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Le coup d’État de Trump a échoué

Jan 06, 2021
Le coup d’État de Trump a échoué

Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, va déployer 1000 membres de la Garde nationale de New York à Washington D.C, «pour aider et faciliter le transfert pacifique du pouvoir», a déclaré le gouverneur dans un communiqué mercredi.

«Pendant 244 ans, la pierre angulaire de notre démocratie a été le transfert pacifique du pouvoir, et New York est prêt à aider à faire en sorte que la volonté du peuple américain soit exécutée, de manière sûre et décisive», a déclaré Cuomo dans le communiqué. Les troupes seront déployées jusqu'à deux semaines. La décision a été prise à la demande de la Garde nationale américaine. Cuomo a déclaré que le déploiement «n'aura pas d'impact sur les efforts en cours de notre État pour contenir et combattre le virus Covid».

Le chef de la minorité au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, a condamné avec force les événements qui se sont déroulés ce mercredi dans le Capitole américain et en a imputé la responsabilité au président Trump. 

«Ce temple de la démocratie a été profané», a-t-il dit, s'exprimant quelques instants après la reprise du Sénat suite aux violences. «Ce sera une tache sur notre pays pas si facilement enlevée, le terrible héritage indélébile, ultime du 45e président des États-Unis, sans aucun doute, notre pire». 

Schumer - qui dirigera le Sénat à partir du 20 janvier après la victoire des démocrates - a ensuite parlé directement du rôle du président Trump dans l'attaque de la foule contre le Capitole. «Le 6 janvier sera désormais l'un des jours les plus sombres de l'histoire américaine récente, un dernier avertissement à notre nation sur les conséquences d'un président démagogue», a-t-il ajouté. - AfricaLog avec agence

Insurrection de Trump contre la constitution, 1 mort par balle

Jan 06, 2021
Insurrection de Trump contre la constitution, 1 mort par balle

Les partisans du président ont bravé les consignes sanitaires pour une démonstration de force ce mercredi dans la capitale, au moment où le Congrès doit certifier sa défaite à la présidentielle. Le président américain a pris la parole devant eux.

«Nous ne concéderons pas cette défaite, ça n'arrivera jamais». Une nouvelle fois, Donald Trump a refusé de reconnaître sa défaite devant la foule de ses partisans rassemblés à Washington. Le président américain a pris la parole devant des milliers de personnes dans le centre de Washington, ce mercredi, pour une démonstration de force au moment où le Congrès doit certifier sa défaite à la présidentielle.

«Aujourd'hui j'ai pu voir les milliers de personnes réunies mais il y a des centaines de milliers de personnes derrière vous, a commencé le président devant ses partisans. Je veux que les médias des 'Fakes news' reconnaissent cela, tournez vos caméras s'il vous plaît, montrez ceux qui sont venus des quatre coins du pays. Ce serait formidable si cet événement pouvait être couvert de manière juste par les médias. C'est notre plus gros problème les médias aujourd'hui, les 'fakes news'. Cette année ils ont truqué les élections, ils ont tout truqué et ils ont fait un très grand travail la nuit dernière».

Remerciant les «centaines de millions d'Américains» présents, selon lui, Donald Trump a de nouveau qualifié cette élection de «volée» promettant d'ailleurs qu'il ne reconnaîtrait jamais la victoire de Joe Biden: «Nous ne concéderons pas cette défaite, ça n'arrivera jamais. Nous allons arrêter le vol». « Nous ne les laisserons pas vous réduire au silence, cela n'arrivera pas », a-t-il encore ajouté. Donald Trump a ensuite appelé son vice-président, Mike Pence, à ne pas entériner la victoire de Biden au Congrès.

«Les États veulent voter à nouveau, ils veulent certifier à nouveau. Tout ce que le vice-président Pence a à faire c'est de demander aux États de recertifier, ensuite je redeviendrai président ». Selon les constitutionnalistes américains, le vice-président n'a toutefois pas ce pouvoir. Le vice-président américain Mike Pence a par la suite fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à la certification de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s'abritant derrière les «contraintes» de la Constitution.

Le président américain n'a ensuite pas hésité à s'en prendre à son propre camp. «On a des républicains pathétiques et faibles. Si la même chose arrivait aux démocrates ils seraient déjà aux quatre coins du pays. Mais vous êtes le vrai peuple, le peuple qui a bâti cette nation pas le peuple qui l'a détruit. Ces républicains sont faibles. Ils font l'autruche». Le magnat de l'immobilier a ensuite appelé ses partisans à se rendre directement au Capitole : «Nous ne reprendrons jamais notre pays par la faiblesse. Il faut être fort. Nous exigeons que le congrès fasse ce qu'il faut et qu'il ne compte que les voix légales».

Plus tôt dans la journée, bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les États-Unis se sont massés sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d'éventuels débordements. Donald Trump, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera «folle», avait-il annoncé.

«Ils ont encore utilisé les machines frauduleuses, les gens en Géorgie sont corrompus», a assuré une militante, coiffée d'un chapeau blanc de cow-boy qui agitait un grand drapeau rouge barré de la mention «Trump est mon président». D'autres brandissent des pancartes «Stop au vol», le cri de ralliement de ceux qui sont persuadés que l'élection du 3 novembre était truquée, malgré les dénégations des tribunaux et des responsables électoraux.

Au-delà de la base, des dizaines d'élus républicains de la Chambre et du Sénat restent fidèles à Donald Trump et ont promis de faire retentir leurs doutes dans l'enceinte du Congrès, qui doit officiellement enregistrer mercredi le vote des grands électeurs : 306 pour Joe Biden, 232 pour Donald Trump. Leurs objections ne feront pas dérailler cette procédure, la dernière avant la prestation de serment du démocrate le 20 janvier, mais pourraient la ralentir. - AfricaLog avec agence

L’ex-patron de la banque centrale de Chine condamné à mort

Jan 05, 2021
L’ex-patron de la banque centrale de Chine condamné à mort

Coffres-forts, liasses de billets et tellement d'argent qu'il n'osait pas "le dépenser": un ancien grand patron a été condamné en Chine à la peine capitale, un verdict exceptionnel dans le monde des affaires.

Le jugement survient au moment où le pouvoir communiste serre la vis au secteur de la finance, avec l'interdiction in extremis en novembre de ce qui aurait dû être la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire.

L'ancien patron du conglomérat financier China Huarong a été condamné à mort mardi pour "corruption et bigamie", a annoncé la justice chinoise.

Lai Xiaomin a été reconnu coupable d'avoir obtenu 215 millions d'euros de pots-de-vin et tenté d'en obtenir 13 millions supplémentaires. La justice lui a en outre attribué des détournements de fonds publics de 3,1 millions d'euros.

Les montants étaient "extrêmement importants, les circonstances particulièrement graves et les intentions extrêmement malveillantes", a indiqué dans son jugement un tribunal de Tianjin (nord).

Lai Xiaomin a également été reconnu coupable de bigamie, pour avoir "vécu longtemps avec d'autres femmes", en dehors de son mariage, dont il a eu des "enfants illégitimes".
En janvier 2020, M. Lai avait fait des aveux diffusés par la télévision publique CCTV.

Des images d'un appartement de Pékin, censé lui appartenir, avec coffres-forts et armoires remplies de liasses d'argent liquide, avaient alors été diffusées.

Lai Xiaomin, qui avait auparavant travaillé à la banque centrale et pour le gendarme des banques, assurait ne pas avoir "dépensé un seul centime”.

"Je n'ai pas osé dépenser" l'argent, affirmait-il.
Des images avaient également montré des voitures de luxe et des lingots d'or que l'accusé aurait acceptés comme pots-de-vin.

China Huarong Asset Management est l'un des plus grands gestionnaires en Chine de créances douteuses (c'est-à-dire présentant une grande probabilité de non remboursement).
Elle fait partie des quatre entreprises créées par le gouvernement en 1999 afin d'assainir le secteur bancaire. Le groupe s'est depuis diversifié dans l'investissement, les prêts et l'immobilier.

La Chine a lancé une vaste campagne anti-corruption en 2012, après l'arrivée du président Xi Jinping à la tête du Parti communiste chinois (PCC). Depuis, plus d'un million et demi de cadres du PCC ont été sanctionnés.

Cette opération, populaire auprès de l'opinion, est également soupçonnée de servir à écarter les personnalités opposées à la ligne du président.
L'an dernier, un ex-magnat chinois de l'immobilier, Ren Zhiqiang en a fait les frais et a été condamné à 18 ans de prison.

Figure critique au sein des sphères économiques, il avait publié un article acerbe fustigeant la réponse des autorités à l'épidémie de Covid-19, apparu fin 2019 à Wuhan (centre).
En novembre, le milliardaire Jack Ma, le plus célèbre homme d'affaires de Chine, a fait lui aussi face à la vindicte des autorités.

Elles ont stoppé in extremis la colossale entrée en Bourse à Hong Kong du géant du paiement en ligne Ant Group, fondé par Jack Ma.

L'opération aurait dû permettre de lever plus de 34 milliards de dollars et devenir la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire.

Jack Ma a pu froisser le régime communiste en critiquant publiquement les régulateurs financiers de brider l'innovation.

Depuis ce faux pas, l'ancien professeur d'anglais devenu le pionnier du commerce en ligne en Chine avec son groupe Alibaba, n'a plus été vu en public.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, un seul haut responsable chinois a été condamné à mort. C'était en 2016 pour une affaire de meurtre. D'autres ont aussi été condamnés à la peine capitale, mais avec sursis -- la sentence n'étant en pratique jamais exécutée sur ce genre de personnalités.

La Chine garde le plus secret sur les exécutions des condamnés à la peine capitale. L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty international estime que des milliers de prisonniers de droit commun sont exécutés chaque année dans le pays. - AfricaLog avec agence

Trump menace son vice-président qui va défendre la Constitution

Jan 05, 2021
Trump menace son vice-président qui va défendre la Constitution

Après trois ans et onze mois de loyaux services, le vice-président Mike Pence se retrouvera mercredi au Congrès sous la pression de Donald Trump qui lui demande de s'opposer à la certification de sa défaite à l'élection du 3 novembre.

"J'espère que notre grand vice-président ne nous décevra pas", a lancé le président sortant en meeting en Géorgie lundi soir. "C'est un type formidable", a-t-il ajouté, "mais s'il nous déçoit, je l'aimerai moins”.

Mardi, il est revenu à la charge sur Twitter: "Le vice-président a le pouvoir de rejeter des grands électeurs choisis de manière frauduleuse", a-t-il assuré. A tort.

Mike Pence présidera bien la séance conjointe de la Chambre des représentants et du Sénat qui doit officialiser, mercredi, le vote de 306 grands électeurs en faveur du démocrate Joe Biden contre 232 pour Donald Trump.

Mais, selon la Constitution, son rôle consiste à "ouvrir" les certificats envoyés par chacun des 50 Etats pour transmettre les votes de leurs grands électeurs. Seuls les élus peuvent contester les résultats dans certains Etats.

Pour avoir le droit d'exprimer leurs objections, il faut qu'elles soient portées à l'écrit par au moins deux élus, un de la Chambre et un du Sénat.

Dans ce cas, les parlementaires peuvent se retirer dans leurs chambres respectives pour en débattre pendant au maximum deux heures, avant de voter à la majorité simple.
Il faut que l'objection soit adoptée dans les deux enceintes pour être retenue, ce qui compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre des représentants n'a aucune chance de se produire.

Malgré tout, le tweet de Donald Trump place son vice-président en position délicate.

D'une grande loyauté jusqu'ici, il doit éviter le courroux du président et de ses fervents supporteurs, s'il veut conserver ses chances de se présenter à la primaire républicaine pour la présidentielle de 2024.

Mais son rôle est "purement protocolaire", a rappelé le sénateur démocrate Chris Van Hollen. "Malgré les menaces de Trump", il "doit défendre la Constitution et confirmer le vote des électeurs", a-t-il estimé.

S'il se tient à ce rôle, à la fin du décompte, il devra annoncer le vainqueur de la présidence, mais aussi de la vice-présidence et admettre du même coup sa défaite face à la colistière de Joe Biden, Kamala Harris. - AfricaLog avec agence

Une dent de Patrice Lumumba rentrera enfin en RDC

Dec 14, 2020
Une dent de Patrice Lumumba rentrera enfin en RDC

La Belgique, ex-puissance coloniale en RDC a dit vouloir restituer une dent ayant appartenu à Patrice Lumumba assassiné en 1961

La famille de Patrice Lumumba, héros de l'indépendance congolaise, a accueilli avec satisfaction une décision de justice selon laquelle la dent du héros de l'indépendance congolaise devrait lui être rendue.

Sa fille, Juliana Lumumba avait declaré apres l’annonce de la restitution de la dent de son pere:

Son neveu, Jean-Jacques Lumumba, a déclaré : "Lumumba est un héros que nous n'avons jamais enterré, la décision [d'un tribunal belge] est une bonne étape pour connaître la vérité... il y aura des étapes pour y arriver", a-t-il déclaré.
Il a déclaré que deux hommes qui ont été tués aux côtés de M. Lumumba, Joseph Okito et Maurice Mpolo, "sont aussi des héros du Congo" et que la vérité sur leur assassinat devrait être révélée également.

La Belgique, ex-puissance coloniale en RDC va rendre une dent prélevée sur la dépouille du héros Patrice Lumumba avant la fin du mois de juin 2021 a déclaré le président Congolais Félix Tshisekedi.

Pour rappel, Patrice Lumumba a été assassiné le 17 janvier 1961. Son corps aurait été dissous dans de l'acide. De cet acte macabre, seul des dents seront conservées. Au courant des années 2000, dans un documentaire diffusé sur la chaîne allemande ARD, le commissaire belge Gerard Soete avait affirmé avoir conservé des dents de Lumumba après avoir découpé son corps pour le dissoudre dans de l'acide. 

Sa fille, Juliana Lumumba avait declaré cette année après l’annonce de la restitution de la dent de son pere: “Comme vous le savez, cela fait autant d'années – au moins quarante ans – que nous cherchions à savoir. Il était mort d'une mort atroce, oui, mais nous ne savions pas s'il y avait des restes. Et c'est après qu'on a entendu qu'il y avait un fameux commissaire qui avait gardé deux dents. Maintenant sous scellés de la justice belge, il y a une dent.

La chose la plus importante en tant que fille, après 60 ans, c'est d'enterrer d'abord mon père. Comme dans nos traditions, la façon dont on enterre nos morts dit énormément sur nous et c'est important. Il est temps qu'on essaie de panser les blessures. Voilà ce que je voulais vous dire pour le moment concernant la restitution des restes de Patrice Lumumba.” - AfricaLog avec agence

Mort de Maradona, le “Ché du football"

Nov 26, 2020
Mort de Maradona, le “Ché du football"

Il y a juste quatre ans, le 25 novembre 2016, mourait Fidel Castro, le père de la révolution cubaine, et Diego Maradona qui est mort ce 25 Novembre 2020 témoignait, en larmes: «On m’a annoncé la mort de celui qui était le plus grand, sans aucun doute. […] Je suis terriblement triste, parce qu’il était pour moi comme un second père.»

Entre «Pelusa» (le duvet, surnom qu’il traînait depuis l’adolescence) et le dirigeant à la barbe légendaire, il y avait en effet une relation très proche, née en 1987, lors de la première visite du champion du monde à Cuba. Fidel Castro, féru de sport, même si le football est marginal sur l’île où le baseball est tout-puissant, ne pouvait laisser passer l’occasion: il reçut Maradona au Palais de la Révolution et les images firent le tour du monde.

En 2000, le footballeur retourne à Cuba pour traiter sa dépendance à la cocaïne. Lui qui portait depuis les années 90 l’effigie de son compatriote Che Guevara, né comme lui à Rosario, en Argentine, tatouée sur le biceps droit, se fait graver sur le mollet gauche le visage et la signature de Fidel Castro. Les rencontres entre les deux hommes se poursuivent, à l’occasion d’autres traitements médicaux, comme le pontage gastrique qui fait perdre 40 kilos au footballeur. Mais aussi simplement pour le plaisir de se revoir. «Ce qu’il a fait pour moi est indescriptible. Avec Dieu, il est la raison pour laquelle je suis encore en vie», s’extasiait Maradona. Et quand les deux hommes ne se voyaient pas, ils s’écrivaient de longues lettres.

En 2005, Maradona enregistrait une longue conversation avec Fidel, qu’il diffusera dans son émission télévisée La Noche del 10 (la nuit du 10). Trois ans plus tard, quand Castro, malade, abdique en faveur de son frère Raul, Diego Armando est l’un des premiers à rendre visite au patriarche en survêtement.  

Au-delà de son respect filial pour le père de la révolution cubaine, Diego Armando Maradona apportera son soutien au camp progressiste latino-américain, des époux Kirchner, Nestor et Cristina, péronistes de gauche qui gouvernent l’Argentine, l’un après l’autre, de 2003 à 2015, à Hugo Chavez à qui il rend visite en 2005. A chaque fois, celui que Fidel Castro avait rebaptisé «le Ché du football» tenait un discours anti-impérialiste et antiyankee, peu courant dans le monde mercantile du ballon rond de haut niveau. De ce point-là aussi, Maradona fut un être à part. - AfricaLog avec agence

La “Macromanie” en Afrique

Nov 21, 2020
La “Macromanie” en Afrique

Dans un entretien publié vendredi, le président Emmanuel Macron de la France reproche à son homologue guinéen, Alpha Condé, d'avoir fait réformer la Constitution dans le seul but de se maintenir au pouvoir et felicite Alassane Ouattara qui a fait réformer la Constitution pour se maintenir au pouvoir en Côte d’Ivoire. C’est de la “Macromanie” pure et simple, des foutaises d’un enfant qui dirige la France. S’insurge un intellectuel africain.

Il passe Ă©galement en revue d'autres dossiers africains,
trois ans après avoir dessiné à Ouagadougou sa politique africaine, le président français Emmanuel Macron a accordé un long entretien à Jeune Afrique, dans lequel il dresse le bilan de son action et réagit notamment aux récentes réélections de deux présidents africains, le Guinéen Alpha Condé et l'Ivoirien Alassane Ouattara.

"Je pense que la situation est grave en Guinée pour sa jeunesse, pour sa vitalité démocratique et pour son avancée", déclare le chef de l'État, en regrettant qu'Alpha Condé ait "organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir". Âgé de 82 ans, il a été réélu au premier tour le 18 octobre avec 59,50 % des suffrages, mais l'opposition a dénoncé des irrégularités de toutes sortes après une campagne troublée.
"Le président Condé a une carrière d'opposant qui aurait justifié qu'il organise de lui-même une bonne alternance. Et d'évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C'est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations", assène Emmanuel Macron.

Et le président d'ajouter : "J'ai eu plusieurs fois des discussions avec le président Alpha Condé – des discussions très franches, y compris le 15 août 2019, quand il était en France.”

Interrogé sur cette présidentielle et celle de Côte d'Ivoire, également controversée, Emmanuel Macron souligne que "la France n'a pas à donner de leçons". "Notre rôle, c'est d'en appeler à l'intérêt et à la force qu'a le modèle démocratique dans un continent de plus en plus jeune", explique-t-il.

Le président français déclare "penser vraiment" qu'Alassane Ouattara, 78 ans, "s'est présenté par devoir" à la présidentielle du 31 octobre alors qu'il ne le "voulait pas". Pour rappel, la crise électorale a fait 85 morts en trois mois.

"Il appartiendra au président Ouattara de définir les termes d'une vie politique pacifiée. Il devra sans doute faire des gestes d'ouverture dans la composition du prochain gouvernement, ainsi qu'à l'égard des jeunes générations des partis politiques", estime Emmanuel Macron. "Dans un pays où plus de 60 % de la population a moins de 35 ans, il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans", selon lui.

Le chef de l'État estime par ailleurs que l'ancien chef rebelle et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui a appelé à "œuvrer" au départ d'Alassane Ouattara, "n'a pas à créer le désordre". "Je crois qu'il n'est plus en France pour en parler. Nous ne souhaitons pas qu'il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français", ajoute-t-il.

Pendant l'entrevue qui a duré plus d'une heure, le président aborde la lutte anti-terroriste dans le Sahel, la première année au pouvoir de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, qu'il juge "courageux" au vu du projet de transformation lancé en Algérie, le conflit au Sahara occidental, ses relations avec le président du Rwanda, Paul Kagame, qu'il salue pour avoir "beaucoup pacifié le discours politique rwandais à l'égard de la France ces dernières années", ou la question de la colonisation en Afrique. - AfricaLog avec agence

“Un monument, pilier du panafricanisme s'est éteint”

Nov 14, 2020
“Un monument, pilier du panafricanisme s'est éteint”

Il a dirigé le Ghana pendant près de vingt ans, et était devenu l'une des figures les plus charismatiques de l'Afrique contemporaine. À 73 ans, l'ancien président Jerry John Rawlings est décédé, a annoncé la présidence ghanéenne.

"Un monument s'est éteint, c'est une immense perte pour le Ghana", a déclaré le président Nana Akufo-Addo dans un communiqué, jeudi 12 novembre. À 73 ans, l'ancien président Jerry John Rawlings est décédé dans un hôpital de la capitale Accra "à la suite d'une courte maladie".

Après un premier coup d'État en 1979, Jerry Rawlings - carrure de rugbyman et regard perçant -, avait réussi à prendre les rênes du pays lors d'un second coup de force en 1981. Il a quitté le pouvoir en 2000 après avoir été élu à deux reprises.

Les drapeaux seront mis en berne dans tout le pays, pour un deuil national qui débutera vendredi et durera sept jours. La campagne pour l'élection présidentielle qui doit se tenir en décembre est également suspendue, a précisé le chef de l’État.

"Un pilier du panafricanisme"
"J'annonce la suspension de notre campagne politique (...) après la nouvelle de la mort du fondateur de notre parti et ancien président du Ghana, Jerry John Rawlings" a également affirmé John Mahama, principal candidat de l'opposition du National Democratic Congress (NDC) à cette élection. "Que son âme repose en paix", a ajouté celui qui a également été ancien président du Ghana.

"L'Afrique a perdu un pilier du panafricanisme et un charismatique homme d'État", a réagi sur Twitter le président de la commission de l'Union Africaine Moussa Faki Mahamat. "Je présente mes sincères condoléances à sa famille, au peuple et au gouvernement du Ghana", a-t-il écrit.

Né le 22 juin 1947 à Accra d'un père écossais et d'une mère ghanéenne, il entre en 1967 à l'académie militaire, qu'il quitte un an plus tard pour entrer dans l'armée de l'air, où il excelle comme pilote.

Il a d'abord été connu pour son image de jeune "révolutionnaire intègre", s'emparant du pouvoir à deux reprises à 32 puis 34 ans, alliant un physique à la Che Guevara à un discours national-populiste et une filiation politique “progressiste".

À partir de 1981, il devient chef du "Conseil national provisoire de défense" pendant onze ans et dirige un régime qui ne s'embarrasse pas des droits de l’Homme, exécutant les corrompus, avant de devoir céder au début des années 1990 à la vague du multipartisme.

"Facile de prendre le pouvoir"          
Mais jouissant d'une réelle aura, il est élu fin 1992 président de la IVe République du Ghana, avec plus de 58 % des suffrages à l'issue d'un scrutin démocratique, terni par des accusations de fraudes. Il est réélu en 1996 dès le premier tour, dans une élection considérée comme transparente.

Après 19 ans et sept mois au pouvoir, il tire sa révérence en 2000 avec l'élection de John Kufuor, candidat du parti d'opposition à l'époque, à la tête de l'ancienne colonie britannique.

"C'est assez facile de prendre le pouvoir, ce n'est pas très compliqué de le garder, le plus difficile c'est de le quitter", avait-il déclaré en 2007.

Sur le plan économique, Rawlings le "révolutionnaire" avait pris conscience, dès son arrivée au pouvoir, que pour relancer son pays, les "capitalistes" occidentaux lui offraient plus de garanties que les "socialistes" de l'est vers lesquels penchaient initialement ses sympathies.

Candidature de son Ă©pouse
En 1982, le Ghana est ainsi le premier pays d'Afrique à mettre en œuvre un plan d'ajustement structurel. Mais à la fin de son mandat, la situation s'est fortement dégradée, et la crise monétaire et sociale contribue à l'élection, en 2000, à la tête du pays, du candidat de l'opposition John Kufuor.  
En 2011, son épouse Nana Konadu Rawlings a tenté, sans succès, d'être candidate du NDC pour la présidentielle cette année-là.
Cette campagne a alimenté les spéculations autour d'une possible volonté de M. Rawlings de retrouver une influence politique dans le pays et au sein de son parti que l'on disait alors décroissante.
Cependant, il a toujours joui d'un immense respect au sein du NDC en dépit des relations glaciales qu'il entretenait avec John Mahama, qui fut président du Ghana de 2012 à 2017 et actuel candidat à la présidentielle de décembre. - AfricaLog avec agence

Joe Biden élu 46e président américain

Nov 07, 2020
Joe Biden élu 46e président américain

Le candidat démocrate deviendra le 20 janvier prochain le 46e président américain. Donald Trump, qui refuse sa défaite, assure que l'élection est «loin d’être terminée».

Sa troisième candidature aura donc été la bonne. Au bout de quatre jours de suspense insoutenable dans un pays sous haute tension, Joe Biden a été élu samedi président des Etats-Unis. Un dénouement aussitôt rejeté par la campagne de Donald Trump, qui assure de son côté que «l’élection est loin d’être terminée». 

Juste avant 11h30 heure de Washington, la plupart des grands médias américains (dont l’agence Associated Press et les chaînes CNN et NBC, rejointes quelques minutes plus tard par Fox News) ont annoncé l’élection de Joe Biden, qui a franchi la barre des 270 grands électeurs nécessaires grâce à sa victoire en Pennsylvanie.

Joe Biden, 78 ans à la fin du mois, deviendra le 20 janvier prochain le 46e président - et le plus âgé - de l’histoire des Etats-Unis. Sa colistière Kamala Harris, sénatrice de Californie, deviendra quant à elle la première femme, et la première Afro-américaine, à accéder à la vice-présidence. Quant à Donald Trump, même s’il refuse pour l’heure de reconnaître sa défaite, il devient le premier locataire de la Maison Blanche à échouer dans la quête d’un second mandat depuis George H. W. Bush en 1992.

«Je suis honoré et touché par la confiance que le peuple américain a placée en moi et en la vice-présidente élue Kamala Harris. Confrontés à des obstacles sans précédent, un nombre record d’Américains ont voté. Prouvant, une fois encore, que la démocratie bat intensément dans le cœur de l’Amérique», a déclaré Joe Biden dans un communiqué publié quelques minutes après l’annonce de sa victoire. L’ancien vice-président de Barack Obama devrait s’adresser à la nation samedi soir depuis son fief du Delaware.

Après plusieurs jours d’interminable dépouillement dans une poignée d’Etats clés, suivis en direct jour et nuit par des millions d’Américains, c’est la Pennsylvanie, terre natale de Biden, qui lui a finalement offert la victoire. En remportant le Keystone State, ainsi que le Michigan et le Wisconsin, il reconstitue entièrement le «mur bleu» qui avait fait défaut à Hillary Clinton face à Donald Trump en 2016. Plusieurs Etats demeurent indécis, dont la Géorgie et l’Arizona, deux bastions conservateurs où Joe Biden est légèrement en tête.

La victoire de Joe Biden, épilogue d’une campagne véhémente et bouleversée par l’épidémie de coronavirus qui constituera son premier défi, constitue une répudiation incontestable, par une majorité d’Américains, de Donald Trump et de sa présidence aussi chaotique que clivante. Avec près de 74,5 millions de votes, un nombre qui va encore augmenter au fur et à mesure que les derniers États terminent leur dépouillement, Joe Biden est le candidat ayant rassemblé le plus de suffrages dans l’histoire des élections américaines.

Mais dans ce classement, l’homme qui arrive en seconde position n’est autre que Donald Trump. Avec plus de 70 millions de suffrages (contre près de 63 millions en 2016), l’ancien magnat de l’immobilier a prouvé qu’il était capable d’élargir sa base, et que son style et sa plateforme politique demeuraient une force d’attraction puissante dans le pays. - AfricaLog avec agence

Joe Biden se rapproche de la Maison Blanche

Nov 04, 2020
Joe Biden se rapproche de la Maison Blanche

Le candidat démocrate Joe Biden était mercredi aux portes de la Maison Blanche après des victoires précieuses dans deux États-clés face à Donald Trump, qui s’est engagé de son côté dans une véritable guérilla judiciaire.

Avec le Wisconsin et le Michigan en poche, deuxième et troisième États repris à Donald Trump avec l’Arizona, Joe Biden dispose désormais de 264 grands électeurs. S’il remportait le Nevada (6), il atteindrait le nombre magique de 270 pour devenir le 46e  président des États-Unis.
Plusieurs autres États-clés étaient par ailleurs toujours indécis. En Pennsylvanie (20 grands électeurs), Donald Trump avait mercredi plus de 220 000 voix d’avance au total, mais son avance pourrait fondre après la prise en compte de bulletins envoyés par courrier. Ceux déjà comptés étaient à majorité pour Joe Biden.

Pour la première fois depuis 2000, les Américains ne connaissaient pas le nom de leur prochain président (qui prêtera serment le 20 janvier 2021) au lendemain du scrutin.  

«Je suis venu vous dire que, quand le dépouillement sera terminé, nous pensons que nous allons gagner», a déclaré Joe Biden lors d’une brève allocution dans son fief de Wilmington, dans le Delaware.   

Une fois le résultat connu, il sera temps «de mettre les discours agressifs de la campagne derrière nous», a-t-il poursuivi, se posant en rassembleur d’un pays meurtri. «Pour avancer, nous devons arrêter de traiter nos opposants comme des ennemis.»

L’équipe de campagne de Donald Trump a annoncé une première offensive judiciaire, dans le Wisconsin, remporté par Joe Biden avec un écart de moins de 1 % selon des résultats quasi complets, selon plusieurs médias américains.  

Les républicains veulent demander un recomptage des suffrages et ont demandé à un juge local de réexaminer les bulletins déjà comptés.

Ils ont également déposé un recours pour obtenir la suspension du dépouillement dans l’État-clé de Pennsylvanie, à l’issue toujours incertaine. «Nous agissons en justice pour suspendre le dépouillement en attendant plus de transparence», a indiqué Bill Stepien, le directeur de campagne de M. Trump.

Le président lui-même avait menacé dans la nuit de mardi à mercredi, dans une allocution confuse, de saisir la Cour suprême, tout en restant évasif sur les motifs.

Le système électoral américain est par ailleurs fragilisé par une persistante campagne de désinformation. Ses lieutenants commençaient à répandre des rumeurs sur les réseaux sociaux et les ondes sur des tricheries et des irrégularités.
L’Organisation sur la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a critiqué mercredi les «allégations infondées» du président américain sur l’élection.

«Notre démocratie est mise à l’épreuve dans cette élection», a déclaré de son côté le gouverneur de Pennsylvanie, Tom Wolf, appelant à la patience.
Au terme d’une longue campagne d’une virulence exceptionnelle, perturbée par la pandémie, les résultats partiels montrent que Donald Trump n’a pas subi la répudiation électorale que les sondages présageaient, prouvant que même s’il était battu, sa base d’électeurs lui reste largement fidèle.  

Le milliardaire a dénoncé un ratage d’ampleur «historique» chez les sondeurs.
«Hier soir j’avais une bonne avance, dans de nombreux États-clés», a tweeté Donald Trump mercredi matin. «Puis, un par un, ils ont commencé à disparaître magiquement avec l’apparition et le comptage de bulletins surprise.»

Il n’y a pas de bulletins surprise démontrés, mais des bulletins envoyés par courrier et traités lentement par les autorités. Ils viennent majoritairement d’électeurs démocrates, ce qui explique qu’ils aient fait fondre l’avance initiale du président, dont les électeurs ont privilégié le vote en personne mardi.

«Nous ne nous accorderons aucun répit jusqu’à ce que chaque bulletin de vote soit compté», a tweeté l’ancien vice-président de Barack Obama. - AfricaLog avec agence

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