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Mortalité imputable à l'avortement clandestin élevée en Afrique

Jan 19, 2012

Le nombre d'avortements clandestins tend à progresser dans le monde, selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Guttmacher Institute qui souligne l'effet pervers des «législations restrictives» dans les pays en développement.

Alors que le taux d'avortement est resté globalement stable entre 2003 et 2008, la part des avortements «non médicalisés» clandestins, essentiellement pratiqués dans les pays en développement, a progressé, note cette étude, publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet.

La proportion d'avortements «non médicalisés» pratiqués dans le monde, est passée de 44% en 1995, à 47% en 2003 puis 49% en 2008, selon les chiffres de cette étude.

Au même moment, le taux mondial d'avortement qui se calcule en nombre d'avortements pour 1000 femmes en âge de procréer (de 15 à 44 ans), est passé de 35 pour 1000 en 1995 à 29 pour 1000 en 2003 puis 28 pour 1000 en 2008.

Les avortements non médicalisés ont causé 220 décès pour 100 000 actes en 2008. «Cette mortalité se situe presque entièrement dans les pays en développement» indique dans un communiqué le Guttmacher Institute, institut basé aux Etats-Unis, spécialisé dans la reproduction et la sexualité.

Selon l'étude, chaque année, environ 8,5 millions de femmes des régions en développement souffrent de complications d'avortement et parmi celles-ci trois millions ne reçoivent pas les soins nécessaires.

Le continent africain est le principal point noir: cette région ne rassemble que 17% de la population féminine du monde en développement en âge de procréer, mais représente la moitié de la mortalité imputable à l'avortement non médicalisé.

Forte disparité régionale en Europe

«La mortalité et l'incapacité liées à l'avortement non médicalisé» seraient «totalement évitables», notamment avec des législations adaptées, a estimé l'un des signataires de l'étude, Iqbal H. Shah de l'OMS.

Les législations restrictives en matière d'IVG ne sont pas associées à de moindres taux d'avortement, tout au contraire, relève l'étude. Les deux régions réputées les plus «restrictives», l'Afrique et l'Amérique latine, affichent des taux d'avortement élevés, de 29 et 32 pour 1000 femmes en âge de procréer.

Au contraire en Europe de l'Ouest où les interruptions volontaires de grossesse (IVG) sont généralement légales, le taux d'avortement n'est que de 12 pour 1000.

En Afrique, la région australe fait figure d'exception avec le taux d'avortement le plus faible du continent, à 15 pour 1000, car les femmes y bénéficient de «la législation libérale d'Afrique du Sud».

L'étude note toutefois une forte disparité régionale en Europe, avec un taux faible à l'ouest (12 pour 1000) et au nord (17 pour 1000) mais beaucoup plus élevé en Europe de l'Est (43 pour 1000).

«Cet écart s'explique par les niveaux relativement faibles des pratiques contraceptives modernes» à l'est, explique le Guttmacher Institute.

A l'échelle mondiale, la baisse du taux d'avortement observée entre 1995 et 2003 ne s'est pas poursuivie en 2008, sans doute en conséquence d'une stagnation observée dans l'usage des contraceptifs, selon Gilda Sedgh, chercheuse au Guttmacher Institute et principal auteur de l'étude.

«Sauf investissement accru dans des services de planification familiale de qualité, on peut s'attendre à ce que cette tendance persiste», observe-t-elle. – AfricaLog avec agence

 

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