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Acquitté par la CPI, Bemba de retour en RDC

Aug 01, 2018

Tout juste acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), l'ex-chef de guerre et ex-vice président Jean-Pierre Bemba est rentré mercredi en République démocratique du Congo où il compte s'inscire dès jeudi parmi les candidats à la succession du président Joseph Kabila.

Après onze ans d'absence dont dix en prison, M. Bemba, 55 ans, a atterri en jet privé en provenance de Belgique vers 8h30 GMT à l'aéroport de N'Djili où il a été accueilli par ses partisans du Mouvement de Libération du Congo (MLC).

Au moins un membre du gouvernement de Joseph Kabila, le ministre des Relations avec le Parlement Jean-Pierre Lisanga, se trouvait sur les lieux. M. Lisanga a rappelé que M. Bemba était toujours sénateur, d'où sa présence.

M. Bemba revient en RDC une semaine avant la date-butoir du dépôt des candidatures à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre pour organiser le départ du président Kabila.

Le chef de l'Etat ne peut plus se représenter mais n'a toujours pas désigné de "dauphin" au sein de sa majorité présidentielle.

Pour cette élection à un tour, M. Bemba fait jeu égal avec les deux autres ténors de l'opposition, Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, selon les intentions de vote d'un sondage présenté mardi par les universitaires du Groupe des experts du Congo. Il plaide pour une "candidature unique" de l'opposition.

Très populaire avant son départ dans l'ouest du pays dont la capitale Kinshasa, le sénateur Bemba veut tester sa popularité dans les rues de Kinshasa entre l'aéroport et le centre-ville (25 km). Ses partisans ont dénoncé un dispositif policier qui va l'empêcher selon eux d'aller à la rencontre des Kinois.

Les pro-Bemba du MLC, désormais de sages parlementaires et non plus des miliciens, rêvaient à voix haute d'"un million de personnes".

Dans les faits, ce sont surtout des centaines de policiers avec des camions anti-émeute qui étaient déjà déployés mercredi matin entre le centre-ville et l'aéroport (25 km).

Aux premières heures de ce 1er août, jour férié en RDC, l'affluence dans les rues était ordinaire, à part au siège du MLC où environ 250 personnes étaient déjà réunies.

"S'ils osent nous empêcher de lui réserver un accueil digne, nous réagirons vigoureusement", prévient un militant du MLC en costume, Hilaire Engomba, juriste, la quarantaine.

"J’espère juste qu’il n’y aura pas de débordements et que tout se passera le mieux possible. J’espère qu’il n’y aura pas de provocations non plus", a lui-même déclaré M. Bemba au journal belge Le Soir juste avant son départ de Bruxelles.

Mardi soir, la garde rapprochée de M. Bemba, emmenée par la charismatique députée Eve Bazaiba, n'a pas trouvé d'accord avec le ministre de l'Intérieur Henri Mova -un dur parmi les durs dans l'entourage de Kabila- sur les modalités de ce retour.

Par ailleurs, les autorités ne souhaitent pas que M. Bemba emménage dans sa résidence familiale située tout près de la résidence officielle du chef de l'Etat.

En matière de test de popularité, les partisans de M. Bemba risquent de faire moins bien que le retour il y a quasiment deux ans jour pour jour de l'opposant historique Etienne Tshisekedi, qui avait drainé des centaines de milliers de personnes.

Depuis ce 27 juillet 2016, les autorités congolaises empêchent tout rassemblement de masse de l'opposition, sur fond de report des élections depuis la fin du deuxième et dernier mandat de M. Kabila le 20 décembre 2016.

M. Bemba retrouve une ville qu'il avait quittée le 11 avril 2007 après des combats meurtriers entre sa milice et l'armée de Kabila (environ 250 morts).

Depuis, l'ex-vice-président et rival malheureux du président Kabila aux élections de 2006 a passé dix ans dans les prisons de la CPI, condamné en juin 2016 à une peine de 18 ans pour des exactions de sa milice en Centrafrique en 2002-2003.

Son acquittement-surprise en juin avait provoqué la joie de ses fidèles dans l'ouest de la RDC et une certaine mansuétude des "Katangais" du pouvoir, qui avaient facilité son retour au pays avec la délivrance d'un passeport diplomatique.

Après son dépôt de candidature, M. Bemba compte se rendre samedi dans son fief familial de Gemena (nord-ouest) sur la tombe de son père, un homme d'affaires qui a fait fortune à l'époque du maréchal Mobutu. C'est d'ailleurs là-bas, dans la province de l'ex-Equateur, qu'il aurait voulu commencer son test de popularité pour son retour au pays - mais il en a été empêché par les autorités. - AfricaLog avec agence

Contestation des résultats des élections au Zimbabwe

Aug 01, 2018

Un manifestant a été tué par balle mercredi à Harare dans des affrontements qui ont opposé les forces de l'ordre à des partisans de l'opposition, qui accusent la commission électorale de fraudes après l'annonce de la victoire du parti au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, la Zanu-PF, a obtenu la majorité absolue à l'assemblée nationale.

Les Etats-Unis, qui se sont dits dans un tweet "profondément inquiets", ont appelé dans la soirée l'armée "à faire preuve de retenue quand elle disperse les manifestants".

Un homme touché à l'estomac par le tir à balle réelle d'un militaire a succombé à ses blessures, a constaté un photographe. Auparavant, la police avait fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour tenter de disperser la foule massée devant des bureaux temporaires de la commission électorale, qui a riposté à coups de pierre.

"On ne veut pas les soldats dans la rue. Ils ne vont pas nous faire taire avec leurs fusils", avait prévenu peu avant Beridge Takaendesa, un ancien agent immobilier de 43 ans.

Des barricades ont été érigées dans la ville avec des blocs de béton et des pierres. Des policiers anti-émeutes bloquaient l'accès mercredi après-midi au siège du principal parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), tandis que des véhicules militaires patrouillaient en ville.

Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe, écarté après près de quatre décennies au pouvoir par un coup de force de l'armée et de son parti, a lancé un appel au calme.
"Le temps est venu de faire preuve de responsabilité et par-dessus tout, le temps de la paix est venu. En cette période cruciale, j'appelle tout le monde à cesser de faire des déclarations provocatrices (...). Nous devons faire preuve de patience et de maturité" en attendant les résultats définitifs, a-t-il ajouté sur Twitter.

Les scrutins de l'ère Mugabe ont été régulièrement entachés de fraude et de violences.

Soucieux de se démarquer de son ex-mentor, son successeur et ancien bras droit, M. Mnangagwa, avait promis des élections justes, pacifiques et transparentes et avait invité des observateurs occidentaux, une première en seize ans, aux élections présidentielle, législatives et municipales de lundi, les premières depuis la chute de Robert Mugabe.

Les observateurs de l'Union européenne (UE) ont dénoncé mercredi dans un communiqué "l'inégalité des chances" entre les candidats aux élections générales au Zimbabwe et des "intimidations d'électeurs", tout en soulignant que le climat politique s'est "amélioré" au Zimbabwe.

Mercredi, la commission électorale (ZEC) a publié les premiers résultats partiels des législatives. Sur 153 des 210 circonscriptions du pays, "la Zanu-PF obtient 110 sièges, tandis que le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) obtient 41 sièges".

Selon ces chiffres, la Zanu-PF a donc obtenu la majorité absolue à la chambre basse.

Ni la Zanu-PF ni le MDC n'ont immédiatement réagi à ces premiers résultats officiels des législatives, mais le patron du MDC, Nelson Chamisa, a affirmé que ceux de la présidentielle étaient en train d'être truqués.

La commission électorale, critiquée pour sa partialité pendant les scrutins de l'ère Mugabe, "cherche à publier des résultats pour gagner du temps et inverser la victoire du peuple à l'élection présidentielle", a affirmé Nelson Chamisa sur son compte Twitter.

"La stratégie est destinée à préparer mentalement le Zimbabwe à accepter de faux résultats pour la présidentielle. (....) Nous avons remporté le vote populaire et nous le défendrons", a-t-il assuré.

Des premiers résultats partiels de la présidentielle, qui se joue essentiellement entre Emmerson Mnangagwa et Nelson Chamisa, seront annoncés mercredi à la mi-journée, selon la ZEC, qui la veille tablait seulement sur vendredi ou samedi.

Si personne n'obtient la majorité absolue au premier tour de la présidentielle, les deux candidats arrivés en tête s'affronteront lors d'un second tour prévu le 8 septembre.

Les résultats des législatives annoncés mercredi par la ZEC contredisent les annonces la veille du MDC, qui avait revendiqué la victoire.

Une proclamation qui a suscité la colère du gouvernement qui a menacé d'arrestations ceux qui annoncent des résultats alors que le décompte se poursuit.

De son côté, le président Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, s'était dit confiant mardi dans la victoire. "Les informations obtenues par mes représentants sur le terrain sont extrêmement positives", a-t-il assuré.

Les électeurs se sont déplacés en masse lundi pour les premières élections générales post-Mugabe, alors que le pays est embourbé dans une grave crise économique depuis près de deux décennies.

Robert Mugabe, lâché par l'armée et son parti de la Zanu-PF après avoir limogé Emmerson Mnangagwa de son poste de vice-président, avait été contraint de démissionner en novembre après trente-sept ans au pouvoir.

Dimanche, lors d'une conférence de presse surprise, le nonagénaire a annoncé qu'il ne voterait pas Zanu-PF, laissant sous-entendre qu'il glisserait un bulletin Chamisa. - AfricaLog avec agence

Sous pression, Kabila affirme qu'il respectera la Constitution

Jul 30, 2018
Sous pression, Kabila affirme qu'il respectera la Constitution

Le président congolais Joseph Kabila a demandé à ses proches de lui chercher un dauphin en lui suggérant quatre noms à l'approche de la date-butoir du 8 août en République démocratique du Congo, a-t-on appris lundi auprès de membres du gouvernement et de la majorité présidentielle.

«Il veut que chaque regroupement [politique] lui propose quatre noms dans les 48 heures, afin qu'il choisisse le candidat du Front commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle», a déclaré un ministre qui refuse d'être cité en cette période ultra-sensible.

Le président Kabila, qui ne peut pas briguer de troisième mandat, affirme qu'il respectera la Constitution sans jamais évoquer la question de son successeur.

Ses adversaires l'accusent de chercher une stratégie pour rester au pouvoir. Les forces politiques doivent déposer au plus tard le 8 août leur dossier de candidature pour l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Le «dauphin» devra remplir une liste de onze critères énoncés par le chef de l'État, a précisé un autre ministre issu de l'opposition, toujours sous le couvert de l'anonymat.

Toutefois, M. Kabila «n'a pas dit expressément qu'il n'était pas lui-même concerné par ces critères», a précisé un chef de parti qui a pris part à la rencontre. Trois autres participants ont déclaré la même chose.

Commencées samedi, ces consultations se sont poursuivies lundi, selon au moins six responsables de la majorité et du gouvernement.

Lundi, le président Kabila a consulté notamment le groupe du ministre des Médias Lambert Mende, selon une source de la présidence.

La veille, le président Kabila «a consulté le PPRD (parti présidentiel)» dans sa ferme de Kingakati dans la banlieue de Kinshasa.
Le Front commun pour le Congo (FCC) est la plateforme électorale dont le président Kabila est «l'autorité morale».

M. Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l'assasinat de son père en 2001, a été élu en 2006 et réélu en 2011. Son deuxième et dernier mandat de cinq ans s'est achevé le 20 décembre 2016. - AfricaLog avec agence

Trump en guerre ouverte avec son ex-avocat

Jul 25, 2018
Trump en guerre ouverte avec son ex-avocat

Donald Trump s'en est de nouveau pris mercredi à son ex-avocat Michael Cohen, qui a rendu public l'enregistrement d'une conversation entre les deux hommes, signe que l'ancien homme à tout faire du président pourrait accepter de collaborer avec la justice.

«Quel genre d'avocat enregistre ses clients? Vraiment triste ! » a gazouillé le président, qui a laissé entendre que la bande avait été raccourcie à dessein et qu'il s'agissait d'une manipulation.

«J'entends dire que d'autres clients et de nombreux journalistes ont aussi été enregistrés», a-t-il poursuivi. «Est-ce que c'est possible ? Dommage !»

Sur la bande sonore fournie à CNN par l'avocat de Michael Cohen, ce dernier évoque un transfert de fonds concernant «des informations» liées à «notre ami David», un sujet qui a visiblement déjà été abordé entre les deux hommes.

Il pourrait s'agir de David Pecker, ami de Donald Trump et patron du groupe de presse AMI, qui contrĂ´le notamment l'hebdomadaire Ă  scandale National Enquirer.

En août 2016, le titre avait acheté l'exclusivité du témoignage d'une ancienne playmate, Karen McDougal, qui affirme avoir eu une liaison de dix mois avec Donald Trump à cheval sur 2006 et 2007.
Le propos est elliptique sur l'enregistrement, mais, selon plusieurs médias américains, Michael Cohen et Donald Trump auraient bien évoqué la possibilité de racheter à David Pecker l'exclusivité du témoignage de Karen McDougal.

À la fin de l'enregistrement, celui qui n'est encore que candidat à la présidence évoque un paiement en espèces, mais Michael Cohen lui répond: «non, non, non».

Présent mardi soir sur le plateau de CNN après la diffusion de l'enregistrement, le conseiller de Michael Cohen, Lanny Davis, a dit avoir publié la bande pour montrer que la personne évoquant un paiement en liquide était Donald Trump, et non Michael Cohen.
«Les gens qui utilisent du liquide sont les trafiquants de drogue et les mafieux», a lancé Lanny Davis.
Les avocats du président ont contesté cette interprétation, affirmant que, lors de cet échange, Donald Trump disait à Michael Cohen: «ne paie pas en espèces... chèque».
Plus que le contenu de la conversation, l'intervention médiatique de Lanny Davis confirme que son client est maintenant lancé dans un combat pied à pied avec Donald Trump, dont il fut pourtant le plus fidèle lieutenant durant des années.

Objet d'une enquête fédérale, l'avocat avait déjà laissé entendre, il y a quelques semaines, qu'il n'excluait pas de collaborer avec la justice, ce qui impliquerait la révélation d'informations potentiellement compromettantes pour Donald Trump. - AfricaLog avec agence

La Chine veut renforcer les Ă©changes avec l'Afrique

Jul 21, 2018
La Chine veut renforcer les Ă©changes avec l'Afrique

La Chine et le Sénégal ont signé samedi soir de nouveaux accords pour renforcer leurs liens économiques, à l'occasion de la visite d'Etat à Dakar du président Xi Jinping, la première à ce niveau en près de dix ans.

Arrivé samedi en fin d'après-midi à Dakar, le dirigeant chinois a été accueilli par son homologue sénégalais Macky Sall, première étape d'une tournée africaine qui doit le mener ensuite au Rwanda et en Afrique du Sud.

Les deux chefs d'Etat ont eu des entretiens sur "la coopération bilatérale, les relations sino-africaines et l'actualité internationale", a déclaré le président Sall, lors d'un point de presse conjoint avec son homologue chinois.

Il a salué la Chine comme "une des grandes économies de l'ère moderne", un peuple dont "le parcours est un message d'espoir" montrant "que le sous-développement n'est pas une fatalité et que la bataille pour le progrès se gagne d'abord par un esprit combatif".

"Chaque fois que je viens en Afrique, je peux mesurer le grand dynamisme de ce continent, promis à un avenir radieux", a indiqué le président chinois qui s'est dit "pleinement confiant en l'avenir de la coopération sino-africaine".

Les deux dirigeants avaient auparavant signé dix accords dans des domaines liés à la justice, la coopération économique et technique, les infrastructures, la valorisation du capital humain et l'aviation civile.

Le président chinois a eu droit à un accueil populaire à Dakar où de nombreuses artères étaient pavoisées aux couleurs des drapeaux des deux pays. Des dizaines de cars ayant servi au transport de partisans du président Sall pour cet accueil étaient stationnés près du palais présidentiel.

M. Xi doit remettre dimanche à Macky Sall les clés d'une enceinte de lutte, le sport le plus populaire au Sénégal, construite par des entreprises chinoises.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Sénégal, derrière la France, avec un volume d'échanges de deux milliards de dollars en 2016, incluant des projets d'infrastructure, selon des chiffres officiels sénégalais.

Les exportations du Sénégal vers la Chine se chiffraient à plus de 115 millions d'euros en 2017, les principaux produits exportés vers la Chine étant des minerais (zircon et titane) et les arachides. La Chine est le premier pays importateur d'arachides sénégalaises, dont les ventes ont atteint 45 milliards de FCFA (68,6 millions d'euros) en 2017 contre 24 milliards de FCFA (36,5 millions d'euros) en 2016.

La Chine est aussi le deuxième fournisseur du Sénégal après la France. Les importations de la Chine sont passées de 227 milliards FCFA (plus de 346 millions d'euros) en 2013 à 367 milliards FCFA (plus de 559 millions d'euros) en 2017.

Cette évolution est expliquée par l'accroissement des importations des produits tels que les appareils de réception, les compteurs d'électricité et les matériaux de construction (tubes, tuyaux et matériel en fer).

La hausse des importations des matériaux de construction est due à la présence des entreprises chinoises au Sénégal pour l'exécution des chantiers de l'Etat.

De nombreuses infrastructures au Sénégal, dont des stades, des routes et autoroutes, un hôpital, un Grand-théâtre, une arène nationale de lutte et un musée des civilisations noires, ont été construites par la Chine.

Globalement, les financements accordés par la Chine au Sénégal depuis 2005, année du rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays, dépassent 1,8 milliard d'euros.

La visite de Xi Jinping, qui doit quitter dimanche le Sénégal, est la deuxième d'un dirigeant chinois dans ce pays après celle de Hu Jintao en février 2009. - AfricaLog avec agence

Obama dégaine contre Trump

Jul 17, 2018
Obama dégaine contre Trump

L'ancien président américain Barack Obama a multiplié, à mots à peine couverts mardi, les attaques contre son successeur Donald Trump, en s'en prenant aux climatosceptiques, aux leaders «autoritaires» qui «ne cessent de mentir» et aux politiques d'immigration basées «sur la race».

Dans un discours politique très attendu à Johannesburg à l'occasion du centenaire de la naissance de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid, Barack Obama a pris soin de ne jamais nommer l'actuel locataire de la Maison Blanche, mais ses nombreuses allusions à Donald Trump ont fait mouche dans le stade Wanderers qui lui était totalement acquis.

«Compte tenu de l'époque incertaine et étrange dans laquelle nous vivons, les informations apportent chaque jour leur lot de titres perturbants qui donnent le tournis», a lancé l'ancien président au début de son intervention devant plus de 10 000 personnes.

La veille, Donald Trump avait consterné l'Amérique en tournant le dos aux alliés des États-Unis et en donnant des gages à son homologue russe Vladimir Poutine.

À Johannesburg, Barack Obama s'en est pris aux hommes politiques «autoritaires» qui ont recours à «la politique de la peur» et «ne font que mentir».

«Les politiques semblent rejeter le concept de vérité objective, des gens inventent», a-t-il lancé, déclenchant des rires nourris. «Nier les faits peut mettre à mal la démocratie», a-t-il mis en garde alors que son successeur dénonce à longueur de journée les «fake news».
«Je ne peux pas trouver de terrain d'entente avec quelqu'un qui affirme que le changement climatique n'existe pas, quand tous les scientifiques disent l'inverse», a poursuivi Barack Obama.

Un des premiers gestes de Donald Trump à la Maison Blanche avait été de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, l'estimant «injuste» pour l'industrie de son pays.
Sur la politique d'immigration lĂ  encore, Barack Obama s'en est pris directement Ă  son successeur.

«Il n'est pas faux d'insister sur le fait que les frontières nationales importent (...) mais cela ne peut pas être une excuse pour des politiques d'immigration basées sur la race», a-t-il estimé lors d'une de ses rares interventions publiques depuis son départ de la Maison-Blanche début 2017.

Son discours à Johannesburg a marqué le point d'orgue des célébrations du centième anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, né le 18 juillet 1918 et décédé le 5 décembre 2013.

Les deux hommes partagent un destin en commun qui les a fait entrer dans l'Histoire: ils sont devenus le premier président noir de leur pays.
Après vingt-sept ans dans les geôles du régime raciste blanc, Nelson Mandela a été élu à la présidence en 1994, poste qu'il a conservé jusqu'en 1999. Barack Obama a lui occupé la fonction suprême aux États-Unis de 2009 à 2017.

Mardi, il a salué la mémoire d'«un vrai géant de l'histoire». «La lumière de «Madiba» (surnom de Nelson Mandela) brille toujours avec beaucoup d'éclat», a-t-il assuré, défendant la «vision» du prix Nobel de la paix sud-africain.

L'occasion pour Barack Obama de faire une digression pour saluer la victoire de la France au Mondial de football et la diversité identitaire des Bleus.

«Tous ces mecs ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois. Ils sont Français», a-t-il lancé sous les applaudissements, regrettant cependant que «le monde n'ait pas tenu les promesses» de Madiba.
«Les discriminations raciales existent toujours en Afrique du Sud et aux États-Unis» et «la pauvreté a explosé», a-t-il dénoncé.

Près d'un quart de siècle après la fin officielle de l'apartheid en 1994, le racisme attise les tensions dans la «nation arc-en-ciel» et la pauvreté persiste dans le pays le plus inégalitaire au monde, selon la Banque mondiale.

«Mandela et Obama sont les symboles de la victoire sur l'adversité», a lancé mardi sur le podium la dernière épouse de Nelson Mandela, Graça Machel, vêtue d'une lumineuse robe et coiffe bleu roi.

«Ils ont tous les deux donné de l'espoir à des millions de jeunes qui se sont identifiés avec leur parcours humble», a-t-elle souligné.

Dans la foule, les Sud-Africains étaient aux anges. «Je suis vraiment ravi qu'Obama s'en soit pris à Trump» et à sa politique d'immigration qui «ne respecte pas nos frères et soeurs en quête d'une nouvelle vie aux États-Unis», a salué Karabo Tima, un consultant de 25 ans. - AfricaLog avec agence

La France championne du monde

Jul 16, 2018
La France championne du monde

Le jour de gloire est arrivé pour les Bleus qui ont gagné la deuxième Coupe du monde de leur histoire, 20 ans après celle de 1998, en dominant la Croatie 4-2 au bout d'une incroyable finale du Mondial-2018, dimanche à Moscou.

Et c'est sous une pluie battante, à 19h32 exactement, que le capitaine Hugo Lloris a soulevé le trophée tant convoité, remis par le président de la Fifa Gianni Infantino sur le podium où se trouvaient trois chefs d'État, le Français Emmanuel Macron, le Russe Vladimir Poutine et la Croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

À Paris, les Champs-Élysées ont été envahis avant même le coup de sifflet final par une foule en liesse, comme partout en France.

Enterrés, les scores étriqués, comme dans la dernière édition (Allemagne-Argentine, 1-0 a.p.): il n'y avait jamais eu autant de buts dans une finale de Mondial depuis... 1966 (Angleterre-RFA, 4-2 a.p.)!

Eh oui, dans la capitale russe, l'étoile était bleue, décrochée par Antoine Griezmann, impliqué sur trois buts français, mais aussi par Paul Pogba et Kylian Mbappé, qui ont tué le match.

Mais voilà, quand la France tutoie les sommets, il se passe toujours quelque chose d'exceptionnel: c'étaient les deux coups de tête de Zinédine Zidane en 1998 face au Brésil de Ronaldo (3-0), puis son coup de boule en 2006 (défaite contre l'Italie aux tirs au but).
Dimanche, il y eut pour la première fois dans une finale de Mondial un but contre son camp, lorsque Mario Mandzukic déviait dans ses cages le coup franc de Griezmann (18e), mais aussi un recours à l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) entraînant un penalty, transformé par le même «Grizou» (38e). Là encore une première.

Incroyable finale, décidément, quand N'Golo Kanté, jusqu'alors un des meilleurs joueurs du tournoi, passait totalement au travers de son match, au point d'être remplacé par Steven N'Zonzi dès la 55e minute; puis quand Hugo Lloris commettait une énorme boulette en ratant son crochet sur Mandzukic, qui n'en demandait pas tant (69e). Même si le gardien, finalement peu sollicité, a fait aussi une belle claquette, sur une frappe puissante de Ante Rebic (48e).

«Une compétition est réussie quand elle est gagnée», avait assené le président Macron en visite à Clairefontaine fin mai pendant la préparation, exhortant la sélection à décrocher la «deuxième étoile» devant un Deschamps un brin gêné, lui qui ne promet jamais la lune.
Il la décroche plutôt qu'il n'en parle, «Dédé la Gagne», en entraîneur matois obsédé par le résultat. Et le capitaine de l'âge d'or de l'équipe française (doublé Mondial-1998/Euro-2000) a rejoint le Brésilien Mario Zagallo et l'Allemand Franz Beckenbauer, vainqueurs de Coupe du monde comme joueurs puis sélectionneurs.

Au coup de sifflet final, il a salué les supporters, les deux bras levés, les poings fermés. «Ne rien lâcher, ne jamais rien lâcher», comme il aime dire. Avant d'être porté en triomphe par ses joueurs.

«C'est tellement beau, tellement merveilleux», a-t-il exulté sur TF1. «Je suis super heureux pour ce groupe-là, car on est parti de loin quand même. Cela n'a pas été toujours simple, mais à force de travail, d'écoute... Là ils sont sur le toit du monde pour quatre ans».

Les Bleus avaient raté le toit de l'Europe en 2016 (défaite 1-0 a.p. contre le Portugal), et cette rancoeur s'est muée en rage. Ils avaient cédé à l'euphorie en battant l'Allemagne championne du monde en demi-finale de cet Euro à domicile ? Pas cette fois, ont assuré les cadres après la victoire contre la brillante Belgique en demie (1-0). Ils étaient favoris ? Ils l'ont assumé, au détriment des Croates de Luka Modric, élu Ballon d'Or du tournoi, qui connaissaient là leur première finale.

Mandzukic et Ivan Perisic, buteurs pour renverser l'Angleterre en demie (2-1 a.p.), ont été cette fois leurs héros paradoxaux, en marquant encore, mais le premier contre son camp puis grâce à Lloris, le second pour l'égalisation, avant d'offrir un penalty d'une main malheureuse.

Les Croates avaient eu un jour de récupération en moins et disputé trois prolongations dans les tours précédents, c'est-à-dire l'équivalent d'un match en plus. Et cela s'est vu, dans la chaleur de cet après-midi moscovite, malgré un contrôle du jeu. Mais l'équipe à la Deschamps aime subir, pour mieux piquer.

Et cette bascule s'est opérée autour de l'heure de jeu, quand Pogba d'une frappe du gauche (59e) et Mbappé du droit (65e), tous deux depuis l'extérieur de la surface, faisaient chanter le Coq un peu plus fort encore.

Le Parisien de 19 ans, élu meilleur jeune du tournoi, devenait le deuxième plus jeune buteur en finale de la Coupe du monde, derrière... Pelé, bien sûr (17 ans en 1958). Et les comparaisons avec le légendaire Brésilien de refleurir, après avoir éclos lors de sa performance en 8e de finale contre l'Argentine (4-3) qui avait secoué la planète foot.

Deuxième étoile pour l'éternité dans le ciel des Bleus, et des images qui resteront au long de leur parcours, un premier tour laborieux, ce match d'anthologie contre les Argentins de Lionel Messi, puis maîtrise et solidarité contre l'Uruguay (2-0) et la Belgique (1-0).

Solidarité défensive, et fraternité, voilà le credo de cette équipe-là. Les Bleus devaient rentrer en France ce lundi pour être reçus en héros par le peuple de Paris et à l'Élysée, après une nuit mémorable. Pour ainsi dire à la belle étoile. - AfricaLog avec agence

Le Sri Lanka cherche un bourreau pour les exécutions

Jul 13, 2018
Le Sri Lanka cherche un bourreau pour les exécutions

Le Sri Lanka cherche d'urgence un bourreau, ont indiqué vendredi les autorités pénitentiaires après la fin du moratoire sur la peine de mort pour les trafiquants de drogue annoncée par le président du pays.
Une annonce pour un poste de responsable qui exécutera des prisonniers par pendaison va être publiée la semaine prochaine, a précisé Thushara Upuldeniya, porte-parole du système pénitentiaire. Le candidat choisi touchera 35,000 roupies (environ 200 euros) par mois, a-t-il ajouté.

Le président du Sri Lanka Maithripala Sirisena a annoncé cette semaine que les trafiquants de drogue allaient désormais être exécutés alors qu'ils purgent actuellement des peines de prison à vie.

Aucune exécution n'a eu lieu au Sri Lanka depuis 1976. Des condamnations à la peine de mort sont régulièrement prononcées pour meurtre, viol et des crimes liés à la drogue, mais elles ont été jusqu'à présent commuées en prison à perpétuité.

Selon M. Upuldeniya, 373 personnes ont été condamnées à morts dans son pays, dont 18 pour des crimes graves liés à la drogue.

Un organisme chargé des exécutions existe toujours, mais ses trois bourreaux démissionné.

"Nous devons être prêts à procéder à des exécutions après la décision du gouvernement cette semaine", a souligné le porte-parole.

Le gouvernement sri-lankais dit s'inspirer de la politique suivie aux Philippines. "Nous allons essayer de rééditer ce succès", a expliqué son porte-parole Rajitha Senaratne, évoquant notamment un déploiement de l'armée pour lutter contre la drogue.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2016, le président philippin Rodrigo Duterte a déclaré une guerre sans merci au trafic de drogue. La police philippine dit avoir tué environ 4.200 toxicomanes et trafiquants présumés mais les défenseurs des droits affirment qu'il faut multiplier ce chiffre par trois et dénoncent des exécutions extrajudiciaires.

L'ONG Amnesty International a exhorté les autorités du Sri-Lanka à ne pas revenir à la peine capitale. - AfricaLog avec agence

Arrestation de la “tempête” Trump

Jul 12, 2018
Arrestation de la “tempête” Trump

L'actrice de films pornographiques Stormy Daniels, actuellement en litige judiciaire avec Donald Trump, a été arrêtée dans la nuit de mercredi à jeudi dans un club de strip-tease de l'Ohio où elle se produisait, accusée "d'attouchements" sur des clients, selon la police.

Poursuivie pour "activité sexuelle illégale", elle a été libérée après avoir payé une caution d'environ 6.000 dollars, selon un document judiciaire.

"C'est un coup monté pour des raisons politiques. Cela montre (que la partie adverse) est désespérée. Nous combattrons ces accusations bidon", a affirmé sur Twitter son avocat, Michael Avenatti, qui la représente dans l'affaire l'opposant à M. Trump, avec qui elle assure avoir eu une liaison.

Stormy Daniels avait commencé sa prestation au Sirens Gentlemen's club, dans la ville de Columbus, vers 23H30 mercredi.

"Pendant sa performance, après avoir ôté son haut et exposé ses seins, elle a commencé à amener de force les têtes des clients dans sa poitrine et utilisant ses seins nus pour gifler les clients", selon un document de la police diffusé par les médias locaux.

Une loi de l'Ohio interdit de toucher un danseur nu ou à moitié nu dans un club, à part les membres de sa famille proche.

Parmi les clients du club présents ce soir-là se trouvaient plusieurs policiers. Ils se sont rapprochés de la scène après avoir observé l'"activité infractionnelle". Et Stormy Daniels a reproduit alors des gestes similaires sur deux policiers, dont une femme. - AfricaLog avec agence

«Près du peuple», le président du Mexique refuse les gardes du corps

Jul 11, 2018
«Près du peuple», le président du Mexique refuse les gardes du corps

La promesse du président élu du Mexique de gouverner «près du peuple» est radicale: il ne vivra pas à la résidence présidentielle, il va baisser son salaire, voyagera sur des vols commerciaux mais refuse aussi d'avoir des gardes du corps, ce qui inquiète les experts en sécurité.

«Même si je dois terminer sans chemise, il y aura de l'austérité», a promis Andres Manuel Lopez Obrador après sa victoire historique le 1er juillet à l'élection présidentielle mexicaine.

Le vétéran de gauche, élu sur un programme anticorruption et antisystème, se déplace entouré d'un essaim de journalistes et d'admirateurs fervents.

«Je n'ai vu cela qu'avec Paul McCartney», commentait le jour de l'élection Giordano Garduño, un habitant de Mexico, devant le tumulte provoqué par «AMLO», comme on le surnomme, selon ses initiales.

Sasha Vazquez, une jeune fille de 27 ans au look hippie, est encore émue d'avoir pu approcher le président élu qui prendra ses fonctions le 1er décembre.

«De près comme de loin, il dégage de bonnes vibrations, son amour le protège, il n'a pas besoin de gardes du corps», estime-t-elle, un bandeau «Peace and AMLOve» dans les cheveux.

Au soir de sa victoire, des milliers de personnes se sont rassemblées sur le Zocalo, la place centrale historique de Mexico, certains brandissant des bougies à son effigie, habituellement réservées aux saints.

«Je vous aime comme vous m'aimez, et même un peu plus! », leur a lancé Lopez Obrador sous une pluie de confettis.

Mais cette idylle se heurte à la réalité d'un pays de plus en plus violent: cette campagne électorale aura été la plus sanglante de l'histoire récente du pays avec 145 politiciens tués.
En 2017, le Mexique a par ailleurs enregistré le chiffre record de 25 324 homicides.

Sans voiture blindée, AMLO est constamment en contact direct avec des personnes qui l'attendent par dizaines, jour et nuit, devant son siège de campagne qui lui sert pour l'heure de bureau.
Certains lui offrent des livres, des vĂŞtements faits Ă  la main ou encore lui font des demandes personnelles.

«Je suis venue lui demander de l'aide parce que mon fils est en prison depuis cinq ans injustement», explique Rosalia Flores, une femme âgée arrivée en fauteuil roulant au bureau d'Obrador avec un dossier qu'elle veut lui remettre.

Comme elle, des étudiants, des agriculteurs ou des habitants expulsés de leur domicile sont venus ce jour-là lui demander de l'aide.
La sécurité de ses bureaux sera toutefois rudement mise à l'épreuve vendredi avec la visite du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, accompagné notamment du gendre du président Trump, Jared Kushner.

Lorsque le président élu s'est rendu au Palais national la semaine dernière pour rencontrer le président sortant, Enrique Peña Nieto, la horde de médias et des admirateurs collés à sa voiture a fait voler en éclat les protocoles de sécurité présidentiels.

Les forces de police n'ont pu empêcher l'entrée de la foule au palais. Une femme est parvenue à se frayer un chemin jusqu'à Lopez Obrador, qui l'a finalement enlacée et embrassée sur la joue.

«Je ne veux pas avoir de gardes du corps, les citoyens vont prendre soin de moi (...) J'espère juste qu'ils ne m'écraseront pas», a souri Obrador.

Cette approche inquiète les experts en sécurité, et même certains proches du président élu.

Pareille stratégie est une «erreur totale, qui résulte davantage du caprice que d'une réflexion», estime Alejandro Hope, ancien agent du renseignement et consultant en sécurité.

Celle que Lopez Obrador a désignée comme sa future ministre de l'Intérieur, Olga Sanchez, s'interroge également sur cette extrême proximité avec les gens.

«Le président de la République doit évidemment avoir un système de sécurité qui le protège, car la gouvernance est en jeu, la stabilité de l'État», a-t-elle déclaré dans un entretien avec Milenio.

Devant les critiques, AMLO aurait infléchi sa position et envisagerait d'avoir un système de sécurité alternatif, même s'il se refuse à faire appel à l'état-major présidentiel qui, traditionnellement, protège les présidents mexicains.

Pour Hope, avec ou sans l'état-major présidentiel, quelqu'un doit garantir l'intégrité du président et de sa famille, le secret de ses communications, la logistique de ses voyages et la sécurité des chefs d'État en visite au Mexique. - AfricaLog avec agence

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