Brigitte Yodé: Beni Bezy ou les aller retour d’un vieux player | Up Close | www.africalog.com
Home

Brigitte Yodé: Beni Bezy ou les aller retour d’un vieux player

Apr 19, 2010

Les hommes sont tous des cons et ce n’est pas moi qui dirais le contraire. Ils vont, ils reviennent, on les reprend c’est le hic d’une relation perdue. On se demande comment on peut continuer d’aimer quelqu’un qui nous a trahis comme on se demande comment on a pu vivre sans lui quand on l’aimait tant.

La rupture vient dans toutes sortes de formes. Mon homme c’était l’oiseau rare quand je l’ai rencontré. Il était calme avec de grands yeux clairs, mon homme idéal, je pouvais parler pour nous deux et me perdre dans son regard limpide. J’aimais l’embrasser en pratiquant des baisers américains sur sa bouche des minutes entières. Nous restions des heures profondes de la nuit à nous demander, comment quelque chose d’aussi beau avait pu arriver à des gens aussi réguliers que nous. Notre vie paraissait simple et miraculeuse et nous faisions l’amour pendant des heures parce que c’est ce que nous avions de mieux à faire. Nous dansions au son de la musique douce juste pour nous entrelacer. Un jour, je fus excédée. Il rentrait là, je fuyais de l’autre côté, tellement mon corps me faisant mal, je dormis dans un petit coin pour me reposer et j’y restai jusqu’au petit matin. Ce matin là, mon beau petit château de paille s’écroula. Mon homme me laissa un petit mot sur le frigidaire. D’abord je crus que c’était la liste des courses et je lus vite fait et vite fait, mes genoux se plièrent sous moi. ‘’ Je ne peux rester avec toi’’…

Hier j’ai vu Beny Bezy et sa femme. Ils resplendissaient de bonheur et sa femme radiait de joie, son mari était revenu. Etait-il là pour de bon ? Allait-il repartir ? Etait-il là pour le temps de la nuit du pagne en juin 2010 ? Toutes ces questions se posent quand ‘’monsieur’’ dispose de notre cœur comme il veut. Beny Bézy, ce vieux garçon capricieux pendant plus d’un an avait disparu du domicile conjugal pour aller se la jouer le beau gosse ailleurs. Pendant un an Maman Kinny, la dame de fer, la présidente de l’évènement annuel LA NUIT DU PAGNE n’était plus qu’une simple femme larguée qui s’affichait solo partout dans la ville. Quant à Beny Bezy, il ne pouvait être trouvé nulle part bien qu’il racontât à qui voulût l’entendre qu’il ne retournerait plus jamais au foyer.
Paroles, oh paroles d’hommes, Beny Bezy retourna bel et bien à la maison avec ‘’madame’’ et hier il n’avait d’yeux que pour sa femme et la chanson qu’il lui dédia sauvait la soirée ESPOIR POUR ENFANT organisée par la ravissante Emilie Bly Sery d’un terrible fiasco.

Le soir du matin où moi je fus larguée fut dense. Après avoir mangé mon cœur toute la journée, je suis passée au magasin pour récupérer l’habituel remède : 2 vins mousseux, 4 bars de chocolat. Mon ipod bourré de I am telling you now, I’m not leaving me bouchait les oreilles tandis qu’un DVD de sexe and the city me barrait la vue en faisant semblant de comprendre la nouvelle bible des femmes, le best seller de Steve Harvey, j’étais calée dans le lit de mon auto-dépravation quand les copines firent irruption chez moi. Oui, qu’il ne faut pas se laisser faire, qui cherche trouve, oui, qu’on était trop vieille pour se laisser larguer sans combattre. Qu’il fallait s’habiller, que s’il fallait se soûler, qu’il n’était plus question de le faire seule et sur ce, ce commando descendit chez mon pauvre amour qui semblait perplexe et n’eut aucune autre résolution sauf me reprendre bon gré, plutôt mal gré et depuis j’ai repris confiance en moi et la routine a repris, moi cordon bleu dans la cuisine, fée de logis au salon et les soirs des performances de péripatéticienne au lit. Un jour de blues, j’en eus marre de tout et je claquai la porte le moment venu, le laissant là tout seul une nuit qu’il s’y attendait le moins sous les embrassades d’un autre homme, j’étais partie. Je suis une femme indépendante, comme un papillon je m’envole…

Brigitte Yodé
Une fille libre de Soubré
Bri2paris@yahoo.fr

Liens Sponsorisés