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Lynchages, exécutions sommaires, pas de pitié en Libye

Aug 27, 2011

Coups, lynchages et exécutions sommaires: les combattants des deux camps, pro-Kadhafi et rebelles libyens, n'ont guère montré de pitié pour leurs adversaires lors des violents affrontements de ces derniers jours pour le contrôle de Tripoli.

La situation semblait apaisée vendredi dans la capitale écrasée de chaleur, après les combats, parfois intenses, depuis mardi. Quelques coups de feu résonnaient au loin, parfois une explosion, mais rien de comparable aux jours précédents.

Dans le quartier loyaliste d'Abou Salim, au sud de la ville, une vingtaine de cadavres pourrissaient au soleil sur le rond-point de Bab al-Aziziya, tout près du complexe d'où Mouammar Kadhafi avait dirigé la Libye.

"Des hommes de Kadhafi, des mercenaires étrangers", selon un combattant rebelle, Ibrahim Abdulhadin, gardant un check-point tout proche.

Plusieurs corps sont ligotés, tués par balle dans le dos - apparemment des exécutions sommaires, ce que confirment à mi-voix plusieurs rebelles gênés.

Ils font valoir que les forces loyalistes font de même depuis des mois contre la population, torturant, fusillant, n'hésitant pas à tirer à l'arme lourde, au canon antiaérien ou mortier, sur des manifestants, ou à bombarder les villes insurgées à l'artillerie lourde.

Ces faits, abondamment rapportés par la presse et les organisations de défense des droits de l'Homme, ont joué un rôle important dans le rejet de Mouammar Kadhafi par ses concitoyens.

Les hommes du dictateur semblent avoir conservé leurs habitudes pendant la bataille de Tripoli.
Jeudi, pendant que les deux camps s'affrontaient intensément dans la capitale, des combattants rebelles montrent deux cadavres allongés dans un hall d'immeuble.

"Ce sont des habitants du quartier qui ont refusé de prendre les armes distribuées par les hommes de Kadhafi pour nous combattre. Ils les ont exécutés d'une balle dans le crâne", explique un rebelle. Plusieurs habitants d'Abou Salim confirment.

Mais quelques heures plus tard, alors que les rebelles ont pris le dessus et fait plusieurs prisonniers, un homme vivant est jeté à terre, un coup de feu claque, le corps ne bouge plus.

Un groupe de "thowar", les combattants révolutionnaires, malmène un autre prisonnier. Il tombe et c'est le début d'un lynchage. Il reçoit une pluie de coups de pied qui l'auraient tué rapidement si un thowar n'était intervenu: "Arrêtez! Arrêtez! Journalistes!", hurle-t-il.

Une famille sort d'un immeuble criblé d'impacts, une petite fille blessée dans les bras du père. Les rebelles acceptent d'évacuer vers un hôpital, mais refusent de faire de même pour un adolescent d'une quinzaine d'années avec une balle dans la jambe, qu'ils chassent en l'insultant.

La cinquantaine grisonnante, Abdelnasser justifie l'ire de ses compagnons: "la plupart des habitants ici sont pour Kadhafi et certains nous tirent dessus. On ne peut pas leur faire confiance, même les jeunes comme lui".

Nouveau prisonnier pro-Kadhafi, nouveau rassemblement de rebelles hostiles autour de lui. Un thowar blessé à l'épaule s'approche, lui flanque un, deux, trois coups de poing dans la tête.

Nouvelle intervention d'un chef rebelle: "Arrêtez! Journalistes, journalistes!"

L'homme, secoué de toutes parts par la foule en colère et armée, est emmené vers un destin inconnu, sans doute peu enviable.

L'ONG Human Rights Watch a dénoncé à de multiples reprises les violations des droits de l'Homme et du droit de la guerre en Libye, côté pro-Kadhafi souvent, et parfois côté rebelle.

Leur chef des opérations militaires à Tripoli, Abdel Najib Mlegta, a dénoncé vendredi des "meurtres en masse" commis aux dernières heures du régime lundi, dans le complexe de Bab al-Aziziya.

"Des gardes de Kadhafi ont tué plus de 150 prisonniers" rebelles à la grenade avant de fuir, a-t-il affirmé. – avec AFP

 

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