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Compaoré bientôt jugé pour l'assassinat Sankara

Apr 13, 2021
Compaoré bientôt jugé pour l'assassinat Sankara

Le dossier de l'homicide de l'icône panafricaine Thomas Sankara a été renvoyé devant le tribunal militaire de Ouagadougou. L'ex-président du Burkina Faso Blaise Compaoré, en exil en Côte d'Ivoire, va être jugé pour l'assassinat de son prédécesseur lors du coup d'État de 1987 qui l'a porté au pouvoir.

Trente-quatre ans après la mort de Thomas Sankara, le "père de la Révolution" burkinabè, "l'heure de la justice a enfin sonné, un procès peut s'ouvrir", s'est réjoui Me Guy Hervé Kam, avocat des parties civiles.

Le dossier a été renvoyé mardi 13 avril devant le tribunal militaire de Ouagadougou, au Burkina Faso, après la confirmation des charges contre les principaux accusés, dont Blaise Compaoré, selon des avocats de la défense et des parties civiles.

"Il s'agit essentiellement de Blaise Compaoré et de 13 autres, accusés d'attentat à la sûreté de l'État", "complicité d'assassinats" et "complicité de recel de cadavres", a déclaré Me Guy Hervé Kam. "Il appartient donc au procureur militaire de programmer une date d’audience."

Davantage de personnes étaient mises en cause initialement, mais "beaucoup d'accusés sont décédés", a précisé l’avocat.

Parmi les accusés figurent également le général Gilbert Diendéré, l'un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987, devenu ensuite chef d'état-major particulier de Blaise Compaoré, ainsi que des soldats de l'ex-garde présidentielle.

Le général purge actuellement au Burkina Faso une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'État en 2015.

"Le dossier est renvoyé" devant le tribunal, la date du procès "n'est pas encore décidée" mais celui-ci pourrait avoir lieu "très bientôt", les mandats d'amener des accusés non "encore détenus ayant été ordonnés ce matin", a indiqué Me Mathieu Somé, avocat du général Gilbert Diendéré.

Arrivé au pouvoir par un coup d'État en 1983, le président Sankara a été tué par un commando le 15 octobre 1987 à 37 ans, lors du putsch qui porta au pouvoir son compagnon d'armes d'alors, Blaise Compaoré.

La mort de Sankara, devenue une figure panafricaine et surnommé le "Che Africain", était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de Blaise Compaoré, lui-même renversé par une insurrection populaire en 2014.

L'affaire a été relancée, après la chute de Blaise Compaoré, par le régime de transition démocratique. Un mandat d'arrêt international a été émis contre lui par la justice burkinabè en décembre 2015.

Exilé en Côte d'Ivoire depuis sa chute, Blaise Compaoré a obtenu la nationalité ivoirienne et ne peut pas être extradé. Il devrait donc être jugé par contumace. - AfricaLog avec agence

L’UA veut créer cinq pôles de fabrication de vaccins

Apr 13, 2021
L’UA veut créer cinq pôles de fabrication de vaccins

Ce projet a été scellé par la signature d’accords avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi) qui co-pilote déjà le programme Covax avec l’Alliance du Vaccin (Gavi) et l’OMS-ainsi qu’avec la banque panafricaine Afreximbank (Africa Export-Import Bank) et l’Africa Finance Corporation, une institution financière panafricaine.  

Ces cinq pôles de recherche et de fabrication de vaccins seront développés dans les «dix à quinze prochaines années», dans chacune des cinq grandes régions du continent (Afrique du Nord, Afrique occidentale, Afrique centrale, Afrique australe, Afrique de l’Est), a détaillé John Nkengasong, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (Africa CDC), qui dépend de l’UA.

L’objectif est de fabriquer localement, d’ici 20 ans, 60 % des vaccins utilisés sur le continent, contre 1 % actuellement.

«Nous avons conscience qu’il s’agit d’un vrai défi », a souligné M. Nkengasong, en clôture de deux jours de sommet virtuel sur ce thème. Mais «si l’Afrique ne prévoit pas aujourd’hui de répondre à ses besoins en matière de sécurité vaccinale, alors nous nous préparons définitivement à l’échec», a-t-il ajouté.

Il a souligné l’importance «de faire un bond en avant en s’appuyant sur la technologie de l’ARN messager», et évoqué l’intérêt du Sénégal, de l’Afrique du Sud et du Rwanda de s’engager dans cette voie.  

Le directeur de Cepi, Richard Hatchett, s’est félicité de participer à «renforcer la capacité de l’Afrique à prévenir, détecter et répondre aux menaces infectieuses émergentes et réémergentes».

«Il faudra des ressources financières suffisantes, des législations harmonisées en Afrique et des incitatifs», a déclaré le président en exercice de l’Union africaine, Félix Tshisekedi, en appelant «solennellement la diaspora africaine à travers le monde pour aider aux renforcements des capacités de fabrication de médicaments et de vaccins en Afrique».

Ce projet «ne se contentera pas de se battre contre la COVID-19 mais permettra d’implanter une fabrication de vaccins pour les maladies connues et de se préparer pour les épidémies et pandémies à venir», a ajouté le président de la RDC.  
La question de l’inégalité de l’accès aux vaccins en Afrique a été mise en lumière par la pandémie de coronavirus.

L’OMS Afrique avait ainsi déploré le 8 avril que «moins de 2 % des 690  millions de doses de vaccin anti-COVID-19 administrées jusqu’à présent à l’échelle mondiale l’ont été en Afrique».

Près de 13  millions de doses avaient été administrées en Afrique à cette date, selon l’OMS. - AfricaLog avec agence

Gbagbo et Blé Goudé "libres de rentrer en Côte d’Ivoire"

Apr 07, 2021
Gbagbo et Blé Goudé "libres de rentrer en Côte d’Ivoire"

Le président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, a affirmé que l'ancien président Laurent Gbagbo et son ex-ministre Charles Blé Goudé étaient "libres de rentrer quand ils le souhaitent" dans le pays. Une annonce qui intervient une semaine après l'acquittement définitif des deux hommes jugés pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale.

Après 10 ans d'absence, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé reviendront-ils bientôt en Côte d'Ivoire? L'ancien président ivoirien et son ex-ministre de la Jeunesse, définitivement acquittés de crimes contre l'humanité par la justice internationale, "sont libres de rentrer en Côte d'Ivoire quand ils le souhaitent", a déclaré mercredi 7 avril le président Alassane Ouattara.

"Des dispositions seront prises pour que Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et indemnités dus aux anciens présidents de la République", a ajouté le chef de l'État ivoirien à l'ouverture du Conseil des ministres à Abidjan, précisant que "les frais de voyage de l'ancien président et des membres de sa famille seront pris en charge par l'État de Côte d’Ivoire".

Le chef de l'État n'a pas évoqué la condamnation en Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo à 20 ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les violences post-électorales de 2010-2011.

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé le 31 mars l'acquittement, prononcé en 2019, de Laurent Gbagbo, définitivement reconnu non coupable de crimes contre l'humanité, ouvrant la voie à son retour en Côte d'Ivoire après une décennie d’absence.

Les juges ont rejeté l'appel de la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, contre les acquittements de Laurent Gbagbo et d'un de ses proches, Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes, prononcés en janvier 2019 à l'issue d'un procès pour crimes contre l'humanité liés aux violences post-électorales en 2010 et 2011.

Laurent Gbagbo, premier ancien chef d'État jugé par la CPI, et Charles Blé Goudé ont toujours clamé leur innocence dans ces crimes ayant fait 3 000 morts en Côte d'Ivoire, lors de violences nées du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître fin 2010 la victoire à la présidentielle de son rival Alassane Ouattara.

Au nom de la "réconciliation nationale", les autorités avaient octroyé fin 2020 à Laurent Gbagbo deux passeports, un ordinaire et un diplomatique, et l'intéressé avait alors exprimé son souhait de rentrer dès décembre. Ce retour, qu'il avait ensuite annoncé pour "bientôt", restait suspendu à la décision de la CPI, mais il l'était aussi à un feu vert définitif du pouvoir désormais acquis. - AfricaLog avec agence

Acquittement de Gbagbo Ă  la CPI: une gifle Ă  Ouattara

Mar 31, 2021
Acquittement de Gbagbo Ă  la CPI: une gifle Ă  Ouattara

La chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé l'acquittement de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo des crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis entre décembre 2010 et avril 2011 en Côte d'Ivoire dont il était accusé.

"La chambre d'appel, à la majorité, n'a trouvé aucune erreur qui aurait pu matériellement affecter la décision de la chambre de jugement", a déclaré le président de la cour, Chile Eboe-Osuji, qui a lu la décision des juges.

Le ministère public, à l'origine de l'appel sur lequel la CPI a statué mercredi, avançait que les juges de première instance avaient commis une erreur en considérant en 2019 que l'accusation n'avait pas apporté la preuve de la culpabilité de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, son coaccusé.

Les juges avaient acquitté les deux hommes des accusations à leur encontre de crimes contre l'humanité pour leur rôle présumé dans les violences post-électorales en Côte d'Ivoire en 2010-2011.

Ils avaient mis fin au procès avant même que la défense ne s'exprime, estimant que les preuves soumises n'étaient pas suffisantes pour soutenir une possible condamnation.

Laurent Gbagbo, désormais âgé de 75 ans, a occupé la présidence ivoirienne de 2000 à 2011 au moment de son arrestation, survenue après qu'il a refusé d'accepter sa défaite électorale face à son rival Alassane Ouattara, l'actuel président d’un troisième mandat controversé, qui a poussé à la violence avec près de 100 morts.

Les violences qui ont suivi le scrutin de 2010-2011ont fait 3.000 morts.
La chambre d'appel de la CPI a par ailleurs demandé que soient levées toutes les restrictions à l'égard de Laurent Gbagbo, qui se trouve en liberté conditionnelle en Belgique et pourrait ainsi revenir en Côte d’Ivoire. - AfricaLog avec agence

Pustch déjoué au Niger

Mar 31, 2021
Pustch déjoué au Niger

Une unité militaire a tenté pendant la nuit de mardi à mercredi de s'emparer du palais présidentiel à Niamey, capitale du Niger, mais les assaillants ont été repoussés et l'ordre a été rétabli, a annoncé mercredi un porte-parole du gouvernement, à deux jours de l'investiture du nouveau chef de l'Etat élu.

Les assaillants, en provenance d'une base de l'armée de l'air, se sont enfuis après une riposte de la garde présidentielle lors de violents affrontements marqués par des bombardements et fusillades aux abords du palais présidentiel, ont déclaré trois sources au sein de l'appareil sécuritaire nigérien.

Ces différentes sources n'ont pas précisé où avaient fui les assaillants ni où se trouvent le président élu Mohamed Bazoum, dont la prestation de serment est prévue vendredi, et le président sortant Mahamadou Issoufou, qui doit se retirer après deux mandats de cinq ans consécutifs.

L'ancien émissaire américain au Sahel J. Peter Pham a écrit sur Twitter que les deux hommes se trouvaient en lieu sûr.

Les services du président nigérien ont diffusé sur Twitter des photos d'Issoufou présidant mercredi matin la cérémonie de prestation de serment de deux nouveaux juges de la cour constitutionnelle.

S'exprimant lors d'une conférence de presse dans l'après-midi, le porte-parole du gouvernement nigérien, Abdourahamane Zakaria, a déclaré que l'attaque survenue dans la nuit était une tentative de coup d’Etat.

"Le gouvernement condamne cet acte lâche et rétrograde qui vise à mettre en danger la démocratie et l'Etat de droit pour lesquels notre pays est résolument engagé", a-t-il déclaré.

"Le gouvernement félicite la garde présidentielle et les autres forces de défense et de sécurité pour leur réaction rapide, preuve de leur loyauté envers la République", a-t-il poursuivi, refusant de répondre à d'éventuelles questions.
Il a ajouté que la situation était désormais sous contrôle. Plusieurs personnes ont été arrêtées et d'autres sont recherchées, a-t-il également précisé.

Plusieurs témoins avaient auparavant rapporté que la situation semblait normale en milieu de matinée à Niamey, avec des rues ouvertes à la circulation.

Selon un journaliste sur place, la fusillade aux abords du palais présidentiel a éclaté vers 03h00 et a duré environ une demi-heure.

Dans un communiqué, l'ambassade des Etats-Unis a dit qu'elle resterait fermée toute la journée en raison des coups de feu entendus dans son voisinage. Elle a averti que la situation restait fragile sur le plan de la sécurité en cette période post-électorale.

L'adversaire malheureux de Mohamed Bazoum, Mahamane Ousmane, a refusé de reconnaître la victoire du président élu au deuxième tour du scrutin de février et a dénoncé une fraude électorale.
Des manifestations parfois violentes ont eu lieu depuis Ă  Niamey.
Mercredi dans la capitale, des partisans de Mahamane Ousmane ont affronté la police, qui a tiré, selon des témoins, des gaz lacrymogènes pour disperser un rassemblement.

Plusieurs routes à la périphérie de la capitale ont par ailleurs été fermées, ont indiqué ces témoins.

Le scrutin présidentiel a marqué la première transition démocratique au Niger, théâtre de quatre coups d'Etat militaires depuis son indépendance de la France en 1960.
Le pays est fragilisé par l'activité de groupes islamistes également présents au Mali et au Burkina Faso voisins. - AfricaLog avec agence

Décès du PM ivoirien Hamed Bakayoko

Mar 10, 2021
Décès du PM ivoirien Hamed Bakayoko

Surnommé "Golden Boy" pour ses réussites en affaires, Hamed Bakayoko a ensuite connu une ascension politique qui l'a mené au poste de Premier ministre, qu'il n'aura occupé que neuf mois, avant son décès mercredi à 56 ans d'un cancer foudroyant.

Personnalité atypique et charismatique, bon vivant, Hamed Bakayoko avait gravi les échelons pour devenir un pilier du régime du président Alassane Ouattara, jusqu'au poste de chef de gouvernement où il avait été nommé le 30 juillet 2020, après la mort, elle aussi brusque, de son prédécesseur Amadou Gon Coulibaly.

Beaucoup voyaient "HamBak" , populaire y compris au-delà de son camp, comme un possible successeur au président Ouattara dans l'avenir.
Rendant hommage à son "fils", le chef de l'Etat l'a qualifié de "grand homme d'Etat", saluant sa "loyauté exemplaire”.

D'abord militant politique, puis homme de médias dans les années 1990, Hamed Bakayoko était devenu ministre au début des années 2000. Il avait été ensuite de tous les gouvernements pendant près de 20 ans.

Né le 8 mars 1965 à Abidjan, dans une famille de la classe moyenne, ce musulman originaire du Nord de la Côte d'Ivoire, au physique athlétique, s'était intéressé dès sa jeunesse au journalisme et à la politique.

A 25 ans, il avait créé le journal "Le Patriote", qui deviendra le quasi-organe du Rassemblement des Républicains (RDR), le parti d'Alassane Ouattara, auquel il avait adhéré dès sa fondation en 1994.

Il avait ensuite, en 1993, pris les commandes de Radio Nostalgie Côte d'Ivoire, la première radio commerciale du pays, en plein printemps de la presse ivoirienne. Ce qui l'avait rapproché du milieu de la musique et du showbiz, dans lequel il aimait s’afficher.

Après la mort en 2019 de la star du coupé-décalé DJ Arafat, dont il était proche, il s'était montré aux premières loges des funérailles.

Son ascension politique avait vraiment commencé dans les années 2000. En 2003, à 38 ans, il était devenu ministre des Télécommunications et des nouvelles technologies, un poste qu'il gardera dans tous les gouvernements d'union nationale, sous le régime de l'ex-président Laurent Gbagbo.

Selon son ancien collaborateur au Patriote, Meïté Sindou, c'était "un homme de défi", qui allait "jusqu'au bout" de ses idées.

Avec l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara en 2011, Hamed Bakayoko avait hérité du stratégique ministère de l'Intérieur, qu'il avait conservé sous trois gouvernements jusqu'en 2017, réussissant à maintenir l'ordre dans un pays revenant à la paix, notamment grâce à ses nombreuses relations dans tous les milieux, aussi bien parmi les anciens chefs de la rébellion que dans l’opposition.

En juillet 2017, il avait été nommé ministre d'Etat, ministre de la Défense, et numéro deux du gouvernement, où il avait eu la lourde tâche de gérer plusieurs mutineries dans l’armée.

En 2018 il avait été élu maire d'Abobo, l'une des deux grandes communes populaire d'Abidjan, au terme d'un scrutin cependant terni par des violences.
En 2020 son nom avait circulé comme présidentiable, avant la désignation du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly comme candidat du parti au pouvoir pour la présidentielle d’octobre.

Après la mort inattendue de ce dernier d'un infarctus, qui a conduit M. Ouattara a revenir sur son engagement et à se faire réélire, M. Bakayoko avait d'abord été désigné pour assurer l'intérim, puis nommé Premier ministre.

Après l'élection présidentielle du 31 octobre marquée par le boycott de l'opposition et des violences ayant fait une centaine de morts, "HamBak" avait ramené l'opposition à la table des négociations, ce qui a permis des élections législatives apaisées, avec la participation de toutes les forces politiques.

Quatre jours avant sa mort, il avait lui-même été largement réélu député dans son fief de Séguéla (Nord) aux législatives du 6 mars.

Hamed Bakayoko était marié à une avocate, avec laquelle il a eu quatre enfants. - AfricaLog avec agence

Ousmane Sonko a séduit les jeunes Sénégalais

Mar 10, 2021
Ousmane Sonko a séduit les jeunes Sénégalais

Principal opposant au président Macky Sall, Ousmane Sonko a séduit les jeunes Sénégalais avec des idées antisystèmes. Son inculpation dans une affaire de viol présumé et son arrestation ont déclenché une crise politique inédite. De nouveau libre, mais sous contrôle judiciaire, il a appelé ses partisans à poursuivre de manière "pacifique" la contestation qui secoue le Sénégal depuis le 3 mars.

"Il faut garder cette mobilisation. Il faut qu'elle soit beaucoup plus importante même, mais il faut surtout qu'elle soit pacifique." Ousmane Sonko s'est exprimé lundi 8 mars, face à la presse, quelques heures après avoir été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Le député de 46 ans a également déclaré que le président Macky Sall n'était plus "légitime à diriger le Sénégal".

Convoqué le 3 mars au tribunal de Dakar pour répondre aux accusations de viol d'une jeune employée d'un salon de beauté, Ousmane Sonko a été arrêté à la suite de heurts entre ses partisans et les forces de l'ordre. Les violences se sont ensuite propagées dans plusieurs villes du pays, faisant au moins cinq morts.

Quasiment inconnu avant l'élection présidentielle de 2019, Ousmane Sonko s'est imposé comme le principal opposant du chef de l'État en arrivant troisième du scrutin avec 15 % des voix (derrière Macky Sall et Idrissa Seck).

Alors qu'il a affirmé sa position auprès des jeunes électeurs, les principaux rivaux du chef de l'État ont, eux, été écartés de la vie politique ces dernières années. Karim Wade, fils et ancien ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade, et Khalifa Sall, maire déchu de Dakar, ont tous deux été condamnés pour malversations financières. Et l'ancien Premier ministre Idrissa Seck a, lui, préféré rejoindre les rangs de la majorité.

Fils de parents fonctionnaires, et originaire de Casamance dans le sud du Sénégal, Ousmane Sonko s'est lancé en politique en 2014 en créant son propre parti, le Pastef (Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité).

Élu député trois ans plus tard, il se montre à l'aise à la télévision et souriant lors de ses rencontres avec les militants. Avec des phrases souvent percutantes, il s'inscrit en faux contre le récit officiel d'un Sénégal "sur la voie de l'émergence", mantra du président Macky Sall.
"Ousmane Sonko a une personnalité différente de celles de l'establishment politique sénégalais. C'est quelqu'un qui a un discours de rupture par rapport au système et qui est très populaire auprès de la jeunesse sénégalaise. Le Sénégal, comme tous les pays de la région, est très jeune et cela constitue un poids électoral important", analyse l'économiste et politologue sénégalais Olakounlé Gilles Yabi.

Parmi les thèmes régulièrement abordés par le député, et qui lui valent l'étiquette d'anti-système : la défense de la souveraineté économique et le plaidoyer pour une sortie du franc CFA, présenté comme un symbole post-colonial.

Ousmane Sonko a également fait de la dénonciation de la fraude fiscale et de la critique du train de vie de l'État et de l'endettement son cheval de bataille. Diplômé en finances publiques et employé comme fonctionnaire pendant quinze ans, il a été radié en 2016 de son poste d'inspecteur des impôts après avoir dénoncé l'opacité de certains contrats publics ainsi que les privilèges indus selon lui de la classe politique.

Deux ans plus tard, il a publié l'ouvrage "Pétrole et gaz au Sénégal - Chronique d'une spoliation", dans lequel il accuse le président Macky Sall et son entourage de malversations dans la gestion des ressources naturelles du pays.

"Théoriquement, aucun homme politique au Sénégal ne devrait être très, très riche, puisque nous savons d'où provient la richesse, souvent, des hommes politiques en Afrique. C'est de la richesse qui provient des détournements de deniers publics", dénonçait-il en 2018.

Malgré son contrôle judiciaire, Ousmane Sonko n'entend pas baisser les armes face à Macky Sall. Il a appelé lundi à poursuivre la mobilisation. "La révolution est déjà lancée, rien ni personne ne pourra l'arrêter", a-t-il déclaré face à la presse.

"Il est très clair qu'Ousmane Sonko est dans une logique d'utilisation de la mobilisation de ces derniers jours comme un élément important dans une bataille politique contre le pouvoir en place", estime Olakounlé Gilles Yabi.

Une analyse que partage, le politologue Papa Fara Diallo, enseignant-chercheur à l'université Gaston-Berger, à Dakar. "Ousmane Sonko a tout intérêt à politiser cette affaire pour ne pas laisser prospérer le débat sur une accusation de viol qui n'arrange pas son image.”

L'opposant a bien compris que les manifestations de ces derniers jours avaient largement dépassé les accusations qui le visent. La pandémie de Covid-19 a provoqué une crise économique qui frappe durement les jeunes Sénégalais, dont beaucoup se sont retrouvés au chômage.

"C'est sur ce terreau, que la perception d'un recul de l'État de droit ces dernières années est venu créé un très grand sentiment de frustration qui a profité à Ousmane Sonko. Il n'est pas le seul déclencheur de ces manifestations", souligne Olakounlé Gilles Yabi.

Dans un discours prononcé lundi soir, le président Macky Sall a, lui, appelé les Sénégalais au "calme et à la sérénité". "Tous, ensemble, taisons nos rancœurs et évitons la logique de l'affrontement qui mène au pire", a déclaré Macky Sall dans une allocution retransmise à la télévision. Il a appelé à laisser la justice "suivre son cours en toute indépendance" dans le dossier de viols présumés qui vise Ousmane Sonko. - AfricaLog avec agence

L'OMS va aider la Guinée face à la résurgence d’Ebola

Feb 15, 2021
L'OMS va aider la Guinée face à la résurgence d’Ebola

Le représentant de l'OMS en Guinée a annoncé dimanche le déploiement rapide de moyens pour faire face à la résurgence de l'épidémie d'Ebola. Le pays a confirmé au moins sept cas dont trois mortels.
L'alerte intervient après la confirmation d'au moins sept, peut-être huit cas, dans le sud-est du pays, région proche de la frontière avec le Libéria. Trois personnes en tout cas sont mortes, mais un quatrième décès est peut-être aussi imputable au virus.
Il s'agit de la première résurgence signalée de la maladie en Afrique de l'Ouest, d'où était partie la pire épidémie de l'histoire d'Ebola, qui avait fait plus de 11'300 morts entre 2013 et 2016.

L'organisation mondiale de la Santé (OMS) va déployer rapidement des moyens, dont des doses de vaccins, pour aider la Guinée, a indiqué le représentant de l'agence de l'ONU à Conakry.

"Nous allons déployer rapidement les capacités nécessaires pour appuyer la Guinée, qui a déjà une grande expérience", a déclaré devant la presse le professeur Alfred George Ki-Zerbo à l'issue d'une réunion avec les autorités sanitaires du pays.
"L'arsenal est aujourd'hui plus étendu et nous devons en tirer profit pour pouvoir circonscrire cette situation le plus rapidement possible. L'OMS est alertée à tous les niveaux, au niveau du siège et en lien avec le fabriquant (de vaccins), pour que les doses nécessaires soient mises à disposition le plus rapidement possible pour aider à cette riposte", a-t-il ajouté.

Le président libérien a ordonné dimanche aux professionnels de la santé de renforcer la vigilance épidémiologique dans le pays et de prendre "des mesures préventives”.

"George Weah a demandé aux autorités sanitaires libériennes et à leurs partenaires du secteur de renforcer la surveillance épidémiologique et les mesures préventives en raison de la résurgence du virus mortel d'Ebola en Guinée voisine", a indiqué dans un communiqué la présidence libérienne.
Cette dernière assure cependant qu'aucun cas n'a encore été détecté sur le territoire du Libéria.
La République démocratique du Congo a également annoncé, le 7 février, une nouvelle "résurgence" de la maladie dans l'Est du pays, où l'OMS a dépêché une équipe d'épidémiologistes et se prépare à une campagne de vaccination dans la zone touchée. En date du 10 février, les autorités congolaises avaient enregistré deux décès dus à cette nouvelle vague d'Ebola dans la province du Nord-Kivu. - AfricaLog avec agence

Trump acquitté d’un étrange procès

Feb 15, 2021
Trump acquitté d’un étrange procès

Le Congrès américain a acquitté Donald Trump à l'issue de son deuxième procès en destitution.
Un peu de plus de trois semaines après la passation de pouvoir avec Joe Biden, une autre page se tourne.
Les historiens débattront longtemps de l'impact de l'assaut du 6 janvier contre le Capitole et de l'étrange procès qui a suivi sur la démocratie américaine.
Mais à court et moyen terme, quels seront les conséquences sur les principaux acteurs de la vie politique?

MĂŞme si le suspense Ă©tait quasi-nul, l'acquittement est Ă©videmment un soulagement pour Donald Trump.
A court terme, ce vote lui offre l'occasion de reprendre l'un de ses arguments de campagne favoris: se poser en martyr, en victime d'une incessante "chasse aux sorcières”.

Seul président de l'histoire mis en accusation deux fois, il est aussi le seul à avoir été acquitté deux fois. "Cela peut être un cri de ralliement: marteler qu'il a été pris pour cible par la gauche et par la presse, de manière injuste", souligne Capri Cafaro, ex-élue démocrate et enseignante à l'American University.

Réagissant au verdict du Sénat, Donald Trump a semblé prendre date pour l'avenir. "Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer", a-t-il affirmé.

Mais l'équation, qui a fonctionné pendant ses quatre années au pouvoir, est devenue plus compliquée depuis la sombre journée du 6 janvier et les violences perpétrées par ses partisans.

Nombre de responsables républicains ont pris leurs distances, ce qui constitue un handicap de taille en vue d'une éventuelle reconquête même si sa capacité à galvaniser les foules reste atout de poids.

Sans mandat électif, privé de son compte Twitter, reclus dans son club de golf de Mar-a-Lago, à plus de 1.300 kilomètres de Washington, il pourrait en outre avoir du mal désormais à ses faire entendre.
D'autant que la prochaine échéance présidentielle de 2024 aiguise déjà les appétits.

L'une des prétendantes possibles à l'investiture républicaine, Nikki Haley, a déjà coupé les ponts et estimé qu'il était hors-jeu pour les échéances à venir.
"Il a pris un chemin qu'il n'aurait pas dû prendre, et nous n'aurions pas dû le suivre et nous n'aurions pas dû l'écouter. Et nous ne devons jamais laisser cela recommencer”.

Après d'être rangé - parfois à contre-coeur mais toujours docilement - derrière Donald Trump pendant quatre ans, le Grand Old Party traverse une période d'immenses secousses.
Une poignée d'élus crient haut et fort que la place de Donald Trump ne peut être remise en cause et qu'il est le candidat naturel pour 2024.

"Ce parti est le sien. Il n'appartient à personne d'autre", lançait il y a quelques jours l'élue républicaine Marjorie Taylor Greene, qui a temps soutenu les thèses de la mouvance d'extrême droite complotiste QAnon.
Mais nombre de ténors du parti souhaitent un nouveau départ. Confrontés à ses sondages qui restent flatteurs pour Trump, ils s'interrogent sur la façon de tourner la page: Brutalement? Lentement? Imperceptiblement?

Au-delà du traumatisme du 6 janvier, le parti le tient pour responsable de la perte du Sénat: son refus d'accepter sa défaite pendant plus de deux mois a placé le "GOP" dans une position bancale lors des deux sénatoriales partielles de début janvier, remportées par les démocrates.

Reste un point inquiétant pour les stratèges du parti : le soutien à Trump lors de son procès en destitution, guidé par la volonté de ne pas fâcher l'ex-président, pourrait avoir un coût électoral.

"Les sénateurs qui ont voté l'acquittement se sont peut-être protégés contre des primaires périlleuses face à des candidats plus extrêmes au sein de leur parti, mais ils se sont aussi rendus plus vulnérables lors des vraies élections", souligne Wendy Schiller, Brown University.
Le leader républicain au Sénat Mitch McConnell a voté l'acquittement, s'abritant derrière des questions de droit. Mais pour immédiatement déclarer que Donald Trump est "dans les faits" et "moralement" responsable des violences du 6 janvier.

Une centaine d'anciens responsables américains ont fait circuler l'idée ces derniers jours de la création d'un nouveau parti de centre-droit qui rassemblerait les républicains souhaitant couper net avec le trumpisme.
Mais les chances de casser le modèle américain qui s'articule, depuis toujours, autour de deux partis, apparaissent extrêmement minces.

Pour Joe Biden aussi, le fait que le procès de son prédécesseur fut extrêmement rapide (cinq jours) est un soulagement, tant il redoutait qu'il ne parasite le début de son mandat.

Concrètement, cela signifie que le Sénat aura plus de temps à consacrer à la confirmation des membres de son gouvernement et à ses priorités législatives.

Plus largement, il peut désormais appliquer, communication millimétrée à l'appui, sa stratégie sans interférences: se concentrer sur la lutte contre le Covid-19 et faire abstraction de son prédécesseur.

Lui reste une tâche infiniment plus délicate au sortir de cette séquence inédite dans l'histoire: rassembler, comme il l'a promis en campagne, une Amérique fracturée. - AfricaLog avec agence

Joe Biden devient le 46e président des États-Unis

Jan 20, 2021
Joe Biden devient le 46e président des États-Unis

L'homme de 78 ans a prêté serment sur la bible, comme l'ont fait avant lui George Washington, Franklin D. Roosevelt ou encore John F. Kennedy.

Le moment était attendu depuis le 3 novembre dernier. Joe Biden est devenu ce mercredi le 46e président des États-Unis lors d'une cérémonie d'investiture à laquelle n'assistait pas son prédécesseur Donald Trump, parti pour la Floride quelques heures plus tôt.

Main gauche sur la bible, main droite levée, l'ancien vice-président de Barack Obama, qui accède à la Maison Blanche à 78 ans à l'issue d'une très longue carrière politique, a prêté serment comme l'ont fait avant lui George Washington, Franklin D. Roosevelt ou encore John F. Kennedy.

"Je jure solennellement que j'accomplirai loyalement les fonctions de président des Etats-Unis et que je ferai de mon mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution des Etats-Unis", a-t-il déclaré sur les marches du Capitole.

Lors de son discours inaugural, le nouveau chef d'État a abordé de nombreux sujets, et a salué une journée "d'espoir" pour le pays. "La démocratie l'a emporté", a-t-il ajouté, en réponse aux allégations de fraudes lancées par Donald Trump depuis les résultats de l'élection présidentielle.

En ce qui concerne les graves événements de ces dernières semaines, dont l'attaque du Capitole par plusieurs dizaines de manifestants pro-Trump, Joe Biden a appelé à "l'unité, et a assuré qu'il luttera lors de son mandat contre "le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur.” - AfricaLog avec agence

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