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Moscou «scandalisé» par la violence policière aux USA

Jun 02, 2020
Moscou «scandalisé» par la violence policière aux USA

La Russie s’est dite «scandalisée» mardi par la violence de la police américaine contre les journalistes, en particulier contre une collaboratrice de l’agence russe Sputnik, violentée alors qu’elle couvrait les troubles qui secouent les États-Unis.

«Nous sommes scandalisés par la violence continue que les policiers américains utilisent contre la presse internationale qui couvre les manifestations», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Moscou fait notamment référence au cas de Nicole Russell, collaboratrice de l’agence de presse d’État russe Sputnik, touchée lundi par une balle en caoutchouc tirée par la police et «jetée au sol et littéralement piétinée» par un policier, bien qu’elle ait présenté sa carte de presse. Selon le ministère, la journaliste a «subi de nombreuses blessures».

Selon la Russie, cette «cruauté scandaleuse et illégale» s’est déroulée près des murs de la Maison Blanche à Washington.

«Nous notons avec préoccupation que la situation des droits des médias aux États-Unis se détériore de jour en jour», a indiqué la diplomatie russe, appelant les responsables américains à prendre des mesures pour mettre fin à «l’arbitraire policier» envers la presse.   

Les villes américaines sont secouées depuis plus d’une semaine par des troubles, pillages et affrontements avec la police depuis la mort d’un homme noir asphyxié par un policier blanc.

Les manifestants protestent contre le racisme, les brutalités policières et les inégalités sociales. - AfricaLog avec agence

Le “doux géant” mort aux mains de la police Américaine

May 30, 2020
Le “doux géant” mort aux mains de la police Américaine

Il avait quitté le Texas pour commencer une nouvelle vie à Minneapolis, dans le nord des États-Unis. Mais George Floyd, cet Afro-Américain décrit comme un homme généreux, qui a perdu son emploi pendant la crise due à la pandémie, est mort face contre terre, le cou sous le genou d’un policier blanc.

«Tout le monde aimait mon frère», a dit Philonese Floyd mardi, au lendemain de ce décès qui a provoqué des manifestations dans plusieurs villes et ravivé les appels à en finir avec un racisme «systémique» en Amérique.

«C’est un doux géant», a-t-il affirmé à CNN. «Il ne fait jamais de mal à personne».
Le défunt, qui avait 46 ans, avait d’abord trouvé du travail comme camionneur dans le Minnesota, puis comme agent de sécurité dans un restaurant, le Conga Latin Bistro, avant que le confinement ne porte un coup aux affaires.

«Il nous faisait nous sentir en sécurité », a témoigné Luz Maria Gonzalez, une cliente régulière de l’établissement, auprès de la radio publique NPR. «En fin de soirée il disait “Hé Luz, je vais attendre avec toi jusqu’à ce que tu montes dans le taxi.»

D’autres ont évoqué les pas que faisait George Floyd pour améliorer sa vie.
«Je me souviens qu’il disait vouloir toucher le monde. Il voulait avoir un impact sur le monde», a raconté Jonathan Veal, un ami d’enfance, à la chaîne KPRC à Houston, où ils sont allés ensemble au lycée Jack Yates.

Du haut de ses deux mètres, George Floyd avait brillé dans le basket et le football américain, et s’était aussi essayé au hip-hop.
Mais il avait fini par quitter Houston faute de pouvoir y trouver un travail.

M. Veal a dit avoir échangé avec son ami pour la dernière fois en janvier, par texto.
Il y a «des petites choses que je dois régler pour mes petits », avait alors écrit George Floyd. «Ma foi est en train de revenir là où elle doit être.»

Mais le 25 mai, comme le montre une vidéo de plusieurs minutes devenue virale, George Floyd est mort après qu’un policier a pressé son genou sur son cou alors qu’il était à terre dans la rue, non armé et menotté.

«S’il vous plaît, s’il vous plaît, je n’arrive pas à respirer», l’entend-on dire.

La police le soupçonnait d’avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour acheter des cigarettes, après que l’employé d’une épicerie eut appelé le numéro d’urgence 911.

Pour Bridgett Floyd, la mort de son frère ainsi, aux mains de la police, «est à briser le cœur».
«C’est exactement ce qu’ils ont fait. Ils ont tué mon frère. Il criait à l’aide», a-t-elle dit à NBC News.
Quatre policiers ont été licenciés après le décès de George Floyd. Derek Chauvin, celui qui a maintenu son genou sur son cou, a été arrêté vendredi et inculpé d’homicide involontaire.  

George Floyd «n’était rien de moins qu’un ange envoyé sur terre», a réagi sa petite amie, Courtney Ross, auprès de CBS News.
«Et nous l’avons diabolisé, et nous l’avons tué», a-t-elle dit.

George Floyd avait, selon les médias américains, deux enfants. Roxie Washington, la mère de sa fille de six ans à Houston, l’a décrit comme un père dévoué.

«Parce qu’il était si grand, les gens pensaient qu’il cherchait la bagarre», a-t-elle dit, citée par le Houston Chronicle.

«Mais c’était une personne aimante, et il aimait sa fille.»

L’un des amis de longue date de George Floyd, Stephen Jackson, est devenu une vedette de la NBA. Ce qui n’a pas changé leur amitié, assure le sportif.
«On s’appelait Twin (Jumeau) », a raconté M. Jackson, visiblement ému, dans une vidéo sur Instagram.

«Il était en train de changer sa vie », déménageant au Minnesota pour le travail afin de subvenir aux besoins de ses enfants, a-t-il expliqué.
«Mon gars faisait tout ce qu’il fallait, et ils me l’ont tué.» - AfricaLog avec agence

La CPI autorise Gbagbo Ă  quitter la Belgique

May 28, 2020
La CPI autorise Gbagbo Ă  quitter la Belgique

La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi autoriser sous conditions l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à quitter la Belgique, où il était assigné à résidence depuis son acquittement en 2019 d’accusations de crimes contre l’humanité.

Tout pays dans lequel M. Gbagbo souhaitera se rendre doit notamment accepter au préalable de le recevoir, a indiqué un porte-parole de la Cour de La Haye. Et les juges ont rejeté la demande de liberté sans condition présentée par l’ex-chef d’État ivoirien.

Cela rend incertain un éventuel retour de M. Gbagbo en Côte d’Ivoire, où le parti qu’il a fondé, le Front populaire ivoirien (FPI), se prépare à l’élection présidentielle prévue en octobre.
«Nous sommes contents, c’était important que ces restrictions soient levées », a réagi Franck Anderson Kouassi, le porte-parole du FPI. «On attend maintenant la date de son retour au pays. On va l’accueillir».

L’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, chef du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal mouvement d’opposition, a fait part de sa «joie», estimant que cette décision de justice est «un moment de bonheur pour la majorité des Ivoiriens».
Le PDCI et le FPI ont conclu un accord politique en vue des prochaines élections présidentielles et législatives.

Après plus de sept ans passé en détention à La Haye, Laurent Gbagbo a été reconnu non coupable en janvier 2019 de crimes commis entre 2010 et 2011 au cours des violences postélectorales en Côte d’Ivoire, qui avaient fait quelque 3000 morts en cinq mois.

M. Gbagbo et son coaccusé Charles Blé Goudé, ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens, ont été libérés en février de la même année sous conditions, dont l’obligation de résider dans un État membre de la CPI disposé à les accueillir en attendant le procès en appel.

M. Gbagbo, 74 ans, vit depuis à Bruxelles, tandis que M. Blé Goudé, 48 ans, est resté à La Haye.

Début novembre 2019, la justice ivoirienne a condamné en appel M. Gbagbo par contumace à 20 ans de prison pour le «braquage» de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest pendant la crise postélectorale de 2010-2011.

Les avocats de M. Gbagbo avaient réclamé début février que la CPI lui accorde une liberté sans condition, arguant qu’«il ne peut être imposé de restrictions à la liberté d’une personne acquittée».
Les juges ont rejeté cette demande, notant «que la défense de M. Gbagbo n’avait pas démontré d’erreur manifeste de raisonnement ni que des circonstances particulières justifiaient le réexamen de l’arrêt», a précisé jeudi la Cour dans un communiqué.

Ils ont cependant décidé de mettre fin à certaines conditions imposées à la mise en liberté de MM. Gbagbo et Blé Goudé, notamment celles de «ne pas se déplacer en dehors des limites de la municipalité dans laquelle ils résident dans l’État d’accueil» et de remettre à la CPI «toutes les pièces d’identité dont ils disposent, en particulier leur passeport».  

La condition de se présenter chaque semaine auprès des autorités du pays d’accueil ou auprès de la Cour a elle aussi été révoquée.

Les autres conditions, parmi lesquelles comparaître devant la CPI lorsque celle-ci l’ordonnera et informer la Cour et l’État qui les accueille de leur adresse, restent en vigueur.

Interrogé dans la nuit de jeudi à vendredi, M. Blé Goudé s’est dit «content de retrouver sa liberté de mouvement», ajoutant que «le chemin de la justice et de la vérité est long et lent».

MM. Gbagbo et Blé Goudé avaient été accusés de quatre chefs de crime contre l’humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Ils ont toujours clamé leur innocence.

M. Blé Goudé a par ailleurs été condamné en décembre 2019 par contumace à 20 ans de prison par la justice ivoirienne pour des crimes commis dans le cadre de la crise postélectorale de 2010-2011. - AfricaLog avec agence

L’Afrique tient bon contre le coronavirus

May 17, 2020
L’Afrique tient bon contre le coronavirus

Le 14 février, l’Afrique enregistrait en Égypte son premier cas de coronavirus. Loin des projections alarmistes, le continent n’a, trois mois après, pas connu le cataclysme redouté, mais la prudence reste de mise sur l’évolution d’une pandémie qui pourrait progresser lentement et longtemps.

Le continent compte, selon le dernier bilan de mercredi, un peu plus de 70 000 cas, soit 1,6 % du total mondial alors qu’il représente 17 % de la population mondiale. Le virus y a causé la mort de quelque 2500 personnes.  

Autre motif de satisfaction, l’Afrique subsaharienne enregistre une plus faible létalité (moins de 3 % des cas, selon des estimations) de la maladie par rapport à l’Europe.

Pourquoi l’épidémie n’a-t-elle pas flambé en Afrique?
La communauté scientifique, partagée, avance de nombreuses hypothèses, mais deux grandes explications se détachent : la précocité des mesures barrières et la jeunesse de la population.  

«Il y a eu des mesures de confinement prises assez tôt qui ont ralenti la courbe. La plupart des pays ont mis en place ces mesures à peine le premier cas détecté», souligne Michel Yao, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Brazzaville.

«En France, on a mis 52 jours après le premier cas pour prendre des mesures. Il y avait alors 4500 cas. En Côte d’Ivoire, 5 jours après le premier cas, on a fermé les écoles et les frontières. Une semaine plus tard, c’était le couvre-feu», appuie le Dr Jean-Marie Milleliri, épidémiologiste et spécialiste de santé publique tropicale à Abidjan.

L’autre grande explication avancée est la jeunesse de la population africaine : environ 60 % de la population a moins de 25 ans. «L’âge médian tourne autour de 19 ans. Il y a aussi une espérance de vie plus faible avec moins de personnes âgées. Donc moins de cas, et un virus moins actif», selon ce spécialiste.

«En Occident, les plus affectées sont les personnes âgées», rappelle le professeur Omar Sarr, enseignant-chercheur à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Il ajoute que les personnes âgées sont souvent «porteuses de comorbidités», facteurs de risques aggravants pour la COVID-19.

«De plus, la densité de population est plus faible en Afrique, limitant ainsi la propagation du virus, de même que la faible mobilité des populations africaines par comparaison aux populations occidentales», explique au Cameroun Yap Boum II, épidémiologiste de Médecins sans frontières (MSF).
«La plupart des cas restent concentrés dans la capitale et les grandes villes, moins dans les milieux ruraux», précise Michel Yao.

Existe-t-il une immunité africaine?
Là encore, les scientifiques n’ont aucune certitude partagée. « Il y a une immunité croisée due à une longue exposition à divers microorganismes et une bonne couverture vaccinale avec notamment le BCG, vaccin contre la tuberculose », avance cependant le professeur Omar Sarr.  

«Il y a un possible effet d’immunité acquise compte tenu de la pression infectieuse globale. Il y a beaucoup de maladies en Afrique, donc les populations sont possiblement mieux immunisées que les populations européennes sur des pathogènes comme le coronavirus», estime le Dr Milleliri. Il évoque aussi « une compétition infectieuse : quand plusieurs virus pathogènes sont en compétition, certains peuvent bloquer le développement d’autres».

Quels scénarios pour l’avenir?

«Nous devons désormais apprendre à vivre en présence du virus, en adaptant nos comportements individuels et collectifs», a déclaré récemment le président sénégalais Macky Sall.

Nombre de pays africains s’attendent à ce que la pandémie soit durable.
Selon l’OMS, le taux de transmission plus faible suggère «une épidémie plus prolongée sur quelques années». Et dont le bilan pourrait être lourd.
D’après une étude publiée début mai qui s’appuie sur la modélisation, «83 000 à 190 000 personnes en Afrique pourraient mourir de la COVID-19 et 29 à 44 millions pourraient être infectées au cours de la première année».

À l’heure actuelle, on note une progression de cas inquiétante en Afrique du Sud (pays le plus touché d’Afrique subsaharienne), en Afrique de l’Est ou encore dans certains pays d’Afrique de l’Ouest.  
«Malheureusement on voit que notre région a vu le nombre de cas doubler en deux semaines. Dans certains pays, le nombre de cas a été multiplié par cinq ou six », alerte le Dr Boureima Hama Sambo, de l’OMS en Ethiopie. «Nous restons prudents. On espère que le pire est derrière nous mais nous ne sommes pas encore à ce niveau».  

Quels risques avec l’allègement des mesures?

«C’est pas le coronavirus qui va nous tuer, mais la faim et la misère», s’insurgeait il y a peu Soumaila Tiendrebeogo, commerçant à Ouagadougou, à propos des mesures coercitives bridant l’activité.

Face au sévère coût économique et social, de nombreux pays lèvent ou allègent, depuis une quinzaine de jours, les mesures de restriction les plus drastiques. Trop vite?
«Le déconfinement doit se faire de façon prudente», avertit Michel Yao. «Il faut avoir une capacité suffisante de tests. La plupart des pays qui déconfinent ont augmenté leur capacité de tests. Il faut avoir une certaine maîtrise avant d’aller vers le déconfinement ».  
Si les campagnes de tests montent en puissance, elles restent bien souvent modestes face à l’ampleur des besoins.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a engagé la levée progressive du strict confinement imposé au pays, a adopté un ton presque churchillien lundi: «Nous devons nous attendre à une augmentation de cas avec le retour au travail. On doit accepter la réalité, nous y préparer et nous adapter». - AfricaLog avec agence

Estimation de 100 000 morts du coronavirus aux Etats-Unis

May 05, 2020
Estimation de 100 000 morts du coronavirus aux Etats-Unis

Les États-Unis passeront probablement la barre des 100 000 morts de la COVID-19, évoquée dimanche par Donald Trump, avant le début du mois de juin, selon de multiples modèles épidémiologiques dont aucun ne prédit d’arrêt subit des contagions pendant l’été, au contraire.

«Nous allons perdre 75 000, 80 000 ou 100 000 personnes», a dit le président américain, en arguant que la mise à l’arrêt de l’économie avait permis d’éviter un bilan qui aurait autrement atteint «au minimum» 1,5 million de morts américains.

En réalité, l’estimation est basse. Le pays, qui a déjà 68 000 morts du nouveau coronavirus et un tiers des cas recensés dans le monde, continue d’enregistrer de l’ordre de 30 000 cas par jour, et plusieurs États ont commencé à rouvrir sans attendre d’avoir maîtrisé le virus.

La Maison Blanche table elle-même sur 100 000 à 240 000 morts. Un rapport interne des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), consulté par le New York Times, envisage même une nouvelle flambée dès la mi-mai, avec un quasi-doublement du nombre quotidien de décès d’ici le 1er juin, soit 3000 au lieu d’environ 1500 en ce moment. La Maison Blanche a fait savoir que ce rapport n’avait pas été adopté par l’exécutif.

Même si les contagions ne repartaient pas à la hausse à cause du déconfinement, la mécanique de l’épidémie rend inéluctable le franchissement des prochains grands caps symboliques.

«Mon estimation personnelle est qu’on atteindra 100 000 morts début juin», dit Nicholas Reich, professeur de biostatistiques à l’université du Massachusetts, dont le laboratoire a fusionné plusieurs grands modèles d’autres institutions pour tracer une trajectoire moyenne. Selon cette moyenne, il faut s’attendre à 90 000 morts d’ici le 23 mai.

Les Américains semblent avoir déjà décidé de se déconfiner sans attendre de directives officielles, selon les données de leurs téléphones portables compilées par quatre sociétés (Facebook, Google, Descartes Labs, SafeGraph) et qu’ont analysées anonymement les chercheurs de l’institut IHME à l’Université de Washington.

«La mobilité a commencé à remonter dans de nombreux États, avant même la levée de consignes de distanciation sociale», a expliqué lundi Christopher Murray, qui dirige l’institut. «Cette mobilité accrue, dans la dernière semaine ou les dix derniers jours, provoque probablement plus d’infections».

Cet institut, qui avait été critiqué pour son optimisme, a revu fortement à la hausse sa prédiction de morts : de 72 000 à 134 000 d’ici le 4 août. Selon ce modèle, les 100 000 morts seront atteints le 21 mai.
Un grand pays

Sur neuf modèles cités le 1er mai par les CDC, au moins trois prédisent 100 000 morts d’ici quatre semaines, dont deux de l’université Columbia. Le Massachusetts Institute of Technology prévoit 113 000 morts au 1er juin. Peu de modèles vont au-delà de quatre semaines, étant donné les incertitudes.
Et attention: ces différents chiffres sont entourés de grands intervalles d’erreur, parfois de dizaines de milliers de décès.  

Les épidémiologistes répètent qu’aucun modèle ne doit être utilisé seul, puisque tous font des hypothèses différentes.

Le plus difficile à modéliser est le comportement des gens dans les prochains mois. Sortiront-ils masqués? Combien télétravailleront? Les sorties «non essentielles», dans les magasins de vêtements ou les restaurants, reviendront-elles au niveau précédant la pandémie, ou les gens sortiront-ils moins de chez eux, et si oui, de combien?

«Nous sommes à un point d’inflexion, avec des réouvertures dans certains États, mais pas d’autres», ajoute Nicholas Reich. «Cela rajoute un niveau d’incertitude».

Les totaux américains cachent de grandes disparités, comme en Europe. De gros foyers initiaux comme New York et le New Jersey voient les contagions baisser. Au Texas, dans l’Illinois ou encore dans la région de Washington, le nombre de cas nouveaux augmente. En Californie et en Floride, le nombre stagne.
Pour montrer que zones rurales et urbaines, ou du nord ou du sud, ne se comportaient pas pareillement, des chercheurs à Philadelphie ont modélisé la pandémie dans 211 comtés.

«Les épicentres de demain ne seront probablement pas les épicentres d’aujourd’hui», dit David Rubin, de l’hôpital pour enfants de Philadelphie, et professeur à l’université de Pennsylvanie.

Son équipe a identifié la chaleur comme un facteur modérateur de la pandémie, ce qui pourrait aider marginalement, «mais la température à elle seule ne vous sauvera pas», prévient-il, même au Texas où restaurants et centres commerciaux viennent de rouvrir. «Les morts vont continuer».  

Les chercheurs de l’IHME confirment cette corrélation: selon eux, chaque degré Celsius d’augmentation de la température a réduit de 2 % les transmissions, selon Christopher Murray, qui ajoute que la mesure la plus efficace, avant la météo, reste la distanciation sociale. - AfricaLog avec agence

L’OMS fustige la «mentalité coloniale» des français

Apr 06, 2020
L’OMS fustige la «mentalité coloniale» des français

L’échange télévisé entre deux scientifiques français s’interrogeant sur l’opportunité de tester en Afrique un vaccin contre le coronavirus continue de faire des remous: lundi, c’est le patron de l’OMS qui a fustigé des «propos racistes» et «une mentalité coloniale».

«Ce genre de propos racistes ne font rien avancer. Ils vont contre l’esprit de solidarité. L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin», a lancé Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien chef de la diplomatie éthiopienne, au cours d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève.

«L’héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin», a-t-il ajouté, en réponse à la question d’un journaliste nigérian.

M. Tedros n’a pas nommé les scientifiques en cause, mais une vive polémique a éclaté en France et en Afrique notamment après un échange entre un chercheur de l’Institut français de la recherche médicale (INSERM) et un chef de service d’un hôpital parisien le 1er avril sur la chaîne LCI.



Dans cette séquence, Camille Locht, directeur de recherche à l’INSERM à Lille, était interrogé sur des recherches menées autour du vaccin BCG contre la COVID-19.

Invité en plateau, Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin, lui demande: «Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme c’est fait d’ailleurs sur certaines études avec le sida, ou chez les prostituées: on essaie des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées. Qu’est-ce que vous en pensez ?»

Le chercheur répond: «Vous avez raison, d’ailleurs. On est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique avec le même type d’approche, ça n’empêche pas qu’on puisse réfléchir en parallèle à une étude en Europe et en Australie».

«Il est honteux et horrifiant d’entendre des scientifiques tenir ce genre de propos au 21e siècle. Nous les condamnons dans les termes les plus forts», a tonné M. Tedros.

Ces échanges, pour lesquels les deux mis en cause ont depuis présenté leurs excuses, ont été condamnés par des associations les accusant de vouloir faire des Africains des «cobayes».  
Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré qu’ils «ne reflétaient pas la position des autorités françaises».

«L’Afrique n’est pas un laboratoire», a lancé la star ivoirienne du football Didier Drogba en dénonçant des «propos graves, racistes et méprisants». Le Club des avocats au Maroc a annoncé sur sa page Facebook son intention de «porter plainte pour diffamation raciale».

Le porte-parole du président sénégalais Macky Sall a lui aussi pointé du doigt l’esprit relevant de «l’inconscient colonial».

Rappelant que les tests seraient lancés dans plusieurs pays européens et en Australie, l’INSERM a indiqué sur Twitter que «l’Afrique ne doit pas être oubliée ni exclue des recherches, car la pandémie est globale».

Si l’Afrique a été pour l’instant moins touchée par le coronavirus que la Chine, le sud de l’Europe et les États-Unis, où le seul des 10 000 morts a été franchi lundi, de nombreux observateurs et acteurs craignent des effets dévastateurs de l’éventuelle propagation du virus. 
 
Allant dans le sens de l’INSERM, le responsable de la lutte contre la pandémie en République démocratique du Congo (RDC), Jean-Jacques Muyembe, a indiqué que le pays était prêt à accueillir les essais d’un futur vaccin, citant en exemple les vaccins utilisés à titre expérimental face à l’actuelle épidémie d’Ebola en passe d’être jugulée.

«Peut-être vers le mois de juillet, août nous pourrons commencer déjà à avoir des essais cliniques de ce vaccin», a ajouté le virologue congolais, qui s’exprimait devant la presse au côté de l’ambassadeur des États-Unis en RDC Mike Hammer.

Dans un communiqué des hôpitaux de Paris, Jean-Paul Mira a présenté ses «excuses les plus sincères» à «celles et à ceux qui ont été heurtés, choqués, qui se sont sentis insultés».  

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA, gendarme des médias audiovisuels) a confirmé à avoir été saisi par l’association SOS Racisme. - AfricaLog avec agence

1480 morts en 24 h aux USA, le record mondial

Apr 04, 2020
1480 morts en 24 h aux USA, le record mondial

Le gouvernement américain a recommandé vendredi à sa population de se recouvrir le visage dans la rue pour ralentir la propagation du coronavirus, alors qu’avec un nouveau triste record du nombre de décès en 24h, les États-Unis sont en train de devenir le nouveau centre mondial de la pandémie

Après 1480 morts en une journée, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, les Américains se préparent au pire et bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami ou New York, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation.

Par la voix de leur président Donald Trump, ils ont même été appelés vendredi à se couvrir le visage à l’extérieur, même si le milliardaire a rappelé qu’il ne s’agissait «que de recommandations» que lui-même ne suivra pas.

Les scientifiques du gouvernement américain estiment désormais que le nouveau coronavirus est sans doute transmis dans l’air par les gens lorsqu’ils parlent et respirent.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison-Blanche, a évoqué des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent».

La COVID-19 a déjà tué au total environ 7400 personnes aux États-Unis et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison Blanche.

Après 1480 morts en une journée, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, les Américains se préparent au pire et bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami ou New York, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation.

Par la voix de leur président Donald Trump, ils ont même été appelés vendredi à se couvrir le visage à l’extérieur, même si le milliardaire a rappelé qu’il ne s’agissait «que de recommandations» que lui-même ne suivra pas.

Les scientifiques du gouvernement américain estiment désormais que le nouveau coronavirus est sans doute transmis dans l’air par les gens lorsqu’ils parlent et respirent.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, a évoqué des données indiquant que «le virus peut en réalité se transmettre quand les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent».

La COVID-19 a déjà tué au total environ 7400 personnes aux États-Unis et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison Blanche. - AfricaLog avec agence

Oui “soviétique” au referendum en Guinée

Mar 29, 2020
Oui “soviétique” au referendum en Guinée

Les manifestations n’ont pour l’instant pas fait plier le pouvoir en Guinée. La nouvelle Constitution proposée par le président Alpha Condé a recueilli 91,59 % de «oui» lors du référendum du 22 mars, a indiqué la commission électorale. Le scrutin avait été boycotté par l’opposition qui y voit un stratagème du chef de l’Etat pour se maintenir au pouvoir. Le taux de participation est estimé à 61 %.

Le projet prêté au président Condé de briguer, à 82 ans, un troisième mandat fin 2020 et la nouvelle Constitution qui doit l’y aider, selon l’opposition, sont au cœur d’une crise politique depuis mi-octobre. Le référendum constitutionnel a lui-même été entaché de violences qui ont fait des dizaines de morts le jour de sa tenue dimanche dernier et les jours suivants selon l’opposition. Les autorités reconnaissent quelques morts tout en assurant que la consultation s’est déroulée sereinement.

Le référendum a donné lieu à Nzérékoré (sud), l’une des plus grandes villes du pays, à des affrontements intercommunautaires meurtriers, des attaques d’églises chrétiennes et de mosquées et des saccages. Les conditions dans lesquelles se sont déroulés le référendum et les législatives qui ont eu lieu simultanément ont été critiquées par les Etats-Unis, la France et la diplomatie européenne. «Le caractère non inclusif et non consensuel de ces scrutins et du fichier électoral porte atteinte à la crédibilité de ces élections», a ainsi estimé la porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Elle a qualifié «d’inacceptables» les violences et «l’usage disproportionné de la force» par les policiers et les gendarmes.

Après avoir une première fois repoussé l’échéance de trois semaines, Alpha Condé a cependant décidé de passer outre les critiques, tout comme à l’absence d’observateurs internationaux et à l’apparition du coronavirus. Le vote a bien eu lieu alors que l’épidémie accaparait l’attention internationale.

Alpha Condé a été élu en 2010 et réélu en 2015. L’actuelle Constitution limite à deux le nombre de mandats, la nouvelle également, tout en en portant la durée à six ans. Ancien opposant historique devenu premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires, Apha Condé assure qu’il s’agit de doter son pays d’une Constitution «moderne» qui, par exemple, interdirait la circoncision féminine et le mariage des mineurs.

Pour l’instant, le président entretient l’ambiguïté sur ses ambitions personnelles, qui ne font aucun doute pour ses adversaires. Pour eux, la nouvelle Constitution lui permettra de remettre son compteur présidentiel à zéro et de marcher sur les pas d’autres dirigeants africains qui ont plié la loi fondamentale à leurs aspirations personnelles. La contestation ne devrait donc pas faiblir. - AfricaLog avec agence

Le coronovarus a tué Manu Dibango

Mar 24, 2020
Le coronovarus a tué Manu Dibango

"Bâtisseur de ponts entre l'Occident et l'Afrique": voilà comment se décrivait le saxophoniste et figure de l'afro-jazz Manu Dibango, première personnalité mondiale morte à 86 ans des suites d'une contamination au coronavirus.

"J'ai l'harmonie des Bach et des Haendel dans l'oreille avec les paroles camerounaises. C'est une richesse de pouvoir avoir au minimum deux possibilités. Dans la vie, je préfère être stéréo que mono", racontait-il en août 2019, ponctuant ses réponses de son rire tonitruant et communicatif.

"Son héritage, immense, va rester, sa créativité était géniale, il faisait danser les gens, avec une efficacité redoutable", a commenté Martin Meissonnier, DJ et producteur historique des musiques du monde, "anéanti par son décès”.

Le chanteur Youssou Ndour a twitté sa "tristesse": "Tu as été un grand frère, une fierté pour le Cameroun, et pour l'Afrique toute entière”.

La Commission européenne a présenté ses "profondes condoléances à ses amis et à sa famille", ajoutant "le Cameroun a perdu un émminent artiste et nous partageons la tristesse du peuple camerounais”.

Retour sur le parcours de cet homme que rien ne prédestinait à une carrière d'artiste. Encore moins à être repris par Beyoncé ou Rihanna.

Emmanuel N'Djoké Dibango est né le 12 décembre 1933 à Douala (Cameroun), dans une famille protestante très stricte. "Mon oncle paternel jouait de l'harmonium, ma mère dirigeait la chorale. Je suis un enfant élevé dans les "Alléluia". Ça n'empêche que je suis africain, camerounais et tout ça", confiait encore cette haute silhouette au crâne glabre. Son père, fonctionnaire, l'envoie en France à l'âge de 15 ans, dans l'espoir d'en faire un ingénieur ou un médecin.

Après 21 jours de bateau, Manu Dibango rejoint Marseille, puis Saint-Calais dans la Sarthe. Dans ses bagages, "trois kilos de café" -- denrée rare dans l'immédiat après-guerre et titre de son autobiographie --, pour payer sa famille d'accueil. Puis il étudie à Chartres, où il fait ses premiers pas musicaux à la mandoline et au piano.

Dans cet univers blanc, l'adolescent qui, de son propre aveu, "ne connaissait pas la culture africaine", s'identifie aux vedettes afro-américaines de l'époque. Count Basie, Duke Ellington, Charlie Parker deviennent ses “héros".

"Papa Manu" découvre le saxophone lors d'une colonie de vacances, traîne dans le Saint-Germain-des-Près de Boris Vian et finit par échouer à la seconde partie de son baccalauréat. Son père, mécontent, lui coupe les vivres en 1956. Il part alors pour Bruxelles, où il court le cachet, jouant de la variété. "A mon époque, il fallait faire des cabarets, des bals, des cirques. Jouer avec un accordéoniste comme André Verchuren assurait quelques dates", racontait-il.

Son séjour belge est marqué par deux rencontres fondatrices: la blonde Marie-Josée, dite "Coco", qui devient sa femme, et Joseph Kabasélé, chef d'orchestre de l'African Jazz. Dans l'effervescence des indépendances, le musicien congolais lui ouvre les portes de l’Afrique.

Manu Dibango le suit à Léopoldville (ancien nom de Kinshasa, ndlr) où il lance la mode du twist en 1962, puis ouvre une boîte au Cameroun.

Trois ans plus tard, il est de retour en France, sans le sou. Il devient pianiste de rock pour Dick Rivers, organiste puis chef d'orchestre pour Nino Ferrer.

En 1972, on lui demande de composer l'hymne de la Coupe d'Afrique des nations de football, qui doit se tenir au Cameroun. Sur la face B du 45-tours, il enregistre "Soul Makossa". Des DJs new-yorkais s'entichent de ce rythme syncopé. Une autre vie commence.

Le saxophoniste part jouer au théâtre Apollo, temple de la musique afro-américaine à Harlem, se métisse encore un peu plus en tournant en Amérique du sud.

En 1982, vient une autre forme de consécration. "Soul Makossa" est samplé par Michael Jackson dans son album "Thriller"... sans son autorisation. Manu Dibango intente le premier d'une longue série de procès pour plagiat, qui se solde par un arrangement financier. Mais la victoire est ailleurs: le musicien est devenu une référence mondiale de la world music. - AfricaLog avec agence

Le coronavirus progresse en Afrique

Mar 24, 2020
Le coronavirus progresse en Afrique

Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone sont passés sous le régime de l’état d’urgence sanitaire et du couvre-feu nocturne dans une Afrique gagnée progressivement par la contagion du coronavirus contre laquelle l’Afrique du Sud se prépare au confinement.

L’Afrique a été jusqu’à présent relativement épargnée par la pandémie: quelque 1800 cas, dont près de 60 morts, contre plus de 380 000 cas d’infection et près de 17 000 décès au total sur la planète, selon un bilan établi à partir de sources officielles. 
Mais la faiblesse des systèmes de santé des pays africains suscite de vives craintes.

La maladie commence à toucher des célébrités : Mardi, tout le continent s’est réveillé en deuil avec la disparition de Manu Dibango, saxophoniste camerounais et légende de l’afro-jazz, décédé en France à l’âge de 86 ans.

«Je vous le dis avec solennité, l’heure est grave », a mis en garde lundi soir le président sénégalais Macky Sall, en annonçant avoir ordonné «l’état d’urgence», assorti d’un couvre-feu nocturne.

Pour atténuer l’impact économique et social au Sénégal, un fonds «de riposte et de solidarité» va être doté d’environ 1,5 milliard d’euros, dont 75 millions d’euros destinés à de l’aide alimentaire d’urgence.

Au marché de Sandaga à Dakar, les mêmes mots reviennent dans la bouche des petits boulots qui vivent de la vente de tissus colorés, de souvenirs, de colifichets et de chaussures à bas prix.
«C’est très, très dur. Tu as vu ?», dit chaque interlocuteur en désignant la place habituellement grouillante et désertée par les clients et les touristes.
Manar Ndao, employé d’un commerce de tissus, n’a «pas 5000 francs CFA (7,5 euros) d’avance», quatre enfants à nourrir, pas de parents pour le soutenir et tout ce qu’il gagne «ça part» le jour même.  

«Les gens ici, avant de mourir du truc là – comment ça s’appelle ? – ils vont mourir de faim», dit Sabah Amar, caissière désœuvrée et abattue dans un magasin de souvenirs.  

Sabah Manar saluerait pourtant un confinement total: «Je préfère que tout ferme. De toute façon, on ne vend rien. Sinon, on va tous mourir».

La président ivoirien, Alassane Ouattara, a également décrété lundi soir l’état d’urgence, assorti d’un couvre-feu nocturne. L’exécutif se réserve le droit de confiner certaines zones géographiques du pays en fonction de l’évolution de la maladie.

Le premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a annoncé s’être placé en «autoconfinement» après avoir été «récemment en contact» avec une personne atteinte.

«Et maintenant on fait comment ?» s’interroge Nemy Fery, le patron d’un «maquis» du grand quartier populaire de Yopougon, à Abidjan.

«On ferme les maquis, les restaurants, mais comment on fait pour nourrir nos familles? Je vais essayer de faire des plats à emporter, je vais aussi chercher un autre travail», dit-il.

Des couvre-feux ont également été décidés ailleurs, notamment en Mauritanie, en Égypte et au Gabon.
Dans l’Est, les cas ont doublé au Rwanda (36) et le Soudan du Sud a annoncé la fermeture de ses frontières, sauf pour le ravitaillement en vivres et en carburant.
Lundi soir, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a ordonné un confinement national de trois semaines afin de «prévenir une catastrophe humaine aux proportions énormes». L’armée est mobilisée pour le faire respecter.

Nombulelo Tyokolo, 41 ans, employée vivant à Khayelitsha, un ghetto du Cap, envisage le confinement avec anxiété. Elle n’a pas beaucoup de nourriture: «À l’idée de passer 21 jours enfermée, j’ai peur, je me fais du souci, je panique».

Et puis, comment faire quand on vit dans une seule pièce avec un fils de quatre ans et qu’il «chercher l’eau dehors et sortir pour aller aux toilettes».

En Afrique subsaharienne, le confinement concerne aussi le Rwanda, l’île Maurice, les deux plus grandes villes de Madagascar et Lubumbashi, la capitale économique de République démocratique du Congo. En Afrique du Nord, il est en vigueur en Tunisie et en Algérie («confinement total» dans la région de Blida, nocturne dans celle d’Alger).

L’état d’urgence est activé en Namibie depuis une semaine. Depuis mardi, tous les salariés du privé et du public doivent travailler de chez eux, à l’exception des fonctions essentielles.

Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a décrété mardi l’état d’urgence «pour une période de 12 mois». - AfricaLog avec agence

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