi à décourager. «Le peuple veut la chute du régime», «Non au 5e mandat ! », «On ne va pas s'arrêter !», a-t-on également entendu.

Aux balcons du centre-ville, des habitants solidaires agitaient des drapeaux algériens, verts et blancs frappés du croissant et de l'étoile rouge.

Une partie des manifestants a ensuite pris le chemin du Palais du gouvernement proche, siège des bureaux du premier ministre, Ahmed Ouyahia, aux cris de «Ce peuple ne veut pas de Bouteflika !».

A coups de dizaines de grenades lacrymogènes, la police a dispersé le millier de manifestants regroupés devant l'entrée de l'enceinte.

Un autre groupe de milliers de personnes se dirigeant vers la présidence a été bloqué à environ un km de sa destination par la police, avant de se disperser face aux tirs de grenades lacrymogènes, ne laissant que quelques groupes désireux d'en découdre.

En province, des défilés d'ampleurs diverses ont été recensés à Oran et Constantine, deuxième et troisième villes du pays.  

Mais aussi dans de nombreuses autres villes, notamment à Blida, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Skikda, Annaba, Bouira, M'sila, Sétif, Biskra, Batna, Médéa, Tiaret et Sidi Bel Abbès.

A Oran, un manifestant a indiqué que la mobilisation était supérieure à celle de la semaine précédente. A Annaba, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme, selon un journaliste local.

«Nous sommes là pour encadrer la manifestation et éviter tout éventuel débordement», avait indiqué dans la matinée à un officier de police.

Les forces de l'ordre ont jusqu'ici largement laissé faire, même à Alger où toute manifestation est interdite depuis 2001, mais le camp présidentiel a fait savoir cette semaine qu'il n'entendait pas reculer face à la rue.

Certains observateurs craignaient que les partisans du chef de l'État n'utilisent la manière forte pour s'éviter une campagne électorale avec le double handicap d'un candidat absent physiquement-M. Bouteflika n'apparait plus qu'à de rares occasions et ne s'est pas adressé à la nation depuis son AVC-et contesté dans la rue.

La candidature de M. Bouteflika sera déposée le 3 mars, a annoncé son directeur de campagne, Abdelmalek Sellal. «Personne n'a le droit d'empêcher un citoyen algérien de se porter candidat. C'est un droit constitutionnel».

Le retour en Algérie du chef de l'État, hospitalisé depuis dimanche à Genève, officiellement «pour des examens médicaux périodiques», n'a cependant toujours pas été annoncé.

Comme d'autres membres du camp présidentiel, Ahmed Ouyahia a quant à lui, agité le spectre de la sanglante «décennie noire» de guerre civile (1992-2002) en Algérie et du chaos syrien.

Les manifestants lui ont répondu aujourd'hui en scandant massivement «Ouyahia, l'Algérie c'est pas la Syrie ! ». - AfricaLog avec agence

Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Feb 27, 2019
Muhammadu Buhari réélu président du Nigeria

Muhammadu Buhari a été réélu président du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec ses 190 millions d'habitants, devançant de plusieurs millions de voix son rival Atiku Abubakar, selon les résultats communiqués par la commission électorale.

Le chef de l'État sortant menait le scrutin présidentiel de samedi avec quelque 5 millions de voix d'avance, alors qu'il ne manquait plus que les résultats d'un seul État (État de Rivers), dont le nombre d'inscrits n'atteint pas ce chiffre.  

Malgré l'heure tardive de l'annonce officielle, quelques centaines de personnes s'étaient rassemblées au quartier général du Congrès des Progressistes (APC) à Abuja, pour sabrer le champagne au son de l'afropop. 
 
Sur Twitter, son porte-parole Bashir Ahmad avait déjà annoncé que «Buhari a gagné», sans attendre la proclamation officielle.  

Au fur et à mesure que la Commission électorale indépendante (INEC) annonçait les résultats, État par État, parti par parti, le suspense se réduisait dans cette course qui s'annonçait pourtant serrée entre le président sortant et le candidat du Parti Populaire Démocratique (PDP),  Atiku Abubakar.

Les écarts entre les candidats, tout deux haoussas du nord et musulmans, étaient certes moins prononcés que lors du scrutin de 2015, entre Buhari et Goodluck Jonathan, chrétien du Delta, mais Buhari a réussi à maintenir une large avance sur son adversaire.

Atiku Abubakar, riche homme d'affaires et ancien vice-président du Nigeria entre 1999 et 2007, a la réputation d'être l'un des hommes politiques les plus corrompus du pays.  
Buhari, ancien général qui avait déjà dirigé le pays en 1983 pendant les dictatures militaires est un homme austère qui s'est engagé à mener une lutte féroce contre la corruption, le «cancer» qui ronge le premier producteur de pétrole d’Afrique.

L'opposition a dénoncé des fraudes massives du parti au pouvoir pour maintenir Muhammadu Buhari à la tête du pays, et avait demandé l'interruption des résultats mardi soir. Toutefois, cette demande ne peut se faire que par voie de justice.  

La mobilisation des électeurs nigérians a été faible lors de ce scrutin, avec un taux de participation d'environ 40 %. - AfricaLog avec agence

La tombe de Karl Marx de nouveau vandalisée

Feb 17, 2019
La tombe de Karl Marx de nouveau vandalisée

La tombe du philosophe allemand Karl Marx (1818-1883), qui se trouve dans le cimetière londonien de Highgate, a été vandalisée pour la deuxième fois en deux semaines, a annoncée samedi sur Twitter l'association qui gère le site.

L'inscription "Mémorial de l’holocauste bolchevique - 1917 1953 - 66.000.000 morts" a été inscrite à la peinture rouge sur le monument, ainsi que les mots "Architecte du génocide - terreur et oppression - meurtre de masse". La date de 1917 renvoie à la révolution russe, tandis que celle de 1953 correspond à la mort de Staline.

La partie la plus ancienne et la plus fragile du monument, une plaque de marbre mentionnant les noms des personnes enterrées, a été abimée, semblant avoir été frappée à plusieurs reprises à l'aide d'un instrument métallique contondant, comme elle l'avait déjà été le 4 février.

"Les vandales sont de retour au mémorial de Marx, au cimetière de Highgate", ont écrit sur le réseau social les gestionnaires du compte @HighgateCemeter. "Insensé. Stupide. Ignorant. Quoi que vous pensiez de l'héritage de Marx, ce n'est pas la bonne façon de faire valoir votre point de vue". Ils ont également publié des photos montrant les détériorations commises.

L'auteur du "Capital" est l'un des résidents les plus connus du cimetière de Highgate, dans le nord de Londres. Ironie de l'histoire, pour venir se recueillir sur la tombe de l'auteur du "Manifeste du parti communiste" et pourfendeur du capitalisme, il faut payer un billet d'entrée dans ce cimetière où est aussi enterré l'écrivain George Eliot.

Karl Marx a déménagé à Londres en 1849 et a vécu dans la capitale britannique jusqu'à sa mort, en 1883.

Le philosophe et théoricien allemand avait initialement été enterré dans la tombe de son épouse, sur une petite allée, mais en 1956 un nouveau monument comprenant un très grand buste, financé par un fonds, mis en place par le Parti communiste britannique, a été installé dans un lieu plus en vue, explique-t-on sur le site du cimetière.

"Travailleurs de tous pays, unissez vous!", peut-on lire sur le monument.

Celui-ci avait déjà été pris pour cible. Le buste avait été enlevé, attaqué à l'aide d'une bombe artisanale dans les années 1970 et enduit de peinture et de slogans. - AfricaLog avec agence

Le scrutin présidentiel reporté au Nigeria

Feb 17, 2019
Le scrutin présidentiel reporté au Nigeria

Le scrutin présidentiel au Nigeria, prévu samedi, est reporté d'une semaine, a annoncé le président de la Commission nationale électorale indépendante du Nigeria (INEC), une décision qui a provoqué la frustration de nombreux responsables politiques et électeurs.

Le président sortant Muhammadu Buhari, qui brigue un nouveau mandat face à l'opposant Atiku Abubakar, a lui-même exprimé sa "profonde déception" face à ce report tout en appelant les Nigérians "à s'abstenir de tout désordre civil et à rester pacifiques, patriotiques et unis”.

S'exprimant devant des journalistes dans la nuit de vendredi à samedi, le président de l'INEC, Mahmood Yakubu, a expliqué qu'il n'était pas possible d'organiser cette élection présidentielle couplée à des législatives dans de bonnes conditions, ajoutant que le report d'une semaine, au 23 février, était nécessaire pour organiser un scrutin libre et juste.

Yakubu a ensuite précisé que ce report s'expliquait en raison du transport de documents électoraux.

"Notre décision a été uniquement prise par la commission. Cela n'a rien à voir avec la sécurité, rien à voir avec une ingérence politique, rien à voir avec la disponibilité des moyens", a-t-il dit.

Certains documents électoraux confidentiels ont été distribués avant d'être récupérés et renvoyés à la banque centrale qui a en charge leur conservation. Une enquête a été ouverte.

La décision a été dénoncée par le président du Parti démocratique populaire (PDP, opposition) Uche Secondu, qui a jugé ce report "dangereux pour la démocratie et inacceptable".

Uche Secondu y a vu une tentative de la part de Buhari de "s'accrocher au pouvoir mĂŞme s'il est Ă©vident pour lui que
les Nigérians ne veulent plus de lui”.

Selon lui, l'administration Buhari tente de rayer des listes électorales un certain nombre d'électeurs afin de réduire la participation au scrutin.

Le chef du Congrès de tous les progressistes (APC), le parti au pouvoir, a de son côté critiqué la commission électorale.
Muhammadu Buhari "a pleinement coopéré avec l'INEC en veillant à ce que tout ce qui était requis pour la tenue d'élections libres et justes soit rapidement mis en place", a-t-il dit dans un communiqué. "Cette nouvelle est donc une énorme déception pour nous.”

Des responsables de la commission électorale indépendante ont déclaré à Reuters que des feuilles de résultats et des bulletins de vote avaient disparu.
Les élections présidentielles de 2011 et 2015 avaient également été retardées pour des raisons logistiques ou sécuritaires. - AfricaLog avec agence

La Belgique accepte d'accueillir Gbagbo, libéré par la CPI

Feb 02, 2019
La Belgique accepte d'accueillir Gbagbo, libéré par la CPI

La Belgique a dit samedi avoir accepté d'accueillir l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 lors de violences postélectorales en Côte d'Ivoire et libéré vendredi sous conditions.

«Répondant à une demande de coopération de la Cour pénale internationale, la Belgique a accepté d'accueillir Laurent Gbagbo, étant donné ses liens familiaux» avec le pays, a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Karl Lagatie.

Selon la presse belge, la seconde femme de M. Gbagbo, Nady Bamba, 47 ans, épousée lors d'un mariage coutumier en 2001 et avec qui il a un fils, vit actuellement en Belgique.

«Cela s'inscrit aussi dans le cadre de notre soutien aux juridictions pénales internationales», a expliqué le porte-parole du ministère, précisant ne pas savoir si M. Gbagbo se trouvait déjà en Belgique.

L'ancien dirigeant ivoirien devra, le cas échéant, «se tenir à tout moment à disposition de la CPI», a-t-il ajouté.




M. Gbagbo, 73 ans, a été libéré vendredi par la CPI sous conditions, dont l'obligation de résider dans un État membre en attendant un éventuel procès en appel.

Dans leur décision, les juges n'avaient pas précisé le pays qui accueillerait M. Gbagbo, ni si un retour de l'ancien président dans son pays, qui fait partie des États membres de la Cour, était envisageable.

Dans la soirée de vendredi, la CPI avait indiqué que MM. Gbagbo et Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes dont la CPI a également décidé la libération, avaient quitté leur centre de détention à La Haye pour un lieu «transitoire» en attendant que leur destination finale soit déterminée.

Son avocat a déclaré samedi que M. Blé Goudé attendait toujours de trouver un pays d'accueil.  

«Charles Blé Goudé se trouve à La Haye dans l'attente d'un pays d'accueil», a dit samedi Me Kouadio N'Dry Claver joint depuis Abidjan.  

«M. Blé Goudé n'a fait aucune demande de liberté provisoire pendant sa détention, contrairement au président Gbagbo qui en avait 13 [...] Il faut laisser le temps à la machine diplomatique», a-t-il expliqué.

Vendredi matin, au début d'une journée haletante, l'accusation avait déclaré être prête à accepter la mise en liberté de l'ancien président et de M. Blé Goudé à condition qu'il leur soit interdit de rentrer en Côte d'Ivoire.

Jugés pour des accusations de crimes contre l'humanité commis entre 2010 et 2011 en Côte d'Ivoire, MM. Gbagbo et Blé Goudé ont été acquittés le 15 janvier en première instance.

Depuis ce retentissant acquittement, le maintien en détention des deux hommes était au coeur des débats devant la CPI, la défense ayant demandé une mise en liberté immédiate et inconditionnelle.

L'accusation craignait que MM. Gbagbo et Blé Goudé ne se présentent pas devant la Cour en cas d'appel, et souhaitaient que les deux hommes remettent leurs passeports et soient remis à la garde d'un pays proche des Pays-Bas.

À ce stade, l'accusation attend toujours que les juges communiquent leur décision écrite.

«Ce n'est qu'après un examen et une analyse approfondis de ces motifs que mon bureau va décider ou non d'interjeter appel», a déclaré vendredi la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3000 morts en cinq mois.

Il avait été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État à avoir été remis directement à la CPI.
MM. Gbagbo et Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

À la majorité, les juges de la chambre de première instance ont estimé que les preuves présentées par l'accusation étaient «exceptionnellement faibles». Un seul juge a exprimé une opinion dissidente.

L'acquittement de M. Gbagbo intervient à une période tendue en Côte d'Ivoire, à l'approche de la présidentielle de 2020, alors qu'Alassane Ouattara n'a pas dévoilé ses intentions et que la coalition formée avec Henri Konan Bédié, son ancien allié contre Gbagbo, a explosé. - AfricaLog avec agence

Washington appelle les Européens à reconnaître un push au Venezuela

Feb 02, 2019
Washington appelle les Européens à reconnaître un push au Venezuela

Les États-Unis ont appelé les pays européens à suivre leur exemple en reconnaissant rapidement Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela.

«Nous sommes très encouragés par la résolution adoptée par le Parlement européen reconnaissant Juan Guaido comme président par intérim», a dit jeudi la secrétaire d'État américaine adjointe pour les Amériques, soulignant que «plus de 20 pays» l'avaient déjà fait.

«Nous incitons clairement tous les gouvernements en Europe à soutenir le peuple du Venezuela et le gouvernement de transition en reconnaissant Guaido comme président par intérim», a-t-elle insisté lors d'un échange téléphonique organisé avec la presse européenne et américaine.

Washington a reconnu l'autorité de l'opposant dès son autoproclamation le 23 janvier, en lieu et place du dirigeant socialiste Nicolas Maduro.

Les 28 pays de l'Union européenne ont eux annoncé qu'ils prendraient «de nouvelles mesures» si une élection présidentielle n'était pas convoquée «dans les prochains jours » au Venezuela. Quatre pays - Espagne, France, Allemagne et Royaume-Uni - sont allés plus loin en fixant cet ultimatum à samedi, faute de quoi ils reconnaîtront Juan Guaido comme «président» chargé d'organiser ce scrutin.

Le Parlement européen a de son côté franchi le pas dès ce jeudi, appelant tous les pays de l'UE à en faire autant. - AfricaLog avec agence

Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle en RDC

Jan 20, 2019
Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle en RDC

Félix Tshisekedi a été définitivement proclamé dimanche cinquième président de la République démocratique du Congo (RDC) par la Cour constitutionnelle, restée sourde aux appels de l'Union africaine (UA) lui demandant de «suspendre» l'officialisation des résultats.

La Cour «proclame élu à la majorité simple président de la République démocratique du Congo Tshisekedi Tshilombo Félix», a déclaré le président de l'institution, Benoît Lwambwa Bindu.

M. Tshisekedi, 55 ans, succède au chef de l'État sortant Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001. C'est officiellement la première transmission pacifique du pouvoir depuis l'indépendance de la RDC le 30 juin 1960.

Son adversaire, l'autre opposant Martin Fayulu, a immédiatement appelé la communauté internationale à «ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale», se proclamant «le seul président légitime».

M. Fayulu avait dénoncé un «putsch électoral» du président sortant avec la «complicité» de M. Tshisekedi et revendiqué la victoire avec 61 % des voix.

L'opposant a été conforté dans ses affirmations par la publication dans la presse internationale et par le Groupe des experts sur le Congo (GEC) des propres estimations de l'influente Église catholique et de documents qui auraient fuité de la Commission électorale. Ces deux sources donnaient la victoire à 60 % à M. Fayulu.

La Cour a validé tels quels les résultats provisoires annoncés le 10 janvier par la Commission électorale (Céni), donnant M. Tshisekedi vainqueur avec 38,5 % des voix, devant Martin Fayulu (34,8 %) et le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary (23 %).

La plus haute juridiction du pays a rejeté le recours de M. Fayulu contre le résultat de la présidentielle du 30 décembre, en le considérant comme «non fondé».
Dans son arrêt, la Cour a estimé que M. Fayulu n'avait «pas apporté la preuve» que les résultats de la Céni n'étaient pas conformes à la réalité.

La décision des neuf juges est sans surprise, car ils sont largement considérés comme étant acquis au président Kabila. Ils se sont toutefois montrés étonnamment sévères envers la demande de M. Fayulu d'un recomptage des voix, qualifié d'«imprécis et absurde».

Le calendrier de la Céni prévoit normalement que M. Tshisekedi prête serment le 22 janvier, mais il n'est pas sûr du tout qu'il puisse être tenu.
En confirmant M. Tshisekedi, la Cour constitutionnelle a pris le risque de provoquer un bras de fer entre le pouvoir congolais et l’UA.

Elle a décidé de passer outre aux injonctions des poids lourds de l'UA, qui avaient appelé jeudi à la «suspension» de la proclamation des résultats définitifs, parce qu'ils considéraient que ceux annoncés par la Céni étaient entachés de «doutes sérieux».

Cette prise de position de l'organisation continentale avait été dénoncée par le gouvernement et par les partisans de M. Tshisekedi comme une atteinte à la souveraineté de la RDC.

Il reste maintenant à voir quelle sera l'attitude de l'UA, qui a annoncé l'envoi lundi à Kinshasa d'une délégation de haut niveau conduite par le président de sa Commission, le Tchadien Moussa Faki, et par son président en exercice, le chef de l'État rwandais Paul Kagame.

Avec ce qui peut être vu comme un passage en force, M. Kabila prend le risque d'isoler encore un peu plus son pays en Afrique centrale. Il s'agit d'un affront en particulier pour M. Kagame, dont le pays entretient depuis 25 ans des relations complexes avec la RDC.

Le centre de réflexion International Crisis Group (ICG) estimait samedi que si M. Tshisekedi devait prêter serment, l'UA pourrait être amenée à considérer des «mesures punitives, comme refuser de reconnaître le nouveau gouvernement».

Ce dernier est le fils de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Il a pris la succession de son père à la tête de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

«Nous faisons honneur à tous nos héros, nous faisons honneur à nos pères fondateurs, nous faisons honneur à tous ceux qui étaient tombés sous les balles du tyran, nous faisons honneur au peuple congolais», a déclaré le secrétaire général de l'UDPS Jean Marc Kabund.

M. Tshisekedi devra cohabiter avec un premier ministre issu de l'actuelle majorité pro-Kabila, qui a obtenu une vaste majorité (337 sièges sur 500) à l'Assemblée nationale d'après la Commission électorale.

Étrangement, M. Tshisekedi considère, comme M. Fayulu, que les résultats des législatives sont incompatibles avec ceux de la présidentielle et relèvent d'une manipulation de la Céni.

Un fort déploiement policier a été constaté samedi soir à Kikwit (ouest), l'un des fiefs de M. Fayulu, où un couvre-feu avait été déclaré le 11 janvier et où cinq personnes sont mortes dans des violences postélectorales, a indiqué Léonard Mutango, le maire de la ville.

Juste avant la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle, l'internet avait été rétabli sur tout le territoire. L'accès aux réseaux sociaux et les échanges SMS avaient été suspendus sur ordre des autorités le 31 décembre, au lendemain des élections générales. - AfricaLog avec agence

DĂ©mission du gouvernement au Burkina Faso

Jan 20, 2019
DĂ©mission du gouvernement au Burkina Faso

Confronté à des menaces terroristes et à une fronde sociale croissantes, le gouvernement du Burkina Faso a démissionné vendredi, selon un communiqué de la présidence.

«Le premier ministre Paul Kaba Thiéba a présenté dans l'après-midi sa démission ainsi que celle de son gouvernement». «Le président du Faso (l') a acceptée» et a exprimé «toute sa reconnaissance au premier ministre et à l'ensemble de ses ministres pour leur engagement au service de la nation», selon le communiqué.

Aucune explication n'a été donnée.

Economiste inconnu du grand public, Paul Kaba Thiéba était devenu en janvier 2016 (bien janvier 2016) le premier premier ministre du président Kaboré nouvellement élu.

Son profil correspondait à la priorité aux questions économiques et sociales donnée par M. Kaboré lors de sa campagne électorale, dans ce pays sahélien pauvre de 18 millions d'habitants qui connaît un chômage massif, notamment parmi les jeunes qui représentent près des trois quarts de la population.

Mais la question sécuritaire a rapidement pris de l'ampleur, avec la première attaque djihadiste à Ouagadougou (30 morts) une semaine après sa nomination.

Les attaques avaient commencé dans le nord du pays début 2015, puis se sont étendues en quatre ans à une large partie du territoire, devenant de plus en plus fréquentes et meurtrières. Les djihadistes ont perpétré aussi plusieurs prises d'otages. Les forces de sécurité burkinabè semblent impuissantes à enrayer ces violences.

M. Kaba Thiéba avait cependant été reconduit deux fois à la tête du gouvernement après des précédents remaniements.

Selon des sources proches de la présidence, cette démission fait suite à la volonté du président Kaboré de donner un nouveau souffle à l'action du gouvernement, confronté aussi à une fronde sociale, avec des mouvements d'humeur récurrents dans les différents services publics.

Des acteurs de la société et des partis politiques de l'opposition demandaient depuis plusieurs mois la démission de plusieurs membres du gouvernement, particulièrement des ministres chargés de la Sécurité et de la Défense nationale.

Le chef d'état-major général des armées a été limogé la semaine dernière.

Dernier épisode en date des violences djihadistes, un cadre canadien d'une compagnie minière, enlevé mardi dans le nord-est du Burkina, a été retrouvé mort mercredi soir, vraisemblablement assassiné par ses ravisseurs pendant leur fuite.

Six autres ressortissants Ă©trangers sont retenus en otages. - AfricaLog avec agence

Gbagbo acquitté par la CPI, scènes de liesse en Côte d'Ivoire

Jan 15, 2019
Gbagbo acquitté par la CPI, scènes de liesse en Côte d'Ivoire

Laurent Gbagbo a été acquitté mardi de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, qui a ordonné la mise en liberté de l'ancien président ivoirien, infligeant un nouveau revers à l'accusation de cette juridiction internationale.

«La Chambre fait droit aux demandes d'acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé (ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes) concernant l'ensemble des charges» retenues contre eux et «ordonne la mise en liberté immédiate des deux accusés», a déclaré le juge président Cuno Tarfusser.

Cette décision avait été prise, car «l'accusation ne s'est pas acquittée de la charge de la preuve conformément aux critères requis» par la justice internationale.

M. Gbagbo, 73 ans et M. Goudé, 47 ans, vont toutefois devoir passer encore au moins une nuit dans leur cellule du centre de détention de La Haye. Le procureur peut encore contester leur mise en liberté lors d'une audience prévue mercredi à 4h. Il aura également la possibilité de faire appel.

L'heure était à la fête dans le banc des accusés au moment de l'énoncé des acquittements. M. Gbagbo et M. Goudé sont tombés dans les bras l'un de l'autre, sous les applaudissements de leurs sympathisants.

Scènes de liesse

Scènes de liesse également en Côte d'Ivoire, où la nouvelle de la prochaine libération de M. Gbagbo a été saluée par des cris de joie, des danses et des concerts d'avertisseurs à Gagnoa, la ville natale de l'ancien président.

«Je suis content. Il n'a rien fait de mal et il a fait 7 ans de prison. C'est important qu'il soit libéré, c'est notre leader», a lancé un de ses partisans, Bertin Sery.

L'ancienne première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a également laissé éclater sa joie. «Ma conviction était faite, le président Laurent Gbagbo n'est pas coupable de tout ce dont on l’accusait».

Le porte-parole du gouvernement ivoirien, Sidi Tiemoko Touré, est resté sur sa réserve après l'acquittement: «On ne commente pas la décision de justice. Mais en toutes choses, il faut garder de la compassion pour les victimes» de la crise post-électorale qui a fait environ 3000 morts en 2010-2011.

Premier ancien chef d'État à avoir été remis à la CPI, M. Gbagbo était jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara.  

«Impunité des crimes»

M. Gbagbo et Charles Blé Goudé étaient accusés de quatre chefs de crimes contre l'humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains, pour lesquels ils ont toujours plaidé non coupable.

Après avoir occupé le palais présidentiel pendant plusieurs mois, Laurent Gbagbo avait finalement été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France, avant d'être remis à la CPI.

«Enfin la Côte d'Ivoire entière va pouvoir tourner la page des tristes événements de 2010-2011», a réagi Pascal Affi N'Guessan, président du Front Populaire Ivoirien (FPI), fondé par M. Gbagbo, avant d'ajouter: «Pour le FPI, les conditions sont désormais réunies pour l'unité en vue de la reconquête du pouvoir en 2020», date de la prochaine présidentielle dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, premier producteur mondial de cacao.

L'acquittement de MM. Gbagbo et Goudé est « une victoire de la justice », s'est félicité l'avocat principal de l'ancien président ivoirien, Emmanuel Altit.  
Mais la décision des juges ravive les critiques sur la CPI, qui essuie un nouveau camouflet. 
 
Les avocats de l'État ivoirien ont qualifié mardi de «non-sens» et de «surprenante» la décision de la CPI.  

«C'est une décision surprenante parce que quatorze demandes de mises en liberté ont été successivement refusées et on ne peut pas imaginer qu'à chaque fois la CPI n'ait pas examiné les faits. Pour nous c'est inexplicable: 3500 morts et il n'y a pas de coupable», a déclaré Me Jean-Pierre Mignard.

La plupart des tentatives de la Cour de juger des personnalités politiques de haut rang - presque toutes en Afrique - se sont terminé par des échecs ou des acquittements.

Dernier acquittement en date, celui de l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba en juin 2018. Il avait d'abord été condamné à 18 ans de prison pour des crimes commis par sa milice en Centrafrique entre 2002 et 2003.

Mais selon la défense de M. Gbagbo, son acquittement après plus de sept ans en détention et plus de deux ans de procès est, au contraire, une preuve de «professionnalisme et d'indépendance». «En rendant cette décision, la CPI a contribué à bâtir sa légitimité», a estimé Emmanuel Altit.

L'acquittement des deux hommes est «un nouveau pas vers l'impunité des crimes commis lors des violences post-électorales», a regretté la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a regretté la décision des juges, «décevante et inattendue».

En Côte d'Ivoire, M. Gbagbo est toujours sous le coup d'une condamnation de 20 ans qui date de janvier 2018 pour crimes économiques. Deux autres condamnés dans la même affaire sont libres-condamnés mais pas écroués. Il est peu probable que la police ivoirienne tente d'arrêter M. Gbagbo une fois de retour dans le pays. - AfricaLog avec agence

Liens Sponsorisés